Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

dimanche 7 avril 2019

Le Calligraphe Posé sur 2021 récap 25

Le Calligraphe 07 04

Avez-vous essayé de prendre la plume pour écrire? Je veux dire, la plume du porte-plume trempé dans l'encre?
Même pour ceux qui se souviennent de la "sergent-major" trempée dans l'encre violette; cette encre que le chouchou de la maîtresse allait chercher dans le placard en bois et qu'il distribuait dans les encriers de porcelaine blanche fichés dans un trou du pupitre, en haut, à droite. Cette encre qui tachait l'intérieur du majeur entre phalangine et phalanginette.
Ecrire à la plume, n'est pas si facile! Stylos à bille et autres feutres ont eu raison de l'art des pleins et dés déliés.
Cet art qui fut majeur: la Calligraphie. Sans les moines copistes qui la pratiquèrent, on se demande si Homère serait parvenu jusqu'à nous. On dit encore de nos jours en parlant d'une oeuvre longue et minitieuse: c'est un "travail de bénédictin".
C'est au XVI° siècle, en Italie qu'on trouve les premiers artistes calligraphes à Rome, Venise, Naples, Bologne et Florence. On peut citer parmi les plus renommés: Johannes Palatino; un moine: Vespasianus et aussi Crescius et Curione.
L'espagnol Morante eut l'idée de joindre au texte des dessins décoratifs d'oiseaux, d'animaux, d'insectes, voire d'êtres humains ou imaginaires.
En France, Louis XIII et Louis XIV, grands protecteurs des arts, n'oublièrent pas la calligraphie. Il y eut sous leur règne Moreau et Barbedor secrétaire de la Chambre du Roy.
Les maîtres allemands Moeller et Albrecht s'éloignèrent des modèles de l'école italienne.
En revanche, le hollandais Van des Steen fit la synthèse des maîtres italiens et français: c'est lui qui, le premier, traça d'un seul trait de plume, fleurs, anges et animaux bizarres sur une Bible enluminée de sa main et qui est conservée au musée de sa ville natale: La Haye. Elle compte six mille compositions et dessins décoratifs exécutés en encres de différentes couleurs. Il y consacra toute sa vie.
Et n'oublions pas, pour conclure, l'anglais Basles qui se donna le titre de "Restaurateur de la Belle Ecriture en Grande-Bretagne"

LA MIDINETTE récap 25


La midinette 07 04
Qui sont les midinettes ?
Des lectrices assidues de « romans de gare » sentimentaux, de la collection Harlequin et de Barbara Cartland ?
Celles qui écoutent larmes montant du cœur jusqu’au yeux, André Rieu et Didier Barbelivien ?
Où qui sont devenues membres à part entière , partageant heurs et malheurs des familles des sagas télévisées ?
Les filles de celles qui naguère ne manquaient pas un numéro de « Nous Deux » ou « Confidence » ?
Pas seulement !
A la « Belle Epoque » qui ne fut  pas belle pour tout le monde, les employées , petites mains ou vendeuses des maisons de couture du quartier Saint Honoré et de la Rue de la Paix, pour cause de manque de temps et d’argent se nourrissaient mal. Leur déjeuner pris sur le pouce dans l’atelier, en libérant un coin de table du travail en cours soigneusement protégé, était composé la plupart du temps « d’un hareng et de deux sous de frites ».
De riches clientes se sont émues de la maigreur et de la criante mauvaise santé de ces jeunes filles dont beaucoup étaient phtisiques.
Afin de leur assurer au moins un repas décent par jour, car nombre d’entre elles n’étaient guère mieux nourries dans leurs foyers,elles fondèrent à leur intention les « Œuvres de Midi de Saint Germain l’Auxerrois » :un service social qui réclamait en outre une heure de repos pour leur laisser le temps de déjeuner.
Les couturiers n’étaient pas des monstres et, en fournisseurs soucieux de ne pas mécontenter leur clientèle, la grande majorité d’entre eux y souscrirent volontiers. On vit alors,  vers midi, se répandre dans le quartier des essaims de jolies filles que l’absence de moyens contraignait à la véritable élégance, au chic sans clinquant ni ostentation : les « midinettes ».

