Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis
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vendredi 13 février 2015

Merlin et Vortigern rcap 25

Merlin et Vortigern 13 02 15
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Le roi qui les attendait avec impatience, dès qu’il apprit leur retour, fit venir ses messagers. Non sans appréhension, ils commencèrent à raconter leur quête et comment ils avaient trouvé l’enfant qui spontanément était venu à eux.
« Me rapportez-vous son sang ?
- Non Sire, mais l’enfant est là, avec nous.
-Qu’on l’exécute alors et vite !
-Sire, écoutez-nous d’abord. Il ne faut pas tuer cet enfant ! il est l’être le plus prodigieux que nous ayons jamais rencontré… Il sait l’avenir et le passé est ses conseils sont d’une grande sagesse.
-Alors, cet enfant est le diable ! rugit Vortigern et j’ai besoin de son sang !
-Sire, cet enfant s’est confié à nous et il sait pourquoi votre tour s’écroule et le moyen de la faire tenir. Nous lui avons promis que vous accepteriez  de l’entendre.
- Et pourquoi le devrais-je ? Mes mages m’ont donné la solution : elle est dans le sang de cet enfant.
-Il le sait, Sire… il sait tout sire, ce que vous ont promis vos devins, il savait que nous le cherchions et pourquoi. Il est venu à nous alors qu’il aurait pu se dissimuler…
-Bien, dit le Roi, faites venir cet enfant ! Et si vous m’avez trompé, il mourra et vous avec lui !
On fit venir Merlin qui salua le roi, considéra les messagers et se mit à rire.
Outré de cette insolence, Vortigern l’apostropha rudement :
« Qu’y a-t-il de si drôle ?
-Il y a que ces braves hommes risquent leur vie pour sauver la mienne et qu’ils ont bien raison, car ils sont désormais sous ma protection pour le reste de leur vie !
Le Roi irrité par l’outrecuidance de ce gamin reprit :
« Qu’as-tu à me révéler ?
- Que vos clercs vous ont menti : ils ne savent ni pourquoi votre tour s’écroule, ni le moyen de la faire tenir !
-Alors selon toi, ils ne sont pas devins ?
- Oh si ! mais ce qu’ils ont vu, c’est que je serais la cause de leur perte et c’est pourquoi ils me voulaient mort. Et pour leur donner raison, Sire, si je résoud l’énigme de la tour, vous devrez leur faire subir le sort qu’ils me destinaient. Ainsi, ils auront dit la vérité. Maintenant, Sire, faites-les venir et allons tus ensemble au pied de la tour.
Arrivés là, les messagers à la demande de Merlin questionnèrent les mages qui avouèrent ne pas savoir la raison de l’effondrement de la tour mais persistèrent à affirmer qu’ils savaient le moyen de la faire tenir et que ce moyen était le sang de cet enfant.
« Vous mentez encore, dit Merlin sévèrement et vous ne pensez qu’à sauver votre peau ! Car oui, je suis cet enfant sans père qui sait comment faire tenir la tour, et oui, je serai cause de votre perte, car quand j’aurais résolu le problème, le roi vous fera exécuter.
-Parle, maintenant, dit le Roi à Merlin
- Eh bien, Sire, votre tour ne tient pas car vous l’avez fait élever au-dessus d’une grande nappe d’eau souterraine. Et dans cette eau, dorment deux dragons aveugles. L’un est rouge , l’autre est blanc. Ils sont énormes et ne peuvent se voir, mais ils se sentent et se touchent. Ce qui les réveille ; alors ils se retournent et provoquent dans l’eau des remous qui font trembler le sol. Quand votre tour, Sire, est sur le point d’être achevée, si à ce moment- là, les dragons se retournent, votre tour s’écroule.
