mercredi 20 janvier 2016

La Mort Marraine (d'après Grimm)



Un pauvre homme avait déjà 12 enfants. Quand lui en vint un 13°, il chercha pour lui un parrain capable d’assurer son avenir. Ni Dieu ni Diable ne faisant l’affaire, il dut se contenter de la Mort, qui promit de rendre l’enfant riche et célèbre.
Quand son filleul eut atteint l’âge d’homme, la Mort l’emmena dans la forêt et lui indiqua une herbe ;  une herbe de guérison. Chaque fois qu’il la donnerait à un malade, celui-ci guérirait à coup sûr, mais à la condition que la Mort se trouve à la tête du malade. Si elle se tenait au pied, aucune médecine au monde ne pourrait le sauver.
« Garde-toi bien, ajouta la Mort, d’utiliser cette herbe sans mon consentement. Tu aurais à t’en repentir. ».
Muni de ce talisman, le jeune homme devint en peu de temps un médecin réputé. Des gens venaient du monde entier le consulter et le couvraient d’or avec reconnaissance.
Un jour il fut appelé au chevet du roi. Hélas, la Mort se trouvait déjà aux pieds du malade.
 Il lui vint alors la fâcheuse idée de tromper sa marraine, comptant sur son affection pour se faire pardonner.
Il tourna le malade dans son lit de telle façon que la tête se trouve près de la Mort. Puis il donna de son herbe au roi, qui guérit.
Sa marraine très fâchée lui dit :  «  Je te pardonne pour cette fois, mais ne recommence jamais ! Si tu me joues encore une fois ce tour, c’est toi que j’emmènerai. »
Peu après, la fille du roi tomba malade à son tour. Il aurait du se souvenir de la mise en garde de la Mort  mais la princesse était si belle qu’il en tomba amoureux et oublia toute prudence. De nouveau il tourna la malade, présentant sa tête à la Mort, puis lui donna de son herbe. Instantanément le rose revint aux joues de la jeune fille .
Mais la Mort cette fois fut implacable….Elle le conduisit dans une grotte où brûlaient des millions de bougies. Celle qui représentait la vie du médecin était presque consumée, la flamme vacillait. Il supplia sa marraine de lui allumer une bougie neuve pour qu’il puisse épouser la fille du roi. Elle fit semblant d’accepter, mais elle voulait se venger; de la bougie neuve elle bouscula l’ancienne, qui tomba à terre et s’éteignit.

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