Puis vint la « Grande Guerre ». En 1917, la clientèle fortunée avait d’autres préoccupations que ses toilettes. Voyant leur chiffre d’affaires baisser, les couturiers voulurent imposer à leur personnel une demie journée de chômage obligatoire non rémunérée, le samedi.
Refus massif du personnel qui réclame alors la « semaine anglaise », la vraie, intégralement compensée, plus une indemnité de « vie chère ».
Dès le mois de mai, des centaines de jeunes femmes sont dans la rue. De plus, tandis que les hommes sont au front, les femmes travaillent à leur place, si bien que la revendication s’étend aux autres professions. Un journaliste de l’Humanité relate que le 16 mai elles sont 3000 et dix mille quelques jours plus tard, soutenues par les chauffeurs de taxi et les cochers de fiacre qui les transportent gratuitement au siège de la CGT, rue de la Grange aux Belles qui n’a jamais si bien porté son nom.
L’ambiance est tout à fait joyeuse et piou-piou puisque de soldats en permission accompagnent leurs fiancées et marraines de guerre en chantant :

« On s’en fout,
On aura la semaine anglaise !
On s’en fout,
On aura les 20 sous ! »

Mais les joyeux fiancés devront repartir au front et on sait ce que ce mot signifiait, aussi les « midinettes » ajoutent-elles la paix à leurs revendications.

Le mouvement gagna la province. On m’a raconté qu’à Nancy, ma grand-mère, alors « première » au Caprice, la meilleure maison de mode de la ville, avait été invitée avec tout son atelier, à un meeting afin d’y prendre la parole et d’exposer les revendications des modistes.
Le président de séance la présenta en ces termes :
« Nos gentilles midinettes sont ce qu’elles sont, cependant….
Et la suite de la phrase restera à jamais ignorée, car Lucienne Humbert étirant son mètre 55 assez pour toiser l’orateur qui la dépassait d’une tête, la veine bleue de son menton (qui plus tard, sèmerait la terreur parmi ses fournisseurs, son personnel et jusqu’au sein de sa famille), cette veine bleue palpitante, elle lança :
« Monsieur, les gentilles midinettes vous donnent le bonsoir ! Venez, Mesdames ! »
Et le bataillon de jeunes femmes en toilettes de printemps et chapeaux fleuris, gagna dignement la sortie.
Lucienne Humbert était modiste, sympathisait avec les midinettes, mais n’admettait en aucun cas, et n’a jamais admis, qu’on se serve de ce terme pour dévaloriser son métier et celles  dont l’agilité manuelle en faisaient la dignité.




La mercière ré cap 25

La mercière 0704
Entre la luxueuse avenue Montaigne et le prestigieux faubourg Saint-Honoré, tournent autour du rond point des Champs-Elysées  de nombreuses petites rues que l’on parcourt  en voiture, sans vraiment les considérer, avec l’obsession fébrile d’y trouver une place pour stationner.
Il existait naguère dans ces rues méconnues, une foule de petits commerces et artisanats ignorés de ceux qui fréquentent les « grandes maisons », mais bien connus de ceux qui y travaillent.
Ainsi, rue de Ponthieu, dans une échoppe tenant du couloir biscornu plus que du magasin, Madame Jules fumait sa pipe. Etait-ce son nom ou bien un sobriquet que lui avaient valu sa voix de rogomme et son inamovible bouffarde ? Peu importe. Madame Jules était mercière.
Ses clients portaient les plus grands noms de la mode mais on ne les y voyait jamais. Leurs émissaires étaient des gamines nouvellement arrivées de province ou de banlieue, toutes imbues de ce grand nom qu’elles représentaient et qui les intimidait encore. Elles venaient là, envoyées au « réassort » par Mme Agnès, flouteuse chez Dior, Mr Jean, tailleur chez Saint-Laurent ou Mme Nicole, modiste chez Cardin. Avec à la main un échantillon d’étoffe, elles devaient dénicher le fil ou le grosgrain dont la couleur « collerait » exactement. La crainte de l’erreur, souvent paralysait leur choix. Le boyau qui servait d’échoppe à Mme Jules était mal éclairé et la rue de Ponthieu assez peu lumineuse quand on allait « voir au jour ». Les commentaires de la « première », voire de tout l’atelier pouvaient être cinglants en cas d’erreur. Trop d’erreurs accumulées risquaient de chasser la novice loin de ces paradis où elles rêvaient de passer les épingles lors de l’essayage d’une célébrité.
Mais l’œil de Mme Jules derrière ses grosses lunettes et en dépit de la pénombre qui régnait dans son antre, était infaillible. Et si son conseil était peu amène – l’arpette se faisait souvent traiter de gourde ou d’empotée-, il était toujours judicieux.


