Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

dimanche 6 février 2011

Quelle histoire! récap 25

Mieux vaut loup dans le troupeau
Que mois de février trop beau



A PROPOS DE LA BÊTE 06 02 11



Charles Perrault a écrit « Le Petit Chaperon Rouge en 1697 ; moins d’un siècle plus tard, La réalité surpasse en horreur la fiction.
La « Bête » qui sévit en Gévaudan ne se contente pas de dévorer une petite fille et sa grand-mère ; les morts se comptent par centaines et ne parlons pas des blessés ! Ses ravages se poursuivront pendant trois ans. Contre le monstre, Le roi Louis XV enverra ses dragons et son Grand Lieutenant des Chasses qui tuera un grand loup ; ce qui n’empêchera pas la bête de continuer à sévir, jusqu’à ce qu’un paysan l’abatte un jour d’une seule balle.
La Bête du Gévaudan était-elle un loup ? Certainement pas !
Aucun des témoignages recueillis sur place ne parle de loup. Les paysans et bergers du Massif Central savaient pour le fréquenter quotidiennement que le loup est craintif et n’attaque pas l’homme. S’il a devant lui un troupeau de moutons, ce n’est pas le berger ou la bergère si tendre fut-elle que le loup choisira. Encore moins une vieille bergère coriace mais pourvue d’yeux qui savent voir et d’une langue qui peut raconter .
Mais alors, qu’était la Bête du Gévaudan ?
Nous ne disposons que d ‘hypothèses ; l’une des plus vraisemblables est celle que propose Michel Louis dans son livre - La Bête du Gévaudan ou l’innocence des loups- : un ou plusieurs grands chiens, des molosses dressés à tuer et protégés d’une cuirasse en peau de sanglier, ce qui explique leur résistance aux balles. Ces chiens ou bâtards de chien et de louve sont menés par le garde-chasse d’un aristocrate dévoyé. Ce garde-chasse étant lui-même fils d’un homme réputé sorcier et meneur de loups. Celui même qui, en 1767, après trois années de traque infructueuse menée par les meilleurs chasseurs du royaume, tua le fauve d’un unique coup de fusil.

