S'il est vrai que la parole est le meilleur véhicule du conte, de même que c'est en marchant qu'on regarde le mieux un paysage, il est néanmoins utile, par désir ou par commodité, de prendre la voiture le train ou l'avion.

Le conte, pour se faire entendre, doit parfois lui aussi voyager au moyen d'encre et de papier. Voici qu'un carrosse nouveau lui est offert... le blog.
Puisse-t-il vous emporter dans son périple magique.


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Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer.

Jean RAY- MALPERTUIS

lundi 27 juillet 2015

La belle matineuse

Des portes du matin l'amante de Céphale,
Ses roses épandait dans le milieu des airs,
Et jetait sur les cieux nouvellement ouverts
Ces traits d'or et d'azur qu'en naissant elle étale.

Quand le Nymphe divine, à mon repos fatale,
Apparut, et brilla de tant d'attraits divers,
Qu'il semblait qu'elle seule éclairait l'Univers
Et remplissait de feux la rive Orientale.

Le soleil se hâtant pour la gloire des Cieux

Vint opposer sa flamme à l'éclat de ses yeux,
Et prit tous les rayons dont l'Olympe se dore.

L'Onde, la terre et l'air s'allumaient alentour:
Mais auprès de Philis on le prit pour l'Aurore,
Et l'on crut que Philis était l'astre du jour.

Vincent VOITURE


dimanche 26 juillet 2015

Les contes du hasard



C'est l"été et il pleut... C'est les vacances et il pleut... Les enfants ne savent pas quoi faire et vous ne savez plus quoi faire d'eux...
Raconter des histoires oui, mais il y a mieux: inventer des histoires! Des histoires au hasard car Story Cube est là. Comment on fait? on lance les dés, chacun à tour de rôle et on note les images et les mots qu'elles suggèrent... Un tour si on est nombreux ou plusieurs c'est comme on veut.. Ici nous étions huit plus moi . Voilà ce que ça donne.
Résultat de recherche d'images pour "maison sous l'orage"Les mots tirés au hasard sont en caractères gras et le nom des participants en italique. (Classe GS et CP)

Le Gros Orage-



Il était une fois, huit petits enfants dans une grande maison ; le neuvième, Younès était beaucoup plus grand et devait veiller sur eux pendant que les parents étaient en voyage.
Il faisait très beau ce jour-là quand Tom a vu passer une ombre dans le ciel : c’étaient de gros nuages tout noirs. Et puis le soleil s’est caché, le tonnerre a grondé et par la fenêtre, Soanne a vu briller un éclair ; le vent s’est levé et les enfants ont eu très peur, surtout quand Louison a vu la foudre tomber sur un aimant qui se trouvait là. Tout le monde est parti se cacher dans un placard… tout le monde sauf Younès et heureusement : la foudre avait mis le feu à la maison ! Younès a pris le téléphone et appelé les pompiers. Il fallait maintenant faire sortir les enfants du placard, mais ils avaient coincé la porte et il a fallu forcer la serrure pour les délivrer.
Les pompiers ont éteint le feu et personne n’a été blessé, mais la maison avait brûlé et les enfants étaient bien tristes. Angèle a regardé par la fenêtre : un dernier éclair a fait tomber une baguette magique aux pieds d’Ynès.. Elle l’a ramassée, a dessiné un grand cercle dans l’air : les cendres se sont envolées et la maison est redevenue comme avant. C’est Jeanne qui la première a vu les fleurs qui s’épanouissaient dans le jardin !

