Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

samedi 11 janvier 2014

Jean le Fidèle (d'après Grimm)

 Un roi, près de mourir, fit venir à lui son plus ancien, son plus dévoué conseiller.  « Jean, mon fidèle Jean, lui dit-il, je vais bientôt vous quitter ; mon fils est encore bien jeune. Promets-moi de rester près de lui ; enseigne-lui tout ce qu’il doit savoir pour gouverner sagement sa vie et son royaume. ».  Jean qui n’était plus très jeune promit cependant de mettre toutes ses forces et toute sa sagesse au service du jeune prince. Le roi ajouta : « Veille surtout mon fidèle Jean, à ce qu’il n’entre jamais dans la chambre haute de la tour du nord. »
Le fidèle Jean promit et le roi s’endormit en paix. Le jeune prince, qui aimait beaucoup son père en conçut un grand chagrin ; il pleura des larmes amères. Quand il estima que le temps du deuil était passé, Jean se fit annoncer chez le nouveau roi et lui dit qu’il était temps pour lui de s’initier aux affaires du royaume. Il lui montra tous les registres, lui présenta les ministres et lui fit visiter le château du fin fond des oubliettes jusqu’au plus haut des tours ; il lui ouvrit les coffres et le jeune roi dénombra ses trésors.
Jean eut à  s’absenter quelques jours ; le roi continua de visiter son domaine. Il passait dans les salles et les galeries, admirait les tapisseries, les meubles précieux, montait dans les tourelles. Il finit par se retrouver en haut de la tour du nord, devant une porte fermée à clef. Clef qui resta introuvable. Il attendit le retour de son fidèle conseiller et lui demanda où était la clef de la chambre haute de la tour du nord. Jean pâlit :
-« J’ai promis au roi votre père que vous n’y entreriez jamais ; de grands malheurs sont à craindre pour vous comme pour le royaume si vous pénétrez dans cette pièce. – Un grand malheur est certain si je n’y entre pas ; car vois-tu, fidèle Jean, je vais me coucher devant cette porte et ne mangerai ni ne boirai tant que tu ne me laissera pas entrer. »
Le fidèle Jean soupira . Dans cette chambre, était enfermé le portrait de la princesse du Castel d’Or. Le roi son père, pour lui trouver un époux, avait comme il était d’usage, envoyé son portrait dans tous les royaumes voisins. Seulement, on n’avait jamais vu revenir les princes qui étaient partis demander sa main. Le vieux roi, pour préserver son fils, avait donc enfermé le portrait dans cette chambre où personne n’allait jamais.
Jean bien contrarié, prit la clef qu’il gardait à son cou, ouvrit la porte et entra le premier espérant masquer le portrait d’une tenture qui se trouvait là. Peine perdue ! Le tableau se trouvait placé de telle sorte qu’on le voyait dès qu’on entrait dans la pièce, et il était peint de si merveilleuse façon qu’on croyait voir la princesse sourire et respirer, comme si elle se tenait là, vivante. Le prince, entré sur ses talons, vit le portrait, son regard rencontra celui de la princesse et il tomba sur le plancher, évanoui. « Le malheur est arrivé. Qu’allons-nous devenir, à présent ? », se dit le fidèle Jean avec angoisse. Enfin le roi ouvrit les yeux. Ses premières paroles furent pour demander qui était cette ravissante princesse, et quand le fidèle serviteur eut répondu à sa question, il dit : « Si toutes les feuilles de tous les arbres étaient des langues parlant nuit et jour, elles ne sauraient assez dire à quel point je l’aime. Ma vie dépend d’elle et je pars immédiatement à sa recherche. Toi, qui es mon fidèle Jean, tu m’accompagneras. » Le fidèle serviteur essaya de raisonner son maître, mais ce fut bien inutile. Il comprit qu’il fallait lui céder et, après avoir longuement réfléchi, il mit au point un projet qui devait lui permettre d’accéder auprès de l’inaccessible princesse. « Tout ce qui entoure le roi et sa fille est en or, dit-il enfin à son maître, et elle n’aime que ce qui est en or. Dans votre trésor il y a cinq tonnes de ce métal précieux, mettez les à la disposition de vos orfèvres afin qu’ils les transforment en objets de toutes sortes, qu’ils les décorent d’oiseaux et de bêtes sauvages ; je sais que cela lui plaira. Dès que tout sera prêt, nous embarquerons et tenterons notre chance. » 
