Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

mercredi 5 mars 2014

Adonis récap 25





Adonis 05 05 14

Au temps où les dieux parlaient aux mortels, l’épouse du roi Cyniras de Chypre, osa prétendre que sa fille -sans doute voulait-elle lui trouver un époux- égalait Aphrodite en beauté.
Celle dont dépend tout amour sur la terre déteste par-dessus tout,  les jeunes filles qui tentent de rivaliser avec elle. Pour lui apprendre à se tenir à sa place, elle envoya un charme sur cette jolie Myrrha qui, allez-vous le croire, tomba éperdument amoureuse du roi, son père.
Amoureuse et désespérée. Elle savait cet amour impossible, n’en dormait plus, ne mangeait plus. Elle devint pâle et maigre au point que sa nourrice en fut alarmée. Embrassée, cajolée, la jeune fille finit par avouer la cause de son tourment. Sans trop savoir encore comment elle allait s’y prendre, l’imprudente femme lui promit de l’aider. L’aider à quoi ?
Les nourrices qui veulent à n’importe quel prix réaliser les voeux de leurs pupilles,  sont légions, de même que leurs mauvais conseils et les drames qui en résultent. Celle-ci ne fit pas exception à la règle.
La reine, en tant qu’épouse légitime, participait  en ce temps-là, aux Thesmophories, qui sont des fêtes données en souvenir du deuil de Déméter. La règle était de jeûner et d’observer une stricte abstinence sexuelle.
Voilà qui favorisait le projet de la nourrice. Elle prépara un vin d’herbes aphrodisiaques qu’elle fit boire à Cyniras, et pour apaiser cette fièvre qu’elle avait provoquée,  lui proposa pour remplacer la reine absente, de faire venir une prostituée sacrée, à la seule condition que le roi ne la verrait pas.
« Pourquoi, demanda-t-il, elle est donc laide ? »
« Non, mais elle est vierge, et a fait le vœu de cacher son visage au premier homme à qui elle se donnerait. »
Le roi accepta et la nourrice employa tout le jour à préparer Myrrha pour sa nuit d’amour. Bains, massages, huiles parfumées, vins herbés, la nourrice n’épargna aucun effort et le soir venu, conduisit jusqu’à la chambre de son père, la jeune fille tremblante de désir, de crainte  car elle était vierge, et de honte aussi puisqu’elle ne pouvait ignorer l’inceste qu’elle allait commettre.
Le désir,  la crainte et la honte, que voilà un mélange aphrodisiaque ! Bien plus excitant que n’importe quel vin d’herbes !
Pour respecter le vœu de la vierge, la chambre n’avait d’autre lumière que les rayons de la lune qui laissait entrevoir sa silhouette parfaite et la blancheur nacrée de sa peau.
Sa peau que Cyniras trouva si douce…. La nuit d’amour fut torride, autant que les onze qui suivirent.
Ses devoirs religieux accomplis,  la reine revint au palais et toutes choses reprirent leurs places, les vins d’herbes procurant cette fois un oubli apaisant. Pour quelque temps….
Onze nuits d’amour avaient porté leur fruit, et  l’oubli, pour Myrrha devint impossible. Elle tenta, mais en vain, de cacher le pêché qui s’épanouissait dans ses flancs. Aux questions de sa mère, elle opposa un silence obstiné. Comment dire à la reine le nom du père de son enfant ?
 Questionnée à son tour, la nourrice avoua. Sans doute employa-t-on pour la faire parler des méthodes inapplicables à la fille du roi. Comment fut-elle punie ? Etranglée ? Jetée du haut d’une falaise ? On ne sait pas.
Cyniras, révolté, ulcéré du crime qu’on lui avait fait commettre, poursuit sa fille pour la tuer.
Aphrodite, prévenue, prend Myrrha sous sa protection, mais trop tard. Le roi est là face à la coupable, son épée dégainée. Il voit alors avec épouvante et stupeur, les jolis pieds de sa fille s’enfoncer dans le sol ; sa peau si douce et si blanche devenir noire, rugueuse et crevassée ; ses bras se dressent, tordus vers le ciel et ses cheveux hérissés frémissent au vent comme les feuilles de l’arbre qu’elle est devenue. Cyniras, affolé d’horreur, d’un coup d’épée fend en deux l’effroyable buisson. Ce n’est pas du sang, mais une sève odorante qui coule de la blessure, d’où sort en même temps, une enfant. Un bel enfant qui ne peut encore marcher. Pour le soustraire à la fureur du Roi, Aphrodite s’en empare, le cache dans un coffre qu’elle emporte tout au fond des Enfers. Et là, le confie à Perséphone. La souveraine du royaume des morts ne peut résister au désir de savoir quel trésor lui a confié la plus belle de l’Olympe. Elle ouvre le coffre et découvre le bébé, qu’elle adopte et élève comme son propre fils. Elle le nomme Adonis.
L’enfant pousse, considérant Perséphone comme sa mère. La reine des ténèbres le voit grandir en beauté, devenir adolescent. Quand il atteint l’âge d’homme, il est devenu si plaisant que la tendresse maternelle se transforme en une véritable passion amoureuse. Il n’est pas après tout, le fils de la déesse qui ne tarde pas à en faire son amant.
Aphrodite, n’avait pas oublié l’enfant issu de l’arbre parfumé. Estimant que son protégé  pouvait désormais sans risque prendre sa place parmi les hommes, elle descend aux enfers pour le ramener à la lumière.  Mais Perséphone n’a aucune envie de perdre son amoureux ; elle refuse de le laisser partir. Les déesses argumentent, se disputent se prennent par le chignon et font un tel tapage qu’on doit pour les calmer faire intervenir le Maitre des Dieux, Zeus en personne. Celui dont dépend le sort du Monde se moque pas mal de deux femmes qui se disputent un jouvenceau ; que le jeune homme choisisse celle des deux qu’il préfère.
Pour Adonis, la chose est simple. Certes il aime tendrement Perséphone, mais Aphrodite est là, devant lui, aux blonds cheveux répandus sur ses épaules, à la ceinture à demi nouée laissant entrevoir un corps si désirable que ses rêves ne lui en avaient jamais montré de pareil. Il s’embrase d’une passion telle qu’il n’a plus d’autre idée que celle de suivre la déesse dans son palais de Chypre, sans un regard pour Perséphone éplorée.
Adonis est au paradis dans les jardins d’Aphrodite. Il passe des nuits voluptueuses en compagnie de l’amour et de la beauté personnifiés et le jour, il se fait jardinier pour embellir encore le domaine de celle qu’il aime.
Aphrodite, étant immortelle, connaît l’avenir et sait qu’un danger menace son jeune amant. Elle lui recommande de ne jamais sortir du palais, de ne surtout jamais aller à la chasse. Adonis ne demande qu’à lui obéir. Qui de plus casanier qu’un ami des jardins pour qui l’aventure, l’émerveillement, se trouve dans chaque massif, au coin de chaque plate-bande ?