Au retour dans l’atelier, il était vain pour la gamine d’espérer des éloges ; elle n’avait fait que « son boulot ». On ne félicitait jamais une apprentie ; sa seule récompense était de se voir enfin confier un travail un peu délicat, avec l’angoisse recommencée d’être ou ne pas être à la hauteur du « nom » auquel elle consacrait ses journées.

PARURIER-FLEURISTE récap 25


parurier fleuriste 07 07
On l’appelait « La Dame aux Camélias ». Marie Duplessis dans la vie, Marguerite Gautier dans le roman, Traviata à l’opéra, portait tout au long de l’année, un bouquet de ces fleurs dont la couleur variait du blanc au rouge en fonction de son humeur, ou disait-on de sa disponibilité. Il est vraisemblable qu’à certaines saisons elle ait du avoir recours aux fleurs artificielles.
Le camélia se copie fort bien en soie ou en satin et les paruriers-fleuristes si nombreux au dix-neuvième siècle étaient et sont toujours gens fort habiles. C’était d’ailleurs le métier d’une autre héroïne d’opéra, la tendre Mimi de La Bohème.
Le camélia frais ou artificiel ornait plus couramment et solitaire, les boutonnières des messieurs. Bien des décennies plus tard, Gabrielle Chanel, qui n’hésita jamais à détourner le vêtement masculin pour notre plus grand confort, en fit la fleur fétiche de ses collections.
Juste après la dernière guerre, Christian Dior prit lui, le muguet pour emblème puisque la tradition veut qu’il ait offert, pour le lancement de son parfum à senteur de muguet Diorissimo, un brin porte-bonheur à chaque cliente . Depuis le muguet a figuré sur nombre de produits porteurs de la griffe. Il fallait bien qu’à certaines saisons, le muguet fût artificiel.
Par ailleurs, depuis la Haute Egypte en passant par Rome et notre Moyen-Age, les femmes et parfois des hommes ont aimé orner de fleurs leurs chapeaux.
Nombre de portraits de Marie-Antoinette la représentent portant les créations fleuries de sa modiste, Rose Bertin. La Comtesse de Ségur qui inventa Madame de Fleurville ornait de roses ses chapeaux.
Les couturiers comme les modistes ont toujours eu recours aux paruriers-fleuristes dont les ateliers pour la plupart, dans les années 1950- 1960, étaient établis entre l’Opéra et la Bourse dans le quartier du Quatre Septembre, qui par le Passage Choiseul descend jusqu’au Palais Royal.
Souvent situés en entresol, les ouvrières fleuristes étaient assises de part et d’autre de longues tables éclairées chichement par le fenêtres et plus largement par la lumière électrique et jonchées de pétales multicolore faites de soie, de satin, de velours, d’organdi. Il fallait trois années d’apprentissage pour former celle qui à la place la plus lumineuse les assemblait en roses, pivoines, coquelicots, orchidées. Les doigts agiles ne dispensaient pas de bonnes connaissances en botanique,  chaque fleur étant montrés à différentes étapes de sa vie, chaque tige , chaque feuille correspondant à son espèce. Seuls les parfums de muguet, rose ou violette étaient supplantés par les puissantes odeurs de colle, d’apprêt, ou de térébenthine.
On chantait beaucoup dans ces ateliers, on y travaillait encore plus ; il n’était pas rare que pour un grand mariage ou un défilé de Haute-Couture les ouvrières passent la nuit pour assurer la livraison du lendemain.
Quand ma mère ou ma grand-mère, modistes, m’emmenaient chez ces fournisseurs,  la petite fille émerveillée que j’étais repartait rarement sans une rose ou un bouquet de violette offert par la maison.