samedi 5 février 2011

PHILEMON et BAUCIS- alm Récap 25

Tonnerre de février
Emplit le grenier
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Philémon et Baucis 05 02 11
Il y avait en Phrygie un lac ; au bord de ce lac, un temple et devant le temple, de chaque côté de la façade, deux grands arbres : un chêne et un tilleul dont les branches se mêlaient. Leurs feuilles semblaient se caresser au vent du soir.
On racontait qu’au fond du lac se trouvait un village et que le temple avait jadis  été une toute petite maison, pauvre parmi les plus pauvres. Un couple d’amoureux vivaitlà : un homme et une femme qui s’aimaient depuis l’adolescence et cela faisait… bien des décennies. Ils ne se voyaient pas vieillir et leur amour leur tenait lieu de fortune car ils étaient très pauvres.
Deux voyageurs épuisés se présentèrent un soir devant leur porte. Deux voyageurs ? Deux vagabonds plutôt. Les cheveux sales, la barbe broussailleuse, des tuniques en lambeaux et pour souliers la poussière du chemin ; ils avaient soif, ils avaient faim.
L’homme, qui se nommait  Philémon leur souhaita la bienvenue, mais ajouta qu’ils n’étaient pas là dans la bonne maison :  « Nous sommes pauvres, si pauvres, nous avons si peu à offrir. Allez plutôt au village, vous y trouverez des gens fortunés qui sauront vous héberger.
-Nous en venons, dit le plus grand des vagabonds, celui qui semblait être l’aîné. Nous en venons et ces méchantes gens nous ont chassés.
Pendant ce temps, silencieuse, Baucis, l’épouse de Philémon, avait rempli d’eau des bassines et venait avec des linges laver les pieds douloureux des visiteurs. Ensuite elle leur offrit des tuniques ravaudées mais propres.
-«  Nous n’avons , continua le vieil homme, que quelques fruits et les fromages de notre chèvre, mais si ce mince repas vous suffit, nous le partagerons avec vous bien volontiers. Femme, va à la source et rapporte nous un pot d’eau fraîche.
Mais quand Baucis versa l’eau dans les gobelets en terre, elle se transforma en un vin doré tel que jamais ces deux pauvres gens n’en avaient bu de pareil.
Avec effroi, ils levèrent les yeux sur leurs hôtes et reconnurent les dieux : Zeus en majesté et Hermès dans tout l’éclat de sa jeunesse étaient à leur table.
-« Suivez-nous, dit Zeus en relevant les paysans prosternés, car nous devons châtier ces mauvaises gens qui font fi des lois sacrées de l’hospitalité ! »
Philémon et Baucis, appuyés sur leurs cannes, suivirent péniblement les dieux jusqu’au sommet d’une colline proche, et, se retournant, ils virent le village englouti par les flots. Seule leur maison, au bord de ce nouveau lac avait été épargnée. Mais elle grandissait et ses murs de boue séchée devenaient de marbre ; devant l’entrée se dressaient des colonnes encadrant un portique et le toit de chaume se couvrait d’or. A la place de leur masure se dressait désormais un temple et les dieux firent des deux vieux ses gardiens.
-« Pour nous avoir accueilli quand tout le village nous rejetait, dit Zeus, je vous accorde un vœu. Formulez votre souhait le plus cher, et par le Styx, quel qu’il soit, il vous sera accordé. »
Philémon et Baucis se tenaient par la main : « Nous ne désirons qu’une chose dit l’épouse, n’être jamais séparés. 
-Et, ajouta le mari, ma plus grande douleur serait de devoir assister aux funérailles de celle que j’aime tant.
- Pour moi, reprit Baucis, je ne pourrais supporter de devoir fermer les yeux de mon compagnon. Accordez-nous, quand nos jours seront révolus, de pouvoir partir ensemble, le même jour, à la même heure. »
A peine le vœu avait-il été formulé, que dans un éblouissement, les dieux s’effacèrent.
Il restait à Philémon et Baucis, miraculeusement régénérés, de longues années de bonheur. Ils gardaient le temple et vivaient des offrandes de ceux qui venaient y prier, mais surtout de l’amour qu’ils avaient l’un pour l’autre.
Et puis enfin, ils arrivèrent au bout de leurs ans et là, sur les marches du temple, la main dans la main et se regardant tendrement, ils sentirent leurs pieds s’enfoncer dans la terre ; leurs corps grandissaient, s’élançait vers le ciel tandis que leurs bras se tendaient et se multipliaient ; et ces branches se couvraient de leurs cheveux devenus des feuilles.
Un chêne et un tilleul se dressaient à la place où s’étaient aimés Philémon et Baucis.

 

vendredi 4 février 2011

Us et coutumes récap 25

Si le temps change à la Chandeleur,
L’hiver passe ou prend vigueur


LA SAINT-VALENTIN 04 02 11


En février, entre les crêpes de la Chandeleur et les beignets de Mardi-Gras, on fête les amoureux et leur patron Valentin.

Valentin était prêtre en Italie au 3° siècle de notre ère. L’empereur Claudius le Cruel pour faire honneur à son nom avait interdit le mariage aux chrétiens. Valentin n’en tint aucun compte et continua de marier ses ouailles.
Claudius le fit emprisonner et décapiter non sans l’avoir au préalable convenablement bastonné, le 14 Février 270.
Si l’on ajoute à cette légende que c’est à la mi-février que commence ce qu’au Moyen-Age on nommait la « pariade des oiseaux », c’est à dire le temps où ils s’accouplent et commencent à bâtir leurs nids, on conviendra que le moment est parfait pour célébrer l’Amour.

jeudi 3 février 2011

La bougie de Chandeleur des Margot la Fée se conserve au fond des armoires de merisier, entre les piles blanches des lingeries. On l'allume pour chasser l'orage, les sorts mauvais et le cropignoteux Alf-Mare du
 cauchemar.
On l'allume encore près du berceau des nouveaux-nés pour attirer sur eux les risettes bienfaitrices des marraines bleues.
Enfin, déposée sous l'oreiller du cercueil, elle permet à l'âme du défunt de trouver son chemin parmi les étoiles.

Pierre DUBOIS - Elficologue


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lundi 31 janvier 2011

L'âme des poètes

D'un vol silencieux, le grand Cheval ailé
Soufflant de ses naseaux élargis l'air qui fume,
Les emporte avec un frémissement de plume
A travers la nuit bleue et l'éther étoilé.


