Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

samedi 2 janvier 2021

Sainte Geneviève, patronne de Paris et de la Gendarmerie Nationale- récap 25

 


 Sainte Geneviève, patronne de Paris et de la gendarmerie nationale 02/01

Née à Nanterre vers 420 et morte à Paris vers l’an 500. 80 ans ! un bel âge pour son temps. Ce qui démontre bien que l’activité, l’engagement au service des autres est gage de longévité.

Qui était Geneviève ? La seule source d’informations sur laquelle se basent ses hagiographes serait une Vita de Geneviève relatée vers 520 par un clerc parisien anonyme. C’est une compilation sans chronologie et fortement teintée de merveilleux des rares témoignages de ses contemporains encore vivants mais qui nous informe qu’elle n’était pas une fille du peuple comme une certaine imagerie populaire tente de nous la montrer.

Geneviève serait selon certains un prénom d’origine celtique mais d’autres écrits plus fiables disent que le latin Genovefa serait la latinisation du prénom féminin Kenuwefa.

D’ailleurs, Geneviève était la fille unique de Séverus, un riche aristocrate Gallo- Romain. Un Franc romanisé d’abord officier puis régisseur des Terres d’Empire. Sa mère était prénommée Géroncia.

Séverus signifiant austère et Géroncia sage et vertueuse on sent bien la prédestination.

Geneviève est baptisée et très jeune elle manifeste l’intention de se vouer à Dieu. Elle avait compris sans aucun doute que Dieu serait un époux moins contraignant qu’un simple mortel.

La légende raconte que vers 430- elle avait alors 10 ans- Saint Germain d’Auxerre et Saint Loup de Troyes en route vers l’Angleterre se seraient arrêtés à Nanterre et auraient eu avec elle des échanges non dénués d’intérêt.

On nous dit qu’à 16 ans, elle menait déjà une vie ascétique et c’est entre sa dix- huitième et sa vingtième année qu’un évêque Willicus inconnu des historiens lui aurait remis le voile des vierges.

Elle a vingt ans à la mort de ses parents. Fille unique, elle va hériter de la charge de membre du conseil municipal de Nanterre détenue par son père. Charge qu’elle continuera à exercer quand elle quittera Nanterre pour Paris et s’y installera dans l’île de la Cité chez sa marraine Procula. Elle fait alors partie des dix « principales » qui constituent l’aristocratie de la ville.

Notons au passage qu’à cette époque le fait d’être femme n’était en rien un obstacle à l’exercice de fonctions importantes dans la vie politique.

Et heureusement puisqu’en 451 quand les hordes d’Attila menacent Paris, Geneviève alors trentenaire retient les parisiens qui veulent abandonner la ville en leur tenant ce discours :

« Que les hommes fuient s’ils le veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre. Nous les femmes, nous prierons Dieu tant et tant qu’il entendra nos supplications. »

Sans vouloir mettre en doute les croyances sur l’efficacité de la seule prière, on peut imaginer que Geneviève du fait de sa position parmi les notables parisiens à soutenu la foi des saintes femmes par des moyens plus terrestres. Certains avancent qu’elle avait envoyé des émissaires propager dans les rangs de l’armée d’Attila que le choléra sévissait à Paris. D’autres prétendent qu’elle aurait appris qu’Attila en route vers l’Aquitaine n’avait pas l’intention de faire un détour par Paris. Peu importe, l’important est qu’elle ait réussi à empêcher les Parisiens de fuir au risque de se faire massacrer sur les routes. Contrairement aux légendes jamais elle n’a rencontré Attila.

Attila passé, en 465 Paris est de nouveau menacé. Cette fois c’est Childéric roi des Francs Saliens qui profite de l’affaiblissement de l’Empire Romain pour étendre son territoire. Il assiège Paris. Geneviève aidée par la corporation des Nautes force le blocus. En remontant la Seine, des navires vont jusqu’en Brie et en Champagne chercher du blé pour ravitailler Paris. Paris qui va garder dans ses armoiries le souvenir de cet exploit.