LA HAUTE-COUTURE récap 25



La Haute couture 07 04

Avant les fashion weeks à répétition, la dernière semaine de janvier était consacrée à une sorte de grand'messe : les défilés de Haute – Couture printemps-été. Prochaine cérémonie, fin juillet.
Car les habitants de cette étrange planète vivent les saisons à l’envers : ils drapent les épaules nues de soie et de mousseline en plein hiver et attendent la prochaine canicule pour s’envelopper de cachemire et de fourrures.
Est-il bien nécessaire en ces temps incertains d’étaler tant de luxe pour satisfaire la vanité d’une poignée de femmes fortunées dont le nombre d’ailleurs diminue chaque année ?
Si ce n’était que ça ! Mais ces robes qui défilent finiront pour la plupart dans des musées et témoigneront du savoir-faire de ces mains qu’on dit petites et qui sont grandes par l’habileté et le talent. Ne vous y trompez pas : ces temples du paraître sont aussi et principalement des conservatoires de métiers d’art. Où seraient sans la Haute-Couture les brodeurs, plumassiers, fleuristes, bottiers, gantiers, lingères, maroquiniers, modistes et que me pardonnent ceux que je viens d’oublier ?
Où seraient ces métiers pour la plupart disparus de la rue comme ont disparu les corsetiers dont Paul Poiret n’a plus voulu ? La Haute-Couture est pour eux ce que le grand violoniste est au luthier et le zoologue au panda géant. Sans les couturiers qui les font vivre tous ces artisans d’art ne seraient plus que souvenirs.
Egalement le couturier, protecteur ou fossoyeur d’un métier selon son caprice, n’est pas sans influence sur le destin de la « femme de la rue ». Paul Poiret est venu à bout du corset responsable de tant de « vapeurs » et d’évanouissements ; la femme s’est alors aperçue qu’elle pouvait tenir droite sans soutien. Peu de temps après, Coco Chanel a détourné le jersey et le vêtement de sport masculin, pour donner aux femmes encore plus de liberté. Mais ces deux ne s’adressaient encore qu’aux femmes fortunées.
Tout près de nous, à la fin des années 60, Yves Saint-Laurent adonné aux femmes le smoking du soir et le tailleur pantalon. Souvenez-vous que dans ces années-là, dans nombre d’entreprises, le port du pantalon était interdit aux femmes. Aussi Saint-Laurent a-t-il fait plus avec ce tailleur –pantalon et d’autres vêtements de ses collections empruntés au monde du travail et aux uniformes des armées pour la démocratisation de l’élégance : désormais, toutes les femme, même les plus modestes, ont pu (si elles en avaient le désir), se donner l’allure, le « look », des mannequins et des clientes du couturier.
Il suffisait, et il suffit encore d’acheter dans les grands magasins ou les surplus de l’armée les originaux des vêtements copiés par la Haute-Couture. Eh, oui ! Révolution ! Ce n’est plus la rue qui copie la Couture, c’est la Couture qui copie le vêtement populaire et met l’élégance à la portée de qui s’en soucie.
Mais il ne faut pas croire cependant, que l’accès aux grands noms soit réservé aux riches ; il est des personnes modestes dont le rêve est d’avoir une fois dans leur vie, oh, pas une de ces robes qui valent le prix d’une voiture, parfois d’une maison, mais au moins un accessoire qui porte ce nom. Je me souviens d’une couple de commerçants, droguistes ou quincailliers ; pour leurs cinquante ans de mariage, le mari a offert à sa femme, payée en petites coupures soigneusement pliées dans une enveloppe, une paire d’escarpins en crocodile. Elle avait toute sa vie rêvé de ces souliers en croco véritable, sans une seule couture, chacun taillé dans la peau d’un petit alligator. Elle avait attendu tout le temps que les billets soient assez nombreux pour réaliser son rêve. (Et que ceux qui veulent rompre une lance en faveur des alligators me prouvent qu’ils n’ont jamais mangé de poulet !)
Alors, me direz-vous, tout ceci est-il bien utile ? Et je vous répondrai : la beauté est-elle utile ?
Tout cet argent ne pourrait-il être mieux employé ?
Et alors ? Quand on aura fermé les ateliers du rêve, aura-t-on pour autant soulagé la misère du monde ?

