Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis
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samedi 6 février 2016

Un drôle de chat récap 25


Soleil couchant
09 02 16
C'est un chat de métal
Un étrange animal
Un chat de métal rouge.

Lové tel un pacha
Sur un lit d'apparat
Ce chat jamais ne bouge.

Et quand dans le ciel rouge
Le soleil se coucha
Derrière l'horizon pâle
Il avait tout d'un chat.

jeudi 29 octobre 2015

Rimes à rien...

"Qui s'est évanoui? Qui donc a disparu?
- Le Sagittaire présent dans la nature du Chat!


lundi 28 septembre 2015

Les neuf vies du Chat

Les neuf vies du Chat
« Un vieux matou, mathématicien émérite mais fort distrait et incroyablement paresseux, somnolait à l’entrée d’un temple. De temps à autres, il entrouvrait un oeil pour compter les mouches du voisinage et replongeait presque aussitôt dans sa douce léthargie.

Shiva vint à passer par là. Émerveillé par la grâce naturelle, toute féline, que l’animal avait conservée, malgré un embonpoint considérable dû à son oisiveté, le Seigneur des Monde lui demanda: « Qui es-tu et que sais-tu faire? »

L’autre, sans même entre bailler les paupières, marmonna:
-Je suis un vieux chat très savant, et je sais parfaitement compter.

-Magnifique! Et jusqu’où peux-tu compter?
-Mais voyons, je peux compter jusqu’à l’infini!
-Dans ce cas, fais-moi plaisir. Compte pour moi, l’ami, compte…

Le chat s’étira, bailla profondément, puis, avec une petite moue de dédain amusée, se mit à réciter:

-Un…deux…trois…quatre…

Chaque chiffre était prononcé d’une voix plus murmurante et vague. A sept, le chat était à moitié endormi. A neuf, il ronflait carrément, abîmé dans un sommeil béat.
« Puisque tu sais seulement compter jusqu’à neuf », décréta le grand Shiva, Souverain des Sphères, « je t’accorde neuf vies ».
C’est ainsi que les chats disposèrent de neuf existences.
Mais Shiva, qui était aussi un subtil philosophe, médita longuement. Le matou lui avait assuré qu’il pouvait compter jusqu’à l’infini. Certes, il s’était arrêté au chiffre neuf, puis s’était endormi. Or, le sommeil, sans nom, sans forme, sans pensée, n’est-il pas une fidèle préfiguration de l’infini?
Alors Shiva compléta son décret: Au bout de ses neuf vies, le chat accéderait directement à la félicité Suprême. »


samedi 5 septembre 2015

Le Diable

Pluie du jour de Saint-Grégoire
Autant de vin de plus à boire



« Je suis le diable. Le diable. Personne n’en doit douter. Il n’y a qu’à me voir, d’ailleurs. Regardez-moi si vous l’osez !
Noir, d’un noir roussi par les feux de la Géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun, comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de les oreilles, et des griffes, des griffes, des griffes.Combien de griffes. Je ne sais pas. Cent mille, peut-être.
J’ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive- pour tout dire, diabolique…

COLETTE – La Paix chez les Bêtes

mercredi 18 février 2015

Le Conteur

...Ha! toutes sortes d'hommes dans leurs voies et façons: mangeurs d'insectes, de fruits d'eau; porteurs d'emplâtres, de richesses! l'agriculteur et l'adalingue, l'acuponcteur et le saunier; le péager, le forgeron; marchands de sucre, de cannelle, de coupes à boire en métal blanc et de lampes de corne; celui qui taille un vêtement de cuir, des sandales dans le bois et des boutons en forme d'olives; celui qui donne à la terre ses façons; et l'homme de nul métier: homme au faucon, homme à la flûte, homme aux abeilles; celui qui tire son plaisir du timbre de sa voix, celui qui trouve son emploi dans la contemplation d'une pierre verte; qui fait brûler pour son plaisir un feu d'écorces sur son toit, et celui qui a fait des voyages et songe à repartir; qui a vécu dans un pays de grandes pluies; qui joue aux dés, aux osselets, au jeu des gobelets; ou qui a déployé sur le sol ses tables à calcul; celui qui a des vues sur l'emploi d'une calebasse; celui qui mange des beignets, des vers de palme, des framboises; celui qui aime le goût de l'estragon; celui qui rêve d'un poivron; ou bien encore celui qui mâche d'une gomme fossile, qui porte une conque à son oreille, et celui qui épie le parfum de génie aux cassures fraîches de la pierre; celui qui pense au corps de femme, homme libidineux; celui qui voit son âme au reflet d'une lame; l'homme versé dans les sciences, dans l'onomastique; l'homme en faveur dans les conseils, celui qui nomme les fontaines, qui fait un don de siège sous les arbres, de laines teintes pour les sages; et fait sceller aux carrefours de très grands bols de bronze pour la soif... ha! toutes sortes d'hommes dans leurs vies et façons et, soudain, apparu dans ses vêtements du soir et tranchant à la ronde toutes les questions de préséance, le Conteur qui prend place au pied du térébinthe....

