Illustration: Adolph de Meyer (1868-1949)

S'il est vrai que la parole est le meilleur véhicule du conte, de même que c'est en marchant qu'on regarde le mieux un paysage, il est néanmoins utile, par désir ou par commodité, de prendre la voiture le train ou l'avion.

Le conte, pour se faire entendre, doit parfois lui aussi voyager au moyen d'encre et de papier. Voici qu'un carrosse nouveau lui est offert... le blog.
Puisse-t-il vous emporter dans son périple magique.


Résultat de recherche d'images pour "peinture rêve surréalisme"

Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer.

Jean RAY- MALPERTUIS

vendredi 4 septembre 2015

Les têtes du Loup

Léto pour accoucher d'Apollon prit l'aspect d'une louve; ainsi pour les Grecs, le loup devint emblème solaire: celui d'Apollon lydien.
Les Celtes avaient aussi un dieu solaire, Bélénos auquel ils ont associé le loup dont l'image oranit souvent leurs casques.
Plus au nord, l'Edda raconte que le fils de Loki et de la géante Angrboda, le monstrueux loup Fafnir doit  au Crépuscule des Dieux dévorer le soleil et la lune.
Odin ne se dépace guère sans ses deux compagnons, les loups Geri et Freki et pour entrer dans son Walhalla, les braves morts au combat doivent franchir un portail surmonté d'une tête de loup.
Quant aux anciens Germains, pour devenir eux-mêmes aussi rapides, endurants, forts et féroces que le loup, ils n'hésitaient pas à le mettre au chaudron pour le dévorer.




mercredi 2 septembre 2015

Baptême amérindien



"J"avais trouvé un bon nom à donner à quelqu'un. Je vais vous raconter. Je me tenais sur un endroit élevé, loin vers le nord. Je voyageais par là-bas, dans cette région au nord. Je vis un troupeau de caribous. Ils broutaient. Il y en avait beaucoup, mais j'en choisis un et l'observai. Bientôt, la raison pour laquelle j'avais chois celui-là m'apparut clairement. Il se mit à secouer sa tête vivement de haut en bas. Il le fit plusieurs fois. Il essayait aussi d'accrocher sa patte avant avec son autre patte, comme s'il voulait se faire tomber lui-même! Tout le troupeau se déplaçait lentement. Ils marchaient. Mais ça ne lui suffisait pas de marcher à lui. Non, Il fallait toujours qu'il s'agite d'une façon ou d'une autre. Je le regardai encore. Puis je rentrai à la maison.  Je dis à de nouveaux parents: "J'ai un bon et fort nom. C'est Caribou-sans-repos". Ils prirent le nom de leur fils. Après que leur eut raconté l'histoire. C'est comme ça que ça s'est passé."

Yakwama yetum (Il-est-prudent)

Hello

A vous tous amies et amis ... je ne suis pas très fidèle ces temps-ci, mais vous êtes tous dans mon coeur et mes pensées.
Comme vous avez pu le deviner, j'ai été un peu secouée depuis le printemps dernier et du coup plein de choses qui me tiennent à coeur on pris du retard. Mon jardin particulièrement. Je rattrape le temps perdu mais avec une lenteur qui diminue chaque jour. Et puis, il a fait sec et il a fallu porter de l'eau à de jeunes arbres plantés à l'automne dernier.
Du coup, je n'ai plus trop de temps pour écrire... Mais  inévitablement l'hiver reviendra avec la mobilité et donc, je vais continuer à être intermittente en attendant...
Je vous embrasse toutes et tous...



lundi 24 août 2015

L'écureuil amoureux


Une fois j'ai fait le voeu d'être amoureux
J'étais le petit écureuil
à raies noires.
Je grimpait le long des branches tremblantes, chercher des fruit pour elle.
J'ai même nagé avec la lune sur l'eau
pour la retrouver.
C'était une époque où je ne me souciais de rien.
Je travaillais toute la journée pour ramasser de quoi manger
et toute la nuit je la regardais dormir
Ce n'est plus pareil aujourd'hui
pourtant mon coeur chante encore
quand je l'entends
par-delà les feuillages.



Howard A. NORMAN - L'os à voeux-

dimanche 23 août 2015

Toutes mes vies...