mardi 9 octobre 2018

Hercule 4 L'Hydre de Lerne alm


Il reste à Hercule à se tailler une nouvelle massue et avant sa prochaine aventure aller aider les Dieux à vaincre les Monstres.
La fille de deux de ces monstres, Typhon et Echidna, hantait les marais de Lerne en Argolide.
C’était encore une protégée de Héra : une bête gigantesque au corps de serpent et dotée de neuf têtes qui avaient la faculté de repousser au fur et à mesure qu’on les coupait. La tête centrale était en or et c’était elle qu’il fallait couper pour empêcher les autres de repousser.
Le sang de l’Hydre était venimeux et empoisonnait jusqu’à son souffle qui devenait mortel.  Hercule pour se protéger s’est enveloppé dans la peau du lion de Némée et l’attaque de loin avec des flèches enflammées.
Voyant son Hydre en difficulté, Héra envoie à la rescousse un crabe géant qui pince Hercule aux mollets. Agacé, le héros l’écrase d’un coup de talon. Fureur de Héra !
Zeus pour la calmer envoie le crabe au firmament où on peut encore le voir : c’est la constellation du Cancer.
Hercule a beau viser les têtes de l’Hydre et les couper, elles repoussent toujours et crachent leur venin. En dépit de la peau de lion, il ne peut approcher plus. Alors il fait appel à son neveu Iolaos, le fils de son frère jumeau. Il l’envoie mettre le feu à quelques arbres et lui dit d’utiliser les braises pour brûler les moignons des têtes coupées et empêcher qu’elles repoussent. Hercule arrive enfin à approcher assez de l’Hydre pour couper sa dernière tête.
Elle siffle encore quand le héros l’enterre et pousse un rocher sur la fosse. L’hydre est morte, il trempe ses flèches dans le sang venimeux. Désormais, chacun de ses traits sera mortel.
Eurysthée conteste la validité de la victoire : Hercule n’aurait pas dû se faire aider !



lundi 8 octobre 2018

Hercule 3 alm


Pendant ce temps, la guerre entre les Dieux et les Monstres se poursuit et on ne voit toujours pas arriver le Héros à la massue et à la peau de lion…
Héra vindicative, ne lâche pas Hercule. Elle entreprend de le rendre fou et elle y parvient. Il faut dire qu’avec cinquante gamins à peu près du même âge et cinquante épouses dont il ne sait pas laquelle est la bonne, Héra n’a pas dû avoir beaucoup de mal à faire perdre la tête à notre héros. Il allume un grand feu et fait rôtir femmes et enfants.
Quand il retrouve la raison, il est atterré et va consulter l’oracle de Delphes qui lui ordonne pour expier sa faute de se mettre au service d’Eurysthée roi de Mycènes qui avait bien des problèmes. Douze si l’on en croit la légende, qu’Hercule devra résoudre avant d’être purifié de son crime.
Le premier de ses travaux sera de délivrer le royaume d’un certain Lion.
C’est un étrange lionceau engendré par la Chimère, monstre à la tête et poitrail de lion, ventre de chèvre et queue de serpent, fille de Typhon, l’un des monstres qui font la guerre aux dieux et Orthos, le chien à deux têtes qui garde les bœufs de Géryon, un monstre à trois corps, un autre adversaire de Zeus.
Héra avait adopté ce lionceau qui en grandissant est devenu féroce, aussi la déesse dût-elle se résoudre à l’abandonner dans une région sauvage d’Argolide qu’il dévasta pour se nourrir. Eurysthée, qui avait désormais Hercule à son service, afin d’éprouver sa valeur, lui confia comme première tâche celle d’éliminer le fauve.
Apollon avait offert à Hercule un arc et des flèches mais notre héros pour être certain d’être bien armé se tailla une massue dans le tronc d’un olivier… Hé, hé… voilà donc la massue… puis il se mit en route.
Arrivé près de Cléones, il rencontre un paysan et lui demande l’hospitalité. L’homme, un nommé Molorchos, pleurait son fils unique dévoré par le lion. Voyant ce superbe athlète, il le prend pour un dieu vengeur et veut lui offrir un sacrifice. Modeste comme doit l’être un héros véritable, Hercule refuse. Molorchos insiste.
-«C’est bon, lui dit Hercule, si dans un mois je ne suis pas de retour, tu pourras me rendre les honneurs funèbres. Si je reviens avec la dépouille de la bête, c’est à mon père, à Zeus, que tu offriras un sacrifice. »
Et le héros entreprend à travers bois et champs la traque du féroce animal.
Un soir enfin, sur le versant d’une colline, il voit le lion couché, la tête sur les pattes, somnolent, repus. Il est encore tout maculé du sang de sa dernière victime.
Hercule, s’approche en silence ; il se dissimule dans les replis du terrain ; arrivé à portée du fauve, il bande son arc et lance une volée des flèches divines. Malgré toute la magie d’Apollon, elles rebondissent, irritant à peine la peau de la bête invulnérable qui cependant se réveille, rugit, montre les crocs et charge le héros qui esquive, lâche arc et flèches et armé de sa seule massue tente d’assommer le monstre. Le bois rebondit sur le crâne indestructible. Hercule alors, se décide au corps à corps et de ses bras puissants, il enserre le lion, fait éclater son torse et brise en même temps les poumons de l’animal et l’arme en bois d’olivier.
Le lion étouffé se débat vigoureusement, mais peu à peu ses forces déclinent, il cesse toute résistance et s’effondre mollement, sans souffle et sans vie.
Ni la pierre, ni le feu, ni le fer ne pourront entamer la peau du Lion de Némée. Seules ses propres griffes seront les outils dont se servira Hercule, pour écorcher la bête. Il fera de la dépouille son vêtement et se coiffera de la tête.
Puis Zeus enverra le lion rejoindre au firmament parmi les constellations, Io, la chèvre Amalthée, le Bélier à Toison d’or, le Dauphin, les Poissons et bien d’autres membres de la ménagerie céleste.
Il reste à Hercule à se tailler une nouvelle massue et avant sa prochaine aventure aller aider les Dieux à vaincre les Monstres.