SAINT-JOHN PERSE




lundi 16 février 2015

Dictionnaire du Zoodiac recap 25


LE CHAT 16 02 15

 Signe évanescent, gouverné par la planète Moustache.

Les natifs du chat ont tendance à disparaître en finissant par le sourire ; ne partez pas à leur recherche.

Si vous vivez avec un chat, résignez vous : c’est lui qui dirige la maison.


vendredi 25 juillet 2014

Les chats de la lune rousse

Un soir, un chat à pois et un chat à rayures,
L'un tapi sous le banc, l'autre assis sur le mur,
Dans la nuit bleue de mai; donnaient la sérénade
A Shôôd, noire angora qui les faisait rêver
La belle tarde à paraître, leur coeur bat la chamade.
Mais au jardin voisin, chez monsieur de la Path, 
Aucun bruit, aucun son ne trouble le silence.
Sur le mur, sous le banc; les queues des chats balancent.
Shôôd ne se montre pas... vont-ils rester en rade?

Ils guettent dans le noir les yeux verts de la belle;
Ils sont prêts s'il le faut, à se battre pour elle.
De leurs gorges s'élancent de longs "Mâârouââouhs!",
Tandis que monte au ciel une lune aux tons roux.

Toute la nuit en vain les deux chats vont attendre,
Et le matin viendra, aube couleur de cendre...
Les deux minets soupirent, regrettent le coussin,
L'édredon, les caresses et le lait du matin.
"Il est temps de rentrer", se disent les matous.
Ils se lèvent, s'étirent, lancent un dernier "Miaou".
Alors le chat à pois dit au chat à rayures:
"Cette Shôôd de la Path, vraiment, est une roulure!"

mercredi 8 janvier 2014

Revisons nos classiques alm

Le Chat Botté (d'après Perrault)
A la mort de son père,un garçon avait reçu pour tout héritage un chat ; ce dont il était bien marri. L’aîné avait eu le moulin, le second hérita de l’âne et pour lui, le dernier, ne restait que ce chat. Et il savait bien que ses frères n’allaient pas le nourrir juste pour qu’il envoie son chat à la chasse aux rats et aux souris. Aussi que faire d’un chat ? un bonnet de sa peau ? Il y songeait, le mauvais bougre !

