Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

mardi 11 janvier 2022

Python ou la Mythologie au jardin. récap 25

 PYthon ou lamythomogie au JARDIN 11/01

Ce matin la lutte épuisante contre un tuyau d’arrosage récalcitrant m’a fait songer, toutes proportions gardées, à celle d’Apollon contre le serpent Python.

Qui était-il ce Python, ancêtre de tous les monstres, de tous les dragons qu’ont dû à affronter les héros des contes ?

Né de la boue du déluge à peine réchauffée par le soleil, c’était un immense, un énorme serpent dont les anneaux entouraient les montagnes. Il détruisait tout sur son passage. Sa bave venimeuse ravageait vergers et cultures, ses yeux sans paupières immobilisaient les humains qui voyaient avec terreur s’ouvrir une large gueule ornée de crocs et d’une langue fourchue prêtes à les aspirer tout crus. Personne ne pouvait lui résister et les populations ruinées, décimées n’avaient d’autre recours que d’invoquer les Dieux.

C’est à Apollon le bel archer qui jusque- là ne chassait que les daims et les chevreuils que fut confiée la tâche d’éliminer le monstre. Une tâche dont aucun humain n’aurait pu venir à bout et que lui-même en dépit de sa divine puissance eût bien du mal à accomplir.

Ce n’est qu’après avoir vidé son carquois que d’une dernière flèche il est venu à bout du monstre qui par toutes ses blessures a répandu le venin noir qui alimentait sa vie.

dimanche 9 janvier 2022

Deucalion alm récap 25

 


 Deucalion 09/01

Zeus comme beaucoup d’autres dieux par le monde, en eût un jour assez des créatures qu’il avait installées dans un lieu magnifique crée tout exprès pour leur bonheur. Des forêts profondes sous les grands arbres desquelles s’abritaient tout un monde de biches, de cerfs, de sangliers ; des plaines ondulant sous les épis dorés, des prairies fleuries butinées par les abeilles, des rivières poissonneuses, des lacs, des sources, des cascades qui dévalaient les montagnes. Et puis des elfes, des sylvains, des nymphes, des naïades….

Mais les humains, au lieu de vivre en paix dans ce monde féerique ne songeaient qu’à le piller, qu’à se jalouser, se battre, s’entretuer et certains même, osaient dévorer leurs semblables. Zeus souvent en compagnie d’autres dieux, les visitait, écoutait leurs doléances, tentait de les satisfaire mais en vain.

Alors exaspéré, le créateur de ce monde décida de le détruire. Par le feu ? par des secousses ? l’eau plutôt ! Peut-être avait-il inconsciemment l’idée de tout recommencer un jour et l’eau si elle détruit, une fois retirée fertilise le sol.

Quoi qu’il en soit, Zeus ordonna à Poséidon son frère de frapper de grands coups de son trident le fond des mers. Alors des vagues gigantesques envahirent les îles et les rivages engloutissant tout ce qui vivait là. Les fleuves et les rivières quittèrent leurs lits noyant les berges et les habitations.

Zeus dénoua le lien du sac où étaient enfermés les vents, il lâcha sa foudre et dans le fracas du tonnerre et des éclairs, les nuages se déchirèrent et la pluie se mit à tomber en rafales. L’eau monta, monta inexorablement submergeant les collines et jusqu’au plus hautes montagnes.  Pas un humain, pas un animal ne put survivre au cataclysme.

Sauf, un homme et une femme : Pyrrha et Deucalion. Deux êtres de bonté, de générosité qui ne méritaient pas de périr. Sans doute n’étaient-ils pas les seuls mais ils étaient cousins de Zeus et le père de Deucalion, Prométhée était ce Titan qui, entre autres bienfaits avait donné le feu aux hommes.

Avant la montée des eaux, Deucalion fut averti d’avoir à construire une nef en bois d’acacia, de lui donner la forme d’un croissant de lune et d’embarquer avec eux non seulement des vivres pour un long moment, mais aussi les semences de toutes les plantes et de tous les animaux.