Paris délivré, elle fait bâtir une chapelle sur le tombeau de Saint Denis et plus tard, fine politique, elle devient la conseillère du fils de Chilpéric, Clovis et l’amie de Clotilde son épouse. Elle fait encore construire une église dédiée aux saints Pierre et Paul sur l’actuelle montagne Sainte Geneviève avant de disparaître âgée de 89 ans. Elle y est inhumée, rejointe par Clovis et plus tard Clotilde.

En 1793, sa châsse est transportée à la monnaie. On fond les métaux, on récupère les pierreries. Le 21 novembre, le Conseil Général de Paris fait brûler ses ossements sur la place de Grève et on jette les cendres dans la Seine. On aurait pu augurer là de la considération que ces fils des Lumières et leurs descendants allaient accorder aux femmes dans les siècles à venir.

vendredi 6 novembre 2020

Hercule et le Sanglier d’Erymanthe.alm

 


06 11 copié sur novembre

Avant de laisser Hercule partir à la chasse au sanglier pour accomplir sa quatrième mission, un résumé de la situation s’impose parce que j’en vois qui ne suivent pas, là-bas, dans le fond.

Donc, le royaume de Mycènes est en proie à de grosses difficultés ; les catastrophes se succèdent et Zeus qui en a marre des plaintes d’Eurysthée et qui n’a pas que ça à foutre, prend la peine (avec plaisir on s’en doute) de fabriquer un héros préposé à résoudre les problèmes.

Prenant en compte les conseils de sa grand-mère Gaïa, il fabrique à l’aide d’une mortelle un demi-dieu ce qui met son épouse Héra une fois de plus en rage.

Héra se fait aider d’Hermès pour rendre le héros, Hercule, à demi-fou ce qui le conduit à incendier sa famille. Faute horrible qu’il doit expier aussi  Zeus le condamne-t-il à se mettre au service d’Eurysthée, roi de Mycènes

Hercule, vient à bout de Lion de Némée, de l’Hydre de Lerne, et de la Biche de Cérynie. Tout est en place pour la quatrième mission : neutraliser le Sanglier d’Erymanthe.

Encore un animal sacré auquel les Dieux interdisaient qu’on fît le moindre mal. Il vivait sur le mont Erymanthe dont il descendait souvent pour saccager les terres des cultivateurs qui se plaignaient à Eurysthée qui de son côté rappela Hercule à ses devoirs. Notre Héros se met en route, tue en chemin le brigand Sauros, passe une nuit de beuverie qui finit mal chez Pholos le Centaure, mais ce sont là d’autres histoires que je pourrai vous raconter plus tard. Bref, le voilà sur zone et il s’agit de capturer vivant ce sanglier géant, monstrueux, sauvage. Puisqu’il ne peut employer la force, il va falloir ruser. Hercule tend des pièges. Il neige, alors sur les traces du sanglier, il creuse un fossé profond, recouvre le trou de branchages. Par chance il neige et bientôt toute trace du piège est effacée. La bête est tapie dans des fourrés. Hercule pousse des hurlements qui la poussent à sortir de son refuge. Le sanglier file droit sans regarder où il pose ses sabots et… tombe dans le piège. Il ne reste plus qu’à lui sauter sur le dos et c’est au galop sur cette étrange monture qu’Hercule regagne Mycènes. Eurysthée que le courage n’étouffe pas en voyant le terrible équipage se cache dans une jarre de bronze.

Ce que devient le sanglier, l’histoire est confuse sur le sujet. Tout ce qu’on sait c’est qu’Hercule apprend alors que les Argonautes s’apprêtent à partir en Colchide chercher la Toison d’Or. Une expédition qu’il ne veut manquer à aucun prix et du coup il oublie le sanglier. Qu’est-il devenu ? Longtemps après on a su que ses défenses étaient conservées à Cumes dans le temple d’Apollon.

mardi 3 novembre 2020

Hercule - La Biche de Cérynie alm

 




Dépité notre héros rajuste sa peau de lion, et la massue sur l’épaule il s’en va songeant que, aidé ou pas l’Hydre est vaincue et que sans cette aide elle ferait encore des ravages.

