dimanche 22 janvier 2017

La Pomme d'or

Méfions-nous des fées, des génies, des dieux et des déesses qui, dans les contes disparaissent dès lors qu’ils ont rempli leur fonction. Ils sont pour la plupart bienfaisants sauf …quand ils sont irrités. Leur ressentiment a parfois de graves conséquences…
Ainsi d’Eris… vous me direz que sur l’Olympe, sa fonction est de semer la discorde ; encore faut-il ne pas la provoquer….
Résultat de recherche d'images pour "pomme d'or"On avait oublié de l’inviter aux noces de Thétis et de Pélée. Eris irritée, cueillit au jardin des Hespérides une pomme d’or sur laquelle elle grava cette dédicace : A la plus belle ! Puis elle parut dans la salle du festin et sans écouter les excuses embarrassées de tout l’Olympe elle jeta le fruit sur la table….

Bien des siècles plus tard, des monarques de contes oublièrent d’inviter une fée au baptême d’une princesse et la fée (qui avait lu Homère) jeta dans le berceau,  non un fruit d’or mais un mauvais sort… admirons comme les contes se ressemblent et comme on ne sait pas tirer parti de leur sagesse…
Qui était la plus belle sur l’Olympe ? Nymphes et déesses beaucoup pouvaient prétendre au titre mais toutes ont préféré laisser la place aux plus puissantes : Héra, Athéna ou bien Aphrodite ?
Il y avait au pied des montagnes un jeune et beau berger ; il se nommait Pâris. On lui confia la pomme.
Héra lui promit la puissance et la gloire ; Athéna lui offrit la sagesse, enfin Aphrodite lui dit enjôleuse : « Donne-moi la pomme et tu auras l’amour de la plus belle femme du monde.. » Sans hésiter le berger tendit le fruit d’or à la déesse, sans penser une seconde au ressentiment des deux autres….
 Paris n’était pas un berger !
 Le roi Priam régnait sur Troies. Il avait de nombreux enfants ; 50 fils dit-on. Aussi quand Cassandre, une de ses filles annonça que le dernier fils qui venait de naître serait cause de la perte du royaume, ignorant la douleur de la mère, la reine Hécube, le roi ordonna qu’on abandonne le nouveau-né sur le mont Ida. Exposé à la dent des loups et des ours, il ne représenterait plus aucun danger. Un berger qui passait là entendit les pleurs du bébé. Il n’avait pas d’enfant ; il emporta l’abandonné de pitié qu’il éleva comme son fils.
L’enfant grandit et devenu un jeune homme, il entendit parler des jeux organisés par le roi. La cour et la famille royale s’émerveillèrent de voir ce jeune paysan remporter toutes les épreuves. Le cœur de la mère parla ; elle reconnut le fils qu’on lui avait enlevé. Et le roi Priam oubliant la prédiction de Cassandre lui rendit sa place parmi ses autres fils. Il faut dire que cette pauvre Cassandre prédisait en vain et personne ne la croyait jamais…. mais ceci est une autre histoire ; et pourtant !
Priam un jour envoya ce fils retrouvé à Sparte, chargé d’une mission auprès du roi Ménélas.
Sur l’Olympe, les dieux s’amusent et les déesses se vengent. Ménélas était absent et son épouse Hélène réputée la plus belle femme du monde reçut le messager… seule ! Un seul regard suffit ; ils furent aussitôt éperdument amoureux l’un de l’autre . Oublieux de sa mission, et sans attendre le retour de Ménélas, Paris reprit la mer emportant avec lui Hélène la belle que lui avait promis Aphrodite.
L’histoire hélas ne s’arrête pas là. Outré Ménélas demanda vengeance auprès de son frère Agamemnon , le plus puissant des rois de la Grèce.
Et c’est ainsi que les Grecs coalisés commencèrent la guerre qui devait ruiner Troies…

Cassandre avait dit vrai !

jeudi 5 janvier 2017

De la bonne formulation des souhaits


La question de Lulu: "T'es sûre que ça marche les trucs de fées?" m'incite à vous remettre en mémoire les points essentiels de le bonne formulation des souhaits.
Prenons comme exemple le rituel de Sainte- Lucie évoqué plus haut (non, plus bas; c'est un blog!): autant de bougies que de voeux exprimés. Bon, vous faites vos voeux, tout ce qui vous passe par la tête et vous cherchez les bougies; manque de pot, depuis la dernière panne d'électricité vous n'avez pas renouvelé le stock, il n'y en a pas assez et, comme voilà aujourd'hui, il neige, il glace, la route n'est pas sablée et si ça se trouve on est dimanche et le shopi est fermé.
Au lieu de fatiguer les fées avec des voeux innombrables et inconsidérés, je vous suggère de revenir à la bonne vieille méthode classique  des trois voeux, sachant bien entendu que le premier doit servir à demander la sagesse qui vous évitera de gaspiller les deux autres.
N'oubliez pas que les voeux doivent TOUJOURS être formulés sur le mode positif, sans intention de profit ni de revanche.
Et enfin, le plus important: le coeur pur. C'est la condition essentielle. Le moindre atome d'impureté dans votre coeur empêchera la réalisation du souhait.
Ceci posé,je vous rappelle ces mots de sainte Thérèse (la petite, celle de Lisieux):