Alors le chat lui dit (tous les chats savent parler, s’ils ne le font pas c’est qu’ils savent bien que nous ne les écoutons pas)…
Donc, le chat lui dit : « Un bonnet de ma peau ne vous fera que quelques hivers, alors que vivant, mon maître, je puis faire votre fortune.
-Ma fortune, dit le garçon dans un tel marasme qu’il ne s’étonnait même plus d’entendre son chat parler, ma fortune ? et comment ?
- Employez mon maître, les quelques pistoles qui vous restent… si, si, ne hochez pas la tête, il vous en reste… employez-les vous dis-je à me faire faire une paire de bottes, et vous verrez…
Le garçon et son chat s’en furent à la ville voisine, entrèrent dans l’échoppe d’un cordonnier qui ne s’étonna guère de l’étrange commande qu’on lui passait. Les cordonniers sont artisans dotés de grands pouvoirs, nombre de contes l’attestent. Celui-ci réalisa la plus élégante petite paire de bottes qu’on puisse imaginer.
Notre Minet, équipé de la sorte, demanda en outre à son maître un sac et une corde pour le lier  (Le sac, bien entendu!) Pour quelques rats et souris exterminés, il obtint du meunier une mesure de grains, puis il s’en fut dans les bois. Là, il disposa le sac ouvert, l’ouverture entourée de la corde ; il fit des grains un chemin qui se terminait dans le sac, puis tenant l’extrémité de la corde, il s’alla musser, invisible , dans un fourré.
Le roi de ce pays était gourmand de gibier, de perdrix surtout dont il raffolait. Cette année-là par malheur, une épidémie avait décimé la volaille, tant celle des basse-cour que celle des champs et des bois. La perdrix se fit rare et manqua bien souvent à la table royale. Notre rusé minet le savait. Quelques perdrix rescapées rencontrèrent pour leur malheur les grains de blé disposés par lui. Piquant et picorant les unes derrière les autres, elles suivirent leur gourmandise jusqu’au fond du sac. Quand la dernière y fut entrée, le chat tira sur la corde et jeta les prisonnières sur son épaule. Ôtant ses bottes qui le gênaient un peu, il galopa jusqu'à la cour d’honneur du palais royal. Quand il eût montré ses perdrix, il obtint sans peine une audience.
« Voici, Majesté, dit-il en s’inclinant bien bas, quelques perdrix des chasses de mon maître, le marquis de Carabas. »
Le roi, les papilles en émoi, remercia du présent en emplissant d’or le sac vidé de ses perdrix. Le chat fit une nouvelle révérence et s’en retourna vers son maître qui caressa son favori, assurant que les bottes étaient remboursées au centuple.
« Cela ne suffit pas, mon maître, dit le chat. Quand vous aurez dépensé tout cet or, vous ne serez pas plus avancé qu’hier. Je tiens moi, à assurer votre avenir, qui est aussi le mien.
Au garçon étonné, il conseilla de s’aller baigner nu dans la rivière voisine, puis il cacha ses vêtements sous un buisson. Bientôt, il entendit le galop de chevaux tirant un carrosse. Ce malin avait ouï dire, quand il était au palais, que le roi allant visiter ses terres passerait le long de cette rivière. Dès que le carrosse fut en vue, il se dressa au milieu de la route, criant de tous ses poumons :
« Au secours ! au secours ! mon maître le marquis de Carabas est victime de brigands : ils lui ont pris ses vêtements et l’ont jeté à la rivière… Au secours ! au secours ! mon maître se noie ! »
En entendant le nom de celui qui lui avait offert des perdrix, le roi fit arrêter son équipage et ordonna à ses gens de repêcher le « marquis ». Comme la tenue dans laquelle il se trouvait n’était guère convenable pour les yeux de la princesse qui accompagnait son père, on l’enveloppa d’une couverture, tandis qu’un serviteur galopait jusqu’au château pour y chercher des vêtements. La fille du roi avant de détourner pudiquement ses regards, avait eu le temps de voir que ce jeune homme était fort bien fait, aussi était-elle ravie de l’aventure.
Pendant ce temps, le chat en quelques enjambées avait gagné des prés où des faucheurs coupaient du foin.
« A qui sont ces prés bonnes gens, demanda-t-il ?
-Ils sont à notre seigneur le sorcier qui vit dans ce château, là-haut sur la colline.
-Bien, le roi va passer tout à l’heure. Craignez la colère de votre maître si vous ne dites pas, quand on vous le demandera, qu’il est le marquis de Carabas.
Quand passa le carrosse du roi dans lequel la princesse et le « marquis » se regardaient tendrement, les faneurs ne manquèrent pas de dire que ces prés étaient à monsieur le marquis de Carabas.
Le chat était parti devant. Des moissonneurs dans les champs, liaient le blé en gerbes. Comme auparavant, il demanda à qui étaient les champs. Comme ils appartenaient également au terrible seigneur de la colline, il renouvela son avertissement et quand le roi passa, il apprit que toute cette moisson allait dans les granges du marquis de Carabas qu’il regardait avec de plus en plus de considération.
Toujours devançant la suite royale, le chat somma des bûcherons de dire que les bois aussi étaient au marquis de Carabas et le roi se mit à penser que cet homme-là était donc bien riche.
Enfin le chat entra dans le château de la colline où tout était en grand arroi car le redoutable seigneur attendait d’autres sorciers de ses amis pour on ne sait quel sabbat et il comptait bien festoyer avec eux. Quand le chat parut devant lui, il fronça le sourcil qu’il avait fort noir et touffu, lui jeta un regard perçant, et demanda d’une voix terrible que venait faire là ce chat étrangement chaussé.
«Monseigneur, lui dit hardiment le félin, je suis comme vous magicien et voyez, comme je me déplace sur mes pattes arrière.  Je sais nombre de tours, mais on m’a vanté vos pouvoirs que les miens je le crains ne sauraient égaler. On m’a dit que vous aviez celui de vous changer en toutes sortes d’animaux, même les plus gros. Mais vous ne pourriez pas , je pense, vous changer en éléphant ?
« En éléphant, en ours ou bien en lion, rien ne m’est impossible !
Et pour montrer son pouvoir, le sorcier aussitôt devint pachyderme. De crainte de se faire marcher sur les bottes, le chat sauta sur la table dressée pour un festin. Ce que voyant, le maître des lieux, pour le faire descendre, se changea en lion. Le chat se réfugia sous un fauteuil et d’une voix tremblante continua :
« Certes, certes, vous semblez bien terrible ! aussi je pense que vous ne consentiriez jamais à prendre l’apparence d’un animal inoffensif, d’un animal minuscule… une souris, par exemple ?
-Rien ne m’est impossible, ne l’as-tu pas compris ?
Il secoua orgueilleusement sa crinière et se changea en une souris, sur laquelle se jeta le chat. Sans prendre le temps de s’en amuser comme il avait coutume de faire, il la croqua, l’avala et courut sur le perron pour recevoir son maître qui fit au roi les honneurs de son nouveau château.
Enchanté de voir sa fille éprise d’un aussi riche seigneur, il accorda sa main au marquis de Carabas qui plus tard, devint roi à la suite de son beau-père.
On proposa au chat différents ministères ; les finances, les affaires étrangères, premier ministre même.
Il refusa, rangea ses bottes et passa le reste de ses jours, à faire la sieste au soleil, à jouer et croquer quelques souris, à rêver d’attraper une hirondelle, à méditer et profiter de la vie et du temps qui passe, comme font la plupart des chats.