- Quelle histoire invraisemblable inventes-tu là dit Vortigern, incrédule.
- Vérifiez, Sire . Si j’ai menti, je demande à être écartelé vif, mais si j’ai raison je demande grâce pour moi et pour vos devins qui n’ont voulu que sauver leurs vie.
Vortigern accepta. Merlin fit venir des chevaux, des charrettes, des pelles, des pioches et de nombreux ouvriers.
Les gens du pays, devant cette entreprise insensée se demandaient si leur roi avait perdu la raison. Et l’on creusa, creusa tant et tant, qu’on finit par atteindre la nappe d’eau. Le roi vint en compagnie de Merlin, considéra la nappe d’eau et en présence de témoins reconnut que l’enfant n’avait pas menti pour la nappe d’eau, mais on n’avait pas encore vu les dragons !
« Il faut maintenant, dit Merlin, creuser des fossés pour évacuer l’eau. Pendant ce temps, Sire, convoquez tous vos sujets qui vont assister à un spectacle unique et terrifiant. Car dès que les dragons seront à l’air libre, ils vont se sentir et s’entretuer. Et devant tous vos pairs et vos conseillers, je vous ferai des révélations de grande conséquence pour l’avenir du royaume. »
Vortigern fit comme Merlin avait dit. Quand toute l’eau fut évacuée, on vit apparaître deux gros rochers.
« Les dragons , dit Merlin sont sous les rochers.
-Puisque tu sais l’avenir, dit le roi, dis-nous lequel des deux dragons sera le vainqueur.
- Je le sais, Sire, mais cette révélation est d’une telle importance que je ne peux vous la faire qu’en privé et en présence de vos plus fidèles conseillers.
Vortigern fit venir ses quatre plus fidèles compagnons
. Merlin lui demanda s’il avait libéré ses devins.
« Ils sont libres dit le roi !
Et Merlin dans le plus grand secret, révéla comment la bataille allais se passer.
« Bien, dirent les conseillers, Nous allons donc pouvoir constater  l’étendue des pouvoirs de cet enfant.
Et tous se rendirent au pied de la tour où les ouvriers venaient de dégager le premier rocher. De la fosse on vit sortir, un dragon blanc, énorme et d’une laideur effrayante. Il remuait lentement comme mal réveillé mais il était si terrifiant que les gens se sauvaient en le voyant.
Pendant ce temps, on avait dégagé l’autre rocher et le dragon rouge sentant la présence de l’autre allait à sa rencontre en grondant. Il était encore plus laid si possible que le premier et aussi gros. Dès qu’ils se furent flairés et touchés, la bataille s’engagea, effroyable, sauvage une lutte à mort qui dura tout le jour, toute la nuit et encore une journée et une nuit jusqu’au lendemain midi.
Le dragon rouge était si brutal, si féroce, que tout le monde pensait qu’il allait venir à bout du blanc, quand soudain, le blanc se mit à cracher du feu , des flammes, un véritable brasier et à l’étonnement général on vit s’écrouler et périr le dragon rouge, ce qui ne manqua pas d’effrayer Vortigern qui voyait s’accomplir le début de la prophétie que Merlin lui avait révélée en grand secret devant ses conseillers.
Voilà Sire, dit ce dernier, vous pouvez maintenant élever une tour aussi haute que vous le souhaitez, plus jamais elle ne s’écroulera.





