vendredi 24 septembre 2010

Princesse Rosette (4)

Sans attendre, sans prendre ni provisions ni linge de rechange, la jeune princesse entreprit sa quête.
Elle marcha longtemps ; le soir tombait quand elle parvint au pied du premier mont ; la côte était rude, le sentier tortueux et mal empierré ; néanmoins Rosette commença courageusement l’ascension. Arrivée après bien des peines au sommet, le clair de lune lui fit entrevoir dans le fond du vallon un grand cerf blanc à la ramure d’or. Oubliant la fatigue, oubliant le sommeil et le chemin qui serpentait jusqu’en bas, Rosette dévala la pente en droite ligne à travers champs et fourrés. Mais quand elle arriva, échevelée, les vêtements en lambeaux dans la prairie, le grand cerf avait disparu. Déçue, morte de fatigue elle s’écroula sur l’herbe où elle finit après bien des larmes par s’endormir.
Elle s’éveilla toute frissonnante aux rayons du soleil levant. Un grand noyer dont les branches retombaient jusqu’à terre l’avait abritée des vents froids mais la rosée avait trempé les loques qui lui couvraient le corps, ses boucles pendaient lamentablement et il ne restait plus rien de ses jolis souliers de satin. Elle avait faim. Un merle sautillait, piquant du bec les noix tombées à terre ; elle en ramassa. L’oiseau dans un grand frou-frou d’ailes battues, la mena vers un roncier couvert de mûres ; elle en compléta son repas. Puis elle but à une source qui se trouvait là et lava son visage et ses mains tachées de mûres et de noix. Elle ne vit plus aucune trace du grand cerf et se demanda si elle avait rêvé. Devant elle buissonnaient des taillis qu’elle allait devoir traverser pour atteindre le deuxième mont qu’elle apercevait au loin.
Elle allait se mettre en route quand elle entendit une trille impérieuse : le merle, se balançant sur une branche, semblait lui dire au revoir. Elle lui sourit, lui adressa un signe de la main ; le merle siffla de plus belle, puis descendit sautiller parmi les coques de noix tombées. Alors Rosette comprit le message et en emplit ses poches. Le merle siffla cette fois d’un ton satisfait et la jeune fille prit la route du second vallon.

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