vendredi 14 décembre 2012

Conte de fées pour Manouche (et les autres)

C'était au coeur d'une forêt profonde, une petite maison de bois , bien pauvre et bien coquette.
L'hiver était rude et la vieille femme très seule, très faible; elle avait faim, elle avait froid; plus personne pour l'aider au jardin, plus personne pour fendre du bois; elle en ramassait bien un peu mais elle était si fatiguée!
La vache après son homme, s'était laissée partir; plus de lait. Les poules disparues,plus d'oeufs non plus. Alors elle avait ramassé une dernière brassée de bois mort, la pauvre vieille et ramassé une pomme tombée; elle avait allumé une dernière flambée pour elle et son vieux chat; trop vieux lui aussi pour courir après les souris, il était devenu si maigre! lui aussi n'en avait plus pour longtemps.
Elle s'installa dans son fauteuil, le chat sur les genoux. Quand elle aurait mangé sa pomme et que le feu serait éteint, elle fermerait les yeux et tout en caressant le vieux matou, elle se laisserait mourir; le chat la rejoindrait bientôt. Elle poussa un soupir...
Et c'est alors que quelques coups timides furent frappés à la porte. Elle dit :"Entrez!"
Une vieille femme s'avança, encore plus vieille et plus courbée; elle avait froid, elle avait faim.
"Vous n'avez pas de chance, dit la vieille-au-chat, il ne me reste plus rien, mais ne restez pas dehors: venez près du feu et, si vous avez faim... ma foi... je n'ai plus qu'une pomme, on va la partager!"
A peine avait-elle fini de parler que la pièce fut éclairée comme par un soleil de midi. La vieille s'était redressée, des chevaux blonds couvraient ses épaules encadrant un vissage au teint de rose; sa robe était du bleu d'un ciel du soir; à sa main, une baguette étincelait.
"Tu es bonne, dit-elle à la vieille femme, tu n'as plus rien et tu partages encore! Tu as droit aux trois voeux: que désires-tu le plus?"
La vieille n'hésita guère:
"Rendez-moi jeunesse et santé, alors tout ira bien... et puis... mon vieux compagnon, mon chat: lui aussi faite-le jeune; il me manquerait trop!
-Soit, dit la fée! 
Elle agita sa baguette; la vieille se redressa, toutes rides effacées et le vieux chat sauta du fauteuil, agile et s'étira...
La fée avait disparu.
Elle n'était pas bien loin quand elle se ravisa:"Jeunesse et santé? au fond c'est tout un. Et puis, comment va-t-elle s'en tirer, seule au fond de la forêt?  Allons, elle a bien droit à une don supplémentaire..."
Elle agita sa baguette en direction de la chaumière...
Près de la cheminée, le chat était devenu jeune homme; il regardait pensif  celle qui avait été sa maîtresse et qui baissait les yeux, rougissante. Il hocha la tête:
"Tu vois, tu vois pourquoi je miaulais tant le jour où tu m'as fait castrer!!!!

samedi 25 août 2012

Hexagramme 41 du YI King traits 3 et 4

Un chat, deux chats,trois chats;
 Il n'en faut pas un, il n'en faut pas trois.
 Deux chats sur le chemin, un chat reste en chemin.
Chat qui voyage seul, à qui tous lieux sont bons,
D'un canard à col vert peut faire un compagnon.


samedi 31 décembre 2011

Tsougouhara FOUJITA (1886-1968) Cat -détail

Dans ses rêves il invente toutes les félicités que va vous apporter une année nouvelle.
Belle , grande et heureuse année 2012
Pomme

lundi 8 août 2011

C'est la mi-août...