Et c’est ainsi que tout le temps que dura le déluge, l’arche flotta à la surface des eaux.

Un jour enfin la pluie cessa et l’on vit apparaître le sommet des montagnes, puis une colombe vint se poser sur la nef qui s’échoua sur une hauteur. Plusieurs monts revendiquent cet atterrissage comme aussi plusieurs civilisations pensent que cette histoire leur appartient.

Quand le couple sortit à pas hésitants de leur embarcation, la vue de la boue, de la terre dévastée, sans un arbre, sans la moindre plante, sans un être vivant, toute cette étendue boueuse, le ciel bas et sans plus de lumière leur a serré le cœur. Qu’allaient-ils devenir dans cet univers hostile ? Ils avaient bien compris que la survie ne leur avait été accordée que dans le seul but de recréer de ce magma informe un univers purifié, délivré des crimes du monde qui avait péri. Oui, mais comment ? Ils étaient seuls, si seuls…

Pas tant que ça ! Les Dieux n’avaient pas disparu avec la création et c’est Hermès l’infatigable messager qui les envoya consulter Thémis. Seulement Thémis, comme tous les oracles leur délivra un conseil tout à fait incompréhensible. Pour refaire le monde leur conseilla-t-elle, ils devraient jeter par-dessus leur épaule les ossements de leur mère.

Quelle horreur ! quel sacrilège ! et puis, où trouver dans ce chaos les sépultures de leurs parents ?

Totalement abattus, Pyrrha et Deucalion s’en furent en ramassant des pierres et en le jetant dans leur dos. Pourquoi pas dans l’ordre des tâches impossibles à accomplir tenter de recréer des hommes avec des cailloux ?

Lequel des deux en se retournant, vit le premier que les pierres prenaient forme, s’allongeaient, s’assouplissaient, s’étiraient, bougeaient, les suivaient. Les pierres jetées par Pyrrha devenaient des femmes, les pierres jetées pas Deucalion devenaient des hommes. Une humanité belle et vigoureuse prête pour un nouveau départ.

Thémis n’avait pas menti : Pyrrha et Deucalion avaient tous deux pour ancêtre Gaïa, la Terre Mère.

 

samedi 8 janvier 2022

Picus et Canente alm Récap 25

 Picus et Canente 08/01

Ils étaient jeunes, ils étaient beaux et ils s’aimaient.

Quand Canens chantait, les oiseaux suspendaient leur vol, les bêtes sauvages s’approchaient, les fleuves et les rivières retenaient leur cours et même les arbres et les rochers se déplaçaient pour l’écouter.

Les chevaux les plus rétifs, les plus sauvages s’apaisaient quand Picus doucement leur parlait.


Un jour qu’il chevauchait avec des compagnons aux environs du Lac de Diane et que nymphes et dryades rivalisaient de charme et de sourires pour attirer son attention, lui sans même leur adresser un regard, galopait à travers fourrés et forêt.

Ce jour- là, Circé la magicienne cueillait les plantes et les baies utiles à ses onguents et à ses philtres. Elle vit les cavaliers et Picus à leur tête, si beau que prise d’une violente passion, elle laissa tomber sa cueillette et tenta de s’approcher, mais en vain ; la troupe était lancée au grand galop. Le beau cavalier allait lui échapper, alors d’un geste elle fit apparaître un sanglier auquel elle ordonna de passer devant Picus et de s’enfoncer dans les bois. Le sanglier lui obéit et bientôt les fourrés devinrent si épais qu’aucun cheval n’aurait pu les traverser. Picus saute à bas de son cheval et entraîné par son instinct de chasseur, il courre à pied dans les profondeurs des bois.

Circé pendant ce temps chante aux divinités mystèrieuses une incantation magique, celle qui éclipse la lune et tisse devant les dieux un voile de nuages. Alors le ciel se couvre, d’épais brouillards sortent de terre, les compagnons de Picus se perdent et le laissent seul.