Tout fut fait comme Jean l’avait proposé. Les orfèvres travaillèrent nuit et jour, ciselèrent des merveilles par centaines, un navire fut équipé, le fidèle Jean et le roi revêtirent des costumes de marchands, afin de n’être pas reconnus, puis les voiles furent hissées et le navire cingla vers le large, en direction du lointain point sur l’horizon où s’élevait le Castel d’Or. Quand ils abordèrent cette île lointaine, le fidèle Jean recommanda au roi de rester à bord : « Prudence, sire, souvenez-vous qu’un danger guette les prétendants de la princesse ; laissez-moi faire. »
 Il descendit à terre, emportant de précieuses coupes d’or, escalada une falaise et arriva près d’une rivière. Là, une jeune servante puisait de l’eau dans deux seaux d’or et, quand elle vit paraître cet étranger, elle lui demanda ce qu’il désirait. « Je suis un marchand », lui répondit Jean, laissant entrevoir le contenu des ballots qu’il avait apportés. « Oh ! s’écria la servante, si la fille du roi voyait ces merveilles, elle vous les achèterait certainement », et entraînant le faux marchand, elle le conduisit au château dont de hauts remparts et d’innombrables gardiens défendaient l’accès. Quand la princesse eut aperçu les coupes d’or, elle les prit une à une, les admira et dit : « Je vous les achète. » Mais le fidèle Jean répondit : « Je ne suis que le serviteur d’un riche marchand. Ce que je vous montre ici n’est rien en comparaison de ce qu’il transporte à bord de son navire. – Alors qu’il apporte ici toute sa cargaison, ordonna la princesse. « Cela demanderait des jours et des jours, répondit Jean, et votre palais, si grand qu’il soit, ne l’est pas assez pour contenir tant de merveilles. » Ces mots ne firent qu’exciter davantage la convoitise de la princesse qui demanda à Jean de la conduire jusqu’au bateau.
C’était tout ce qu’il demandait.
Le roi, quand il vit paraître la princesse, la trouva plus belle encore que son portrait. Il la fit descendre dans la calle de son navire où sur des brocarts tissés d’or, il avait disposé des coffres débordant de bijoux, de coupes, de figurines et de chandeliers. Tout était de l’or le plus pur, et les fines ciselures brillaient dans l’ombre.
Pendant que la princesse était absorbée dans la contemplation des merveilles que le roi lui montrait, Jean était remonté sur le pont. Il fit lever l’ancre. Plusieurs heures s’écoulèrent avant que la princesse eut achevé de tout admirer. Quand elle remonta sur le pont, la nuit était venue, elle vit les voiles gonflées,sentit le vent du large dans ses cheveux ; l’île du Castel d’Or n’était plus qu’un fil à peine visible à l’horizon. Elle se mit en colère :  «Vous n’êtes pas des marchands ! Vous êtes de pirates ; vous m’avez prise au piège ! Où m’emmenez-vous ? »
Le jeune roi lui prit la main : « Rassurez-vous princesse ; je ne suis pas un marchand. Je suis roi, mon père était roi, je suis donc votre égal. Il est vrai que j’ai agi par ruse, mais vous savez bien qu’aucun de vos prétendants n’a pu quitter l’île du Castel d’Or. Je vous aime depuis que j’ai vu votre portrait et je vous veux pour épouse. Si vous refusez, je vous ramènerai chez votre père, puis je saborderai mon navire, car je ne peux vivre sans vous. »
Devant tant de passion ; le cœur de la fière princesse s’adoucit ; elle regarda mieux celui qu’elle prenait pour un marchand et comme il avait bonne tournure, elle accepta de le suivre et de devenir sa femme.