Que de larmes versées pour des voeux exaucés!

mardi 3 janvier 2017

Avenir incertain

Dans une certaine galaxie, il était une planète…
Une très belle planète, avec des océans profonds, des forêts, des fleuves, des montagnes, des déserts aussi car tous les paysages sont beaux sur une planète heureuse.
Son climat variait selon les latitudes et les saisons.
De nombreux animaux la peuplaient de toutes races, insectes, oiseaux, mammifères, tous se régulaient entre eux. Les végétaux de même et tout aurait pu continuer ainsi indéfiniment … mais….
Une certaine sorte de mammifères, sans poils et plus faible que bien d’autres s’était persuadée, parce que ses membres se déplaçaient sur leurs pattes arrières, et que de cette façon leur vue portait plus loin, de sa supériorité.
Il est vrai qu’ils avaient des dons, qu’ils étaient pour la plupart adroits et courageux et c’est ainsi qu’ils prétendirent tout réguler sur cette planète. Les autres occupants, animaux comme végétaux, dans l’ensemble satisfaits de leur sort, ne trouvèrent rien à objecter.
C’est ainsi qu’au long des siècles les mammifères debout et sans poils finirent par diriger la planète tantôt bien, tantôt mal mais avec le recul on pouvait constater de nombreuses améliorations.
Et tout aurait pu continuer ainsi dans la meilleure des galaxies possibles. Seulement les Debousanpoils, pensaient ; ils pensaient trop. Ils inventèrent des règles, des lois, des religions ; certains acquirent le goût du pouvoir. Ils inventèrent l’argent, la finance et progressivement tout vint à se détraquer sur la belle planète de la meilleure des galaxies possibles.
Les Debousanpoils devinrent de plus en plus nombreux et certains avaient du mal à se nourrir, d’autant plus que d’autres accaparaient la nourriture. Alors les chefs -puisqu’ils s’étaient donné des chefs- les chefs leur dirent :  «  Il faut produire plus ! Nous avons des méthodes , nous avons inventé des produits. Nous vous enseignerons les méthodes, nous vous vendrons les produits. »
Les Debousanpoil les ont écoutés… certains d’entre eux pourtant observèrent que les méthodes n’étaient pas bonnes et que les produits petit à petit empoisonnaient l’eau, l’air ; la terre devenait pauvre. Les plus riches ne s’apercevaient de rien et les plus pauvres ne savaient pas pourquoi ils devenaient de plus en plus pauvres et malades.
Enfin les plus riches à leur tour commencèrent à ressentir les effets des poisons. Les paroles de mise en garde leur revinrent en mémoire. Les plus sages d’entre eux lancèrent des alertes dans tous les moyens de communication dont ils disposaient… seulement les plus riches, les plus puissants ne voulaient pas renoncer au pouvoir ; leur avidité était plus forte que la crainte et la belle planète de la plus belle des galaxies possible s’épuisait, ses habitants mouraient….
Mais voilà…. L’information courait, se répandait jusque chez les plus pauvres, les plus faibles qui étaient aussi les plus nombreux et cette information, aucun pouvoir ne pouvait l’empêcher de courir aussi vint un jour, ou les plus pauvres, les plus faibles en ont eu assez de trimer, de mourir pour les plus riches… Ils se sont levés en masse, ont quitté leurs terres désolées et sont arrivés, pauvres et presque nus avec leurs enfants et ils ont commencé à s’installer devant les demeures des riches… Les riches ont tenté de les chasser, mais ils ne pouvaient rien contre ces hommes, ces femmes, ces enfants qui n’avaient plus rien à perdre….

Et maintenant, nul ne sait comment cette histoire va finir puisque  elle est encore en train de s’écrire… 

mercredi 14 décembre 2016

Comment les étoiles sont montées au ciel :




La nuit était si noire et les Ours avaient froid.
Granthours leur a dit : « Allons chercher du bois,
Allumons un grand feu ! »
Nounouche a ramassé une branche de sureau ;
Et la branche était creuse.
Des milliers d’insectes y avaient leur demeure.
Nounouche la Petite Ourse a soufflé dans la branche,
Et sa musique
Etait magique !
Les insectes affolés ont volé dans le noir,
Ont volé jusqu’au ciel,
Et de leurs milliers d’ailes

Ont fait briller la nuit.

lundi 12 décembre 2016

Reprenons nos activités....