Mais Eurysthée le rappelle. Il est encore sous contrat et une biche énorme, de la taille d’un taureau parait-il, dévaste les champs et les jardins de Mycènes : il faut la déloger.

Ce n’est pas si simple ; la biche en effet est énorme elle a le pelage tacheté d’un félin, des sabots d’airain et une ramure d’or. Une ramure, c’est donc un cerf ? Non c’est une biche et elle appartient à Artémis. Elle est sacrée et on ne doit pas verser son sang. Artémis est la sœur d’Apollon et quand les deux jumeaux se fâchent leur vengeance est terrible.

Artémis possède cinq de ces biches extraordinaires. La déesse en a attelé quatre à son char mais la cinquième s’est échappée. Elle gîte habituellement sur la colline de Cérynie. Hercule s’en approche mais la biche se sauve. N’importe comme tant d’autres héros de légendes après lui, Hercule se lance à sa poursuite et elle le fait voyager ! Elle l’entraîne jusqu’aux confins du monde chez les Hyperboréens. Dans ces contrées humides et étranges , il découvre bien des légendes qu’il va rapporter en Méditerranée. Et la biche continue à le faire courir. Il ne sait pas que la terre est ronde ni comment bien qu’en allant tout droit il se retrouve en Grèce et reconnaît l’Arcadie. La biche qui s’épuise se repose sur une montagne et tente de franchir le fleuve Ladon. Fatiguée, elle est moins agile et Hercule en profite pour choisir une flèche non empoisonnée du sang de l’Hydre, il vise et atteint la bête  entre l’os et le tendon des deux pattes avant qu’il lie ensemble. Pas une goutte de sang n’est versée et la biche est prise. Il la charge sur ses épaules et retourne à Mycènes.

Mais qui voilà en travers de sa route ? Apollon et Artémis ! Les jumeaux sont furieux : cette brute d’Hercule a maltraité la biche !

Désemparé le héros plaide sa cause. Il est au service d’Eurysthée, la biche ravage cultures et moissons et d’ailleurs il ne lui a fait aucun mal.

Artémis se calme, elle aurait dû mieux surveiller sa biche. Hercule pourra la montrer à Eurysthée pour preuve de la tâche accomplie, avant de la relâcher sur la colline de Cérynie.


lundi 12 octobre 2020

La vieille et le bébé dragon.alm

 

La vieille et le bébé dragon

C’est une vieille qui vit seule dans un hameau perdu dans la campagne. Depuis longtemps personne n’est plus là pour l'aider, pour allumer son feu. Elle a bien du mal à cueillir ses poires ; son échelle a perdu ses barreaux et c’est pareil pour ses grimoires : elle n’atteint plus ceux du haut.

Le jour s'achève ; c'est l'automne les cerfs appellent les biches. Elle entend un cri étrange, ce n'est pas le brame. On dirait un animal en détresse. Ca vient du côté de la mare aux biches. Elle ramasse ses cottes et tête en avant elle va voir ce que c'est.  Il y a longtemps qu'elle n'est pas allée dans le petit bois. La mare est cachée dans les broussailles ; elle entend toujours le cri de détresse. Elle approche, elle fait attention de ne pas glisser, le bord de la mare est piétiné par les biches et les sangliers. Le cri est tout proche ce sont des pleurs et là blotti entre les ronces et les aubépines un petit dragon tout vert tremble de faim et de froid....

Il a faim le bébé dragon. La vieille a toujours dans ses poches des pommes crapies, les meilleures et des biscuits pour la chienne. Elle les lui montre mais il se méfie. Elle ne peut pas le laisser là, demain c'est l'ouverture de la chasse ! Heureusement sa chienne l'a suivie. C'est une bonne bergère, elle sait rassembler et ne fait pas trop de différence entre un mouton et un bébé dragon. Si sa mémère le veut, elle va le lui ramener.  La chienne décrit une grande volte, et le dragon coincé entre la mare et la chienne n'a plus le choix, il doit avancer vers la main qui lui tend les friandises. La vieille en profite pour lui passer son écharpe autour du cou, elle félicite la chienne et tous trois rentrent à la maison en évitant le regard des voisins.