Le navire retournait à son port dans le calme et la joie. Hors, un jour qu’il jouait de la flûte sur le pont, le fidèle Jean vit voler trois corbeaux. Ils croassaient et Jean, qui savait le langage des oiseaux les écouta. Le premier dit : « Notre roi croit avoir conquis la princesse du Castel d’Or.- Il n’est pas au bout de ses peines, dit le second ! » Et le troisième renchérit : « Bien des épreuves l’attendent ! » Le premier corbeau reprit : « Dès qu’il touchera le port, il verra bondir vers lui un cheval couleur de feu ; il voudra l’enfourcher, mais s’il le fait, le cheval l’emportera dans les airs et jamais plus il ne verra celle qu’il aime. – Il y a pourtant, dit le second corbeau, un moyen d’éviter ce malheur.- Oui, dit le troisième ; il y a dans les étuis de la selle un pistolet ; le roi doit le prendre et abattre la bête, s’il veut être sauvé. Mais qui peut le savoir ? Et si quelqu’un le savait et le répétait, il serait aussitôt changé en pierre depuis les pieds jusqu’aux genoux. » Le premier corbeau reprit alors la parole : « Ce n’est pas tout, même si le roi triomphe de cette épreuve, il n’aura pas pour autant conquis son épouse : quand la princesse entrera au palais, elle y trouvera une robe de mariée si belle qu’elle voudra aussitôt la porter; cette robe est imprégnée d’un poison qui la fera périr dans d’atroces souffrances. – Pourrais-t-on la sauver ? interrogea le deuxième. – Il n’est qu’un moyen : mettre des gants de cuir et jeter la robe avant que la princesse l’aie touchée. Mais qui fera cela ? Personne ne le sait, personne ne peut le deviner et quiconque en parlerait, serait changé en pierre des genoux jusqu’au cœur. »
Le fidèle Jean écoutait en silence ; le troisième corbeau ajouta :  « Je sais encore une autre chose : si le roi échappe au cheval de feu, si la reine évite la robe empoisonnée, ils n’éviteront pas l’épreuve du bal. C’est là que la jeune reine perdra connaissance ; pour la sauver, il faudrait prendre trois gouttes de sang à son poignet droit et les jeter au loin ; mais elle mourra car si quelqu’un le savait, si quelqu’un le répétait, il serait aussitôt changé en pierre des pieds jusqu’à la tête. »
Les trois corbeaux s’envolèrent, laissant Jean bien abattu puisqu’il ne pouvait sauver les jeunes mariés sans se retrouver pétrifié. Quand le bateau accosta, tout se passa comme l’avaient dit les corbeaux. Le cheval à la robe de feu galopait sur la plage et le roi le trouva si beau qu’il voulut aussitôt le monter. Jean n’eut que le temps de sauter aux naseaux de la bête, de prendre le pistolet dans les fontes et de l’abattre. L’entourage du roi jalousait Jean pour la confiance que lui faisait le roi. Ce fut un tollé !:  « Quelle pitié de voir un si bel animal abattu ! Pourquoi priver les écuries royales d’un si bel ornement ? »
Le roi bien que surpris fit cesser la rumeur : « Jean est mon fidèle serviteur ; tout ce qu’il fait est bien fait ! » Les jaloux, déçus, durent se taire. Mais un cortège se formait ; des cris de joie, des acclamations accompagnèrent le roi et la princesse jusqu’au château. Et là, bien en vue, dans la première salle, la robe magnifique, tissée d’or et d’argent, brodée de perles et de pierreries , rutilait. Le roi allait la prendre pour l’offrir à sa fiancée quand le fidèle Jean, ganté de cuir, saisit la robe et la jeta dans le feu ; de hautes flammes bleues s’élevèrent tandis qu’un odeur épouvantable se répandait dans tout le château, montrant assez que la robe était maléfique. Ce qui n’empêcha pas les courtisans ennemis de Jean, de crier qu’il était devenu fou pour brûler ainsi la robe de la mariée. Et le roi dit encore : « Jean est mon fidèle serviteur ; tout ce qu’il fait est bien fait. ». Il commençait pourtant à se demander pourquoi Jean l’avait privé d’un coursier qui aurait été l’honneur de ses écuries et pourquoi il avait brûlé un robe si belle que pas un artisan du royaume n’aurait pu coudre sa pareille .
Et vint le jour du mariage ; ce fut une magnifique cérémonie, suivie d’une grande soirée où était invitée toute la cour. La mariée ouvrit le bal ; Jean ne la quittait pas des yeux ; il espérait encore que les corbeaux avaient menti, quand il la vit pâlir et s’affaisser sur le sol , blanche comme une morte. On criait, on s’affolait, on s’agitait ; Jean très calme écarta tout le monde, prit la mariée dans ses bras et l’emporta dans la chambre royale ; il l’étendit sur le lit,prit son poignard à sa ceinture, lui piqua le poignet et fit jaillir trois gouttes de sang qu’il jeta au loin. Cette fois, le roi n’eut pas besoin des courtisans pour se mettre en colère. De quoi se mêlait Jean ? Il y avait à la cour assez de médecins pour soigner la reine ! Il commençait à se méfier, le roi : Jean avait tué le cheval, brûlé la robe, que voulait-il faire à la reine ? Il ordonna qu’on le jette en prison. 
