Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis
Affichage des articles dont le libellé est contes et religion. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est contes et religion. Afficher tous les articles

mardi 19 janvier 2016

Les Dieux et le Cosmos alm récap 25

Les Dieux et le Cosmos 19/01

Léon Van der Meersch dans « Les deux raisons de la pensée Chinoise », oppose la pensée européenne théiste à la pensée chinoise cosmologique.
Il peut sembler outrecuidant de ma part d’apporter là une observation, cependant il me semble que si la pensée judéo-chrétienne est théiste, la pensée gréco-romaine l’est nettement moins, j’oserais même dire pas du tout.
En effet, les divinités grecques ne sont devenues « dieux » que sous l’influence chrétienne. Les Romains, principalement guerriers et légistes, ont trouvé plus commode pour asseoir leur influence et assurer la paix dans les territoires conquis de laisser libre-cours aux coutumes et croyances locales, voire à les adopter. Admiratifs de la culture grecque, ils l’ont intégrée au point de romaniser les divinités hellènes ; lesquelles ne sont devenues divines au sens où nous l’entendons que sous l’influence chrétienne.
L’Eglise Chrétienne soucieuse de s’imposer aux esprits, a nié les cultes anciens au point de gratter les parchemins qui les relataient pour y inscrire ses propres textes. Les écrits des Grecs nous sont revenus par la grâce de la culture arabo-andalouse et notons au passage que comme la musique, la culture se joue des croyances et des traditions. Ces écrits on fait leur chemin et ont été chez nous remis à l’honneur au XVI° siècle qui pour cette raison a été nommé Renaissance, mais dans une optique qui depuis est devenue la nôtre.
Pourtant à l’origine, les « Dieux » grecs étaient des personnifications d’entités, de forces de la nature. Orphée était un chaman ; les mythes dionysiaques étaient chamaniques comme les « mystères » d’Eleusis ; les Bacchantes, la Pythie ne buvaient pas que du thé à la menthe et leurs fumigations n’étaient pas que de thym et de lavande. Apulée, dans l’Âne d’Or cite la Thessalie comme « terre des sorcières et des enchantements » ; patrie aussi des Centaures Nessus et Chiron, détenteurs de la connaissance.
On peut apercevoir certaines de ces divinités dans les trigrammes du Yi-King : Ouranos et Gaïa actif et réceptif ; Eole, le vent ; Zeus, le tonnerre ; Hélios, le feu du soleil ;Artémis la lune qui se baigne dans un lac ; Atlas représente la montagne et Poséidon le frère de Zeus, c’est l’eau sous toutes ses formes .

On aurait tout à gagner je crois, à penser civilisations et croyances en termes de similitudes plutôt que de différences

dimanche 22 février 2015

Le fond et la forme récap 25

Le fond et la forme 22 02 15
Il ne faut pas confondre la religion - le fond- avec les cultes -la forme-.
Le mot religion, de par sa racine, désigne ce qui relie. On peut donc légitimement penser que la religion est universelle. La religion relie, mais les cultes, la façon dont on l'enseigne et la pratique, séparent.
Ce n'est pas la religion qui provoque les conflits, mais les cultes.
Ainsi du bouddhisme dont on me dit qu'il n'est pas une religion mais une philosophie; cette philosophie cependant, relie. La Philosophie dans son ensemble relie les hommes , mais comme elle est sans culte, elle ne les pousse pas à s'étriper.
J'ai scandalisé naguère le curé de notre canton en lui disant que je ne vais pas à la messe parce que je suis profondément religieuse; cette messe qui n'est pour moi qu'un rite dépourvu de signification et pourtant, je crois à la parole du Christ.
Tout ce qui fait rêver, penser les hommes et les pousse à descendre au fond d'eux-même chercher la lumière est religion.
Ainsi les contes sont religion qui racontent à tout l'Univers connu la même histoire: celle de la vie.

jeudi 5 février 2015

La question est ancienne....


"... Comme cette croyance en des dieux ne résulte cependant pas d'instructions, d'anciennes habitudes ou de lois, et qu'elle est fermement ancrée chez tous à l'unanimité, la ferme conviction que les dieux existent doit aussi nécessairement subsister étant donné que nous avons sans doute d'eux une conception "implantée" en nous; l'on pourrait dire plus précisément qu'il s'agit là d'une conception innée. Tout ce qui concorde dans la prédisposition naturelle de tout être humain doit sûrement être vrai. On doit par conséquent admettre l'existence des dieux."
CICERON


mardi 9 octobre 2012

Priez pour nous...


 

"Célébration du fils, le christianisme n’avait jamais été, à l’image du judaïsme, qu’une religion du père, c'est-à-dire de la dureté et de la rigueur, et l’une des raisons de son échec venait de n’avoir pas su exposer sur ses autels, au même rang, l’adoration de la mère, c’est-à-dire la tolérance et la bonté. Mais puisque le martyre du fils n’avait pas suffi à racheter la barbarie du meurtre voulu par le père, il fallait non seulement destituer ce dernier, mais en outre déclarer l’incapacité de la mère qui n’avait su protéger ni le fils de Dieu ni le fils de l’homme, femme-esclave elle aussi, épouse-servante à jamais effacée sous ses voiles de deuil. Si nous nous trouvons à la charnière des temps, c’est que le fils, dans l’invisible est devenu majeur. Il a détruit en lui l’illusion d’une mère secourable, d’une mère-refuge, et il vient d’accéder à lui. A la place de cette mère menteuse, la vraie femme, l’éternelle fiancée, ou plutôt l’Amante souveraine, dont la beauté ne passera pas, celle dont le christianisme a hypocritement gommé l’image sous le culte obscur de la vierge-mère, il ne célèbre de la femme que les deux états qui la nient."

Raymond Abélio

Les Chouchous