Ils vont. L' Afrique plonge au gouffre flagellé,
Puis l'Asie... un désert... le Liban ceint de brume...
Et voici qu'apparaît, toute blanche d'écume,
Le mer mystérieuse où vint sombrer Hellé.


Et le vent gonfle ainsi que deux immenses voiles
Les ailes qui, volant d'étoiles en étoiles,
Aux amants enlacés font un tiède berceau;


Tandis que, l'oeil au ciel où palpite leur ombre,
Ils voient, irradiant du Bélier au Verseau,
Leurs Constellations poindre dans l'azur sombre.


José Maria de HEREDIA

dimanche 30 janvier 2011

Mots d'auteurs

Ta tâche n'est pas de chercher l'amour,mais simplement de chercher et trouver tous les obstacles que tu as construits contre l'amour.

RÛMI

vendredi 28 janvier 2011

jeudi 27 janvier 2011

mercredi 26 janvier 2011

Mots d'auteurs

L'attente est pareille à des ailes. Plus les ailes sont fortes, plus le vol est long.


RÛMI


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samedi 22 janvier 2011

La bête à sept têtes (glané à Malte)

Il y avait près de la ville de Mdina , dans l’île de Malte, un serpent à sept têtes . Chaque année, il exigeait en tribut une jeune fille qu’il dévorait … ou pire ! Sinon, il pissait dans la rivière qui n’était pas déjà bien vaillante.
Quand il eût dévoré (ou pire !) toutes les vierges de l’île, vint le tour de la fille du sultan, qui promit de la donner en mariage à celui qui oserait affronter le monstre. Bien évidemment, personne ne se montra.
Le jour venu, le sultan dut livrer sa fille qu’un esclave noir devait garder jusqu’à la venue de la Bête.
Pendant qu’ils attendaient, survint un Cavalier. La jeune fille lui cria de se sauver, mais le Cavalier était brave ; il répondit qu’il n’avait pas peur du monstre. Il s’approcha, tenant son cheval en main et s’étendit sous un arbre, à même le sol et après avoir dit à la jeune fille de le réveiller quand le serpent approcherait ; fatigué, il s’endormit.
Des gouttes d’eau sur son visage l’éveillèrent ; surpris, il se dressa. Le monstre approchait et la jeune fille paralysée de terreur, pleurait .C’étaient ses larmes qui avaient mouillé le visage du Cavalier. Il se retourne, saute sur son cheval, et d’un vigoureux coup d’éperon, le force à approcher du serpent. D’un seul coup d’épée, il coupe la tête principale, recule, charge à nouveau et coupe deux autres têtes. Le serpent affaibli bat en retraite et tente d’aller se cacher. Pendant ce temps, le Cavalier reprend son souffle, rattrape la bête et coupe les têtes restantes. Le serpent s’écroule dans une mare de sang.
Quand il cesse de respirer , le Cavalier descend de cheval, coupe les sept langues ,les emballe dans un mouchoir, puis reprend sa route.
La princesse retourne chez son père, toujours conduite par l’esclave noir qui se vante alors d’avoir abattu le monstre et réclame la main de la princesse.
Le sultan se souciait aussi peu  d’avoir un esclave noir pour gendre que sa fille de l’avoir pour mari.
-« Cet homme dit-il la vérité ?
. Mais non, dit-elle, un Cavalier qui se trouvait là s’est battu comme un lion ; c’ est lui qui a tué le dragon. !
L’esclave alors, retourne sur le lieu du combat , ramasse les têtes et les apporte au sultan pour preuve de sa victoire.
Le sultan obligé de tenir sa parole, fit une grande fête pour les noces de la princesse et l’esclave se tenait à la place d’honneur aux côtés de sa fiancée.
Dans la ville en liesse, arrive le Cavalier qui parvient au palais et se mêle aux invités. Les têtes sont exposées , l’inconnu les examine les têtes et très respectueusement demande au sultan : -« Sire, cette Bête n’avait donc point de langues ?
-Comment serait-ce possible ? Chaque tête à une langue bien sûr !
-Envoyez vos hommes vérifier, vous verrez qu’elle n’en a pas.
On vérifia ; la Bête n’avait pas de langues
-« Peut-être, continua le Cavalier , celui qui prétend avoir tué le serpent ne dit-il
pas la vérité ?
Le sultan était déconcerté ; l’esclave noir lui, pâlissait à vue d’œil. La princesse avait retrouvé le sourire et les invités ouvraient de grands yeux.
Quand le sultan eut retrouvé ses esprits, il dit sévèrement : »Mais alors, qui donc à tué le serpent ? Et où sont les langues ?
L’étranger sortit son mouchoir, l’ouvrit et montra les langues. Puis il dit : apportez les têtes et voyez si ces langues leur appartiennent. On ne put que constater : les langues s’adaptaient parfaitement aux têtes.
La jeune fillerose d’émotion, prit la main du Cavalier et dit au sultan « Je le reconnais, mon père. C’est cet homme qui m’a sauvée.
-« Fort bien dit le sultan soulagé ! Qu’on mette à mort cet esclave menteur. Quand à moi, Cavalier, je n’ai qu’une parole, ma fille sera votre épouse.
On les maria, la fête dura trois jours et trois nuits…
Mais quand les nouveaux mariés furent seuls dans la chambre nuptiale, le Cavalier tira son épée, la posa au mitan du lit et dit à sa nouvelle épouse de ne pas l’approcher. C’est ainsi qu’ils passèrent la nuit côte à côte sans se toucher . Le lendemain l’époux dit à sa femme de se donner à Dieu ; quand à lui , son rôle étant de pourchasser le mal à travers le monde, il devait continuer sa route.
Chacun s’en fut par son propre chemin….mais le conte ne dit pas si la princesse suivit le conseil de cet étrange époux….