Cependant,  Perséphone est furieuse ; elle veut se venger de celle qui lui a pris tout à la fois son fils et son amour.  Elle va trouver Arès, le dieu de la guerre qui depuis longtemps est l’amant d’Aphrodite. Ares est jaloux, d’autant plus jaloux que lui-même n’est pas fidèle. Aussi tolère-t- les aventures de son amante : puisque aussi bien, c’est son rôle dans le monde. Pourtant cette fois, il ne s’agit pas d’une passade : Aphrodite aime Adonis. Alors au printemps, quand les dernières neiges attardées sous les branches cèdent la place aux tapis d’anémones, Arès profitant d’une absence de la déesse, envoie dans les jardins un sanglier énorme, une brute qui ravage, fleurs et pelouses, qui saccage les arbustes. Quel jardinier peut tolérer un sanglier dans son domaine ? Adonis rassemble, tous les jeunes gens, tous les serviteurs et leur donne des armes. Ils courent tuer le monstre, qui ne se laisse pas faire ; les flèches ricochent sur sa cuirasse velue, leurs piqûres l’énervent et le rendent encore plus combatif. Un jeune homme qui s’approche brandissant une épée est foulé aux pieds, Adonis, courageux, s’élance un poignard à la main, il frappe le monstre au défaut de l’épaule, mais la bête a le temps avant de mourir de l’encorner à l’aine. L’artère est tranchée et le jeune homme s’écroule dans une flaque d’anémones blanches encore. Le sang qui s’écoule de la blessure les teinte des couleurs que perd Adonis ; il gît exsangue, dans les fleurs devenues pourpres.
 Aphrodite accourue, le couvre de baisers veut lui insuffler la vie par sa bouche mais en vain. Elle pleure, la déesse, elle arrache ses vêtements, ses cheveux ; elle a perdu son amour. Il appartient désormais à sa rivale, il ne reviendra plus des Enfers.
Elle va crier son désespoir à Zeus. Qu’on lui rende Adonis, au moins quelques mois dans l’année. Le Maître des Dieux est ému : tant de larmes, tant de beauté. Et puis, il a besoin d’Aphrodite, ce grand coureur de jupons ; d’Aphrodite et de son fils qu’il vaut mieux ne pas mécontenter.
Alors, il décide : Adonis passera six mois aux enfers et dès le retour du printemps,  reviendra dans les jardins d’Aphrodite.
Aussi, dès qu’avril est venu, la sève monte, les oiseaux chantent le retour d’Adonis, l’innocent  dieu des jardins.




