Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

lundi 14 janvier 2013

Courrier du coeur




Lettre de Napoléon à Joséphine

Camp de Boulogne, le 25 thermidor, an XIII


J’ai voulu savoir comment on se portait à la Martinique. Je n’ai pas souvent de vos nouvelles. Vous oubliez vos amis ; ce n’est pas bien. Je ne savais pas que les eaux de la Plombières eussent la vertu du fleuve Léthé.
Il me semble que c’est en buvant ces eaux de Plombières que vous disiez : «Ah ! Bonaparte, si je meurs, qui est-ce qui t’aimera ?» Il y a bien loin de là, n’est-ce pas ? Tout finit, la beauté, l’esprit, le sentiment, le soleil lui-même ; mais ce qui n’aura jamais de terme, c’est le bien que je veux, le bonheur dont jouit… et la bonté de ma Joséphine. Je ne serai pas plus tendre si vous en faites des risées.
Adieu, mon amie, j’ai fait hier attaquer la croisière anglaise ; tout a bien été.



vendredi 11 janvier 2013

Charles Dickens récap 25






Charles Dickens 110113
Mes deux grand-mères lisaient. Elles ne lisaient pas les mêmes choses,  en matière de magazines par exemple.
Je dois à l’une, par le biais du supplément théâtral de « L’Illustration », d’avoir conçu à l’âge de dix ans un amour éperdu pour le Prince de Homburg sous les traits de Gérard Philippe. Il m’en est resté la tentation des amours impossibles et un goût immodéré pour les pantalons noirs et les chemises blanches à jabot.
L’autre,  ignorant le mépris dans lequel la première tenait ce genre de publications, consommait assidument : Nous Deux, Confidences, Les Bonnes Soirées et les Veillées des Chaumières. C’est pourtant dans un de ces hebdomadaires « populaires », un de ces magazine « à l’eau de roses » que j’ai pour la première fois rencontré Dickens.  Les « Grandes Espérances » y étaient publiées en bandes dessinées et j’ai partagé la terreur de Pip pour le forçat caché dans la lande, son angoisse en découvrant le banquet de noces poussiéreux et la pièce montée couverte de toiles d’araignées chez Miss Havisham.
Depuis , j’ai lu et relu les Grandes Espérances in extenso et aussi David Copperfield, si largement inspiré de la vie même de Dickens. Mais sa magie est restée pour moi dans cette première découverte et aussi dans cet extraordinaire « Cantique de Noël » paru en 1843. Entre fantastique et sordide réalité, le tendre Dickens y condamne avec son inimitable humour larmoyant,  avec la tendresse dont il pare ses plus sordides personnages, la sinistre réalité du Londres de son époque, la misère des petits employés, la suffisance des nantis et l’exploitation industrielle particulièrement intolérable quand elle agresse les enfants.
On a dit de Dickens qu’il avait inventé le « Conte de Noël, d’un Noël qui n’était pas encore une fête marchande, Noël du temps où la famille était réunie avec pour cadeau principal et souvent le seul , un repas moins frugal que ceux dont l’ordinaire peinait à les rassasier. Un Noël où il faisait chaud parce que ce soir là on n’économisait ni le charbon, ni les jeux , ni les chants, ni les baisers, ni l’amour.

« … Scrooge et l’Esprit, transportés dans les faubourgs de Londres, s’arrêtèrent sur le seuil d’une maison que l’Esprit bénit avant d’entrer en secouant sa torche avec un sourire. C’était la maison de Bob Cratchit, les commis même de Scrooge, ce pauvre commis à quinze shillings par semaine. Bob n’est pas encore au logis, mais il est attendu. Mrs Cratchit, sa femme, n’a qu’une robe qui a été retournée deux fois ; elle est en toilette cependant, tout autant qu’on peut l’être avec quelques sous de ruban ; elle met la table, aidée de Belinda Cratchit, la seconde de ses filles, qui est parée… de rubans, comme sa mère, tandis que maître Pierre Cratchit, le fils aîné, qui plonge une fourchette dans le poêlon aux pommes de terre, mord du bout des lèvres les coins d’un monstrueux col de chemise, présent de son père, heureux de se voir si brave et regrettant de ne pouvoir aller montrer son linge dans les parcs à la mode. Voici deux petits Cratchit encore, garçon et fille, qui surviennent en criant qu’ils ont flairé l’oie depuis la porte du boulanger et l’ont reconnue pour leur oie. Ces petits Cratchit croient déjà mordre dans leur part ; ils dansent de bonheur et flattent leur frère aîné qui souffle le feu jusqu’à ce que, bondissant sous le couvercle qui les étouffe, les pommes de terre demandent à être débarrassées de leur pellicule. »