jeudi 2 juillet 2015

Le Clocher

Par une belle matinée de juillet, un laboureur de Fraimbois qu'allait avec un chariot pour chercher de la paille dans un champ derrière le cimetière, passait devant l'église. En regardant sur le chemin il voit, juste devant la porte de l'église, un gros étron, tout frais, qu'avait été... roublié, bien sûr, dans la nuit par un homme du village.
"Regardez voir, que dit mon laboureur, le malhonnête qu'a fait ça. Si c'est pas dégoûtant! Oh! le sale cochon."
Il va trouver tout de suite le maire et lui dit comme ça: " On n'a pas déjà une si bonne réputation, Mosseur le Maire, à Fraimbois: il faut ôter la bouse-là le plus vite qu'on pourra."
Et le Maire lui répond:" Bien sûr, Batisse. Je veux plus voir d'étron comme ça sur la route. Les gens peuvent bien faire leurs saletés sur les fumiers!"
Le Maire, alors, réunit les membres de son conseil pour leur demander comment qu'on pourrait faire pour nettoyer le chemin.
Et voici ce qu'ils ont trouvé.
Ils ont ensemencé un champ de pois derrière l'église, et quand les pois ont été mûrs et écossés, ils les ont mis tout au long de l'église: et puis tous les gens de Fraimbois sont venus contre le mur, ont appuyé dessus tant qu'ils ont pu pour faire rouler l'église sur les pois de façon que la grande porte ne soit plus si près de la bouse.
Alors qu'ils étaient en train de faire leur opération et qu'ils poussaient tous sur le mur, une petite bâcelle qui passait donne un coup de pied dans l'étron qu'était bon et sec, imaginez-vous, depuis trois mois qu'il avait été pondu, et le fait sauter dans le ruisseau.
"L'église a marché, l'église a marché", que se mettent à crier les gens de Fraimbois en voyant que l'étron n'était plus à sa place.
-Mais, que dit le Maire, l'étron aussi a marché", et Mosseur Curé qu'était là en donne l'explication:
"Je vois dis toujours: Aide-toi, le ciel t'aidera, voilà bien la preuve que j'ai raison."
L'église a marché, l'étron a marché, moi j'ai peut-être marché aussi en croyant l'autre-là.
Ca ne fait rien: si mon histoire n'est pas vraie, celui qui me l'a racontée est un beau menteur. Ce que je peux dire, sauf votre respect c'est que dans tous les cas j'ai pas marché dedans...

mercredi 24 juin 2015

Autour du 8° conte...

Le 8° conte de Perrault: Les Fées ;
Résultat de recherche d'images pour "perrault les fées"La jeune fille aimable reçoit le pouvoir de transformer toutes ses paroles en perles et en roses ; la vilaine qui veut l’imiter crache vipères et crapauds .
Certaines versions de Cendrillon montrent des situations similaires où la vilaine se retrouve avec une queue d’âne plantée au milieu du front. Une queue d’âne qui conduit tout droit aux oreilles du roi Midas qui pour avoir préféré la musique populaire de Pan à la musique savante d’Apollon, et surtout et plus encore pour avoir contesté le jugement des Dieux , s’est vu gratifié d’oreilles d’âne. Que je mérite également puisque comme Midas, j’ai un faible pour la musique populaire… sans négliger l’autre cependant.
 Dans l’autre partie de l’histoire : pour avoir trop aimé l’or, Midas risque la mort puisque tout ce qu’il touche devient métal. Il doit aller se purifier dans le fleuve Pactole qui depuis charrie toujours des pépites.
On voit souvent dans les fables, les contes moraux, dans le merveilleux en général, un héros qui n’écoute pas les auxiliaires.

mardi 23 juin 2015

Chanter, danser…



J’ai du mal à chanter,
J’ai du mal à danser !

Tout au long de ma vie,
J’ai tant aimé chanter,
J’ai tant aimé danser !

Comment envisager le reste de ma vie
Sans plus pouvoir chanter,
Sans plus pouvoir danser ?

Mais demeure l’envie :
Je veux encore chanter,
Je veux encore danser.


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lundi 22 juin 2015

Les Trois Cygnes (image Salvador Dali)

Serge Fourcade : "Le langage des oiseaux, est utile aux voyageurs. L’oiseau se présente en miroir de l’homme en ce sens que miroir signifie « modèle,parangon, idéal ». D’où l’importance dans l’initiation des garçons de l’apprentissage des langages des oiseaux, du roucoulement et du ramage de l’éducation sexuelle. Quelquefois l’oiseau se transforme en passeur entre le masculin et le féminin, entre le passé et l’avenir, entre les vivants et les morts. »Résultat de recherche d'images pour "les cygnes salvador dali"


 Du temps où les filles épousaient des oiseaux, sur le bord d’un lac, un garçon rêvait. Dans la lumière dorée de la fin de l’été, il vit venir vers lui, lentement portés par les flots, trois cygnes ondulants.
Trois cygnes gracieux qui valsaient lentement sur l’eau verte et dorée. Approchant de la rive où rêvait le jeune homme, ils restèrent un moment immobiles, à le regarder. Il étendit la main, il voulait les toucher mais les cygnes alors, doucement se sont éloignés. Il ôta ses sabots et releva ses chausses, puis il entra dans l’eau ; mais les trois grands oiseaux, deux blancs, un autre noir, glissèrent vers le large sans le quitter des yeux.
 Dans les roseaux une barque était échouée, la rame encore au fond ; avec bien de la peine, il put la dégager, la pousser sur le lac ; les cygnes l’observaient, ils s’éloignaient toujours.
Il a sauté dans l’esquif et  ramé dans le sillage des trois grands oiseaux..
Bientôt il fut près d’eux et leur tendit la main ; ils s’éloignèrent encore ; il rama, il rama, longtemps, sans prendre garde à l’eau qui déjà lui couvrait les chevilles.
Le soleil descendait sur le lac, l’eau miroitait, aveuglante et les cygnes toujours glissaient dans le lointain .
Et le garçon ramait ; la barque s’enfonçait ; il n’y prenait pas garde, tant devenait, de plus en plus fort son désir de rejoindre les cygnes . Les cygnes qui s’éloignaient de la barque qui s’enfonçait. Il eut de l’eau bientôt jusqu’aux épaules, puis jusqu’au cou, puis dans la bouche et le soleil enfin, disparut comme lui, dans l’eau étincelante : quelques bulles, de grands cercles, il n’y eut plus sur le lac ni cygnes, ni barque, ni garçon.