C’est une campagne rude, les gens ne se parlent pas, ne se fréquentent pas et maintenant, ça fait bien l’affaire de la vieille. Tant que le dragon est petit, personne ne le verra et d’ici le printemps il aura grandi et pourra s’envoler.

La chienne l’a pris sous sa protection ; elle croit toujours que c’est un mouton mais les chats ne s’y sont pas trompés. Ils ont craché, soufflé, ont rampé sous les lits, escaladé les armoires. Il va leur falloir plusieurs jours pour s’habituer.

L’automne est doux, il y a du travail au jardin. Et là le dragon fait merveille ; c’est un dragon omnivore il avale tout, les feuilles mortes, les branches coupées, les herbes folles, les épluchures, les croquettes de la chienne et les lapins que rapportent les chats et qu’ils ne mangent pas.
Les semaines passent, le dragon grandit pas trop quand même il passe la porte de la petite maison.  C’est lui maintenant qui fait partir le feu et la vieille est heureuse entre ses chats, sa chienne et son dragon.

C’est une chienne extraordinaire qui comprend tout ce qu’on lui dit et qui explique tout à son mouton vert. Qu’il n’ait pas de poils ne la gêne pas du tout. L’hiver s’installe. Le dragon sort peu et dort beaucoup mais jamais des deux yeux à la fois. Entre deux siestes il observe. Il observe la vieille qui essaye d’attraper les grimoires qui sont en haut des étagères. Et ces grimoires, elle en a besoin. Depuis longtemps elle ne les utilise plus. Depuis qu’une jeune voisine malveillante est allée raconter aux gendarmes que la vieille est une sorcière et qu’elle lui jette des sorts.

Heureusement les gendarmes ne croient pas à ces élucubrations. Une sorcière ! et puis quoi encore. La méchante voisine est rentrée chez elle et puis un jour elle est partie et la vieille n’a plus touché à ses grimoires.

Maintenant elle en a besoin mais la vieille a vieilli et ne peut plus les atteindre. La chienne intelligente a tout compris. Avec les yeux, avec les oreilles elle parle au dragon qui hoche la tête. Il pose sa grosse patte sur les genoux de la vieille puis va se poster près des étagères ; la chienne de la truffe montre son dos. Elle gémit un peu, cette vieille vraiment a du mal à comprendre. Les chats perchés sur l’étagère d’en face ont tout compris eux, ils sourient dans leur moustache.

La vieille se lève et caresse le dos du dragon ; sous sa main elle sent les grosses écailles, qui font des bosses… mais oui, c’est ça sur le dos du dragon elle va pouvoir atteindre les grimoires du haut , ceux dont elle a besoin !

Ah oui, elle en avait bien besoin ! Parce qu’aux beaux jours, le voisinage change. Les maisons des « parisiens » s’ouvrent. Imaginez les soucis qu’auraient causés la présence d’un dragon dans le hameau. Tandis qu’un âne dans le jardin de la vieille, personne ne songe à s’en étonner.

jeudi 20 août 2020

Python ou la Mythologie au jardin. Posé sur 2021alm



Ce matin la lutte épuisante contre un tuyau d’arrosage récalcitrant m’a fait songer, toutes proportions gardées, à celle d’Apollon contre le serpent Python.
Qui était-il ce Python, ancêtre de tous les monstres, de tous les dragons qu’ont dû à affronter les héros des contes ?
Né de la boue du déluge à peine réchauffée par le soleil, c’était un immense, un énorme serpent dont les anneaux entouraient les montagnes. Il détruisait tout sur son passage. Sa bave venimeuse ravageait vergers et cultures, ses yeux sans paupières immobilisaient les humains qui voyaient avec terreur s’ouvrir une large gueule ornée de crocs et d’une langue fourchue prêtes à les aspirer tout crus. Personne ne pouvait lui résister et les populations ruinées, décimées n’avaient d’autre recours que d’invoquer les Dieux.
C’est à Apollon le bel archer qui jusque- là ne chassait que les daims et les chevreuils que fut confiée la tâche d’éliminer le monstre. Une tâche dont aucun humain n’aurait pu venir à bout et que lui-même en dépit de sa divine puissance eût bien du mal à accomplir.
Ce n’est qu’après avoir vidé son carquois que d’une dernière flèche il est venu à bout du monstre qui par toutes ses blessures a répandu le venin noir qui alimentait sa vie.