A la mi-août
L’hiver se noue.


LE CHAT


Tous les enfants chantent avec innocence la ronde de la Mère Michel dont le vilain Lustukru a bouffé le chat. Et leurs chats de s’en amuser car les chats aiment à rire,  tel l’évanescent minet de la jeune Alice. Car le chat est d’un naturel évanescent ; le chat s’évanouit, seul reste son sourire ; un sourire apparaît, voici venir le chat qui se montre et se cache inopinément.
Car le chat est farouchement inopiné….
Le chat qui semble n’en faire qu’à sa tête, sans en avoir l’air veille… il veille sur vous qui veillez sur son foyer et n’hésitera jamais à sacrifier… provisoirement… son confort pour se chausser de bottes et faire votre bonheur, car Perrault le dit bien, les bottes, « ne valent rien pour marcher sur les tuiles ».
D’ailleurs, même s’il glisse du toit, le chat se blesse rarement, faculté à lui offerte par le Prophète : Un jour que son chat était endormi sur un pan de son manteau, vint l’heure de la prière. Pour ne pas déranger son favori, Mahomet coupa le manteau. A son retour, pour le remercier, le chat ronronna en faisant le gros dos. Le prophète le caressa par trois fois, lui accordant cette faculté de toujours retomber sur ses pattes. Il aimait tant ses chats que pour n’être pas pour l’éternité privé de leur présence, il leur accorda une place en paradis.
Ce qui devrait rassurer certains esprits chagrins qui redoutent les chats surtout quand ils sont noirs, car les chats, insoucieux du bûcher que ce genre de mystification leur valut souvent, n’hésitent pas à faire croire qu’ils sont diaboliques ; cela les amuse. Les écrivains ne sont pas dupes. Ainsi Colette qui les aimait tant a traduit dans  La paix chez les bêtes les propos de l’un de ses noirs compagnons :
-« Je suis le diable. Le diable. Personne n’en doit douter. Il n’y a qu’à me voir, d’ailleurs. Regardez-moi, si vous l’osez ! Noir, d’un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles et des griffes, des griffes, des griffes. Combien de griffes. Je ne sais pas. Cent mille peut-être. J’ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive. Pour tout dire diabolique.»
Certains qui ne croient pas au diable éprouvent néanmoins du ressentiment pour le chat, les bouddhistes, par exemple, s’étonnent que ni lui ni le serpent ne semblèrent émus de la mort du Bouddha. Le chat n’est pas indifférent ; le chat est pudique et c’est aussi un sage qui garde son calme face à l’adversité. Ce qui indique son intelligence exceptionnelle dont témoignent les quatre heures journalières de rêve qu’ont observé les scientifiques..

samedi 30 juillet 2011

La Langue du Chat

"La supériorité du chat sur le chien, c'est qu'il n'y a pas de chats policiers"

Jean COCTEAU

mercredi 1 décembre 2010

La Chatte Blanche (fin)

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On ne se joue pas impunément des fées. Le cavalier et sa belle n’allaient pas tarder à s’en apercevoir. Ils n’avaient pas encore célébré leurs noces, qu’un monstre terrifiant ravageait les états du prince. Son souffle ardent brûlait maisons et récoltes ; il dévorait les troupeaux et leurs gardiens et ses déjections propageaient des maladies mortelles. Le prince n’avait pas le choix : il partit combattre le dragon. La lutte ne dura guère, d’un seul jet de son haleine enflammée, il consuma cheval et cavalier.
La reine des fées en personne, vint avertir la fiancée et pour la punir de les avoir trompées elle fut changée en chatte blanche et condamnée à vivre seule dans ce palais désormais enchanté. 
-« A moins dit la fée avec un mauvais rire,  qu’un jeune homme en tout point semblable à celui que tu aimais ne s’éprenne de toi sous ton aspect de chatte et qu’il t’aime assez pour oser te trancher la tête et la queue. Alors et à ces seules conditions, tu redeviendras une femme.
-« Elle pensait, reprit la princesse que cela n’arriverait jamais et que je resterais pour toujours leur prisonnière, mais vous êtes venu…
-Il nous faut maintenant retourner chez mon père , dit le prince; j’ai un royaume à vous offrir car nul doute que vous ne soyez plus belle que les fiancées que ramèneront mes frères.
- A quoi bon, ? Laissez le royaume à vos frères, si toutefois le roi votre père consent à l’abandonner un jour. Mon père à moi, régnait sur six royaumes dont il m’a faite héritière à sa mort et je ne pourrais les gouverner seule. Soyez mon roi…

