Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

mercredi 3 juillet 2013

Le Lion de Némée alm






C’est un étrange lionceau engendré par la Chimère et Orthos, le monstrueux chien de Géryon qu’adopta Héra. Mais les lionceaux grandissent, remuent , chahutent sans être vraiment conscients de leur force ; on ne peut les garder. Et celui-là, tout particulièrement costaud, devint féroce aussi la déesse dut-elle se résoudre à l’abandonner dans une région sauvage d’Argolide qu’il dévasta pour se nourrir.
Eurysthée, roi de Mycènes qui fit d’Hercule son homme à toutes mains, lui confia pour éprouver sa valeur, la tâche d’éliminer le fauve.
Equipé de sa massue et de flèches offertes par Apollon, le héros se mit en route.
Arrivé près de Cléones, il rencontre un paysan et lui demande l’hospitalité. L’homme, un nommé Molorchos, pleurait son fils unique dévoré par le lion. Voyant ce superbe athlète, il le prend pour un dieu vengeur et veut lui offrir un sacrifice. Modeste comme doit l’être un héros véritable, Hercule refuse. Molorchos insiste.
-« C’est bon, lui dit Hercule, si dans un mois je ne suis pas de retour, tu pourras me rendre les honneurs funèbres. Si je reviens avec la dépouille de la bête, c’est à mon père, à Zeus, que tu offriras un sacrifice. »
Et le héros entreprend à travers bois et champs la traque du féroce animal.
Un soir enfin, sur le versant d’une colline, il voit le lion couché, la tête sur les pattes, somnolent, repus. Il est encore tout maculé du sang de sa dernière victime.
Hercule, s’approche en silence ; il se dissimule dans les replis du terrain ; arrivé à portée du fauve, il bande son arc et lance une volée des flèches divines. Malgré toute la magie d’Apollon, elles rebondissent, irritant à peine la peau de la bête invulnérable qui cependant se réveille, rugit, montre les crocs et charge le héros qui esquive, lâche arc et flèches et armé de sa seule massue tente d’assommer le monstre. Le bois rebondit sur le crâne indestructible. Hercule alors, se décide au corps à corps et des ses bras puissants, il enserre le lion, fait éclater son torse et brise en même temps les poumons de l’animal et l’arme en bois d’olivier.
Le lion étouffé se débat vigoureusement, mais peu à peu ses forces déclinent, il cesse toute résistance et s’effondre mollement, sans souffle et sans vie.
Ni la pierre, ni le feu, ni le fer ne pourront entamer la peau du Lion de Némée. Seules ses propres griffes seront les outils dont se servira Hercule, pour écorcher la bête. Il fera de la dépouille son vêtement et se coiffera de la tête.
Puis Zeus enverra le lion rejoindre au firmament parmi les constellations, Io, la chèvre Amalthée, le Bélier à Toison d’or, le Dauphin, les Poissons et bien d’autres membres de la ménagerie céleste.



mardi 2 juillet 2013

Le Chevalier au Lion






Au cœur de la forêt de Brocéliande, Messire Yvain cheminait, perdu dans ses pensées.  Il rêvait à son amour perdu et perdu par sa faute. Ne lui restaient que son honneur et les Aventures. Un cri lui fit dresser la tête.
Chevalier en quête qui entend crier se doit d’aller porter secours à qui pousse de telles clameurs.
Avançant dans un essart, il y vit un serpent la gueule ouverte, large comme un chaudron qui, vomissant des flammes, brûlait l’échine et la crinière d’un lion qu’il tenait par la queue.
Sans se demander si ce qu’il voyait était rêve ou réalité, Messire Yvain se porte au secours du lion, car en bon chrétien, il sait que le serpent est créature du diable.
Le bon chevalier tire son épée ; le serpent se tourne et darde vers lui sa langue enflammée. Messire Yvain, se protège le visage au moyen de son écu et sans crainte, avance vers les fauves. Le serpent se tord et sans lâcher le lion tente d’enlacer le chevalier, qui le larde de coups d’épée. C’est un combat sans merci. Messire Yvain est un redoutable escrimeur, d’un revers du tranchant de son arme, il envoie la tête du serpent voler dans les airs. Mais le reste du corps continue à enserrer le lion. Et l’épée vole et frappe à coups redoublés, le serpent est coupé en rondelles, mais dans l’aventure le lion perd le bout de sa queue.
Messire Yvain, se trouve face au fauve libéré ; sans reprendre son souffle, il se prépare à livrer un nouveau combat. Mais le terrible animal, étend face à lui ses pattes jointes, mufle contre terre, croupe en l’air et fait soumission.
Tout heureux de ces marques de gratitude, le chevalier flatte la crinière du fauve, essuie son épée et la remet au fourreau. Puis il continue sa route, suivi par le lion qui sera désormais son compagnon d’aventures et saura le servir et le protéger en toutes occasions.