Pour Circé, le lieu et l’instant sont favorables à ses désirs, du moins, elle le croit, elle déclare son amour à Picus. Mais lui la repousse doucement : Je ne puis être à toi ! C’est une autre que j’aime : Canens, la fille de Janus et je lui resterai fidèle.

Circé insiste, en vain. Picus ne violera pas la foi jurée à Canens

Alors la magicienne outragée, furieuse s’écrie : tu ne la reverras jamais ta Canens ! C’est Circé que tu repousses et tu vas connaître mon pouvoir.

Elle se tourne deux fois vers le couchant, deux fois vers le levant et tout en prononçant trois incantations, elle touche Picus de sa baguette.

Picus fuit en courant, bientôt il ne touche plus terre et sur ses bras étendus il voit pousser des plumes… quelle horreur ! tout son corps est couvert de plumes.  Il est devenu oiseau et de colère, il frappe avec son bec les arbres alentour, il massacre leurs branches. Mais de Picus il ne restera rien… que son nom…

 Ses compagnons qui l’avaient cherché et appelé en vain dans la campagne se trouvent face à Circé qui avait permis aux vents de dissiper brumes et nuages. Avec violence ils réclament leur roi, ils veulent la frapper. Alors elle répand autour d’elle des coulées pestilentielles, des boues vénéneuses ; elle invoque en hurlant la Nuit et toutes les divinités des Ténèbres. La terre gémit, les forêts pâlissent, de l’herbe jaillissent des gouttes de sang ; les rochers gémissent ; les chiens aboient, sur le sol se tordent des serpents, les âmes des morts volent dans le ciel. La troupe des chasseurs se fige d’horreur et c’est alors que la magicienne les touche de sa baguette et les voilà changés en bêtes sauvages. Aucun ne réchappera du sortilège.

Canens toute la soirée avait attendu le retour de son époux. Des serviteurs et des habitants flambeaux en main avaient parcouru plaines et forêts en vain.

La nymphe pleure, s’arrache les cheveux, se griffe la poitrine. Dans sa douleur, elle parcoure la campagne du Latium, six jours et six nuits, sans nourriture, sans sommeil elle va, au hasard par monts et vallons. Le sixième jour, épuisée elle tombe sur la rive du Tibre, et là désespérée, elle pleure. Dans ses larmes, d’une voix faible elle module un chant plaintif, tel la mélodie que fait entendre le cygne avant de mourir. Et puis son corps dissous par la souffrance, se dissipe et s’évanouit peu à peu dans l’air…

 

 

mercredi 10 mars 2021

Canicule alm récap 25

Canicule 10 03 21
Ca y est, on est en plein dedans;c'est la canicule! 
On ne dirait pas, dites-vous cramponnés d'une main à votre parapluie retroussé et de l'autre à votre chapeau qui batifole au gré du vent...
Mais si, mais si! Car la  canicule ne signifie pas forcément chaleur intense... La canicule commence aux alentours du 21 juillet pour se terminer un mois plus tard. C'est le moment où l'étoile Sirius, la plus brillante de la constellation du Grand Chien, se lève et se couche en même temps que le soleil.
Sirius était la petite chienne du chasseur Orion. Quand Artémis , abusée par Apollon, tua d'une flèche le beau jeune homme, elle l'envoya chasser pour l'éternité au milieu des étoiles. Et comme chacun sait qu'un chasseur ne peut chasser sans son chien, elle y expédia également le petite Sirius.
Comme la petite chienne brille particulièrement au coeur de l'été,  on donne généralement le nom de canicule à toute période de forte chaleur.


jeudi 21 janvier 2021

21 Janvier – Sainte Agnès, martyre en 304. récap 25

 


Sainte Agnès , martyre en 304 /21 01

Froidure d’Agnès

N’est que caresse.

 

C’est Jacques de Voragine qui nous raconte dans la Légende Dorée la courte vie et le martyre d’Agnès, enfant de la noblesse romaine.