Bon, ben… voilà… ils furent heureux etc…

mardi 30 novembre 2010

La Chatte Blanche (9)



Et la princesse racontait :  comment elle cherchait à le rejoindre sans jamais trouver la sortie du domaine enchanté… Un jour même dans le refrain d’une chanson, elle distingua des paroles de reproche ; on la disait aussi belle qu’inconstante. Elle crut alors ne jamais retrouver celui qu’elle aimait ; elle devint pâle et triste, elle ne dormait plus, ne mangeait plus. La plus âgée des fées en qui ce chagrin remuait des souvenirs, tenta de la consoler ; elle lui dit le sort des fées qui pour obtenir et garder leur pouvoir doivent s’abstenir de tout amour humain. La pauvre enfant pleura de plus belle ; aucun pouvoir au monde ne valait de renoncer à celui qui l’aimait et qui dans la forêt chantait sa peine de se croire oublié.
Ses sanglots redoublés firent accourir toutes les fées. Elles n’étaient pas méchantes et la peine de la jeune fille les troublait… mais que faire ? son destin était de devenir fée, et nul n’y pouvait rien.
« Alors, implora-t-elle, laissez moi au moins lui faire savoir que je ne suis pas inconstante, que c’est contre ma volonté que je l’abandonne. Une fois juste une fois, laissez-moi le revoir et lui expliquer ! »
A contre-cœur, les fées consentirent, elles la laissèrent pour quelques minutes seulement, retrouver son prince.
Mais quelques minutes suffisent à un amoureux, pour soulever sa belle, la mettre en selle devant lui et partir au grand galop

lundi 29 novembre 2010

La Chatte Blanche (8)

-« Je n’avais pas la moindre idée, continuait la princesse, de ce que pouvaient être un cheval et son cavalier, car les fées qui voulaient faire de moi l’une d’entre elles, m’avaient tenu à l’écart du monde humain. Il ne fallait à aucun prix, pour acquérir les pouvoirs dont elles voulaient me doter, que je rencontre un homme et que je l’aime d’amour. Pourtant, en ouvrant les yeux sur le beau visage plein de sollicitude qui se penchait vers moi, mon cœur se mit à battre comme il n’avait jamais battu. Le mal était fait, j’avais rencontré un homme et je l’aimais et lui aussi m’aimait. Il me quitta, promettant de revenir chaque jour et me fit promettre de revenir aussi.
Folle de bonheur et pleine d’innocence, je rentrai chez les fées et leur racontai l’aventure. A leur mine grave, j’aurais pu me douter que je ne reverrais pas de sitôt mon beau cavalier.
Elles ne m’interdirent rien, mais un charme s’étendit sur le domaine de telle sorte que jamais plus je ne pus en franchir les limites. Chaque jour à l’heure dite, j’errais sur les frontières du jardin des fées, sans pouvoir approcher de mon amour…j’entendais sa voix dans le lointain, qui chantait des chansons de plus en plus tristes.

dimanche 28 novembre 2010

La Chatte Blanche (7)