jeudi 12 février 2015

En route vers Vortigern- récap 25


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En route vers Vortigern 12 02 15

 Après ses adieux à sa mère et au père Blaise, Merlin prit la route en compagnie des messagers.
Il arriva qu’en traversant une ville où se tenait un marché, les voyageurs croisèrent un paysan qui portait autour du cou ses souliers et sous le bras, des pièces de cuir roulées. En le voyant, Merlin se mit à rire.
Ses compagnons le trouvant bien insolent lui demandèrent ce que ce pauvre avait de si risible.
«  Demandez donc à cet homme ce qu’il compte faire de tout ce cuir ! moi je pense qu’il veut partir en pèlerinage et faire réparer ses souliers avant de partir.
Précaution bien inutile ; ce pauvre sera mort ce soir avant même d’être rentré chez lui !
- Mais… il a l’air en parfaite santé !
- Sans doute… mais posez –lui la question en ensuite, suivez-le ; vous verrez bien ! »
Les messagers surpris, abordent le bonhomme et lui demandent :
« Que comptez- vous faire de tout ce cuir ? Et pourquoi portez-vous vos souliers autour du cou ?
- C’est que… mes souliers sont usés et comme je dois partir en pèlerinage, je les porte au cordonnier pour qu’il me les répare ! »
Voilà mes compagnons tout pantois. Ils suivent le paysan qui rentre chez lui sa course faite ;  quelle n’est pas leur stupeur de le voir tomber raide mort sur le route peu avant sa maison. Ils se penchent sur lui et vérifient qu’il est bien mort, puis vont retrouver Merlin et se demandant entre eux pourquoi Vortigern et ses mages veulent la mort d’un enfant qui possède de tels dons.
Ce qui les conforte dans leur décision de risquer les foudres du roi plutôt que de lui faire le moindre mal.
Merlin vient à leur rencontre et les remercie chaleureusement de leur attitude. Les hommes surpris lui demandent pourquoi il les remercie.
« Mais de ce que vous venez de dire ! et du risque que vous prenez en m’accordant votre protection. »
Surpris encore un fois de voir que Merlin avait connaissance de propos qu’il n’avait pas pu entendre, ils reprennent la route avec lui. Mais ils savent maintenant qu’aucune de leurs parole, aucun de leurs faits et gestes, ne peut échapper à cet étrange enfant.
Ils vont, et abordent une ville où l’on enterrait un enfant . Les prêtres chantaient, des hommes, des femmes suivaient le cercueil, désolés, pleurant, se lamentant. En les voyant, Merlin se mit à rire.
Ses compagnons indignés, voulurent le faire cesser en lui demandant ce qu’il pouvait trouver de si drôle à un aussi triste spectacle.
« C’est que, dit Merlin, voyez cet homme désespéré, qui pleure son enfant et voyez ce prêtre qui chante en tête du cortège.
- Oui ! et alors ?
-Eh bien, celui qui pleure n’est pas le père et c’est celui qui chante qui devrait pleurer !
- Mais… qu’en sais-tu ?
- Allez donc poser la question à la mère ; demandez-lui pourquoi son mari est si triste.
- C’est bien simple : parce qu’il est le père de l’enfant mort. C’est ce qu’elle va nous répondre !
- Oui ! alors vous lui direz tous bas que vous savez tout et que le père de l’enfant n’est pas son mari, mais le prêtre et que le prêtre le sait bien puisque elle le lui a avoué en confession.
Deux des hommes s’en furent discrètement interroger la femme qui, affolée, les pria de ne rien révéler à son mari, ce qui était bien un aveu. Puis il regagnèrent le groupe et les quatre messagers tombèrent d’accord : jamais ils n’avaient entendu parler d’un tel devin.
Chemin faisant ils approchaient de la demeure de Vertigier. Quand il ne leur resta plus qu’une journée de marche, ils firent halte pour convenir avec Merlin de la manière d’aborder le roi de façon qu’à aucun moment sa vie ne soit mise en danger. Merlin, certain que ses compagnons ne voulaient que son bien, leur donna ses instructions.
« Allez trouver le roi et dites-lui que je suis avec vous. Rapportez-lui tout ce que vous avez vu pendant notre voyage et dites-lui surtout que je peux lui dire pourquoi sa tour s’écroule, mais à la condition qu’il fasse subir à ses mages le sort qu’ils me réservaient. Ensuite, faites ce qu’il vous dira.