Le reine, revenue à elle intercéda pour Jean, mais en vain ; il fut condamné à être pendu. Il accepta la sentence mais demanda seulement un dernière grâce, que le roi lui accorda.
Il raconta alors la conversation des corbeaux et expliqua pourquoi il avait du agir ainsi qu’il l’avait fait. Le roi s’élança vers lui : « Comment ai-je pu douter de toi mon fidèle Jean ! Gardes ! qu’on lui rende la liberté. Pourras-tu jamais me pardonner ?. »
Jean ne répondit pas ; il était changé en statue de pierre. Le roi en conçut un affreux chagrin ; son fidèle serviteur s’était sacrifié pour sauver sa vie et celle de la reine, et lui, l’avait condamné à mort. La reine ordonna que Jean devenu statue fut mis à la place d’honneur dans la plus belle salle du château. Il y resta dix ans. Le roi et la reine, gouvernèrent sagement leur royaume, eurent trois enfants, mais ils gardaient toujours le remord d’avoir injustement traité leur plus fidèle serviteur.
Un soir, le roi assis à sa fenêtre, vit voler trois corbeaux et fut bien surpris de comprendre leur langage. Le premier dit : « Voilà dix ans que le fidèle Jean est figé immobile et sans voix. – Le roi et la reine pourraient lui rendre la parole, dit le second, mais ils ne voudront jamais. – Hélas non, reprit le troisième, car il leur faudrait pour cela, abandonner toutes leurs richesses et en faire don aux pauvres. – Mais à ce prix, Jean ne recouvrerait que la parole et la vue. – C’est que pour faire aussi battre son cœur, il leur faudrait renoncer à la couronne et au trône et cela, ils ne peuvent y consentir. – D’ailleurs de quoi lui serviraient la vue et la parole, puisqu’il qu’il ne pourrait toujours pas bouger ?-  Pour le rendre tout entier à la vie, il faudrait un sacrifice bien plus grand encore. – Accepteront-ils , pour sauver celui qui les a sauvés trois fois, de quitter le royaume et de partir avec leurs enfants, tels des mendiants, nu-pieds et la besace au dos et d’errer par les chemins ?. – Hélas, hélas, ils n’accepterons jamais, coassèrent ensemble les trois corbeaux et ils s’en furent à tire d’aile.
Le roi courut dans les appartements de la reine. Un heure plus tard, un héraut parcourait la ville, appelant tous les pauvres à se rendre au château ; on donna à chacun une part égale du trésor royal… et la statue de pierre tourna la tête, ouvrit les yeux et sa bouche put enfin prononcer les derniers mots qui s’étaient figés dans sa bouche : « J’ai tenu la promesse faite au roi votre père. »
Le monarque, heureux d’entendre à nouveau la voix de son fidèle Jean signa joyeusement son acte d’abdication. Le cœur de la statue se mit à battre et Jean dit : « Sire, ne vous dépouillez pas pour moi.- Je ne puis faire moins pour toi que tu n’as fait pour moi, répondit le roi. »
Il quitta ses habits de roi, se vêtit en mendiant et suivi de sa femme et de ses enfant, s’en fut par les chemins, nu-pieds et la besace au dos. Jean voulut le retenir mais il était cloué au sol par ses jambes de pierre. Et le roi, sans l’écouter s’en allait . Alors la force de son amour fut telle qu’elle l’emporta sur l’inertie de la matière et l’on vit Jean marchant lourdement sur ses jambes de pierre, traverser le palais, la cour, franchir la grille et se jeter aux genoux du roi pour le supplier de rester.
« Tu es mon fidèle Jean dit le roi, tout ce que tu veux, je le veux. »
Il reprit son trône et sa couronne ; le trésor resta vide et les jambes de Jean de pierre. Mais à travers le temps et à travers le monde, jamais ne se vit règne plus heureux que celui de ce roi et de son fidèle serviteur.