mardi 4 mars 2014

La mesure du temps récap 25


La mesure du temps 04 03 14
 L’almanach sert-il à mesurer le temps ? A faire passer le temps ? A oublier le temps ?A voyager dans le temps peut-être puisqu’on peut le commencer par la fin, par le début ou par le milieu ; on peut aller tout droit à sa date anniversaire, à la fête de son saint patron, à une fête attendue… encore que… utiliser l’almanach à tort et à travers pourrait se révéler risqué !
Les Alsaciens disent en effet, que feuilleter l’almanach de l’année avant qu’elle ne commence, ne peut rien apporter d’heureux. Donc, attendez que les douze coups de minuit soient sonnés avant de vous plonger dans celui qu’on vient de vous offrir.

Cadeau potentiellement funeste, hélas, car on devrait, selon les Américains, acheter soi-même son almanach sous peine de ne jamais pouvoir faire d’économies. On ne devrait pas non plus, recommandent nos chers buveurs de Coca le garder plus de deux ans… Avis aux collectionneurs d’almanachs !
Un Anglais ne consultera jamais son almanach avent le dîner ni n’en arrachera les pages ; il ne saurait en aucun cas marquer une page à une date encore dans le futur et, toujours en Angleterre, aucun calendrier ne sera accroché au mur avant le 1°janvier.
Vous dédaignez les superstitions ? N’importe ! Les observer ne coûte rien et puis… on ne sait jamais ! Car l’exemple vient de haut : Napoléon qui n’était pas n’importe qui, accordait de l’importance aux croyances populaires. Ainsi, au moment de signer la paix avec l’Autriche, dit-il à Talleyrand :
 « S’il n’y a pas moyen de signer sur le champ, attendez et signez au Nouvel An : car j’ai un peu de préjugés  et je suis bien aise que la paix date du renouvellement du calendrier Grégorien qui présage, j’espère, autant de bonheur à mon règne que l’ancien. »

C’est au moyen de tablettes, de livres d’heures, de livres de raison, de bréviaires, tous ancêtres du calendrier, que les hommes ont appris à mesurer le temps passé
Hérodote disait  que les Egyptiens avaient les premiers inventé le concept d’année puisqu’un de leurs très anciens calendrier montrait une année de 365 jours, répartis en douze mois de trente jours. Or, depuis toujours, les astrologues ont calculé le temps en se basant sur le cycle lunaire ; ils associaient leurs calendriers au culte de la lune, symbole de fécondité.
Chez les Romains,  les calendes, désignaient le premier jour du mois. Elles n’existaient pas chez les Grecs d’où l’expression « payer aux calendes grecques ». De là le mot calendrier.
Plus tard, l’Eglise, impuissante à éliminer les fêtes païennes y superposa les siennes. Ainsi Pâques, la plus ancienne fête du calendrier chrétien fit oublier Eastre, déesse vénérée des Saxons ; en avril, les Robigalia romaines sont devenues les Rogations et l’on sait que la Toussaint n’est autre que le Samain celte : Noël se fête à la date où les Romains célébraient Mithra et les Saturnales duraient le temps qui va de Noël à l’Epiphanie. Un roi était élu et nous continuons à manger la galette et à prendre pour souverain éphémère, celui qui trouve la fève. Durant la fête celte d’Imbolc, des cierges étaient allumés toute la nuit et nous avons gardé la Chandeleur. L’aimable Valentin a pris la place de Lupercales. Saint Jean et Noël  se sont calés avec les deux solstices.
Le Dieu de la Bible, inventa lui les six jours de la semaine et les repos hebdomadaire du septième et c’est Hermès Trismégiste qui, ayant observé le singe cynocéphale et voyant qu’il pissait douze fois le jour et douze fois la nuit divisa, pour lui être agréable les jours et les nuits en douze heures.
C’est au XVI° siècle avec l’imprimerie et le colportage des almanachs,(dont les centuries de Nostradamus sont une forme),  que l’habitude de mesurer le temps s’est répandue.
Quand à l’agenda, qui sert lui à organiser le futur, il n’est apparu qu’à la fin du XVII° siècle
Et ce bon vieil Almanach des Postes que nous ne saurions refuser au facteur a été crée lui, en 1849, en même temps que le timbre. 