Elle avait juste douze ans quand le fils du préfet de Rome en tomba fou amoureux. Il la demande en mariage mais Agnès lui répond qu’elle est déjà promise à quelqu’un de beaucoup plus important que lui. Le malheureux jeune homme en tombe malade de douleur. Si malade qu’il est sur le point de mourir Agnès vient à son chevet et prie. Le garçon se rétablit.

Le père alors convoque Agnès. Pourquoi refuse -t-elle d’épouser son fils. C’est, répond la jeune fille qu’elle est chrétienne et promise à Jésus Christ. Furieux le préfet lui ordonne d’abjurer et de sacrifier aux dieux romains. Fidèle à son engagement, Agnès refuse. Le préfet insiste : si elle n’obéit pas elle sera conduite dans un lupanar et offerte à qui la voudra. Confiante en sa foi, elle pense que son Dieu la protégera.

Alors on la déshabille et c’est nue qu’on va la conduire à travers la ville jusqu’au bordel. Alors ses cheveux se mettent à pousser et à recouvrir son corps. Au moment où elle va franchir la porte, un ange paraît qui l’enveloppe de lumière et le lupanar est changé en oratoire.

Le jeune homme toujours amoureux vient la retrouver et veut la sortir de là mais un démon se jette sur lui et veut l’étrangler. Agnès s’interpose se jette à genoux et prie de toutes ses forces. Le démon disparaît et le jeune homme respire.

Le père alors veut gracier Agnès mais la foule hurle à la sorcellerie. Et le préfet de crainte d’être lui aussi accusé de sorcellerie la laisse aux mains des juges.

Condamnée au bûcher, le feu l’épargne et s’en prend à la foule qui assiste au supplice.

Il faut bien en finir : Agnès sera égorgée et avant de mourir se dira heureuse de rejoindre enfin « Celui qui l’a choisie. »

 

 

mardi 19 janvier 2021

19 Janvier – Sainte Prisca, martyre romaine. (1° siècle) récap25

 



 Sainte Prisca, martyre romaine 1° siècle- 19/01

A l’âge de treize ans, Prisca eût le privilège d’être baptisée une des premières par Saint Pierre venu évangéliser les Romains.

Issue d’une famille patricienne, elle est dénoncée à l’empereur Claude, grand persécuteur des chrétiens. Il lui ordonne de rendre hommage à Apollon. Elle refuse. Emprisonnée, battue, torturée, elle finit par être libérée.

Elle continue à proclamer sa foi. Arrêtée à nouveau elle est condamnée à être flagellée, puis ébouillantée avant d’être attachée à un lion dans l’arène. Mais le lion, avait-il du trop ingérer de martyrs, n’aimait-il pas la viande cuite ? Plus simplement, comme la plupart des fauves n’était-il pas friand d’humains ? Toujours est-il que loin de toucher à Prisca, il s’est couché à ses pieds.

La jeune martyre de nouveau jetée dans un cachot sans manger ni boire, subit une nouvelle épouvantable torture au moyen de crochets qui lui déchirent le corps. C’est désormais le bûcher qui l’attend mais la bois brûle mais pas la martyre.

Alors comme il faut bien en finir, elle est décapitée. Les chrétiens récupèrent son corps en l’enterrent sur l’Aventin dans une catacombe qui portera son nom.

Selon la tradition chrétienne, Prisca serait la première de toutes les saintes martyrisées au nom de leur foi.

samedi 16 janvier 2021

16 Janvier – Sainte Nina (IV°siècle) récap 25

 

Sainte Nina IV° siècle /16 01
Née dans une riche famille de Cappadoce, son père officier de l’armée Romaine et sa mère s’étaient convertis au christianisme.

Nina avait douze ans quand ses parents ont vendu et distribué aux pauvres tous leurs biens. Puis ils se sont retirés dans des couvents après avoir confié la petite fille à Niamfora une femme âgée probablement religieuse qui s’est chargée de l’instruire en médecine comme en botanique. La nonne lui parlait beaucoup de la Georgie qui se nommait alors Ibéria. Nina priait pour le salut de ce peuple encore totalement païen. Tant et tant qu’une nuit, la Vierge lui est apparue et dans son rêve Marie lui offrait un voile tissé dans les fibres de la vigne en lui demandant d’aller évangéliser le pays.