dimanche 6 janvier 2013

L’EPIPHANIE récap 25





Soleil qui luit le jour des Rois
 Fait deux hivers pour une fois.

Noël est passé, il est temps d’ôter boules et guirlandes ; d’ailleurs, les malheureux sapins sacrifiés rendent l’âme en laissant tomber leurs épines. Les Anglais redoutent de garder les décors de Noël une fois passée la fête des Rois. Pour la crèche, on peut comme en Provence, attendre la Chandeleur avant de remettre le Petit Jésus dans sa boîte.
Epiphanie signifie apparition, avènement. En Egypte et en Arabie, on fêtait à cette époque la renaissance du Soleil. Plus tard, les Grecs bénissaient les cours d’eau en hommage à Dionysos. C’est entre 120 et 140 que l’Eglise chrétienne s’est emparée de ces cérémonies pour les dédier à la célébration des évènements de la vie du Christ. On  commémorait tout à la fois la Nativité, l’Adoration des Mages, le Baptême dans le Jourdain et les Noces de Cana.
Le IV° siècle mit un peu d’ordre en fêtant la naissance de Jésus le 25 Décembre ; le 6 janvier restant dévolu aux Rois Mages.
 Mathieu est le seul évangéliste à avoir parlé de ces personnages, probablement des astronomes –astrologues,  venus en Judée guidés par une étoile ; cependant il ne leur donne aucun titre et ne précise pas leur nombre. C’est la tradition qui, plus tard, en a fait des rois au nombre de trois : Gaspard, Melchior et Balthazar.
Pourquoi trois ? Sans doute parce que ce nombre symbolique représente les trois âges de la vie, mais aussi les trois continents connus en ce temps-là : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Leurs offrandes sont aussi au nombre de trois : l’or, l’encens et la myrrhe.
Melchior le plus âgé, porte une barbe blanche ; c’est lui qui offre l’or, cadeau royal. Gaspard, jeune et imberbe, offre l’encens parfum divin et Balthazar, homme basané à la barbe noire offre la myrrhe avec laquelle on embaume les corps, signe que celui qui la reçoit est mortel.
Ils représentent aussi, selon Béde le Vénérable les trois races destinées à peupler la terre, celles de Sem, Cham et Japhet.
Depuis le 12° siècle, la cathédrale de Cologne prétend détenir leurs reliques. On les invoque pour combattre l’épilepsie. Patrons des voyageurs et des pèlerins, ils sont aussi les protecteurs des maisons.
Vous qui craignez les accidents et plus encore la malveillance des sorciers, portez toujours sur vous une image représentant l’Adoration des Mages. Vous pouvez aussi en cas d’urgence réciter ces quatre vers de José Maria de Hérédia en guise d’incantation :

De l’Orient lointain, ils portent leurs hommages
Aux pieds du Fils de Dieu né pour guérir les maux
Que souffrent ici-bas l’homme et les animaux ;
Un page noir soutient leurs robes à ramages.