dimanche 8 février 2015

A la recherche de l’enfant sans père récap 25

(voir colonne de droite: libellé Vortigern)
A la recherche de l’enfant sans père 08 02 15
Les messagers sillonnaient la Bretagne en allant deux par deux et , il arriva que deux d’entre eux en rencontrèrent deux autres et qu’il leur plut de cheminer ensemble.
C’est ainsi qu’ils arrivèrent aux abords d’une ville où dans un pré des enfants jouaient. L’un d’entre eux était Merlin ; il savait qui étaient ces étrangers. Comme il voulait qu’ils le remarquent, il prit un bâton et se mit à frapper un de ses compagnons de jeu. L’enfant en larmes, furieux, va se plaindre à son père et insulte Merlin lui craint qu’il ne peut pas en faire autant.
En entendant ça, les messagers s’approchent de l’enfant en larmes et le questionnent ; mais Merlin s’approche et dit en riant :
« C’est moi que vous cherchez semble-t-il. »
Les hommes, interloqués lui demandent :
« Qui te fait croire que nous te cherchons ?
- Oh ! Je le sais depuis que vous avez quitté la cour de Vortigern ; je sais aussi que vous devez me tuer ! »
Et souplement, il se met hors d’atteinte sur la branche basse d’un arbre.
Les messagers tentent de le faire descendre.
« Merci bien, dit Merlin en riant. Je ne tiens pas à mourir si tôt ! Mais votre vie à vous, ne vaut pas grand-chose, si vous rentrez sans apporter mon sang à votre roi !
-Comment peux-tu croire que nous voulons te tuer ?
- Je ne le crois pas ! Je le sais et sans moi, vous mourrez comme mourront les mages qui ont dit que mon sang empêcherait la tour du Roi de s’écrouler.
Les hommes, bien ennuyés discutaient entre eux du moyen d’attraper ce gamin insolent et qui savait tant de choses.
« Vous ne m’aurez pas, dit Merlin hilare, mais si vous voulez m’écouter, vous ne mourrez pas et le roi pourra construire sa tour.
- Que proposes-tu ?
- Vous allez me jurer sur les saintes reliques que vous ne  me ferez aucun mal et je vous suivrai jusqu’à la Cour. Et là, je dirai à Vortigern pourquoi sa tour ne tient pas.
Voilà nos messagers dans l’embarras : faire cette promesse à l’enfant c’est ne pas tenir celle faite au roi et aller à une mort certaine. D’autre part, ils n’avaient plus aucune envie de mettre à mort, ce phénomène ; un bel enfant rieur et qui savait tant de choses. La balance pencha du côté de Merlin.
« Bien, dit-il, je vous suivrai, mais je dois d’abord prévenir ma mère. Venez avec moi jusqu’au couvent où elle vit.



mardi 27 janvier 2015

fin du procès récap 25

Fin du proès 27/01

Quinze jours de délais supplémentaires furent accordés pour faire venir la mère du juge et laisser à Merlin le temps de trouver des preuves. Il ne semblait guère s’en soucier ; les uns et les autres lui posaient des questions auxquelles il ne répondait jamais, semblant redevenu un nourrisson qui ne savait pas encore parler.
Enfin, la mère du juge arriva, on fit venir Merlin qui tout à coup retrouve la parole et tel un juriste avisé fait rappeler les clauses du contrat passé. Alors Merlin qui  ne tient pas vraiment à faire condamner la mère du juge, propose qu’on libère sa mère et qu’on en reste là.
Le juge refuse ; certain de la vertu de sa mère, il l’interroge. La mère indignée affirme que son époux légitime est bien le père du juge. Merlin la met en garde : si elle continue à mentir, lui saura la confondre. Elle persiste.
Alors Merlin parle : il raconte l’amour adultère de cette femme avec le curé de sa paroisse et comme, quand elle a su qu’elle était enceinte, elle a couché avec son mari pour qu’il croie que l’enfant était de lui. Le juge fou de rage, questionne sa mère qui continue à nier. Mais Merlin sait tout, il donne des détails sur les jours, les dates, des détails qui ne permettent plus le moindre doute et pour finir, il ajoute que cette liaison dure encore. La mère s’effondre et pleure et finit par avouer. Merlin a dit la vérité. Selon le contrat passé, sa mère est innocentée. Mais l’assistance réclame encore le nom du père… Alors Merlin raconte comment le diable a abusé sa mère, puis il annonce ce qui va arriver au prêtre, le véritable père du juge.
Et à l’émerveillement de tous,  les choses se passent selon sa prédiction. La mère du juge va chez son amant  et le prévient ; ils sont démasqués, ils vont être jugés. De honte et de désespoir, le prêtre se donne la mort comme l’avait prédit Merlin. La mère de Merlin est graciée et l’enfant demande aussi la grâce de celle du juge qui ne demande pas mieux que de l’accorder.
Merlin, sa mère et son confesseur partent ensemble pour une retraite dans la forêt sauvage de Kerydion et Merlin commence à dicter au prêtre le récit de toutes ces aventures. C’est grâce à lui, le père Blaise que ce récit est venu jusque à nous. 





Les Chouchous