dimanche 2 mars 2014

Us et Coutumes récap 25

Les rites de Mars 02 03 25

La Vieille est partout : les trois derniers jours de février lui étaient dévolus ; il lui a fallu en plus les premiers, deux et trois mars, appelés également  « Jours de la Vieille ». Cette méchante fée qui circule entre Vosges et Jura, provoquant refroidissements brusques et gelées,  est-elle un avatar de la romaine Anna Perenna ?  Ces jours en tout cas, sont néfastes.
Ce qui n’empêchera pas les jeunes personnes en mal d’amoureux de pratiquer le « Bonjour de Mars », souvenir des Matronalias, culte lunaire lié à Junon. Le rite est assez simple :
Si la nouvelle lune tombe le premier de mars, il faut la saluer avec ces mots :
« Je te salue beau croissant, fais moi voir en dormant
Qui m’aimera en mon vivant. »

On peut aussi,  passé le dernier coup de minuit de la dernière nuit de Février, sortir et embrasser trois fois la terre en récitant :
« Bonjour mars, sois bon et accommodant
Et fais moi voir en dormant
Qui m’aimera en mon vivant »

 Ramasser ensuite une poignée de terre et la placer sous l’oreiller, pour être assurée de voir en rêve le futur amoureux. Ceci est la méthode bretonne.
Celles qui vivent en ville où il est difficile de ramasser une poignée de terre au pied des immeubles,  préféreront la méthode tourangelle :
Il suffit de se mettre à la fenêtre et de psalmodier :
« Je te salue mars
Dis moi en mon dormant
L’homme que j’aurai dans mon vivant. »

A Metz où les nuits sont froides, on n’ouvre pas la fenêtre ; on place son pied droit sur le lit et les paroles sont :
« Le I° jour de mars, avec mon pied droit, dans mon lit je marche,
Que Dieu me fasse la grâce de me dire en songeant
L’amant que j’aurai de mon vivant. »

A Amiens, le rite est plus complexe, et il est à pratiquer si on désire des enfants :
Il faut, à 4 heures du matin, faire trois fois le tour d’une mare. Si on veut de surcroît, éviter d’avoir les mains gercées, on fera la même chose en serrant un pan de sa chemise entre les dents.
Ne jamais oublier que cette nuit là tout particulièrement, est une de celles où les sorciers rôdent… !
Si rien de fâcheux n’est venu troubler ces rituels, le lendemain matin, premier jour de mars, afin d’éloigner puces et poux pour l’année entière, on fera brûler dans la maison une poignée de paille provenant du  matelas; si ça ne suffit pas,  brûler la paillasse entière,  cette fois de préférence à l’extérieur. En Limousin, on tire en plus des coups de fusil.
Les anglais, pour leur part,  se lèvent tôt et  balayent soigneusement le linteau de leur porte ainsi que les gonds et les interstices.
Aux Etats-Unis, si l’on soupçonne des punaises, il faut nettoyer la maison de fond en comble ; ailleurs aussi, on s’en doute !

Nul besoin de se demander d’où le troisième mois de l’année tire son nom : de Mars, dieu de la guerre qui est aussi celui du renouveau et de la jeunesse ; également de la planète qui le gouverne et dont on a longtemps pensé qu’elle était habitée.


Par des géants aux yeux glauques, évoluant gracieusement dans un monde sans pesanteur ; mais il était plus généralement admis que la planète rouge était le domaine des « petits hommes verts ». Pendant longtemps, tous les extra-terrestres ont été des Martiens….


samedi 1 mars 2014

Pour les tortues

Voici qui est destiné aux tortues, c'est pourquoi
je parle près de l'eau.
La prochaine fois je plongerai peut-être ma tête dedans!
Voilà:
"Tortue, si tu me mords encore
gare à toi!
Je te vois faire des bulles de rire.
Elles montent et je les perce
et les rires s'échappent.
Hier j'avais les pieds
dans la rivière
et je buvais un peu de soleil
de la surface de l'eau.
Loutre était là elle aussi avec ses pieds.
Mais tu as mordu mes pieds!
As-tu fait un pacte avec Loutre?"

jeudi 27 février 2014

Le voyage de Princesse Tortue – 1° épisode Recap 25

 
Le voyage de Princesse Tortue – 1° épisode 27 02 14
Mots à utiliser 

un arbre
 une tortue
 mappemonde (carte/ voyage)
 livre
flèche
clef
 fleur
baguette magique
masque / peintures sur visage
rose des vents (orientation/direction)