Si cette médecine ne guérit pas, elle ne peut en tout cas faire aucun mal !
Vous pourrez alors en toute quiétude « tirer les Rois » en dégustant une galette bien chaude.

samedi 5 janvier 2013

Hasard




Le hasard, mon ami et mon maître, daignera bien encore une fois m'envoyer les génies de son désordonné royaume. Je n'ai plus foi qu'en lui, et en moi. En lui surtout, qui me repêche lorsque je sombre, et me saisit, et me secoue à la manière d'un chien sauveteur dont la dent, chaque fois, perce un peu ma peau. Si bien que je n'attend plus à chaque désespoir, ma fin, mais bien l'aventure, le petit miracle banal qui renoue, chaînon étincelant, le collier de mes jours.

COLETTE

jeudi 3 janvier 2013

Bonne année magique


Bonne année les Fées.
Bonne année le Vieux Temps.
Comme Viviane et merlin renaissent à l'enchantement
Comme Cendrillon et le Belle au Bois Dormant
S'éveillent à la venue du Prince Charmant
J'attends, j'attends le baiser du Nouvel an...



Pierre DUBOIS - Elficologue

jeudi 27 décembre 2012

Les Saints Innocents + almanach 2024


Les Saints Innocents
C'est pour demain, mais je préfère vous prévenir afin que vous preniez toutes les dispositions utiles: le 28 décembre est un jour réputé néfaste.


On commémore à cette date les Saints Innocents. Vous savez, ces enfants en bas âge dont le massacre fut ordonné par Hérode qui comptait bien éliminer dans le lot, celui qu'on lui avait annoncé comme futur Roi des Juifs. Raté d'ailleurs, puisque la mère de l'enfant qui avait des relations en haut lieu comme on sait, avait filé en Egypte avec époux, âne et divin nourrisson.

Toujours est-il qu'on célèbre demain jeudi, ce regrettable évènement; aussi cette date, en Europe du moins, est-elle réputée le plus mauvais jour de l'année. Il est recommandé de ne rien entreprendre d'important. Vous pouvez même vous abstenir de tâches ménagères, les mauvais jours ont aussi leurs bons côtés. Bien entendu , la lessive est à proscrire qui entraînerait la mort d'un parent et pas forcément ce vieil oncle grincheux dont vous attendez la succession. Les Irlandaises ne fileront ni bon ni mauvais coton, marins et pêcheurs resteront à quai, les mineurs en surface. En Bresse, ce jour est nommé"Fête des Rats"; on ne travaille pas, on ne veille pas et on ne monte pas au grenier, ce qui préserve les réserves de blé et de linge de la dent des rongeurs.
Un 28 décembre, on ne se coupe pas les ongles ni ne porte de vêtements neufs qui s'useraient de façon inhabituelle.
L'exemple vient de haut,  puisque LouisXI, roi sage entre tous refusait de traiter toute affaire le jour des Saints Innocents. Son collègue d'Angleterre, Edouard IV, fit déplacer le jour de son couronnement qui avait été étourdiment prévu à cette date. Et d'ailleurs les Anglais, toute cette année seront prudents le vendredi.
Vous aurez compris que ce n'est pas un jour pour convoler et si vous aviez prévu de naître ce jour là, attendez samedi.
Il reste pourtant deux chose qu'il est bon de faire un vendredi 28 décembre: regarder le ciel car le temps sera celui qui durera de Pentecôte au début de l'été; vous pouvez également fouetter les enfants pour les faire tenir tranquille jusqu'à Pâques. Faites-moi souvenir à cette date, de vous recommander un moyen de faire durer le calme jusqu'à l'été.
La Chroniqueuse