dimanche 30 juin 2013

Juillet

Juillet sans orages,
Famine au village.



Parce que Jules César est né le douzième jour du cinquième mois de l’année romaine, Marc-Antoine dénomma Quintilis pour en faire le mois de Jules : notre juillet qui sera consacré à Jupiter , le roi des dieux.
 Le poète Ausone  décrit juillet sous les traits d’un homme roux, nu, bronzé, couronné d’épis et portant un panier plein de mûres.

C’est un matin de juillet que choisit Don Quichotte,  pour franchir la porte arrière de son domaine et, monté sur Rossinante, partir courir le monde en quête d’aventures et de torts à redresser.

L’Eglise catholique, aux nombreux domaines agricoles ayant besoin de bras pour ses moissons, institua peu de fêtes religieuses chômées pendant ce mois d’été.
On célèbre pourtant le 3 juillet, St Thomas, mais au lit et en dormant car cette nuit est réputée   propice aux rêves prophétiques. Il faut donc auparavant,  jeûner au pain sec et à l’eau. Puis
aller se coucher sans parler à quiconque et montant dans le lit, le pied gauche en premier,  faire une prière pour les âmes du purgatoire. Si, par chance, vous vous souvenez de vos rêves le lendemain matin, ce que vous y avez vu a des chances de se produire.

Le 5 juillet en Russie, on fête la lune qui cette nuit là se comporte comme une écervelée, elle saute, danse, joue à cache-cache avec les nuages, change sans arrêt de place et de couleur. La  voir prendre tour à tour les sept couleurs de l’arc en ciel, est d’un excellent augure pour les récoltes.

samedi 22 juin 2013

Faisons un rêve

Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses qui échappent à ceux qui ne rêvent qu'endormis. Dans leurs brumeuses visions, ils attrapent des échappées de l'éternité et frissonnent, en se réveillant, de voir qu'ils ont été un instant sur le bord du grand secret.
POE (1809-1849), Histoires grotesques et sérieuses.


jeudi 20 juin 2013

Euterpe alm



Au cimetière du Père Lachaise, on voit sur la tombe de Frédéric Chopin pleurer une muse. 
C'est Euterpe la musicienne, qui inventa la flûte double que les Grecs ont nommé aulos.
Ce soir, demain et pourquoi pas toute l'année, sortez vos flûtes, vos violons, vos tambourins; chantez, dansez, faites la fête pour consoler la muse et sécher ses pleurs.

mercredi 19 juin 2013

Le changelin

" Il n'est pas né de sa mère celui ou celle qui entend le coucou neuf jours après la Saint-Jean" suggère le dicton, car "les premières cerises lui ont cloué le bec". Celui ou celle qui l'entend encore après cette date peut être certain qu'il est enfant des Fées: un "enfant changé", et le coucou qu'il ouït est le chant de sa mère immortelle qui le réclame au fond des bois. Par trois fois elle l'appellera, si à la troisième fois le "changelin" ne répond toujours pas, la Dame se transformera en bouquet de sureau. S'il la rejoint, il deviendra Fé parmi les Fées, ou Fée parmi les Fés.