Une tortue magique voulait voyager; elle a plongé dans la mer et nagé, nagé, nagé longtemps…
Enfin, elle a abordé dans un pays inconnu planté de pommiers eux aussi magiques ; elle a pris une pomme, l’a croquée ; dans la pomme il y avait une clef.
C’est alors que des chasseurs sont arrivés avec des peintures de guerre sur le visage ; ils ont visé la tortue. Pour  échapper à leurs flèches elle s’est cachée derrière un rocher. Le rocher était creux : c’était  une grotte et dans la grotte se trouvait  un coffre. Sur le couvercle était posée en équilibre une baguette magique. Et la baguette magique est tombée sur la tête de la tortue qui s’est transformée en princesse.
Avec la clef, la princesse a  pu ouvrir le coffre. Dedans il y avait un livre et une carte au trésor  avec en haut de la feuille, une rose des vents.
Princesse Tortue voulait  sortir de la grotte, mais les chasseurs la guettaient. Alors elle a agité la baguette magique et les flèches se sont transformées en fleurs. Princesse Tortue était  si belle que tous les chasseurs en sont tombés amoureux.
Elle a accepté de les accompagner jusqu’à leur camp et le soir à la lueur du feu, ils ont lu le livre qui racontait  l’histoire d’un trésor perdu. Sans doute, ont-ils pensé, la carte et la rose des vents indiquent l’emplacement du trésor.
Le lendemain, Princesse Tortue et les chasseurs sont partis à sa recherche.


A suivre…

mardi 25 février 2014

Acis et Galatée alm. Récap 25

Acis et Galatée 25 02 14

Polyphème était un cyclope heureux ; Polyphème était amoureux.
Du haut de la falaise, sur le seuil de sa caverne dominant la plage, il contemplait ravi, la douce et gracieuse Galatée au corps de nacre jouant dans les vagues ; Galatée cheveux au vent qui courait dans la sable.
Chaque jour au pied d’un pin, Polyphème déposait pour elle des présents : une grappe de ses vignes, des figues, des olives, quelques fromages de ses brebis. Il savait ses fromages excellents ; moins toutefois qu’une chair crue et sanglante palpitant encore d’un reste de vie. De la chair humaine quand il s’en trouvait mais plus souvent de quelque animal sauvage et jamais en tout cas d’un membre de son troupeau qu’il aimait avec tendresse. Pas autant toutefois que Galatée, la prunelle de son œil, cette nymphe délicate pour qui chaque jour il s’ingéniait à trouver des douceurs ; la jeune personne était farouche,  il lui fallait l’apprivoiser.
Il avait bon espoir puisqu’elle ne repoussait pas ses offrandes et même, elle les partageait. Mais ça, Polyphème n’appréciait pas vraiment : c’est en compagnie d’un autre berger, ce gringalet d’Acis que la nymphe volage se régalait des présents du cyclope amoureux. Il n’était pas jaloux pourtant. Comment ce petit être fade, au corps débile aurait-il pu rivaliser avec lui, Polyphème, le cyclope, le géant aussi grand et fort que les platanes des bosquets sacrés.
Le corps glabre de cet être chétif pouvait-il se comparer au torse et aux membres couverts de la même toison noire qui faisait la beauté de ses béliers ? Ces menues boucles blondes valaient-elles la tignasse couleur d’encre et si drue qui de l’épais sourcil aux larges épaules couronnait  le sommet du géant. Les deux pâles petits yeux soutenaient-ils la comparaison avec l’œil unique,  ce large et bel oeil bordé de cils touffus aussi noirs que la charbonneuse pupille de Polyphème.
Le cyclope, pas un seul instant, ne pouvait imaginer que la belle puisse indéfiniment résister à un amour aussi puissant que celui qu’il éprouvait pour elle. Et puis, il était fils d’un dieu… pas n’importe lequel : le propre frère de Zeus, le plus puissant peut-être après le Dieu de tous les dieux, Poséidon, la maître des océans, des mers, des fleuves et de toutes les eaux du monde… Poséidon, l’ébranleur de la terre, Poséidon qui d’un seul coup de son trident pouvait envoyer les vagues engloutir un continent.
Pourtant… pourtant… Acis lui aussi était né d’un dieu. Un ébranleur de la terre et des humains à sa manière agreste et joyeuse : Pan, le prince des Satyres, Pan à la flûte enchantée, Pan qui protège les amours rustiques, Pan qui veille à la reproduction de tout ce qui vit. Et sans doute Acis avait-il appris de son père qu’on pouvait offrir aux belles des présents valant mieux qu’un fromage. Acis aima Galatée et Galatée ne lui fut pas cruelle.
Dans un creux des rochers bordant la plage, après avoir joué dans les vagues, de jour comme de nuit les jeunes gens s’aimaient. Et c’est ainsi qu’un matin, alors qu’il venait déposer pour sa belle une corbeille pleine des fruits de ses travaux, il les vit endormis aux bras l’un de l’autre. De douleur, le géant rugit .
Les vagues ont reculé, la cime des arbres en a frémi et dans un grand froufrou d’ailes les oiseaux se sont envolés. Les amants, mal éveillés, tremblants , se sont dressés face au géant furieux. Main dans la main, ils ont fui, trébuchant dans le sable. Le cyclope, arrachant des rochers à la grève a fait un pas et balançant un bras, il a visé Acis. Et la roche a frappé le berger.
Etendu sur le sable, le sang avec la vie s’écoulait de son corps se mêlant aux larmes intarissables de la nymphe au désespoir. Tant et tant de sang et de larmes pour un amour si grand ne pouvaient se tarir… le flot en coule encore : au pied de l’Etna, Acis est devenu fleuve…