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vendredi 10 janvier 2014

La Terre a mal


"Les blancs se moquent de la terre, du daim ou de l'ours. Lorsque nous, Indiens, chassons le gibier, nous mangeons toute la viande. Lorsque nous cherchons les racines, nous faisons de petits trous. Lorsque nous construisons nos maisons, nous faisons de petits trous. Lorsque nous brûlons l'herbe à cause des sauterelles, nous ne ruinons pas tout. Nous secouons les glands et les pommes de pin des arbres. Nous n'utilisons que le bois mort. L'homme blanc, lui, retourne le sol, abat les arbres, détruit tout. L'arbre dit: "Arrête, je suis blessé, ne me fais pas mal." Mais il l'abat et le débite. L'esprit de la terre le hait. Il arrache les arbres et ébranle jusqu'à leurs racines. Il scie les arbres. Cela leur fait mal. Les Indiens ne font jamais de mal, alors que l'homme blanc démolit tout. Il fait exploser les rochers et les laisse épars sur le sol. La roche dit: "Arrête, tu me fais mal." Mais l'homme blanc n'y fais pas attention. Quand les Indiens utilisent les pierres, ils les prennent petites et rondes pour y faire leur feu... Comment l'esprit de la terre pourrait-il aimer l'homme blanc?... Partout où il la touche, il laisse une plaie."

Femme WINTU (Californie)

mercredi 8 janvier 2014

Revisons nos classiques alm

Le Chat Botté (d'après Perrault)
A la mort de son père,un garçon avait reçu pour tout héritage un chat ; ce dont il était bien marri. L’aîné avait eu le moulin, le second hérita de l’âne et pour lui, le dernier, ne restait que ce chat. Et il savait bien que ses frères n’allaient pas le nourrir juste pour qu’il envoie son chat à la chasse aux rats et aux souris. Aussi que faire d’un chat ? un bonnet de sa peau ? Il y songeait, le mauvais bougre !