Il avait oublié que les fées voient tout ! Il fut bientôt entouré de créatures étranges et menaçantes, suivies de trois fées à la mine courroucée. Le malheureux roi, espérant les adoucir leur exposa le désir de son épouse.
-« Eh bien, dit la plus grande et la plus majestueuse, emporte un panier de ces pêches , mais en échange,  dès que l’enfant sera né, tu devras nous l’apporter. !
Que faire devant la puissance des fées ? Il dut promettre et en dépit des pleurs et des supplications de la reine, la petite fille à qui elle avait donné le jour leur fut confiée.
La jeune fille grandit dans le domaine enchanté sans jamais voir d’autres créatures que ses marraines et leurs étranges serviteurs. Elle était parfaitement heureuse et n’aurait jamais cherché à connaître d’autres lieux si, alors qu’elle allait avoir quinze ans, sa jolie chatte blanche ne s’était échappée. Elle partit à sa recherche et sans s’en apercevoir, quitta le jardin des fées et se retrouva dans la forêt voisine. Jamais elle n’était allée aussi loin et de fait, elle était perdue. Tout lui semblait sauvage et hostile ; ses jupons de dentelles se déchiraient aux ronces du chemin et se jolis souliers de satin partaient en lambeaux. Elle allait se mettre à pleurer , quand elle entendit un bruit étrange. Des pas énormes foulaient les feuilles mortes du chemin, des pas rapides, précipités, cadencés ; son cœur battait de frayeur et quand elle vit une énorme animal portant sur son dos la plus étrange créature qu’il lui eut été donné de voir, elle s’évanouit de frayeur.

samedi 27 novembre 2010

La Chatte Blanche (6)



Le plus jeune prince monta dans sa calèche et sans avoir besoin ni de voix ni de guides, les douze chevaux blancs le transportèrent chez la chatte qui s’était bien ennuyée pendant son absence. Pendant un an,  ils rattrapèrent le temps perdu tant et si bien que le prince n’avait d’autre envie que de laisser son héritage à ses frères.
« Vous ne le pouvez pas dit la Chatte, ce serait faire votre malheur et le mien. Prenez cette épée. »
Elle lui tendit une lame affûtée comme un rasoir.
« Vous devez maintenant me couper la tête et la queue avant de vous en retourner. Ne tremblez pas, ajouta-t-elle en le voyant pâlir. Cette épreuve est la dernière »
Le prince pleura, argumenta, supplia ; il ne pouvait pas, ne voulait pas tuer de façon si cruelle celle qu’il aimait tant, celle avec qui il rêvait de passer le reste de sa vie.
« Il le faut, lui dit-elle. Faites-moi confiance ! Quand vous ai-je mal conseillé, quand vous ai-je trahi ? Allez, il ne vous faut qu’un peu de courage ! »
Le Prince en larmes, les mains tremblantes, de deux coups d’épée trancha la tête et la queue de son amie. De la fourrure blanche sortit la plus merveilleuse jeune fille dont un prince puisse rêver.
Le prince, bouleversé, cherchait des yeux la chatte ou du moins sa dépouille, mais la princesse- car c’en était une – lui dit doucement :
 « Vous ne me verrez plus sous cette forme. Votre courage m’a délivrée de l’enchantement qui me retenait sous cette forme ; désormais, ma vie vous appartient. »
Puis elle l’entraîna vers un sofa, le fit asseoir près d’elle et lui raconta comment sa mère enceinte d’elle s’était prise d’une envie violente de pêches qui mûrissaient dans un verger voisin du palais. Ce verger appartenait à  fées ; elles interdisaient à quiconque d’y pénétrer et d’y cueillir le moindre fruit. La reine passait ses journées à regarder le verger en pleurant ; elle refusait toute autre nourriture, devenait pâle et maigre, si bien que le roi de crainte de voir mourir son épouse et le bébé qu’elle portait, par une nuit sans lune, pénétra dans le domaine des fées, espérant ne pas être vu.

vendredi 26 novembre 2010

La Chatte Blanche (5)