vendredi 21 février 2014

Circeline récap 25

Circeline 21 02 14

Il y a longtemps, bien longtemps, pas très loin d’ici entre Beauce et Perche, naquit une petite fille ; la dernière née d’une famille de magiciens qui, en dépit de tous leurs sortilèges n’avait pu engendrer que des garçons. Or, certains de leurs pouvoirs ne pouvaient être transmis que par les femmes ; aussi avait-on craint de les voir disparaître. C’est vous dire si la jeune Circeline était la bienvenue !
Dans les jours qui suivirent la naissance, toute la parenté, tous les proches, magiciens et magiciennes, sorciers et sorcières, fées, enchanteurs, lutins, elfes, tous se réunirent autour du berceau pour doter l’enfant. C’était un ravissant bébé que chacun se faisait une joie de gâter, et comme cette parentèle était nombreuse, Circeline fut bientôt pourvue de tous ,je dis bien TOUS les dons. Et quand les nourrices réclamèrent un peu de repos pour la mère et l’enfant, chacun se disposa à regagner la salle voisine où un festin était préparé.
Alors entra dans la chambre celle qu’on n’attendait pas car on l’avait complètement oubliée : une vieille fée, fort âgée et méchante que personne n’aimait ni ne recherchait. On redouta sa réaction ; déjà son naturel n’était pas bon, en plus, elle était certainement vexée d’avoir été écartée de la fête. On cherchait fébrilement comment conjurer le mauvais sort qu’elle ne manquerait pas de jeter à la petite. Elle s’approcha du berceau avec un mauvais sourire (elle n’en avait pas d’autre), regarda la petite fille, puis l’assemblée qui s’efforçait de garder un air détaché ; alors d’une voix trop suave pour être sans arrière pensée, elle susurra : « Jolie, jolie petite Circeline… on t’a déjà tout donné ! Que me reste-t-il à moi pauvre vieille, à t’offrir en cadeau ? »
Elle fit semblant de réfléchir pendant un moment qui parut bien long. On redoutait le pire ; puis, s’adressant à la parentèle inquiète : « Est-elle encore mortelle ? »
L’assemblée des magiciens, bouche bée dévisagea la vieille fée. « Comment, reprit-elle, aucun d’entre vous n’a pensé à lui offrir l’immortalité ? Quelle chance pour moi ! Je n’espérais pas ma jolie Circeline, pouvoir te gâter ainsi ! »
Et sans laisser à personne le temps de réagir, elle fit au-dessus du berceau les gestes magiques qui confirmaient ses paroles.
L’immortalité !… Personne c’est vrai, n’y avait songé ! Car, si magiciens, sorciers, enchanteurs, parviennent grâce à leurs pouvoirs à une étonnante longévité, parfois de plusieurs siècles, tous sont mortels. La preuve : de nos jours, on n’en rencontre presque plus. L’assemblée était grandement soulagée ; étonnée aussi car il n’était pas dans les habitudes de la vieille de se montrer aussi généreuse. On s’empressait autour d’elle la priant de rester à la fête, mais elle déclina l’invitation et s’éclipsa nos sans émettre lueurs et bruits bizarres qui effrayèrent le bébé. Ceci lui ressemblait déjà plus ! On se congratulait du peu d’importance de l’incident, quand un magicien chenu qui s’était tenu jusque là silencieux et discret, presque invisible dans l’ombre d’une tenture, s’avança devant le feu. Lui aussi on l’avait oublié, bien qu’il ait été invité, car il était respecté pour son savoir et sa grande sagesse. On réalisa alors que lui non plus n’avait pas fait de don. Que lui restait-il à offrir ? Cependant on ne le redoutait pas car sa bonté égalait son savoir. Il s’approcha du berceau et regarda, on se demandait bien pourquoi, le bébé avec commisération.
« Pauvre petite bonne femme ! dit-il avec douceur. Tous les dons et l’immortalité ! Comme cette enfant va s’ennuyer ; la vieille folle ne pouvait pas faire pire ! »
On trouvait autour de lui qu’il exagérait et on se mit à craindre qu’il ne retirât à l’enfant quelque don précieux ; il en avait le pouvoir. Mais il se contenta de dire gentiment : « Je ne peux rien ajouter à ce que tu as reçu ; aussi vais-je t’enlever un petit quelque chose. Oh, presque rien, fit-il rassurant, simplement cette enfant ne pourra jamais chanter. »