vendredi 21 décembre 2012

Solstice copié pour nouvel almanach

Bonne année!!
Pourquoi aujourd'hui?
Parce que ce ne serait pas la peine de passer sa vie le nez dans les calendriers, éphémérides et autres almanachs pour ne pas s'apercevoir que si tout va de travers, c'est que nous sommes décalés.
Afficher l'image en taille réelleRevenons à l'origine de ces fêtes de fin d'année: elle se perd dans la nuit des temps, quand l'homme a réalisé que les jours progressivement rallongeaient et que cette nuit de plus en plus longue qui les terrifiait n'allait pas les engloutir, que le soleil, la chaleur allaient revenir avec le retour de la végétation et des plantes nourricières et que ce renouveau correspondait avec le solstice d'hiver. Alors les hommes ont célébré ce miracle; ils ont fait la fête.
Plus tard, les chrétiens ont voulu y voir la date anniversaire de la naissance de Jésus; date aussi arbitraire que la païenne célébration du Nouvel An. N'empêche, Noël signifie "nouvelle" et le symbole en est la naissance d'un enfant.
Quand on a voulu diviser mathématiquement le temps, on a tant exigé de régularité qu'on a oublié que la Nature a ses propres règles qui ne se mettent pas forcément dans des cases, si bien qu'on en est arrivé à célébrer avec huit jours de retard ce qui s'est produit au matin du vendredi 21 décembre 2012 à 6h11, heure locale: le solstice d'hiver, le rallongement des jours et la renaissance encore invisible de la végétation.
Observez bien, si couvert que soit le temps, la lumière n'est plus la même.
Aussi, à vous qui me lisez: Joyeux Noël, Bonne Année et HEUREUX SOLSTICE!!



jeudi 20 décembre 2012

Sagesse

Je ne tiens pas pour sage celui qui ne veut ajouter foi aux merveilles de ce monde comme sont les fées...