Pierre DUBOIS - Elficologue

mardi 18 juin 2013

Le voeu de l'arbre à empreintes

Une fois j'ai fait le voeu
d'un arbre à empreintes.
Il avait pour feuilles des empreintes de pattes de
divers animaux.
Des empreintes laissées
dans la boue et la neige
étaient suspendues à cet arbre!
Ainsi, il faisait toujours froid
autour des empreintes de neige
et plus chaud
autour des empreintes de boue.
Je voulais qu'elles restent exactement comme elles avaient
été laissées sur le sol.
C'était comme ça dans cet arbre.
Quand un ours passait par là
quelques vieilles traces d'ours
sautaient de l'arbre
et venaient renifler ses pieds!
Elles cherchaient
une demeure.
Si c'était le même ours
qui les avait laissées
longtemps plus tôt
elles sautaient sur
les pattes de l'ours
et retournaient vivre là.
Jusqu'à ce que l'ours marche dans la neige
ou la boue à nouveau.
Ces feuilles tombaient!
Les empreintes d'ours
faisaient un bruit sourd
quand elles frappaient le sol
et souvent
les empreintes d'oiseau s'envolaient au vent
essayant de rattraper les oiseaux!
On pouvait voir des feuilles-empreintes d'oiseau flotter
dans l'air!
Je vais vous dire, j'étais content après avoir fait le voeu de cet arbre!
Sauf que, plus tard, il y eut des feuilles
faites de la boue et de la neige où j'avais marché
qui vinrent me renifler les pieds, à moi aussi.

Howard A. NORMAN - L'os à voeux

lundi 17 juin 2013

La nuit de la Saint-Jean

Pendant la plus courte nuit de l'année, surtout ne dormez pas! Vous manqueriez sa magie, ses enchantements, ses sortilèges. Allez voir à minuit l'eau des fontaines sa changer en vin et les pierres en brioches. Ne redoutez ni les démons, ni les feu follets, ni les sorcières qui traversent le ciel en balais volants: sur les collines et à la croisée des chemins de grands feux sont allumés pour les chasser. De grands feux par-dessus lesquels vous devrez sauter sans vous brûler pour trouver obtenir chance et amour. Et vous les belles qui y serez parvenues sans roussir les volants de vos jupons rencontrerez dans l'année celui qui vous est destiné.
A l'aube naissante, vous ramasserez dans les braises vacillantes quelques tisons et un peu de cendre qui assureront guérison, purification et protection contre tous maux.