Il fit les passes magiques et retourna dans son coin. On se regardait, interloqué ; soulagé aussi ! Un sage comme lui, s’attacher à un pareil détail… on mit sa réaction sur le compte de la sénilité.
Circeline fut un bébé sage. Elle souriait beaucoup, pleurait rarement et criait encore moins : forcément, elle ne pouvait pas élever la voix ! Elle grandit comme une jeune magicienne ordinaire, dans une famille de magiciens ordinaires. Quand elle en eût l’âge, on l’envoya à l’école des magiciens où elle apprit avec facilité. Normal, avec tous ses dons ! Dans cette école, on étudiait bien évidemment les sciences occultes, les philtres magiques et les phases de la lune, mais aussi la lecture, l’écriture, le calcul, le dessin et… le chant ; comme dans les autres écoles.
Circeline dut se joindre à la chorale et connut là ses premières contrariétés. La fillette, qui adorait la musique et les chansons, entonnait avec enthousiasme refrains et couplets mais comme elle n’avait pas plus d’oreille que de voix, elle ne se rendait pas compte qu’elle déraillait. Bien vite on la faisait taire. A la fin du morceau le professeur de chant lui disait : « Fais un effort, Circeline ! Les autres, taisez-vous, Circeline reprendra seule le refrain. » Et la pauvrette de lancer à pleins poumons un fausset chevrotant sous les rires de ses compagnes qui pour être magiciennes n’étaient pas plus tendres que les autres enfants.
« Bon, ça suffit, dit un jour le prof écoeuré. Tu resteras après l’heure, je te ferai travailler. »
Circeline ne prit pas cela comme une punition, au contraire ; elle était enchantée d’avoir une leçon particulière. Leçon qui porta peu de fruits : ni voix , ni oreille, elle dut quitter la chorale. Circeline rentra chez elle le cœur gros ; elle qui réussissait tout sans effort, voilà qu’elle était privée de ce dont elle avait le plus envie. Sa mère voyant son chagrin, jugea qu’il était temps de révéler à sa fille l’enchantement dont elle était victime.
« Ca ne fait rien, dit Circeline quand elle fut au courant, j’apprendrai. J’ai tout le temps puisque je suis immortelle. »
Ce qu’elle fit ! Le fausset de la jeune magicienne découragea plus d’un maître de musique. Mais elle voulait chanter et persévérait dans la recherche de celle ou celui qui délivrerait sa voix prisonnière.
Cependant elle continuait à s’instruire et lisait beaucoup. C’est ainsi qu’elle apprit que loin, très loin, au sud de son pays, il existait une mer dans laquelle vivait des êtres surprenants : les Sirènes. Les Sirènes savaient chanter ; on disait même que leur voix était si belle qu’elle ensorcelait tout voyageur qui les approchait.
« Voilà ce qu’il me faut, se dit Circeline. Ces Sirènes vont m’apprendre le chant. »
Elle n’était plus une enfant quand elle entreprit le long voyage qui devait la mener jusqu’à la Mer des Sirènes. Ce qu’elle fit là-bas, nous n’en savons rien ; toujours est-il que durant son absence, le pays connut quelques années d’une exceptionnelle sécheresse. Puis elle revint ; et l’on doit croire que ni la science, ni le talent, ni même la magie des Sirènes n’ont pu faire éclore la voix de Circeline, puisqu’à son retour, une pluviométrie normale, c’est à dire abondante, reverdit la région.
Et c’est ainsi depuis des siècles ; Circeline cherche sa voix sans jamais la trouver. Vous l’entendez de loin en loin à la radio, à la télé : jolie, pimpante, dansant à la perfection, un filet de voix couvert par l’orchestre et la sono. Brune ou blonde, grande ou petite selon les époques et les modes qu’elle suit scrupuleusement, c’est toujours Circeline. Et puis, la vedette se laisse oublier ; car au nombre de ses dons, Circeline compte la lucidité. Alors elle repart chez ses amies les Sirènes et nous connaissons quelques étés ensoleillés ; puis elle revient à temps pour reconstituer les nappes phréatiques exsangues.
Car jamais, jamais, tout au long de son éternité et en dépit de l’enchantement qu’elle ne peut défaire, Circeline ne renoncera à chanter….
Elle vient d’apprendre que sur un fleuve de l’Est, une certaine Lorelei….
Tant il est vrai que : IL N’EST PAS NECESSAIRE D’ESPERER POUR ENTREPRENDRE, NI DE REUSSIR POUR PESEVERER .

