vendredi 18 octobre 2013

Le chaudron de Matholwch (1)

En des temps lointains, régnait Brân le Béni ; sa sœur se nommait Branwen, le Blanc-Corbeau. Il avait aussi deux demi-frères ; Nyssyen, était bon et pacifique, mais son préféré était Evnyssen dont le seul plaisir était de semer la discorde.
Un jour, Brân et ses deux frères, assis sur un rocher devant la forteresse de Harllech au Pays de Galles, rêvaient devant la mer quand,  toutes voiles dehors et gonflées par un vent favorable, ils virent s’avancer treize navires qui semblaient venir du sud de l’Irlande.
Brân rentra dans son château, réunit ses barons, leur fit revêtir leurs plus beaux habits, les para  d’armes et de bijoux de prix et les envoya au port pour  accueillir les arrivants. Les navires étaient splendides, bien équipés ; aux mâts flottaient des étendards brodés d’or.  De la flotte, se détacha une nef ; en signe de paix, un bouclier était suspendu au grand mât. S’approchant du rivage, la délégation héla les navigateurs qui mirent des embarcations à la mer et en abordant, demandèrent à parler au roi. Brân se montra, entouré de sa cour et  tout d’abord leur souhaita la bienvenue, puis leur demanda la raison de leur visite.
Celui des marins qui semblait être le chef dit qu’il parlait au nom de Matholwch, roi d’Irlande. Il était porteur d’un message de paix et pour mieux assureur l’union entre leurs deux peuples, il demandait à Brân,  sa sœur  la belle Branwen, en mariage. Que Matholwch débarque, répondit Brân et nous allons en discuter. Alors le roi  d’Irlande et tous ses compagnons mirent  pied  à terre. Brân les reçut somptueusement, leur offrit un festin qui dura une nuit entière. Au matin,  Branwen, une des plus belles jeunes filles du monde était accordée à Matholwch.
Alors toute la compagnie, tant par mer que par terre se rendit à Aberffraw au Pays de Galles  où devait se célébrer le mariage. Tous les invités furent réunis, la fête pouvait commencer et tout d’abord par un grand banquet. Les deux rois présidaient et Branwen était assise entre eux.
Brân était un géant, si grand qu’aucune construction de pierre , si vaste fût-elle n’était à sa mesure ; aussi dût-on lui dresser une tente. On mangea et but tant, qu’à la fin de la nuit tout le monde tombait de sommeil et n’avait plus qu’une envie : aller dormir.
Un seul ne partageait pas l’allégresse générale, le méchant Evnyssen ; il aimait sa sœur et ne pouvait supporter qu’on l’ait accordée à Matholwch. Il aurait voulu la garder près de lui, seulement, on ne lui avait pas demandé son avis. Triste, jaloux, furieux, il rôdait en quête d’une vengeance…


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