Plus tard il s’éveilla dans une chambre étrange, dont les murs de cristal laissaient voir ondulant dans une eau verte, des algues et des poissons. Assises au pied du lit, trois dames belles à ravir, une brune et deux blondes l’observaient en silence….
L’une lui prit la main ; c’était je crois la brune.
-« Que fais-tu là, jeune homme ?
-Je ne sais, répond-il. J’étais au bord du lac et j’ai suivi trois cygnes. Ma barque a chaviré je pense. Je dois rentrer chez moi…
-Pourquoi dit une blonde, ne pas rester ici ?
Le jeune homme est tenté. Les dames sont si belles et les lieux si paisibles.
-« Reste avec nous trois jours, reprend la dame brune. Trois jours pas un de plus, car passé ce délai, tu devras demeurer pour toujours avec nous. L’air, le vent, le soleil des lieux où tu es né te seront odieux.
-Je resterai trois jours, je vous en fais serment.
Les trois jours ont passé comme une nuit de rêve, dans le palais magique aux chambres de cristal, dans le jardin aux fleurs étranges peuplé d’animaux fantastiques. C’était ainsi qu’il avait toujours imaginé le Paradis. Il oublia le temps…
Un jour, la nostalgie lui vint de sa maison, de ses parents… 5 années s’étaient écoulées. Il se souvint de la mise en garde de la dame brune : il avait dépassé les trois ans, tout retour lui était interdit. Petit à petit, il devint mélancolique, puis triste et le désespoir l’envahit. Les dames ne s’apercevaient de rien. Il s’isolait…
Tout au fond du jardin magique se dressait un arbre au large tronc, aux branches traînant jusqu’à terre. Il allait se cacher sous les feuilles et pleurait. Un jour qu’il venait là le cœur gros, une vieille, toute ridée, toute bossue se tenait à sa place.
-« Viens t’asseoir près de moi, mon beau désespéré et conte-moi ta peine. »
Alors il raconta : comment il avait suivi les cygnes, comment il s’était éveillé dans le palais des trois dames, comment il avait laissé filer le temps et comment il était prisonnier de ces lieux qu’il avait tant aimé.
-« Si tu le veux vraiment, je peux t’aider lui dit la vieille.
- Mais comment ?
- Epouse-moi et demain tu seras chez toi, riche et puissant car ma fortune est grande et immenses sont mes pouvoirs.
-Les dames sont mes amies, elles m’ont sauvé la vie. Quels que soient tes pouvoirs, quelle que soit ta fortune, je ne peux t’épouser !
Alors la vieille, dans un éclat de rire, disparait dans les branches, laissant la place aux trois dames, qui embrassent le jeune homme.
-« Puisque tu as été fidèle en dépit de ton grand désir de retourner chez toi, et bien que notre désir à nous est de te garder, nous allons lever le charme qui te retiens ici. Va dormir et ne t’inquiètes de rien. »
Ce sont les premiers rayons du soleil et la rosée du matin qui l’ont réveillé. Depuis le tertre où il était couché, il pouvait voir la maison de son père. Sur le lac à ses pieds, trois cygnes s’éloignaient. Avant de disparaître, ils ont tourné la tête et incliné le bec comme pour un adieu.
Ses parents, ses amis qui le croyaient noyé lui font la fête, heureux de le voir sain et sauf. Mais quand on lui demande  ce qui lui est arrivé, personne ne veut croire à son histoire. La joie des retrouvailles bientôt s’estompe. On le traite de menteur, puis de fou. Ses parents se désolent, ses voisins l’évitent, on se moque de lui. Les dames avaient raison, il n’est plus fait pour cette vie.

Dans l’espoir de pouvoir retourner au domaine enchanté, il va chaque jour au bord du lac et il attend. Et le temps passe et son chagrin grandit. Les cygnes ne reviennent pas, ils ne reviendront jamais… Les années ont passé et par un matin d’hiver, on l’a retrouvé mort, gelé de désespoir au bord du lac.