On reconnaît un épisode du "Conte des Deux Frères.
Les chevaliers de Malte sont nommés dans l'île les Cavaliers ; ils font voeu de célibat. NDLC

mardi 18 janvier 2011

Le Raton-Laveur et le Loup posé sur 2021 récap 25

Le raton laveur et le loup 18 01 11

(Conte des Indiens Renards du Wisconsin)

Avez-vous déjà vu un raton-laveur ? Avec ses yeux malicieux derrière son masque noir, il a toujours l’air de s’amuser… On se dit : « C’est un gentil… » ; on ne se méfie pas de lui.
Un jour, dans la forêt, il rencontre le loup :
-« Alors, Grand Frère, bonne promenade ? »
-« Oh Petit Frère ! J’ai terriblement faim ; aurais-tu par hasard quelque chose à manger ?
Le loup qu’il soit d’un pays ou d’un autre, est toujours affamé.
Raton-laveur, l’air innocent, répond en farfouillant dans sa fourrure :
-« Je n’ai pas grand-chose tu sais, juste un vieux croûton ; tu ne manges pas de ça, toi ! »
-« Oh, donne toujours ! J’ai tellement faim ; ça ira pour cette fois. »
Et vous savez ce qu’il lui donne, Raton-laveur, en guise de croûton ? Un morceau de crotte d’élan emballé dans un feuille d’érable !
Loup le glouton, l’avale sans faire attention et poursuit son chemin en compagnie de Raton-laveur, qui fredonne entre ses dents :
-« Le Loup a mangé ma crotte, euh ! Le Loup a mangé ma crotte, euh ! »
Loup qui n’a pas bien saisi demande :
-« Qu’est-ce que tu racontes ? »
-« Oh rien ! C’est une chanson à propos d’arbres… »
-« Ah ! Dommage, je croyais que tu avais trouvé autre chose à manger ; j’ai encore très faim. »
Ils marchent encore un moment et raton-laveur recommence à chanter à voix basse . Loup lui demande encore s’il n’a rien trouvé à manger, quand ils arrivent au pied d’un grand bel arbre.
Alors Raton-laveur chante à nouveau sa chanson, mais cette fois à voix haute et en articulant bien. Loup n’en croit pas ses oreilles :
-« Qu’est-ce que tu viens de chanter ? »
-« C’est ma crotte, euh, que tu as mangé ! Tralala ma crotte, euh ! Tralalalalère ! »
Et tout en chantant, il grimpe à l’arbre ; prudent, Raton-laveur ! Ecoeuré, Loup crache et se frotte le museau avec les pattes :
-« Oh le sale ! le dégoûtant ! attend un peu que je t’attrape ! C’est toi que je vais manger ! »
Raton-laveur pendant ce temps est arrivé en haut de l’arbre et installé confortablement entre deux grosses branches, il nargue le loup :
-« Grimpe si tu as faim, dé pêche toi… »
Loup le nez en l’air, prend sa voix la plus douce :
-« Tu ne vas pas redescendre, Petit Frère ? »
-« Oh, ça ne devrait pas tarder ! Dès que je serai endormi, je tomberai tout seul. »
Loup ricane :
-« Alors dors bien, Petit Frère ; je t’attend ! »-
Loup allume un feu et se couche à côté ; Raton sur sa branche le guette. Dès qu’il le voit assoupi, il lui lance sur le nez un gros morceau d’écorce ; Loup s’éveille et n’écoutant que son estomac, mors dedans. Furieux, il recrache et crie à Raton :
