Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis
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mercredi 24 juin 2015

Autour du 8° conte... posé sur 2021 alm

Le 8° conte de Perrault: Les Fées ;
La jeune fille aimable reçoit le pouvoir de transformer toutes ses paroles en perles et en roses ; la vilaine qui veut l’imiter crache vipères et crapauds .
Certaines versions de Cendrillon montrent des situations similaires où la vilaine se retrouve avec une queue d’âne plantée au milieu du front. Une queue d’âne qui conduit tout droit aux oreilles du roi Midas qui pour avoir préféré la musique populaire de Pan à la musique savante d’Apollon, et surtout et plus encore pour avoir contesté le jugement des Dieux , s’est vu gratifié d’oreilles d’âne. Que je mérite également puisque comme Midas, j’ai un faible pour la musique populaire… sans négliger l’autre cependant.
 Dans l’autre partie de l’histoire : pour avoir trop aimé l’or, Midas risque la mort puisque tout ce qu’il touche devient métal. Il doit aller se purifier dans le fleuve Pactole qui depuis charrie toujours des pépites.
On voit souvent dans les fables, les contes moraux, dans le merveilleux en général, un héros qui n’écoute pas les auxiliaires.

dimanche 7 avril 2013

L'or du Roi Midas alm récap 25

L'or du roi Midas 07 04
« Le bon vin m’endort, mais l’amour me réveille », dit la chanson.
Mais ce n’est pas l’amour qui réveilla Silène que le bon vin avant endormi, dans les montagnes de Phrygie, sur les terres du roi Midas… Non ! pas les baisers d’une aimable bacchante, mais bien les pieds et les poings brutaux de paysans au service du roi, qui rudement le ramassèrent, le lièrent solidement pour le conduire à leur maître sans même le  laisser remonter sur son âne qui, inquiet, trottinait en suivant son cavalier malmené.
Quand Midas reconnut, ligoté comme un ballot, le bon précepteur de Dionysos, il s’empressa de le délivrer, ne félicita pas ses serviteurs trop zélés et ordonna une fête et un festin pour son vieil ami ; sans oublier bien entendu, de faire avertir le dieu un peu soucieux de la disparition de celui qui, après lui avoir servi de père, était devenu son compère en polissonneries diverses. Dionysos prit part à la fête et pour remercier Midas de son hospitalité, lui accorda un vœu.
Midas sans être cupide, aimait beaucoup tout ce qui brille et l’or par-dessus tout. Il demanda le pouvoir de changer en or tout ce qu’il toucherait. Le dieu leva un sourcil circonspect et demanda : « Midas, as-tu bien réfléchi à ce que tu  souhaites ? – Mais… oui, répondit l’étourdi. – Tu es sur ? – Oui, oui ! – Soit ! accordé.
Dionysos s’en retourna, suivi de Silène qu’on avant eu bien de la peine à jucher sur son âne qui, farceur comme tous les ânes n’avait guère aidé à simplifier la manœuvre.
Midas, après avoir passé ses mains, sur les meubles, les murs, les portes de son palais ainsi que sur tous le objets qui s’offraient à sa vue, après s’être émerveillé devant leur nouvelle splendeur s’alla coucher et s’endormit, visité de rêves dorés.
Il s’éveilla au chant des merles et l’ombre d’un soute l’effleura quand, après avoir caressé son chien qui venait chercher sa caresse matinale, il vit son compagnon changé en statue d’or. Afin de vérifier ce pouvoir étonnant, il toucha deux ou trois esclaves qui incontinent s’immobilisèrent et se mirent à briller. Il repoussa son épouse qui venait l’embrasser et lui recommanda de tenir ses enfants éloignés. Puis il se mit à table ; il manqua se casser une dent sur son pain, le vin qu’il tenta de boire était de l’or en fusion. Certes ses coupes et ses couverts étaient devenus la plus précieuse des orfèvreries, mais il se demandait comment il allait bien pouvoir se nourrir. Il s’en alla dans ses jardins réfléchir au problème ; sous ses pas le sable et les cailloux devenaient de l’or, mais chaque fleur qu’il touchait, chaque fruit qu’il cueillait, instantanément perdait la vie et se mettait à scintiller.
A la fin du jour aveuglé par tout cet or qui brillait sous le soleil, affamé, assoiffé, forcé de tenir à distance tous ceux qu’il aimait, il implora Dionysos de le délivrer de ce don maudit. Le dieu compatissant – et qui s’était bien amusé- après l’avoir sévèrement tancé, lui conseilla d’aller s’immerger dans le Pactole et de frotter, frotter jusqu’à ce que la moindre parcelle d’or se dissolve dans l’eau du fleuve… Et l’on dit que de cet or, il y en avait tant que de nos jours encore les eaux du Pactole charrient des pépites d’or. 