mercredi 19 février 2014

Chansons de mes envies récap 25



Chansons de mes envies 19 02 14

Ce matin, j'avais envie d'être un nuage....
Alors je me suis couchée dans la rosée et j'ai attendu...
J'ai attendu le soleil.
Il avait soif et il m'a bue
Et on est tous les deux remontés dans le ciel
Et moi, je voulais sortir
Alors j'ai pris une de mes plumes et je lui ai chatouillé le nez
De l'intérieur
Et il a éternué
Il m'a éternuée
Et longtemps dans le ciel, j'ai flotté
Légère
Par-dessus les montagnes et par dessus les plaines
Par dessus mon village
Et j'ai vu mes amis qui mangeaient de bonnes choses
Qui riaient, qui chantaient
Alors j'ai eu envie d'être avec eux et je me suis faite pluie
Et je suis tombé sur leur feu
Il s'est éteint
Ils ont levé les bras au ciel et il m'ont vue
Ils m'ont tapé dans le dos
Ils ont dit:"Sacré farceuse!"
Alors on a rallumé le feu et on a bu
On a mangé, on a chanté
Et raconté les histoires de nos envies.

mardi 18 février 2014

Pourquoi 28 jours? récap 25

Pourquoi 28 jours? 18 02 14

Que penser de ce mois bancal, amputé de trois jours et qui court en boitant pour, tous les quatre ans, en récupérer un?
C'est un mois fièvreux, son nom l'indique. Il est froid, humide; il arrive qu'une belle journée fasse croire au printemps, on tombe la veste, on dénoue l'écharpe, et  Bronchite en profite. Elle s'insinue accompagnée de Fièvre et de Toux, ses deux complices qui, si elles le pouvaient encore résoudraient définitivement vos menus problèmes. On nommait autrefois février "mois des fièvres" ou "mois du Purgatoire", c'est dire!
Est-ce pour diminuer le danger qu'il ne lui a été donné que vingt-huit jours?
Tout a commencé quand Jules César a appris que la Terre fait sa révolution autour du Soleil en trois cent soixante cinq jours et six heures. Homme de lois et de réformes, il a réformé le calendrier. L'année tropique allait comporter trois cent soixante cinq jours; mais que faire alors de ces six heures supplémentaires. Pour obtenir une journée complète on allait les multiplier par quatre et tous les quatre ans, cette journée serait ajoutée à février à qui n'avaient été octroyés que vingt neuf jours. 
Journée qui serait insérée, (pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué?)entre la vingt quatrième et la vingt cinquième. Ainsi en décida César qui, comme chacun sait périt aux Ides de mars.
Auguste, son neveu monta sur le trône impérial et s'avisa que le mois d'août qui lui était consacré ne comportait que trente jours, alors que Juillet, mois de son oncle défunt en comptait trente et un. Un manque d'égards qu'il fallait réparer et ce fut encore ce malheureux février qui en fit les frais: on lui piqua un jour.
C'est depuis se temps que février doit se contenter ordinairement de vingt huit jours, bienheureux encore d'en avoir vingt neuf les années bissextiles. Des jours longs de dix heures en moyenne, soit une augmentation d'une heure et trente-huit minutes pour l'ensemble du moi.

jeudi 6 février 2014

Révélation

Je révèle maintenant que Dieu a placé des gardiens et des veilleurs sur tout ce qu'il a fait. En ce sens, les gnomes ou pygmées, veillent sur tous les trésors, métaux et pierres précieuses cachés dans la terre. Il y a des trésors entassés, surveillés par ces petits êtres afin qu' ainsi rien ne soit produit avant le temps approprié. Quand les trésors sont déterrés, les pygmées disparaissent, ne laissant derrière eux que des histoires et des mythes sur leur existence et leurs travaux.

PARACELSE

Les Chouchous