-« Petit Frère, tu es un tricheur ! je croyais que c’était toi qui était tombé ! »
Silence de Raton ; Loup se rendort. Au premier ronflement, c’est une branche qui lui atterrit sur le museau. De nouveau il mort goulûment, et de nouveau il est déçu. Il gémit :
-« Petit Frère, Petit Frère, pourquoi fais-tu ça ? Toute la journée, tu n’a fait que te moquer de moi ! »
-« Désolé, Grand Frère, je n’ai pas fait exprès ! C’est en m’allongeant que j’ai fait tomber la branche ; maintenant, je vais dormir ! »
Loup, plein d’espoir, attend que raton-laveur s’endorme et tombe mais finalement, c’est lui qui s’endort. Le museau sur les pattes, il ronfle ; Raton-laveur écoute, lance quelques brindilles, Loup ne bouge pas. Doucement, avec prudence, Raton descend de branche en branche ; arrivé au pied de l’arbre, il s’approche de Loup qui ne remue pas un poil, pas une oreille. Alors il dit à l’endormi :
-« Bonne nuit, Grand Frère, ton casse-croûte s’en va ! »-
Alors, il ramasse des crottes de lapin qu’il délaye dans une flaque d’eau, puis avec la mixture, il barbouille les yeux de Loup.
Toute la nuit, la bouillie de crotte a bien le temps de sécher. Quand Loup se réveille, impossible d’ouvrir les yeux :
-« Qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai les yeux qui brûlent et je n’y vois plus rien ! il faut vite que j’aille à la rivière pour me nettoyer. »
Loup n’a pas fait trois pas qu’il se cogne dans un arbre :
-« Quel arbre es-tu, mon Oncle ? »
-« Je suis un chêne. »
-« Est-ce que je suis loin de la rivière ? »
-« Encore assez ; tu es au bord de la Prairie. »
Loup continue son chemin et se cogne à nouveau :
-« Quel arbre es-tu, mon Oncle ? »
-« Je suis un hickory. »
-« Et la rivière est encore loin ? »
-« Tu es sur la colline ; la rivière est en bas. »
Loup descend la pente et se cogne encore :
-« Quel arbre es-tu, mon Oncle ? »
-« Je suis un sycomore. »
-« Suis-je bientôt à la rivière ? »
-« Tu es sur le chemin qu y descend. »
Loup continue et heurte un arbre une fois de plus :
-« Quel arbre es-tu mon oncle ? »
-« Je suis le saule. »
-« Alors, je suis près de la rivière ? »
-« Elle est juste devant toi. »
Loup qui ne voit toujours rien entre dans l’eau ;
-« Jusqu’où ai-je de l’eau ? »
-« Jusqu’aux genoux, dit la rivière. »
Loup avance de quelques pas :
-« Jusqu’où ai-je de l’eau ? »
-« Jusqu’au ventre, dit la rivière. »
Loup s’enfonce un peu plus avant :
-« A quelle hauteur est l’eau, maintenant ? »
-« Tu en as jusqu’au menton, dit la rivière. »
Loup fait un pas, encore un pas, et puis un autre ; il ouvre la gueule pour dire : « Jusqu’où… », mais l’eau lui entre jusqu’au gosier et Loup ne dit plus rien car Loup est noyé !
AMER INDIEN
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Les Chouchous