S'il est vrai que la parole est le meilleur véhicule du conte, de même que c'est en marchant qu'on regarde le mieux un paysage, il est néanmoins utile, par désir ou par commodité, de prendre la voiture le train ou l'avion.

Le conte, pour se faire entendre, doit parfois lui aussi voyager au moyen d'encre et de papier. Voici qu'un carrosse nouveau lui est offert... le blog.
Puisse-t-il vous emporter dans son périple magique.



... Fille de la lune et de l'air,
La rosée est propice à l'herbe
Que les chevreuils...

ALCMAN (VII° siècle av? JC) traduction Marguerite Yourcenar.

mardi 30 septembre 2014

Préparatifs de guerre


... On s'apprête
Pour le combat; des monceaux d'armes, les reflets
Du bronze et de l'acier; partout, dans le palais,
Des glaives, des poignards, des dards, outils de guerre;
Contre les murs, aux crics, pendent des corselets,
La cuirasse de fer, le brassard, la jambière,
Et le jupon lamé d'airain. Les boucliers
S'entassent sur le sol entre les hauts piliers,
Et non plus les cithares...

ALCEE (VII°/VI° siècle av?JC) traduction Marguerite Yourcenar

lundi 29 septembre 2014

Sur la légende du retour d'Apollon à Delphes après un long séjour du dieu aux pays hyperboréens


... Soleil, notre monarque, enfant du dieu suprême!
Zeus te donna la lyre et l'ardent diadème,
Et mit à ton service un quadrige de cygnes
Pour te conduire dans ta Delphes riche en sources
Où tu rendrais tes saints oracles... Mais tes courses
T'emportèrent, bien loin de là, sur les rivages
Des Hyperboréens dont tu fais tes délices...
Delphes pour toi institua des fêtes dignes
De ta splendeur; pour toi, des jeunes gens dansèrent;
Des musiques de flûtes et des chants commencèrent.
Mais tu ne revins pas sur tes cygnes sauvages;
Tu tardais... Il fallut qu'un à un s'accomplissent
Douze mois de l'année avant ton doux retour.
Enfin, tu reparus! C'était le plus beau jour
D'un bel été, et les rossignols, les arondes
Chantaient, criaient de joie, et tes cigales blondes
Crissaient en ton honneur; et les sources coulèrent
Et les fleuves luisants, Castalie aux eaux pures,
Et le Céphise heureux, enflant sa vague, surent
Que le dieu revenait...

ALCEE (VII°/VI° siècle av.JC) Traduction Marguerite Yourcenar

dimanche 28 septembre 2014

Poètes anciens




.. Toi si pareille au lin en fleur....
 
ALCMAN (VII°siècle av.JC) traduction Marguerite Yourcenar
 

samedi 27 septembre 2014

Le petit déjeuner du poète



... Et l'affamé Alcman aime les aliments
Solides, de bons plats, rien de fin et de riche,
Du manger populaire...

... Des légumes, une miche,
Du bon froment bouilli, des raisins et du miel 
Mêlés d'un peu de cire...

ALCMAN (VII°siècle av.JC) traduction Marguerite Yourcenar

jeudi 25 septembre 2014

Choeur de jeunes filles pour la fête d'Artémis Orthia

... Ma cousine Hagésichore,
Ses cheveux couleur de soleil,
Tout lumineux, son teint pareil
A la blanche et brillante lune,
Gracieuse comme une pouliche
Galopant dans les champs en friche!

(Pour elle nos chants et nos cris!
Que lui soit décerné le prix!...)

Et près d'elle Agédo, qu'aucune
N'égale, qu'Artémis protège, 
En tête du brillant cirtège!
Nos colombes, nos camarades,
Plus splendides que les Pléïades
Ou que Sirius allumant
Ses feux le soir au firmament!

Et Nanno dont les tresses tombent
Sous un voile d'or et de lin,
Et Thalycis comme un poulain,
Et Phylilla comme un pur-sang!
Mais la plus belle, Hagésichore,
Au premier rang, dansant, chantant,
Monitrice aux fines chevilles,
Plus vive que toutes les filles!

Et moi, pareille à la chouette
Perchée à minuit sur un toit,
Je l'encourage à pleine voix,
Pour qu'on nous décerne le prix...

La voix d'Hagésichore porte, 
(Moins douce, c'est vrai, et moins forte
Que le chant pur d'une Sirène
Car ce n'est qu'un chant de mortelle)
Comme à l'avant d'une carène
La ferme voix du capitan!

La voix d'Hagésichore est telle
Qu'un chant de cygne qu'on entend
Sur le Xanthe aux pépites d'or,
Et près d'elle cet or flottant
C'est la chevelure de...


ALCMAN (7°siècle av, JC) traduction Marguerite Yourcenar

lundi 22 septembre 2014

Le Chrysanthème et le Loup







Un  Loup triste un beau jour, a dit  au Chrysanthème :
« Tout le monde me craint et je voudrais qu’on m’aime ! »
- C’est ainsi, dit la fleur, nous sommes les images,
Toi,  de la cruauté et moi des cimetières. »
-Pourtant, reprit le Loup, je n’ai jamais mangé,
Ni  homme ni enfant sans y être obligé. »
-Le temps où je suis beau, a soupiré la fleur,
Au début de l’automne à la fin de l’été,
Fait que je suis le seul à pouvoir égayer
Ce que les humains nomment le Jardin du Repos
Et qui leur fait si peur.
Ce sont les préjugés
Qui font de toi un fauve
Et qui font oublier les mille pétales d’or
Dont mon front se couronne
Pour le marbre sinistre sur lequel on me pose.





vendredi 19 septembre 2014

THYMERAIS






Il vente sur le Thymerais nord
Il pleut sur la Butte aux Chiens
Le cerf brame, la forêt s’endort
C’est l’automne, il ne se passe rien…

Il vente sur le Thymerais nord
Il pleut sur la Butte aux Chiens
La neige est grise, le jardin dort
C’est l’hiver il ne se passe rien…

Il vente sur le Thymerais nord
Il pleut sur la Butte aux Chiens
Le coucou chante mais dehors
C’est le printemps il ne se passe rien…

Il vente sur le Thymerais nord
Il pleut sur la Butte aux Chiens
Le blé se couche un tracteur sort
C’est l’été il ne se passe rien…