Alors le chat lui dit (tous les chats savent parler, s’ils ne le font pas c’est qu’ils savent bien que nous ne les écoutons pas)…
Donc, le chat lui dit : « Un bonnet de ma peau ne vous fera que quelques hivers, alors que vivant, mon maître, je puis faire votre fortune.
-Ma fortune, dit le garçon dans un tel marasme qu’il ne s’étonnait même plus d’entendre son chat parler, ma fortune ? et comment ?
- Employez mon maître, les quelques pistoles qui vous restent… si, si, ne hochez pas la tête, il vous en reste… employez-les vous dis-je à me faire faire une paire de bottes, et vous verrez…
Le garçon et son chat s’en furent à la ville voisine, entrèrent dans l’échoppe d’un cordonnier qui ne s’étonna guère de l’étrange commande qu’on lui passait. Les cordonniers sont artisans dotés de grands pouvoirs, nombre de contes l’attestent. Celui-ci réalisa la plus élégante petite paire de bottes qu’on puisse imaginer.
Notre Minet, équipé de la sorte, demanda en outre à son maître un sac et une corde pour le lier  (Le sac, bien entendu!) Pour quelques rats et souris exterminés, il obtint du meunier une mesure de grains, puis il s’en fut dans les bois. Là, il disposa le sac ouvert, l’ouverture entourée de la corde ; il fit des grains un chemin qui se terminait dans le sac, puis tenant l’extrémité de la corde, il s’alla musser, invisible , dans un fourré.
Le roi de ce pays était gourmand de gibier, de perdrix surtout dont il raffolait. Cette année-là par malheur, une épidémie avait décimé la volaille, tant celle des basse-cour que celle des champs et des bois. La perdrix se fit rare et manqua bien souvent à la table royale. Notre rusé minet le savait. Quelques perdrix rescapées rencontrèrent pour leur malheur les grains de blé disposés par lui. Piquant et picorant les unes derrière les autres, elles suivirent leur gourmandise jusqu’au fond du sac. Quand la dernière y fut entrée, le chat tira sur la corde et jeta les prisonnières sur son épaule. Ôtant ses bottes qui le gênaient un peu, il galopa jusqu'à la cour d’honneur du palais royal. Quand il eût montré ses perdrix, il obtint sans peine une audience.
« Voici, Majesté, dit-il en s’inclinant bien bas, quelques perdrix des chasses de mon maître, le marquis de Carabas. »
Le roi, les papilles en émoi, remercia du présent en emplissant d’or le sac vidé de ses perdrix. Le chat fit une nouvelle révérence et s’en retourna vers son maître qui caressa son favori, assurant que les bottes étaient remboursées au centuple.
« Cela ne suffit pas, mon maître, dit le chat. Quand vous aurez dépensé tout cet or, vous ne serez pas plus avancé qu’hier. Je tiens moi, à assurer votre avenir, qui est aussi le mien.
Au garçon étonné, il conseilla de s’aller baigner nu dans la rivière voisine, puis il cacha ses vêtements sous un buisson. Bientôt, il entendit le galop de chevaux tirant un carrosse. Ce malin avait ouï dire, quand il était au palais, que le roi allant visiter ses terres passerait le long de cette rivière. Dès que le carrosse fut en vue, il se dressa au milieu de la route, criant de tous ses poumons :
« Au secours ! au secours ! mon maître le marquis de Carabas est victime de brigands : ils lui ont pris ses vêtements et l’ont jeté à la rivière… Au secours ! au secours ! mon maître se noie ! »
En entendant le nom de celui qui lui avait offert des perdrix, le roi fit arrêter son équipage et ordonna à ses gens de repêcher le « marquis ». Comme la tenue dans laquelle il se trouvait n’était guère convenable pour les yeux de la princesse qui accompagnait son père, on l’enveloppa d’une couverture, tandis qu’un serviteur galopait jusqu’au château pour y chercher des vêtements. La fille du roi avant de détourner pudiquement ses regards, avait eu le temps de voir que ce jeune homme était fort bien fait, aussi était-elle ravie de l’aventure.
Pendant ce temps, le chat en quelques enjambées avait gagné des prés où des faucheurs coupaient du foin.
« A qui sont ces prés bonnes gens, demanda-t-il ?
-Ils sont à notre seigneur le sorcier qui vit dans ce château, là-haut sur la colline.
-Bien, le roi va passer tout à l’heure. Craignez la colère de votre maître si vous ne dites pas, quand on vous le demandera, qu’il est le marquis de Carabas.
Quand passa le carrosse du roi dans lequel la princesse et le « marquis » se regardaient tendrement, les faneurs ne manquèrent pas de dire que ces prés étaient à monsieur le marquis de Carabas.
Le chat était parti devant. Des moissonneurs dans les champs, liaient le blé en gerbes. Comme auparavant, il demanda à qui étaient les champs. Comme ils appartenaient également au terrible seigneur de la colline, il renouvela son avertissement et quand le roi passa, il apprit que toute cette moisson allait dans les granges du marquis de Carabas qu’il regardait avec de plus en plus de considération.
Toujours devançant la suite royale, le chat somma des bûcherons de dire que les bois aussi étaient au marquis de Carabas et le roi se mit à penser que cet homme-là était donc bien riche.
Enfin le chat entra dans le château de la colline où tout était en grand arroi car le redoutable seigneur attendait d’autres sorciers de ses amis pour on ne sait quel sabbat et il comptait bien festoyer avec eux. Quand le chat parut devant lui, il fronça le sourcil qu’il avait fort noir et touffu, lui jeta un regard perçant, et demanda d’une voix terrible que venait faire là ce chat étrangement chaussé.
«Monseigneur, lui dit hardiment le félin, je suis comme vous magicien et voyez, comme je me déplace sur mes pattes arrière.  Je sais nombre de tours, mais on m’a vanté vos pouvoirs que les miens je le crains ne sauraient égaler. On m’a dit que vous aviez celui de vous changer en toutes sortes d’animaux, même les plus gros. Mais vous ne pourriez pas , je pense, vous changer en éléphant ?
« En éléphant, en ours ou bien en lion, rien ne m’est impossible !
Et pour montrer son pouvoir, le sorcier aussitôt devint pachyderme. De crainte de se faire marcher sur les bottes, le chat sauta sur la table dressée pour un festin. Ce que voyant, le maître des lieux, pour le faire descendre, se changea en lion. Le chat se réfugia sous un fauteuil et d’une voix tremblante continua :
« Certes, certes, vous semblez bien terrible ! aussi je pense que vous ne consentiriez jamais à prendre l’apparence d’un animal inoffensif, d’un animal minuscule… une souris, par exemple ?
-Rien ne m’est impossible, ne l’as-tu pas compris ?
Il secoua orgueilleusement sa crinière et se changea en une souris, sur laquelle se jeta le chat. Sans prendre le temps de s’en amuser comme il avait coutume de faire, il la croqua, l’avala et courut sur le perron pour recevoir son maître qui fit au roi les honneurs de son nouveau château.
Enchanté de voir sa fille éprise d’un aussi riche seigneur, il accorda sa main au marquis de Carabas qui plus tard, devint roi à la suite de son beau-père.
On proposa au chat différents ministères ; les finances, les affaires étrangères, premier ministre même.
Il refusa, rangea ses bottes et passa le reste de ses jours, à faire la sieste au soleil, à jouer et croquer quelques souris, à rêver d’attraper une hirondelle, à méditer et profiter de la vie et du temps qui passe, comme font la plupart des chats.