Daphné- Posé sur 2021alm



Daphné
Sur le mont Olympe il y avait trois archers : Phébé la vierge farouche qui n’aime vivre que dans les bois suivie de ses chiens en compagnie des cerfs, des daims et des Sangliers. Et puis le bel Apollon, Phébus le musicien, l’artiste, le savant aussi qui sait guérir les maux que parfois il inflige aux mortels. Et enfin Cupidon, l’insupportable enfant gâté d’Aphrodite. Il a dans son carquois des flèches de deux sortes : les flèches d’or qui enflamment d’un amour heureux ceux qu’elles touchent et des flèches de plomb.  Des flèches qui transforment les couples qu’elles atteignent en adversaires. Cupidon n’oublie jamais qu’il a Mars pour père aussi éternel adolescent, pour s’amuser il n’hésite pas à faire du plus bel amour un champ de bataille.
Au nombre de ses talents, Apollon ne compte ni la modestie ni l’humour. Il n’aime guère avoir de rival et se veut le seul archer de l’Olympe. S’il supporte l’arc de Phébé, c’est qu’elle est sa sœur jumelle. Celui de Cupidon l’indispose. Sa torche suffirait bien pour enflammer les cœurs. Le fils d’Aphrodite, conscient de ses pouvoirs, le laisse dire mais n’en pense pas moins.
Phébé avait au nombre de ses suivantes la belle Daphné, fille du fleuve Pénée qui avait elle aussi fait vœu de rester vierge. Voilà qu’Apollon en tombe éperdument amoureux. C’était disent les Anciens son premier amour et pas un instant il n’imagina que cet amour n’était pas réciproque. Il aurait pu avoir raison mais il avait irrité Cupidon qui pour s’amuser, lui décocha une flèche d’or tandis qu’il frappait Daphné d’une flèche de plomb. La nymphe aussitôt conçut une aversion mortelle pour le divin soupirant. Sans cesse elle le fuyait et lui à travers bois et chemins sans cesse la poursuivait. Tant et si bien qu’un jour il a fini par la rejoindre. Sans se soucier de la résistance de Daphné, il la serrait dans ses bras. Affolée, elle a prié son père de la sauver. Pénée lui a jeté un charme et tandis qu’Apollon tentait de l’embrasser, elle a senti ses pieds s’immobiliser et s’enfoncer dans la terre. Apollon ne sentait plus sous ses doigts la peau si douce de la jeune fille mais une écorce rude et le corps avait perdu sa souplesse, il était rigide et rugueux ; les deux bras s’élevaient vers le ciel tandis que les cheveux dressés devenaient une ramure couverte de feuilles.
Apollon n’avait plus qu’à pleurer son amour perdu. Dans la ramure, il cueillit deux branches souples dont il entoura sa tête. Depuis, il porte en couronne le souvenir de Daphné devenue laurier. Ce laurier dont les palmes désormais décorent les meilleurs des artistes, les meilleurs des savants.

samedi 18 juillet 2020

C'est bon signe


Tout d'abord, un bon conseil pour ceux qui redoutent l'Enfer... et qui ne le redoute???? On fait de son mieux, mais c'est si compliqué de faire bien...aussi à toutes fins utiles, un jour d'orage,  buvez le jus d'une pomme et bravant la foudre et les éclairs, sortez pour enlacer le tronc du plus beau pommier de votre verger.
Si vous êtes nés entre le 23 décembre et le I° janvier ou entre le 25 juin et le 4 juillet, c'est le pommier, l'arbre d'amour, qui vous protège. Vos paroles sont justes et vous savez les utiliser pour apaiser les tensions. Vous savez marier raison et sentiments,  vous êtes tolérants et préférez la liberté à la sécurité. Les Celtes vous accordaient le parfait équilibre entre le corps et l'esprit.

mercredi 13 mai 2020

Thémis alm


Thémis, la triple déesse celle qui rend la justice était – est peut-être toujours puisqu’elle est immortelle- une Titanide.

