mardi 4 mars 2014

La mesure du temps


 L’almanach sert-il à mesurer le temps ? A faire passer le temps ? A oublier le temps ?A voyager dans le temps peut-être puisqu’on peut le commencer par la fin, par le début ou par le milieu ; on peut aller tout droit à sa date anniversaire, à la fête de son saint patron, à une fête attendue… encore que… utiliser l’almanach à tort et à travers pourrait se révéler risqué !
Les Alsaciens disent en effet, que feuilleter l’almanach de l’année avant qu’elle ne commence, ne peut rien apporter d’heureux. Donc, attendez que les douze coups de minuit soient sonnés avant de vous plonger dans celui qu’on vient de vous offrir.

Cadeau potentiellement funeste, hélas, car on devrait, selon les Américains, acheter soi-même son almanach sous peine de ne jamais pouvoir faire d’économies. On ne devrait pas non plus, recommandent nos chers buveurs de Coca le garder plus de deux ans… Avis aux collectionneurs d’almanachs !
Un Anglais ne consultera jamais son almanach avent le dîner ni n’en arrachera les pages ; il ne saurait en aucun cas marquer une page à une date encore dans le futur et, toujours en Angleterre, aucun calendrier ne sera accroché au mur avant le 1°janvier.
Vous dédaignez les superstitions ? N’importe ! Les observer ne coûte rien et puis… on ne sait jamais ! Car l’exemple vient de haut : Napoléon qui n’était pas n’importe qui, accordait de l’importance aux croyances populaires. Ainsi, au moment de signer la paix avec l’Autriche, dit-il à Talleyrand :
 « S’il n’y a pas moyen de signer sur le champ, attendez et signez au Nouvel An : car j’ai un peu de préjugés  et je suis bien aise que la paix date du renouvellement du calendrier Grégorien qui présage, j’espère, autant de bonheur à mon règne que l’ancien. »

C’est au moyen de tablettes, de livres d’heures, de livres de raison, de bréviaires, tous ancêtres du calendrier, que les hommes ont appris à mesurer le temps passé
Hérodote disait  que les Egyptiens avaient les premiers inventé le concept d’année puisqu’un de leurs très anciens calendrier montrait une année de 365 jours, répartis en douze mois de trente jours. Or, depuis toujours, les astrologues ont calculé le temps en se basant sur le cycle lunaire ; ils associaient leurs calendriers au culte de la lune, symbole de fécondité.
Chez les Romains,  les calendes, désignaient le premier jour du mois. Elles n’existaient pas chez les Grecs d’où l’expression « payer aux calendes grecques ». De là le mot calendrier.
Plus tard, l’Eglise, impuissante à éliminer les fêtes païennes y superposa les siennes. Ainsi Pâques, la plus ancienne fête du calendrier chrétien fit oublier Eastre, déesse vénérée des Saxons ; en avril, les Robigalia romaines sont devenues les Rogations et l’on sait que la Toussaint n’est autre que le Samain celte : Noël se fête à la date où les Romains célébraient Mithra et les Saturnales duraient le temps qui va de Noël à l’Epiphanie. Un roi était élu et nous continuons à manger la galette et à prendre pour souverain éphémère, celui qui trouve la fève. Durant la fête celte d’Imbolc, des cierges étaient allumés toute la nuit et nous avons gardé la Chandeleur. L’aimable Valentin a pris la place de Lupercales. Saint Jean et Noël  se sont calés avec les deux solstices.
Le Dieu de la Bible, inventa lui les six jours de la semaine et les repos hebdomadaire du septième et c’est Hermès Trismégiste qui, ayant observé le singe cynocéphale et voyant qu’il pissait douze fois le jour et douze fois la nuit divisa, pour lui être agréable les jours et les nuits en douze heures.
C’est au XVI° siècle avec l’imprimerie et le colportage des almanachs,(dont les centuries de Nostradamus sont une forme),  que l’habitude de mesurer le temps s’est répandue.
Quand à l’agenda, qui sert lui à organiser le futur, il n’est apparu qu’à la fin du XVII° siècle
Et ce bon vieil Almanach des Postes que nous ne saurions refuser au facteur a été crée lui, en 1849, en même temps que le timbre. 

1 commentaire:

manouche a dit…

Je vais mettre un post sur le mois d'août 2014, je suis sûre que tu connais sa particularité. Bizzzzzzz

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...