lundi 11 février 2013

MARIE DE FRANCE


De Sainte-Béatrice la nuée
Assure six semaines mouillées





MARIE DE FRANCE

Que sait-on de Marie sinon qu’elle était de France et qu’au XII° siècle, elle a composé ces « Lais » qui sont venus jusqu’à nous ?
C’est probablement à la Cour d’Angleterre où elle a passé un certain temps qu’on l’a nommée « de France » pour la distinguer peut-être d’autres Marie. Qui était-elle ? était-elle brune ou blonde, était-elle jolie ? a-t-elle aimé ? On ne peut qu’en rêver en lisant ses poèmes, ces Lais qui sont en fait de petits romans versifiés.
Contemporaine de Chrétien de Troyes et des troubadours occitans elle a fait de ses Lais des hymnes à l’amour ; à l’amour courtois : celui qui était en usage à la cour du roi Arthur. Les histoires que raconte Marie sont puisées dans la « Matière de Bretagne » et les anciennes légendes galloises qui lui ont été transmises oralement. Le merveilleux y est omniprésent car ce sont bien des contes dont on retrouvera la trame dans des légendes ou des histoires racontées par des auteurs plus récents.
« Les deux amants » fait penser à Peau d’Âne ; « Le Frêne » est une cousine de la Grisélidis de Perrault ; L’Oiseau Bleu de Mme d’Aulnoy est un écho de « Yonec » ; Eliduc, c’est la Belle au Bois Dormant et Bisclavret une histoire de loup-garou comme il en courait naguère dans les campagnes. On retrouve des versions de l’arbre et de la fée à la fontaine de « Lanval » dans toute l’Eurasie et jusqu’au Japon.
L’univers de ces lais comme celui des contes merveilleux se situe au-delà d’une rivière, d’une forêt, d’une mer ; on y parvient par d’étranges moyens tels que le navire fantôme de Guigemar ou la cavalcade aérienne de Lanval.
On y rencontre des fées qui parfois aiment des mortels, d’autres fois se métamorphosent en divers animaux . On y suggère même que certains héros de légendes auraient eux-mêmes raconté les histoires. Ainsi ce serait Tristan, le Tristan aimé d’Yseult, qui parce qu’il était barde, aurait composé ce délicieux « Lai du Chévrefeuille » :

« Et de ces deux il fut ainsi
Comme du chèvrefeuille était
Qui au coudrier s’attachait :
Quand il s’est enlacé et pris
Et tout autour du fût s’est mis,
Ensemble peuvent bien durer.
Qui plus tard les veut détacher,
Le coudrier tue vivement
Et chèvrefeuille mêmement.
« Belle amie, ainsi est de nous :
Ni vous sans moi, ni moi sans vous ! »…




1 commentaire:

manouche a dit…

Quel joli programme!

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...