Les princes partirent chacun de leur côté, mais le plus jeune alla tout droit aux écuries et enfourcha le cheval de bois qui devait le ramener chez Chatte Blanche.
La demeure aux portes d’or était triste, les mains semblaient absentes et sur son coussin, chatte blanche était lovée, le nez dans sa queue, elle ne ronronnait pas, mais tressaillait de temps à autre dans son sommeil ; son poil semblait gris et moins soyeux. Le Prince s’approcha,  la caressa. Elle remua ses pattes, leva la tête et ouvrit ses grands yeux turquoise sur son ami enfin revenu. Son nez rose, ses moustaches frémirent ; un doux feulement témoigna de sa joie.
Aussitôt de partout des mains se montrèrent ranimèrent le feu allumèrent les torchères. Le Prince fut dévêtu, baigné, massé tandis qu’on brossait Chatte Blanche. Un souper fut servi et c’est sans crainte et avec grand plaisir qu’il but la liqueur d’oubli. Il avait eu le temps de dire à la chatte l’objet de sa nouvelle quête aussi quand un an fut écoulé, comme la première fois elle lui rappela son devoir.
Il retourna chez son père, dans une calèche attelée de douze chevaux blancs. Chatte blanche lui avait confié une tabatière ornée de rubis. Son arrivée fut cette fois moins discrète et l’on admira beaucoup son équipage. A l’issue de la fête donnée pour leur retour, les trois frères, l’un après l’autre, offrirent au roi la pièce d’étoffe qu’ils avaient rapportée. Celle de l’aîné était du lin le plus fin, le second montra une soie presque impalpable. Le plus jeune enfin donna sa tabatière de rubis. Le roi l’ouvrit et découvrit  étonné, une noix. On fit casser la noix qui contenait… une noisette. Le roi, sourcil froncés, fit ouvrir la noisette, dans laquelle on vit un noyau de cerise. La cour se mit à craindre pour la vie du prince quand un grain de blé sortit du noyau.
-« Quelle plaisanterie est-ce là, mon fils, tonna le roi ?
Le prince commençait à se demander quel tour avait voulu lui jouer son amie pourtant si chère, quand un grain de millet sortit du grain de blé. Il l’écrasa entre ses doigts tremblants et se déploya alors, une étoffe d’une finesse irréelle qui passait dans le chas de l’aiguille à broder empruntée à une suivante. La cour murmura d’émotion et le nez des deux frères aînés s’allongea. Le roi en se couchant n’était toujours pas décidé à céder sa couronne.
Mes fils, annonça-t-il le lendemain, il m’est encore une fois impossible de vous départager sans faire une injustice. Comme pour régner, il vous faut une descendance, allez par le monde vous chercher une épouse. Celui qui reviendra avec la plus belle et la plus accomplie des princesses sera mon héritier.

jeudi 25 novembre 2010

La Chatte Blanche (4)


A peine eût-il enfourché le cheval de bois, le Prince se trouva transporté dans les écuries de son père où il s’empressa de le dissimuler derrière les balles de paille qui garnissaient une stalle. Un vieux chien qui dormait là lui fit la fête ; il avait été son compagnon d’enfance. Le prince par jeu, le siffla et partit à la rencontre de ses frères.
L’un était suivi d’un molosse puissant au pelage luisant, à la mâchoire redoutable et dont l’air bonasse ne trompait personne sur sa férocité contenue. L’autre frère tenait en laisse un lévrier au long poil soyeux, un animal racé, aux membres déliés et nerveux dont on devinait sans peine que lâché, il devait filer comme le vent.
Voyant leur cadet suivi d’un bâtard à demi pelé, qui s’arrêtait tous les dix pas pour gratter ses puces et ses tiques, ils eurent du mal à cacher leur satisfaction ; leur jeune frère n’était pas un concurrent redoutable.
Le roi pour le retour des ses fils donna une grande fête au cours de laquelle vint le moment pour lui de choisir le meilleur chien. Il complimenta ses deux aînés et regarda perplexe l’horrible cabot qui suivait son benjamin.
Voyant son air consterné le jeune prince dit : «  Celui-ci n’est pas pour vous mon père, c’est le chien d’écurie, mon ancien compagnon de jeu. Voici mon père celui que je vous destine. » Et il offrit le gland. Le roi et toute la cour étaient dans un état de stupeur difficile à décrire. Le prince probablement n’avait plus sa raison. Il ouvrit le gland, et l’on en vit sortir, minuscule d’abord mais grandissant à vue d’œil le plus charmant petit chien qu’on puisse imaginer : de longues oreilles soyeuses, de grands et tendres yeux noirs, la tête ronde, le nez court. Il se dressa aussitôt sur ses pattes arrière et prenant le rythme des musiciens qui accompagnaient la fête, se mit à danser. Puis il fit mille tours, sautant, cabriolant, rapportant des balles ; il se faisait caresser admirer et pour finir, grimpa sur les genoux du roi, lui passant sur le nez une langue rapide et discrète. Le roi le prit dans ses bras et le garda près de lui toute la soirée.
Les deux aînés étaient bien près d’oublier leur serment de fraternité. Quand au roi, il n’était pas plus décidé qu’un an auparavant à se choisir un successeur. Il fit donc appeler ses trois fils et leur dit :
-« Mes chers fils, vous m’avez ramené chacun un chien admirable ; je ne puis en conscience décider lequel est le meilleur. Aussi pour vous départager, je dois vous confier une nouvelle mission. Il est temps pour moi de me faire faire de nouvelles chemises. Pour cela il me faut de l’étoffe excellente. Allez mes fils, et celui de vous qui me ramènera la toile la plus fine gouvernera ce royaume.

Les Chouchous