mardi 24 septembre 2013

Les Nouveaux Contes de Fées de la Comtesse de Ségur

(3)L’  histoire de la princesse Rosette-

Influencée par Perrault, Sophie fait de Rosette une proche parente de Cendrillon à laquelle comme nombre de petites filles mal aimées elle a dû s’identifier.
Comme Cendrillon, la jolie princesse Rosette a deux vilaines soeurs qui la détestent. Le roi et le reine, ses parents, qui ne l'aiment pas beaucoup non plus, l'envoient vivre dans une ferme à la campagne. Rosette y vit heureuse et ne regrette ni son père ni sa mère qui l’ont abandonnée. On reconnaît Fédor Rostopchine offrant à sa fille les Nouettes, et  retournant  en Russie pour ne jamais revenir.
Comme Bonne-Biche avait instruit Blondine, Rosette est instruite par sa marraine, la fée Puissante qui, en plus de savoir de base, lui enseigne les langues étrangères. L’exigence de savoir pour les filles de Sophie avance à petits pas
Quand ses soeurs ont dix-huit ans, le roi donne de grandes fêtes. Il ne peut éviter d'y faire venir Rosette mais ne lui donne pas d'argent pour ses toilettes. A la cour, on loge Rosette dans une mansarde sous les toits. Elle n'a dans son coffre que des loques dont elle tente de tirer le meilleur parti. Heureusement,  la fée Puissante veille et change les haillons en robes de brocart et en bijoux. Ici, Sophie commence à parler d’elle : l’abandon par les parents, l’humiliation d’être mal vêtue. Rosette est comme elle polyglotte mais elle n’est en revanche dotée d’aucun indéracinable accent qui lui vaille d’être traitée de « mongole ». La fée Puissante dans son rôle d’éducatrice, se substituant à la mère, annonce les personnages de Primrose dans Après la Pluie… et de Mme de Monclar dans Quel amour d’enfant.
Voici Rosette devenue si belle que ses parents ne la reconnaissent pas et que ses soeurs en crèvent de dépit. Repoussée par sa famille, elle fait la conquête des autres invités et tout particulièrement celle du jeune roi Charmant. La première promenade de Rosette et de son amoureux évoque les fiançailles de Sophie avec Eugène de Ségur qui se sont connus dans des bals de la haute société.
Pendant que Rosette s'endort et fait de beaux rêves, se tient un conseil de famille visant à la dépouiller de ses parures et à la renvoyer pour toujours dans sa ferme. Sophie, pince sans rire, prête aux méchantes sœurs « la consolante pensée que Rosette pouvait être tuée. » La fée Puissante se fâche.
Le lendemain, on doit monter à cheval; les haillons du coffre se changent en une élégante tenue d'amazone. La fée et Charmant empêchent Rosette de monter le cheval vicieux qu'on lui avait réservé. Le soir, au bal, Rosette porte une robe et des bijoux encore plus beaux que ceux de la veille. Charmant la demande en mariage; elle demande conseil à la fée qui lui dit d'accepter.
Pour clôturer les fêtes, une course de chars est prévue. Le roi, la reine et les deux soeurs ont tout arrangé pour que Rosette soit accidentée, voire même tuée.
Plus belle que jamais, Rosette accorde sa main à Charmant. Au moment où elle doit monter dans son char, le jeune roi l'en empêche et lui en offre un autre. Après une course digne du film Ben-Hur dont pourtant Sophie ne pouvait avoir connaissance  (mais Sophie est très en avance sur son temps : dans ce conte, elle invente la montre qui ne se remonte pas et la robe musicale qui elle, n’existe pas encore).Rosette et Charmant prennent la fuite, poursuivis par le roi  furieux et toute son armée.
Ils arrivent enfin dans le domaine de Charmant où tout est prêt pour le mariage: particulièrement une "robe de gaze d'or brillante, brodée de plusieurs guirlandes de fleurs et d’oiseaux en pierreries de toutes les couleurs"  qui n’est pas sans évoquer celles que Nathalie,  la fille aînée de Sophie portait dans ses fonctions de dame d’honneur de l’impératrice Eugénie
Les amoureux se marient; les deux soeurs doivent épouser des "palefreniers brutaux qui ont pour mission de les battre et de les maltraiter..."
Le roi et la reine, quant à eux sont "métamorphosés en bêtes de somme..." aux ordres «  de maîtres méchants et exigeants", annonçant Cadichon, l’âne qui pense.






1 commentaire:

manouche a dit…

Cadichon le grand amour de mon enfance!