Jehan d'Arras

mardi 18 décembre 2012

Pensées et humeurs d'Estournelle Sansoiseau


Conseil municipal-

Les anciennes bases d’aviation désertées par l’OTAN, on en fait quoi ?
C’est que ça fait du terrain : des hectares et des hectares ! Et nous, les riverains, on peut imaginer le pire, on est à peur près certains d’avoir raison !
On avait parlé d’abord de circuit automobile, puis de motos, de terrain d’aviation, d’héliport entre autres projets farfelus et bruyants. Alors, on avait fait une association pour se défendre.
Le président était un colonel, un ancien de la cavalerie ; habitué à commander, il s’était imposé et puis la présidence, hein, qui en voulait ?
Ah, il commandait le colonel ! Il nous traitait comme il n’aurait jamais osé traiter un cheval. Ce qui prouvait bien qu’il n’en avait jamais approché un, c’est dans les AMX qu’il avait fait carrière.
Enfin, il était là, dans la salle du conseil, qu’il s’était fait prêter, au bout de la table recouverte d’un tapis vert et il présidait. On sentait bien qu’au fond, l’avenir de la base, il s’en foutait ; de qu’il aimait, c’était présider. Oui, mais les autres aussi auraient bien aimé ; ils lui auraient bien fauché sa place. Oh, pour le correspondant de la feuille de chou locale, ils étaient tout sourires, poignées de mains ; cordiaux, ils étaient , pour la photo ! Mais la haine au fond des yeux…
On aurait pu croire qu’ils avaient un but commun : préserver leur environnement, par exemple. Mais non, il n’y avait entre eux que litiges, vieilles histoires de bornages et de clôtures, de mitoyennetés douteuses, de mauvais voisinage.
On était mal barrés. Qu’est-ce qu’elle faisait là, Estournelle Sansoiseaux ? Elle avait une furieuse envie de leur voler dans les plumes, de leur envoyer leurs vérités à travers la table. Elle se serait fait jeter et ça n’aurait rien arrangé. Car si les autres étaient là pour voir le lendemain leur photo dans le journal, elle, avait une idée à défendre.
Une idée à la Sansoiseau : utopique, dispendieuse, subversive mais surtout propre , silencieuse et rentable à long terme : un zoo !
Ca marche bien les zoos. Mais celui d’Estournelle n’était pas n’importe lequel : un zoo arctique, une banquise avec ours blancs, phoques, pingouins et pourquoi pas des eskimos et des igloos, des courses de traîneaux, des randonnées attelées tirées par des rennes.
La banquise en pleine Beauce ? Pourquoi pas ? On était bien pas loin de là, arrivé à reconstituer sous cloche les tropiques.
Elle se calmait, Estournelle, elle réfléchissait ; il fallait arriver à convaincre le colonel.
Hein, quoi ?… Des éclats de voix la ramenèrent du Pôle Nord dans la salle enfumée. C’était Leduc, le volailler. Qu’est-ce qu’il avait trouvé comme idée géniale ? Des combats de coqs !
Ca va pas non ! Ah, mais il y en a à qui ça plaît… Tous des beaufs, des gros beaufs !
Estournelle oublia son calme et rompit une lance, sans succès ; on la prit à partie. Elle habitait là depuis trente ans, mais elle était toujours une « parisienne »
« Mais oui, Mr Leduc, je mange du poulet et du jambon et des stecks aussi. Et je n’aime pas la corrida, ni les combats d’animaux ; la boxe non plus si vous voulez savoir. Et puis franchement, Mr Leduc, une arène pour combats de coqs sur 350ha, ça me fait bien rigoler ! »
Tiens, il avait porté son argument, à Estournelle ; deux coqs en train de se battre dans un espace prévu pour faire décoller des avions, toute la table se marrait ; sauf Leduc ! Tant pis pour lui, ça lui apprendrait à parfumer le pays à la merde de poule deux fois par mois.
Estournelle se rebrancha sur l’assemblée : le colonel radotait ; le colonel regrettait le service militaire, regrettait, regrettait à rebrousse-temps et bientôt était rendu à la Libération. Il était sur son char, le colonel, derrière Leclerc, toutes les minettes lui sautaient au cou ; pas difficiles, les minettes ! Admettons que dans l’euphorie de la victoire elles n’aient pas bien vu la tronche du colonel . C’est vrai qu’il était plus jeune… Jeune ? Il a toujours été un vieux con, le colonel. A trois mois, sûrement, il avait déjà une tête de vieux con… un vieux bébé à tête de con…
Réveille-toi, colonel… La guerre, c’est pas ici ; c’est à trois heures d’avion ; si ça te manque tant, vas-y au lieu de nous gonfler avec tes souvenirs bidon…
Elle s’énerve, Estournelle ; il ne fait pas avancer le débat, le colonel. Il était tard, ça sentait la clope et la sueur. Qu’est-ce qu’on proposait en fin de compte ? Un musée de l’armée ou un conservatoire de vieux schnoks ?
Estournelle tendit l’oreille.. Il disait quoi, là, le pépé ? Le président du Club de l’Amitié, comme ils disent. Amitié, mes fesses, oui ! Les vieux se détestaient, comme tout le monde se détestait autour de cette table..
Qu’est-ce qu’il glaviotait entre ses chicots ? Un jeu de boules… Discussion… Controverse… Animation… Adopté !!! A l’unanimité, y compris la voix d’Estournelle qui trouvait idiote l’idée du pépé, mais pas nocive, pas chère à réaliser, conviviale, silencieuse et pas polluante.
Et voilà comment d’ici trois ans, une ancienne base de l’OTAN serait transformée en gigantesque terrain de pétanque !

lundi 17 décembre 2012

Le Baiser




ROXANE (s'avançant sur le balcon)

C'est vous?
Nous parlions de ... de ... d'un...

CYRANO-
Baiser. Le mot est doux!
Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose;
S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose?
Ne vous en faites pas un épouvantement:
N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,
Quitté le badinage et glissé sans alarmes
Du sourire au soupir, et du soupir aux larmes!
Glissez encore un peu d'insensible façon:
Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson!
ROXANE -
Taisez-vous!

CYRANO -
Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce?
Un serment fait d'un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,
Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;
C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d'un peu se respirer le coeur,
Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres l'âme!

Edmond ROSTAND - Cyrano de Bergerac


dimanche 16 décembre 2012

Le Dictionnaire du Zoodiac

B- 

BLAIREAU- Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.
         Les natifs du blaireau sont généralement conformistes et crédules ; ils aiment à être caressés           dans le sens du poil.
                       Si vos enfants sont nés sous le signe du Blaireau, dirigez-les vers les emplois administratifs.   


Les Chouchous