L'oseille se montre au jardin et les Indégivrables prennent l'eau sur l'Almanach

mardi 28 février 2012

-Les oreilles du roi Midas- alm récap 25

les oreilles du roi Midas 28 02 12

On pourrait imaginer que de tout cet or dont s’était lavé Midas, au moins une parcelle serait devenu plomb et aurait lesté sa cervelle. Hélas il n’en fut rien !
Un jour qu’il était à la chasse, il fut entraîné (selon le coutume bien connue des princes et rois de légendes), il fut entraîné dis-je à la suite d’un gibier en un lieu où il n’avait rien à faire : sur les pentes du mont Tmolos. Là se trouvaient des dieux assemblés pour décider entre deux musiciens, lequel était le meilleur.  Ils n’étaient pas n’importe qui : les concurrents étaient Pan et Apollon. Tmolos, le dieu de cette montagne avait été désigné pour arbitre. Pan joua de sa flûte des airs joyeux et Apollon tira de sa lyre des accords sublimes. A l’unanimité, il fut déclaré vainqueur.
C’est alors que sortant des buissons d’où il avait tout écouté, Midas vint donner un avis que personne ne lui demandait. Lui préférait la flûte à la lyre ; la musique champêtre du dieu berger à la musique céleste du divin artiste.
Apollon offensé, toisa l’impertinent : «  Pour qui te prends-tu Midas, qui ose te mêler des affaires des Dieux, qui ose critiquer leur jugement ? Toi qui te crois l’oreille si fine, je vais t’en donner, moi des oreilles ! Des oreilles semblables à cet animal ton frère, dont sans doute tu apprécies la voix mélodieuse ? »
Et Midas aussitôt, sentit de chaque côté de sa tête comme une démangeaison. Il y porta les mains… Horreur ! ses oreilles étaient couvertes de poils et d’une longueur démesurée !
Il attendit la nuit pour rentrer en son palais sans que personne ne puisse soupçonner sa disgrâce. Au réveil, il se coiffa du bonnet emblème de la Phrygie son royaume et ne le quitta plus. Ainsi le roi Midas cacha jalousement ses oreilles. Hélas, il ne pouvait empêcher ses cheveux de pousser et forcément l’esclave qui les coupait eut connaissance du secret. Si la chose s’apprenait, lui seul aurait pu l’ébruiter et la mort châtierait son indiscrétion.
Malheureux homme ! Un pareil secret ! De toutes ses forces, il était résolu à le taire, mais il craignait un incident, une étourderie, un rêve même : imaginez qu’une nuit il se mette à parler en dormant et que sa femme l’entende ? et qu’elle fasse confidence de la chose à une amie… qui ne manquerait pas de colporter une si croustillante nouvelle… C’en serait fait de lui !
Ce secret trop lourd à garder, il fallait le confier, mais à qui ? connaissait-il un être humain capable de rester muet comme la tombe ?  Mais la voilà, l’idée ! une tombe ! Il allait enterrer son secret !
Il se rendit au bord du fleuve, sur une rive déserte où seuls vivaient des roseaux. Là, il creusa un trou, un trou profond et, courbé vers les entrailles de la terre, il murmura : « Le roi Midas a des oreilles d’âne ! » Puis, bien vite, il reboucha le trou et s’en fut , soulagé.
Mais le secret s’alla nicher dans les racines des roseaux, remonta par les tiges, sortit sur les feuilles où le vent le cueillit… qui répandit par toute la terre et à travers le temps, le secret du roi Midas !

Les Chouchous