Sans hésiter Nina se met en  chemin mais elle est bientôt capturée par des brigands. Dans la ville de Mtskha, alors la capitale elle est vendue au jardinier du roi. Bien entendu elle commence à prêcher mais c’est surtout ses dons de guérisseuse qui font sa notoriété.

Quand la reine tombe gravement malade, c’est Nina qu’on envoie chercher. Efficacité de la prière ou des tisanes, toujours est-il que la reine se rétablit. On lui offre de l’or et des présents mais elle déclare ne demander que la conversion du couple royal comme récompense. Seule la reine accepte.

En 337, le roi Mirian au cours d’une partie de chasse est frappé par la foudre. Il perd la vue. Nina est appelée. Si elle rend la vue au monarque alors il se fera chrétien. Bien entendu Nina le guérit et le rois alors déclare le christianisme religion d’état.

Plus tard, un autre songe révèle à Nina l’endroit où dans Jérusalem est cachée la Sainte Tunique de Jésus. On la trouve et apportée à Mtskha elle est ensevelie et c’est à cet endroit qu’est édifiée la première église chrétienne de Georgie qui est devenue l’actuelle cathédrale de Svetskhoveli.

 

Soleil de Sainte-Nina,

L’hiver est long rentre ton bois.




mardi 12 janvier 2021

12 Janvier – Sainte Tatiana martyre (+226)

 


Fille d’un consul romain, convertie au christianisme. Dénoncée, elle refusa d’abjurer et fut condamnée à être décapitée.

Sentence trop clémente ! Il fallait d’abord l’humilier et la faire souffrir. Dénudée, tondue et suspendue à une potence on lui laboura le corps au moyen de peignes de fer et enfin seulement juste avant qu’elle perde la vie, on lui coupa la tête.

 

vendredi 8 janvier 2021

8 janvier, Sainte Gudule récap 25

 


08/01 

Au jour de sainte Gudule
Le jour croît mais le froid ne recule.
 
Vous êtes dispensés, vous qui me lisez de tous quatrains à la rime douteuse que le nom de la sainte pourrait vous inspirer.
Gudule était fille du duc Witger de Brabant et de son épouse Amalberge de Maubeuge.
Elevée par sa marraine Gertrude de Nivelles qui lui enseigna la foi Chrétienne, Gudule à la mort de celle-ci retourna vivre dans son château natal de Moorsel où elle passa le reste de ses jours dans le jeune et la prière.
Chaque matin, avant le lever du jour elle allait prier en l’église du Saint-Sauveur à deux lieues de sa demeure. Le diable toujours facétieux éteignait sa lanterne dans l’espoir de l’égarer dans la nuit.
Mais Dieu veille et ne manque jamais de déjouer les pièges de celui que bien à tort on nomme le Malin. Un ange était chargé de veiller sur Gudule et de rallumer la lanterne. Et le Diable, de rage, s’en mordait le bras.
 



Bonne année

 Et la promesse de revenir plus souvent vers vous

L'infidèle...

samedi 2 janvier 2021

Sainte Geneviève, patronne de Paris et de la Gendarmerie Nationale- récap 25

 


 Sainte Geneviève, patronne de Paris et de la gendarmerie nationale 02/01

Née à Nanterre vers 420 et morte à Paris vers l’an 500. 80 ans ! un bel âge pour son temps. Ce qui démontre bien que l’activité, l’engagement au service des autres est gage de longévité.

Qui était Geneviève ? La seule source d’informations sur laquelle se basent ses hagiographes serait une Vita de Geneviève relatée vers 520 par un clerc parisien anonyme. C’est une compilation sans chronologie et fortement teintée de merveilleux des rares témoignages de ses contemporains encore vivants mais qui nous informe qu’elle n’était pas une fille du peuple comme une certaine imagerie populaire tente de nous la montrer.