Le café, c’est pas sorcier-

« T’es tout pâle, Germain ! Qu’es t’as donc ?-
-Oh fi de loup, t’as pas idée ! C’est mon patron là… m’sieur Joseph qu’on lui dit ; il a toujours été bizarre, mais maintenant,, il a des inventions… ça fait peur !
Quoi donc qu’y t’as fait ?
Ben voilà t’y pas qu’hier, il a mis dans ma cuisine un machin en verre, un genre de cornue comme il en a dans son laboratoire et dedans, il a voulu que je lui fasse cuire la poudre marron-là. Déjà que c’était des grains qu’il a fallu écraser…
Et alors ??
M’sieur Joseph, que je lui ai dit, pas question ! Vous voulez pas que je trifouille dans votre laboratoire, venez pas trifouiller dans ma cuisine ! Mais c’est qu’il est têtu… C’est pas compliqué Germain, il m’a dit ; regarde : tu mets le café (café il appelle ça) ici ; tu allumes là ; tu rajoutes de l’eau….Ah ! mais c’est que ça s’est mis à bouillir, pire que ses alambics ! Et ça crachait, et ça fumait… et pis l’odeur aussi… une odeur ! tu peux pas t’figurer ! Pas désagréable au fond, mais bizarre… bizarre, comme tout dans cette maison !
Y’en a qui disent que c’est un savant M’sieur Joseph, mais y’en a d’autres qui disent qu’il est sorcier et des fois, j’me d’mande si c’est pas eux qu’auraient raison… En fin, ça, j’veux pas l’savoir ; à la cave, dans son laboratoire, avec ses drôles de fioles et ses tuyaux, ça bouille, ça glougloute, ça fait des lumières et des étincelles et des fumées…
Tout ça, moi, j’m’en bat l’œil, mais qu’il vienne pas mettre ses engins et ses décoctions dans ma cuisine ! Ah, non alors !Et pis tout d’même, s’y s’faisait sauter, ça m’ferait pas plaisir… ma foi non ! C’est un bon patron m’sieur Joseph ; qui paie bien et pas regardant sur les comptes… Remarque, paraît que de l’or , il en fabrique à c’qu’on dit…
En tout cas sûrement pas avec sa nouvelle mixture… Il a voulu m’la faire goûter… Moi, j’voulais pas ,, tu penses bien ! un liquide tout noir et qui sort d’une cornue pareille ! Imagine que j’me r’trouve changé en bique ou en hibou…
Qu’est’ce tu dis ? Ca f’rait pas une grosse différence ? Malfaisant ! Malhonnête va ! Enfin bref, il a tellement insisté m’sieur Joseph… et pis pour me tranquilliser, il a mis moitié dans sa tasse, moitié dans mon bol, mais quand même… j’avais peur… Pasque si c’est vrai qu’il est sorcier, il peut bien boire la même chose que moi, je serai transformé en grenouille et pas lui !
Oh ben.. c’est facile ça , comme plansanterie ! Crapaud toi-même donc !
Enfin comme tu peux voir, il n’a rien arrivé… au moins jusqu’à maintenant… Mais c’est pas bon, sa mixture… amer, que c’est !
Y m’ a dit, M’sieur Joseph, la prochaine fois d’y mettre du sucre… mais y’en aura pas de prochaine fois ! Ses graines, j’m’en vais les foutre au feu, et pis son engin, si j’osais… ma foi… c’est du verre… Un accident est vite arrivé… Seulement c’est du diable, ce machin-là… si c’était pire en le cassant !

Ah la la la la !!!! j’aurais jamais du la prendre, la place ! Joseph Balsamo, on m’a dit, tu verras , il paye bien ! Ah, sûr qu’y paye bien, mais tout de même, il est bizarre c’t’homme-là ! »

samedi 20 août 2016

Les trois compagnons



Trois compagnons allaient en pèlerinage. Un certain jour, loin encore de la ville la plus proche, ils constatèrent que pour toutes provisions, il ne leur restait plus qu’un peu de farine ; ils en firent un pain, et le mirent à cuire dans un four qu’ils improvisèrent avec quelques pierres et un peu de terre ; comme ce pain ne pouvait suffire à les rassasier tous trois, ils convinrent que celui qui en dormant aurait le songe le plus merveilleux mangerait le pain tout entier.
Pendant que les deux premiers dormaient, le troisième s’en alla au four, prit le pain et le mangea sans en laisser une miette, puis il se coucha et s’endormit.
Au matin, les deux autres se levèrent et contèrent leurs songes. Le premier dit qu’il avait vu deux anges, qui l’avaient enlevé et porté au ciel ; le second dit qu’il lui avait semblé que deux diables l’entraînaient en enfer.
Ils vinrent alors à leur compagnon, qui feignait de dormir encore, et l’éveillèrent ; en les voyant il se mit à pousser des cris de surprise.
« Qu’est-ce ? dirent-ils. Deviens-tu fou ?
-Non, mais je suis bien émerveillé de vous voir si tôt revenus de si loin ! J’ai vu deux anges enlever l’un de vous au ciel et deux diables porter l’autre en enfer, et, ma foi ! pour me remettre de mon émoi et me consoler de votre perte… j’ai mangé tout le pain ! »
Anonyme