dimanche 7 octobre 2018

Hercule -2 alm


Pendant ce temps, la guerre entre les monstres et les Dieux continue et le héros à massue et peau de lion n’est pas sur le terrain.
Il y a bien ce nourrisson qui vient d’étrangler deux énormes serpents mais il n’est pas encore immortel et Héra le déteste. Comment amener la déesse à donner le sein à l’enfant d’une des innombrables maîtresses de son époux ?
C’est bien entendu Hermès le rusé qu’on charge de la mission. Il attend qu’Héra soit profondément endormie, contre elle il glisse le bébé qui se met à téter goulument. Ce qui réveille la déesse ! Elle voit le petit, le reconnaît et furieuse lui retire brutalement le sein. Dans ce geste brutal, une grande giclée de lait atteint le firmament où on peut encore la voir dans les belles nuits d’été : c’est la Voie Lactée.
Toutefois la mission est accomplie : le jeune Hercule si peu que ce soit a tété le lait d’Héra, il est désormais apte à devenir immortel. Mais cette immortalité il lui faut quand même la gagner et pour cela, il lui faut d’abord une solide éducation.
C’est Chiron le Centaure qui en sera chargé.
Les Centaures sont des êtres extraordinaires : le bas de leur corps est celui d’un cheval mais le buste et la tête sont humains. Ils vivent en Thessalie au nord de la Grèce. Ils sont sauvages et brutaux ; seul Chiron est un sage qui vit retiré dans une grotte sur le mont Pélion. Dans son jeune âge, les dieux jumeaux Artémis et Apollon lui ont enseigné la musique et les arts qu’il enseignera à son tour à de nombreux héros de la Grèce.
Les jumeaux sont donc confiés à Chiron. Iphiclès est une élève docile mais Hercule au contraire est brutal et indiscipliné. Alors on l’envoie garder les troupeaux d’Amphitryon. Le bouvier lui apprend le tir à l’arc ; il devient de plus en plus fort, il grandit jusqu’à mesurer deux mètres.
Le roi Thespios qui a cinquante filles lui en donne une pour épouse, mais rusé, il envoie chaque soir une fille différente passer la nuit avec Hercule. Et voilà notre héros qui fait tout en grand doté de cinquante fils !