Geneviève serait selon certains un prénom d’origine celtique mais d’autres écrits plus fiables disent que le latin Genovefa serait la latinisation du prénom féminin Kenuwefa.

D’ailleurs, Geneviève était la fille unique de Séverus, un riche aristocrate Gallo- Romain. Un Franc romanisé d’abord officier puis régisseur des Terres d’Empire. Sa mère était prénommée Géroncia.

Séverus signifiant austère et Géroncia sage et vertueuse on sent bien la prédestination.

Geneviève est baptisée et très jeune elle manifeste l’intention de se vouer à Dieu. Elle avait compris sans aucun doute que Dieu serait un époux moins contraignant qu’un simple mortel.

La légende raconte que vers 430- elle avait alors 10 ans- Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes en route vers l’Angleterre se seraient arrêtés à Nanterre et auraient eu avec elle des échanges non dénués d’intérêt.

On nous dit qu’à 16 ans, elle menait déjà une vie ascétique et c’est entre sa dix- huitième et sa vingtième année qu’un évêque Willicus inconnu des historiens lui aurait remis le voile des vierges.

Elle a vingt ans à la mort de ses parents. Fille unique, elle va hériter de la charge de membre du conseil municipal de Nanterre détenue par son père. Charge qu’elle continuera à exercer quand elle quittera Nanterre pour Paris et s’y installera dans l’île de la Cité chez sa marraine Procula. Elle fait alors partie des dix « principales » qui constituent l’aristocratie de la ville.

Notons au passage qu’à cette époque le fait d’être femme n’était en rien un obstacle à l’exercice de fonctions importantes dans la vie politique.

Et heureusement puisqu’en 451 quand les hordes d’Attila menacent Paris, Geneviève alors trentenaire retient les parisiens qui veulent abandonner la ville en leur tenant ce discours :

« Que les hommes fuient s’ils le veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’il entendra nos supplications. »

Sans vouloir mettre en doute les croyances sur l’efficacité de la seule prière, on peut imaginer que Geneviève du fait de sa position parmi les notables parisiens à soutenu la foi des saintes femmes par des moyens plus terrestres. Certains avancent qu’elle avait envoyé des émissaires propager dans les rangs de l’armée d’Attila que le choléra sévissait à Paris. D’autres prétendent qu’elle aurait appris qu’Attila en route vers l’Aquitaine n’avait pas l’intention de faire un détour par Paris. Peu importe, l’important est qu’elle ait réussi à empêcher les Parisiens de fuir au risque de se faire massacrer sur les routes. Contrairement aux légendes jamais elle n’a rencontré Attila.

Attila passé, en 465 Paris est de nouveau menacé. Cette fois c’est Childéric roi des Francs Saliens qui profite de l’affaiblissement de l’Empire Romain pour étendre son territoire. Il assiège Paris. Geneviève aidée par la corporation des Nautes force le blocus. En remontant la Seine, des navires vont jusqu’en Brie et en Champagne chercher du blé pour ravitailler Paris. Paris qui va garder dans ses armoiries le souvenir de cet exploit.

Paris délivré, elle fait bâtir une chapelle sur le tombeau de Saint Denis et plus tard, fine politique, elle devient la conseillère du fils de Chilpéric, Clovis et l’amie de Clotilde son épouse. Elle fait encore construire une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur l’actuelle montagne Sainte Geneviève avant de disparaître âgée de 89 ans. Elle y est inhumée, rejointe par Clovis et plus tard Clotilde.

En 1793, sa châsse est transportée à la monnaie. On fond les métaux, on récupère les pierreries. Le 21 novembre, le Conseil Général de Paris fait brûler ses ossements sur la place de Grève et on jette les cendres dans la Seine. On aurait pu augurer là de la considération que ces fils des Lumières et leurs descendants allaient accorder aux femmes dans les siècles à venir.

Les Chouchous