Fille d’Eurynomé, créatrice de toutes choses dans l’Univers. Notons au passage que les Anciens n’hésitaient pas à affirmer que la Création était l’œuvre d’une entité femelle. Ce qui finalement est logique puisque depuis toujours la naissance est l’affaire des femmes et longtemps les hommes ont ignoré la part qu’ils prenaient à l’affaire.

Eurynomé avait donc le pouvoir sur cet univers crée par elle. Pouvoir que nous avons perdu au fil des siècles et dont nous avons bien du mal à récupérer quelques miettes. Mais revenons à Thémis.

Titans et Titanides étaient 14 à qui Eurynomé avait confié la gouvernance des sept puissances planétaires. Thémis et son frère Eurymédon eurent en charge la planète Jupiter. Jupiter dont Thémis fut un moment l’épouse et dont elle enfanta les 3 Parques et les Saisons.

Ces Saisons qui eurent à vêtir et parer Aphrodite quand, chevauchant une conque elle surgit nue de l’écume de la mer au large de l’île de Chypre.

Thémis la Triple Déesse divisa l’année en treize mois et deux saisons séparées par les solstices d’été et d’hiver. Elle avait don de prophétie et c’est elle qui fit savoir que tout fils qui naîtrait de la Néréide Thétis serait plus puissant que son père. Raison pour laquelle aucun dieu ne voulant courir ce risque,

Elle dut épouser Pélée, un mortel. Et c’est lors de ces noces que fut jetée au milieu du banquet la fameuse Pomme d’Or qui fut à l’origine de la Guerre de Troie.


dimanche 7 avril 2019

récap 25

LE FUMISTE




Voici venir les jours les plus courts et les plus sombres de l'année. Vous avez profité du dernier soleil qui dore votre jardin pour nettoyer, tailler, planter. Vos pieds sont froids, vos mains gelées et vos cheveux lourds d'humidité. La nuit tombe; une flambée sera la bienvenue, sur ses braises vous ferez griller des châtaignes et vous réchauffant d'un bol de soupe ou de vin chaud.
Oui mais... le vent est mal orienté, la cheminée ne tire pas et enfume la pièce. Pas de panique!
Otez votre savant échafaudage de bûches et de fagots; décendrez, puis froissez une bonne quantité de papier journal, posez dessus des feuilles mortes bien sèches et le petit fagot de bois mort; faites flamber le tout. Votre conduit de cheminée "réchauffé" par ce combustible facilement inflammable est prêt pour recevoir le fagot et les bûches de la nouvelle flambée qui adoucira la soirée.

Et à propos de fumée, savez-vous bien ce qu'est un fumiste?
C'est bien souvent votre chroniqueuse quand elle vous informe doctement de ce qu'elle ignore ou vous propose des "trucs et astuces" qu'il ne lui viendrait pas à l'idée d'expérimenter.
Comment l'honnête artisan qui veille à la bonne santé de nos cheminées a-t-il acquis la douteuse réputation d'être un farceur?
Francisque Sarcey, écrivain et humoriste de l'avant-dernier siècle prétendait qu'elle provenait de cette facture à lui envoyée/

- M'être transporté avec un apprenti dans la salle à manger du sieur Sarcey :  2fr.
- Avoir essayé d'empêcher la cheminée de fumer:                                          3fr.
-N'avoir pas réussi:                                                                                       5fr.
                                                                                                               _______

                                                                                 TOTAL:                     10fr.

