mercredi 6 novembre 2013

L'Epée du Rocher

La veille de Noël, il y avait foule à Carduel. Puissants seigneurs comme humbles chevaliers, de l’archevêque au moindre diacre, grands savants comme ignorants, riches ou pauvres, le ban et l’arrière-ban du royaume et dans la foule, on ne distinguait plus les personnages importants des serviteurs et des valets. Un grand vieillard vêtu en pèlerin, parcourait la foule, parlant avec les uns plaisantant avec les autres. Il sourit en voyant un vavasseur et ses deux fils.
Le père se nommait Antor, le fils aîné était Keu et le plus jeune, Arthur.
Vers minuit, on sonna la messe que devait célébrer l’archevêque de Caerlion sur Wesgre, le plus saint et le plus vénéré des prélats du royaume. Tout le monde pria avec ferveur pour qu’un roi soit désigné et le prélat dans son homélie ajouta que Noël était le temps des miracles et très certainement Dieu leur accorderait la faveur qui allait les tirer d’embarras. La messe dite, certains partirent et d’autres attendirent sur place la messe de l’aube.
De nouveau la foule se mit en prières, mais le service était à peine terminée qu’un homme fit irruption dans l’église porteur de cette stupéfiante nouvelle : sur un tertre où la veille encore ne se voyait rien, était apparue une dalle de pierre sur laquelle se trouvait une enclume, et dans l’enclume était fichée une épée. La foule se précipita vers la merveille sans toutefois oser approcher trop. Sans doute était-ce là quelque diablerie. On avait vu rôder Merlin et Merlin était le fils du Diable, tout le monde le savait.  L’archevêque imposa silence et fit apporter de l’eau bénite. Puis, prononçant les paroles d’exorcisme, il en aspergea l’étrange monument.
A la stupeur générale, sur la pierre mouillée apparurent des lettres d’or. Tout le monde ne savait pas lire aussi l’archevêque prononça-t-il à voix hautes les paroles inscrites sur la dalle : « Celui qui cette épée retirera, sur le pays régnera ! ». La foule hurla de joie et d’un seul mouvement, les barons se précipitèrent  vers l’enclume. L’archevêque les fit tous reculer. Puis il confia la surveillance des lieux à dix nobles, cinq clercs et cinq hommes du peuple et emmena tout son monde dans l’église pour chanter un Te Deum. Puis il s’adressa aux fidèles : « Messeigneurs et vous tous, gens de bien, ne vous bousculez pas pour vous emparer de cette épée. Très certainement, Dieu a déjà choisi celui à qui elle doit appartenir et il est parmi vous. Mais sachez que ni noblesse, ni richesse, ni puissance et encore moins force ou audace ne peuvent vous y donner droit. Chacun ici, du plus puissant au plus modeste, du plus riche au plus pauvre, du plus fort au plus faible a le droit de tenter sa chance. Mais il est juste et raisonnable que barons et seigneurs soient les premiers à subir l’épreuve ».
Puis l’archevêque désigna cent cinquante de ceux qu’il considérait comme les plus vaillants défenseurs du royaume. Beaucoup, comme Uryen ou le roi Loth d’Orcanie avaient été les compagnons d’Uther. 

1 commentaire:

manouche a dit…

Éternel Kamelott !