vendredi 14 juin 2013

Le songe d’une nuit d’été –



Voici venir les nuits les plus courtes ; si courtes qu’au réveil, on ne sait plus très bien si l’on a rêvé ou si l’on a vécu. Ce sont les nuits du temps des fées.
Au Bois des Fées, Titania et Obéron une fois de plus se chamaillaient. Pour quel motif ? le savaient-ils eux-mêmes ? Ils ne se disputaient sans doute que pour le seul plaisir de se réconcilier… ou pour se faire des farces. Et Obéron riait tout seul du bon tour qu’il allait jouer à sa fée. Elle lui avait tourné le dos, fermé sa porte et voulait dormir seule.
Obéron fit venir Puck le farceur, son lutin favori : « Tu vas, lui dit-il, aller chercher de la Pensée d’Amour et tu en feras une poudre que tu vas m’apporter. »
La Pensée d’Amour est une fleur qui, son nom l’indique, rend amoureux. Réduite en poudre, si on la sème sur les paupières d’un dormeur ou d’une dormeuse en prononçant les bonnes paroles, l’endormi au réveil, s’éprend éperdument du premier être qui se présente à ses yeux.
L’intention du Roi des Fées était d’en jeter sur son épouse après avoir placé à son chevet il ne savait encore qui ou quoi, mais un être impossible en tout cas et il riait d’avance de la bonne plaisanterie.
Quand Puck revint avec la poudre magique, la nuit était tombée et Titania dormait. Obéron se mit à chercher dans le Bois des Fées le compagnon qu’il destinait à sa fée chérie. Il y avait là justement, un charbonnier, un de ces hommes des bois dont on se demande s’ils savent seulement parler, tant ils sont sauvages et peu avenants.
« Voilà, voilà celui qu’il me faut mon bon Puck ! Conduis-le au chevet de la Reine et …attends ! pour que la farce soit complète, regarde ! »
Et Obéron prononçant des paroles magiques, fit au paysan une tête d’âne.
« Ah ! ma douce Titania, que voilà un bel amoureux ! » Et il allait pour jeter la poudre d’amour sur la fée quand il entendit dans le bois un étrange remue-ménage, des querelles d’amoureux. Obéron savait mieux que personne les reconnaitre. Il tendit l’oreille et alla se percher sur la branche d’un gros chêne pour en savoir plus long.
C’est une dispute entre deux amoureux ou plus exactement, oh… que c’est vilain ! C’est un garçon en colère qui chasse une jeune fille en pleurs. Il ne l’aime plus ; il lui préfère sa meilleure amie qu’il doit épouser ; quelle cesse de le suivre ! Il en a assez et il part en courant laissant la pauvre Hélène, c’est son nom, seule dans le bois. Il fait noir, elle a peur.
Obéron et Titania, il est vrai se chamaillent sans cesse, mais ils s’aiment et tous deux protègent les amours sincères. Le Roi des Fées pense châtier l’inconstant, mais l’amour d’Hélène le touche. Il y a mieux à faire ; il appelle Puck et lui donne un peu de poudre de Pensée d’Amour.
« Il y a dans ce bois, un jeune homme tu le reconnaitra, il porte un costume grec. Si tu le trouves endormi, verse-lui un peu de poudre sur les yeux, en s’éveillant, il verra Hélène et il ne pourra faire autrement que l’aimer. »…
Mais d’autres amoureux avaient rendez-vous dans ce bois : Hermia l’amie d’Hélène que veut épouser Démétrius le fiancé volage, et Lysandre. Hermia ne veut pas épouser Démétrius ; c’est Lysandre qu’elle aime. Ils se sont donné rendez-vous en secret au Bois des Fées. C’est la nuit, ils sont seuls dans le bois, du moins le croient-ils ; ils s’aiment. La nuit est courte mais c’est leur nuit d’amour et un peu avant l’aurore, ils s’endorment. Lysandre est grec lui aussi et Puck qui ne sait pas que deux jeunes homme sont dans ce bois, le voyant vêtu en grec, verse sur ses paupières un peu de poudre magique. Il entend des pas et se sauve. C’est Hélène ; elle est perdue.  Elle voit un homme endormi, elle se penche sur lui, il ouvre les yeux… catastrophe, c’est Hélène qu’il aperçoit ! Il lui déclare sa flamme, mais elle, ne veut que Démétrius et c’est au tour d’Hermia, délaissée, de pleurer !
Vous suivez ? On va faire une pause, parce que je ne sais pas vraiment comment on va se sortir de cette affaire.
Retournons chez les fées. Titania est endormie ; Obéron s’approche suivi de l’homme à la tête d’Âne qu’il place au chevet de son épouse sur qui il répand un peu de Pensée d’Amour. La fée ouvre les yeux et ouvre les bras au monstre qui ne pense qu’à boire et à manger. L’amour est aveugle, surtout quand il est magique. Avant que s’accomplisse l’irréparable, Obéron se montre et rit de tout son cœur :
« C’est donc ainsi, ma belle amie que vous dormez seule ? Certes  je ne peux rivaliser avec un si bel amant ! ». La reine des fées, confuse dut demander pardon à son époux et promettre de ne jamais plus lui fermer sa porte.
Le jour était sur le point de se lever, des pleurs et des cris montaient du petit bois. La confusion était à son comble : les deux filles naguère amies se prennent aux cheveux ; les deux garçons ont tiré leur épée ; ils vont s’entretuer !

Tout ce gâchis n’amuse ni Obéron ni Titania ; ils appellent Puck. Qu’il répande un brouillard épais sur les jeunes gens, qu’ils ne puissent plus se voir. Titania prononce des paroles magiques ; Obéron répand ce qui lui reste de Pensée d’Amour, puis il souffle pour disperser le brouillard. Le jour s’est levé ; les rayons du soleil percent les branches des arbres. Hermia est dans le bras de Lysandre, Démétrius embrasse Hélène. Ils ne savent plus s’ils ont ou non rêvé cette aventure.  Sur la branche du grand Chêne Obéron sourit à Titania…

jeudi 13 juin 2013

Dictionnaire du Zoodiac

JAGUAR-  

Signe félin , influencé par la planète Rapide. Quand le jaguar se met au féminin, il prend l’apparence d’un véhicule automobile.


Les Chouchous