Pendant ce temps, la guerre entre les Dieux et les Monstres se poursuit et on ne voit toujours pas arriver le Héros à la massue et à la peau de lion…

samedi 6 octobre 2018

dimoidimo

DIMOIDIMO 

Sereine et dépitée,
Je me rendais à la kermesse
Songeant, il faut les retrouver ;
Nous sommes encore loin de l’été
Et qui l’eût cru :
Tous les oiseaux ont disparu !
Vous en êtes marrie, Madame,
Mais attention ! Pas d’amalgame !
Si les oiseaux ont disparu,
C’est que des braconniers sans  âme
Et sans pitié,
Les ont ciblés !
Madame en cherchant les oiseaux
Voilà que vous avez trouvé
Des trucs en plume , des gris-gris :
Un cas de sérendipité.
« Que dites-vous ? Sérendi… quoi ?
Je ne connais pas ce mot-là !
-Ce n’est pas grave, mais sur Wiki allez chercher…
Ah ! Bravo, vous l’avez trouvé !
Vous savez maintenant ce qu’il est.
Vous n’avez pourtant pas trouvé
Les petits oiseaux envolés.
Loin… loin… là-bas chez les Inuits
Dans les vastes déserts glacés…
J’ai bien du mal à terminer
Cette poésie un peu kitsch…
Donnez-moi donc un peu de kirsch ;
Je prendrai lors de l’altitude,
Retrouverai la zénitude

Et tous les oiseaux envolés…
.

Hercule (1)alm


Héraklès, le héros de la légende grecque est plus connu sous le nom que lui ont donné les Romains : Hercule.
Hercule est un « héros » moitié homme moitié dieu : son père est Zeus, le roi des Dieux que les romains ont appelé Jupiter, et sa mère est Alcmène, l’épouse du roi Amphitryon.
Ne croyez pas qu’Alcmène était une épouse infidèle ; jamais elle n’aurait passé une nuit avec Zeus si celui-ci n’avait pris l’apparence d’Amphitryon.
Zeus était coutumier de ce genre d’aventure, mais il avait pour une fois une bonne raison : des monstres engendrés par son grand-père Ouranos, les Titans aussi grands que des montagnes, les Cyclopes géants à l’œil unique au milieu de front, d’autres géants encore terrifiants qui avaient chacun cent bras et cinquante têtes, ces monstres avaient déclaré la guerre aux Dieux.
Et Zeus, pourtant aidé de ses frères, de ses sœurs et de ses enfants ne pouvait en venir à bout. Gaïa sa grand-mère savait le passé comme l’avenir ; Zeus est allé la consulter et elle lui a dit que seul un être d’une force gigantesque, vêtu d’une peau de lion et armé d’une massue pourrait l’aider à vaincre les monstres.
Seulement voilà… cet être n’existait pas et c’est pourquoi Zeus choisit Alcmène qui avait des dieux pour ancêtres pour lui donner un fils.
Amphitryon n’était pas vraiment enchanté de la situation mais il avait compris que son épouse avait été élue par le roi des Dieux et que sincèrement elle l’avait pris pour son époux. Il lui pardonna si bien qu’il lui fit le soir même un autre enfant.
Les deux garçons vinrent au monde le même jour ; l’un fut nommé Iphiclès et l’autre Hercule. Amphitryon se demandait bien lequel des jumeaux était son fils. Il n’allait pas tarder à le savoir.
Héra l’épouse de Zeus était furieuse. Elle avait bien des raisons d’être jalouse : sous diverses apparences, son époux peuplait la Grèce de héros qu’elle ne pouvait que détester et ce dernier né autant que les autres. Elle envoya dans la chambre des bébés deux serpents énormes qui lentement, ont rampé vers les berceaux. Iphiclès en les voyant se mit à hurler de terreur, ce qui réveilla le jeune Hercule. Très intrigué il s’avança vers les deux bêtes et voulant jouer avec les étouffa proprement.
Le doute n’était plus permis, Hercule était bien le fils de Zeus. Mais il n’était pas encore immortel ; pour le devenir il lui fallait être nourri du lait de Héra.

dimanche 4 mars 2018

récap 25


Avec des si- 04 03 18

Si les girafes avaient des ailes
Et les éléphants des violons,
On ferait danser les gazelles.

Si par hasard dans les buissons,
On rencontrait, quelle surprise !
Un hippopotame en caleçon
Narguant le froid, narguant la bise
Et aussi le qu’en dira-t-on…

Si le chagrin des crocodiles
Noyait de larmes les chemins,
En les voyant battre des cils,
Faudrait-il leur tendre la main ?


Les Chouchous