PP

La couturière récap 25



Que serait la mode sans les couturières ?
Et pourtant !...
Leur existence en tant que corporation ne remonte qu’à l’année 1675. Auparavant, seuls les tailleurs possédaient le privilège officiel d’habiller les hommes comme les femmes. Par exception, les filles des maîtres-tailleurs, et encore, avant d’être mariées, avaient le droit de vêtir les enfants jusqu’à l’âge de huit ans.
Dans les faits, depuis que les femmes savent tenir une aiguille, elles cousent, avec plus ou moins de bonheur ; les moins adroites trouvant toujours le moyen de se faire aider des plus habiles. Dans les maisons riches comme dans les campagnes, nombreuses étaient les femmes qui allaient « en journée » travailler comme lingères, couseuses ou repasseuses. De là à réaliser des toilettes entières, le pas était vite franchi, ce qui n’était guère du goût de Messieurs les Tailleurs, qui leur menaient une guerre sans merci, portant plainte auprès des lieutenants de police, les faisant écraser de lourdes amendes, et allant jusqu’à faire saisir chez elles étoffes et costumes.
Mais jamais on ne put interdire aux femmes de préférer volants et dentelles aux sévères costumes de lainage. Grâce au soutien de leurs employeuses et clientes, les couturières ont fini par avoir gain de cause. Rose Bertin en 1770, ouvrit son magasin de modes à l’enseigne du « Grand Mogol ». Le succès fut tel que la reine Marie-Antoinette fit de la couturière son « ministre de la mode ». C’est ainsi que s’ouvrit la route que suivirent plus tard Coco Chanel, Elsa Schiaparelli, Sonia Rykiel et tant d’autres.
La couture sut prendre si bien sa place aux côtés des tailleurs que les hommes ont voulu devenir couturiers. Cependant, chez Christian Dior, Yves Saint-Laurent ou Christian Lacroix, pour ne citer qu’eux, le distinguo subsiste : il y a dans les maisons de couture, les ateliers « tailleur » dirigés le plus souvent par un homme et les ateliers de « flou » dont la « première » est la plupart du temps une femme.


Les couturières toujours soignées et bien mises ont partagé avec les lingères et les modistes la douteuse réputation d’avoir des mœurs légères. S’il est vrai que la précarité de leur condition a pu inciter certaines, -dans les siècles précédents surtout-, à embrasser la profession plus rémunératrice de courtisane, la plupart d’entre elles ont su vivre d’un travail aimé quoique souvent ingrat. Certaines, et là je cite encore Chanel, ont largement contribué au renom de l’artisanat français dans le monde.

Artificier récap 25

Il est de petits métiers saisonniers dont on se demande ce que font ceux qui les exercent le reste de l’année. Est-ce le marchand de glaces qui allume son brasero et fait griller des marrons au coin des rues en hiver. Le vendeur de muguet nous propose-t-il des cocardes le jour du 14 juillet ? Et son collègue l’artificier, que fait-il à la saison pluvieuse ?
Il travaille ! Car artificier est loin d’être un « petit métier ».

L’artificier est un artiste, un magicien de la lumière mais aussi un technicien minutieux et précis qui manie des explosifs. Son métier, dangereux, exigeant, est très ancien. Il apparaît en Chine vers le 8° siècle de notre ère, avec l’invention de la poudre. Son usage n’était nullement belliqueux et la tradition chinoise dit que le feu d’artifice était destiné principalement  à effrayer les spectres et à faire fuir les mauvais esprits.
Ramenée au 13° siècle dans les bagages de Marco Polo la poudre fut utilisée par les Français de manière beaucoup moins pacifique : les premières bombardes tonnèrent à Crécy en 1346.
Mais l’art des artificiers chinois servit aussi à célébrer les victoires.  Il  atteint un haut degré de perfection au XVII° siècle et s’associe à la musique.  Haendel, en Angleterre compose une Musique pour les feux d’artifice royaux. Lors des grandes fêtes de Versailles, le feu d’artifice était un des emblèmes du Roi-Soleil.
C’est en 1739 que les frères Ruggieri, natifs de Bologne , s’installent à Paris et deviennent les artificiers de Louis XIV. Leurs descendants exercent encore de nos jours puisqu’ils s’associent en 1997 à Etienne Lacroix. Ce sont eux qui illuminent les concerts de Jean Michel Jarre et de Johnny Halliday. On leur doit aussi les Nuits de Feu de Chantilly et les fêtes de lac d’Annecy.

Les Chouchous