Hier j'étais un poil de chat...
Et nous étions nombreux
Près de la cheminée, sur le tapis, dans l'escalier, 
Bien au chaud
On nous a balayés, jetés dans l'herbe
Et j'ai eu froid
Les mésanges sont venues et les rouge-gorge
Et tous les autres
Avec leurs becs ils nous ont ramassés 
Et portés dans leurs nids
Maintenant je suis là


Bien au chaud dans un nid 

dimanche 16 août 2015

Saint François d'Assise et le loup de Gubbio...

... ou comment s'y prendre avec les loups.

Les loups de nos montagnes, tout comme les ours font bien enrager les éleveurs de bétail. Disons éleveur et non berger car un vrai berger, accompagné de ses chiens ne craint ni les loups ni les ours. Il existe pourtant un moyen simple et efficace de neutraliser le fauve et il est raconté dans les Fioretti de Saint François d'Assise...
François, fils d'un riche marchand drapier, n'avait cure de succéder à son père. Il était épris de chevalerie, d'exploits guerriers et amoureux comme beaucoup de garçons de ce XIII° siècle où l'on contait dans toute l'Europe, les exploits du roi Arthur et de ses chevaliers. Pour satisfaire à son idéal, il partit pour la guerre et mena l'existence joyeuse et dissipée d'un jeune homme qui espérait se distinguer tant au combat que dans la vie. Mais voilà qu'une nuit, c'était à Spolète, il entendit en songe une voix lui reprochant sa conduite.  Il rentre aussitôt à Assise, distribue ses bien aux pauvres et part sur les routes décidé à suivre à la lettre les Evangiles et prend pour héros, non plus Arthur mais le Christ, imite en tout sa conduite et choisit pour épouse la Pauvreté.
Commence alors pour François une vie d'errance; il va de ville en ville vêtu de bure et nu-pieds, il mendie sa nourriture, embrasse les lépreux, prêche la paix et la joie du coeur tout en livrant maints combats contre le diable et ses émissaires. Il respecte les pauvres, aime la nature et les animaux.
C'est dans l'année 1220 que de passage à Gubbio, il rencontre le Loup. C'était un animal féroce qui semait la terreur dans toute la contrée. Il décimait les troupeaux et n'épargnait pas les humains. On organisait battues sur battues sans jamais parvenir à le prendre tant l'animal était rusé. Les gens de Gubbio, découragés, virent arriver le Poverello et connaissant sa réputation se jetèrent à ses pieds en l'implorant de les aider.
François, pieds nus et armé de son seul crucifix, s'en fut dans les bois à la rencontre de la terrible bête qui, au détour d'un chemin ne manqua pas de se jeter sur lui, babines retroussées sur des crocs étincelants. François fit un signe de croix qui stoppa net le fauve. Alors le moine se mit à le prêcher en lui reprochant sa conduite. Le loup honteux se coucha aux pieds de François, oreilles et queue basses, museau entre les pattes.
"Relève-toi, lui dit François, je te pardonne! Tu es cruel parce que tu as faim. Si tu me jures de te réformer, de laisser en paix les hommes et leurs troupeaux, je te promets en retour que jamais plus tu ne souffriras de la faim ni de la solitude . "  Le saint tendit la main; en signe de soumission le loup y posa sa patte. Le loup sur les talons, le Poverello retourna vers la ville.
Imaginez l'effroi des gens de Gubbio! La bête qui les terrorisait depuis des années était là, dans leurs rues. Fourches, bâtons et épées furent brandis, mais François leva la main:
"Paix, mes amis! Cet animal se repent et demande votre pardon. Il a mal agi parce qu'il avait faim. Nourrissez-le et il sera votre ami. Au lieu de vous nuire, il vous défendra et sera votre ami."
Les hommes ont oublié leur crainte et leur colère et accepté de prendre soin du loup. Ils tinrent promesse et pendant des années on a pu voir le loup circuler dans les rues de la ville, aimé de tous et caressé des enfants. Il n'effraya plus que les malfaiteurs qui de nuit tentaient de s'introduire dans la ville. Jamais plus il ne connut la faim ni le goût de la viande de mouton, sinon offerte par la population. Il mourut très âgé et pleuré par tous ceux qui avaient fini par l'aimer autant qu'ils l'avaient craint.

jeudi 13 août 2015

Parlez moi d'amour...

La passion a tous les droits,parce qu'elle va au-devant de tous les châtiments. Elle n'est pas immorale, quelque mal qu'elle fasse, car elle porte en elle-même sa punition terrible.

Anatole FRANCE

MAGRITTE - Les amants