lundi 6 janvier 2014

Vampires


Le danger avec les vampires, c’est que bien souvent on ne peut pas les distinguer des gens ordinaires ; certains, qui préfèrent vivre la nuit,  en font peut-être partie. L’humanité parviendra-t-elle à s’en débarrasser ?


Du Sang- Fredric BROWN

Dans leur machine à temps, Vron et Dreena, les deux derniers survivants de la race des vampires, fuyaient vers l’avenir pour tenter de survivre. Se tenant les mains, ils se réconfortaient l’un l’autre, essayant d’oublier leur peur et leur faim.
C’est au vingt-deuxième siècle que l’humanité les avait démasqués, découvrant que la légende des vampires vivant cachés parmi les hommes n’était nullement une légende. Un immense pogrom avait permis de débusquer et exterminer tous les vampires, sauf ce couple qui, justement, travaillait à la mise au point d’une machine à voyager dans le temps et put s’en servir à temps. Ils fuyaient donc vers l’avenir, vers un avenir suffisamment lointain pour que le mot même de « vampire » y fût depuis longtemps oublié, et dans lequel ils pourraient recommencer à vivre cachés, et reconstituer l’espèce par leur descendance.
« J’ai faim, Vron… atrocement faim.
- Moi aussi, ma Dreena chérie. Nous allons bientôt essayer encore de nous arrêter. »
Quatre fois déjà ils s’étaient arrêtés, et chaque fois ils avaient de peu échappé à la mort : leur existence n’était pas oubliée. Au dernier arrêt, à un demi-million d’années déjà, ils avaient trouvé la civilisation devenue une chiennerie, au sens propre du mot : l’espèce humaine avait disparu, l’espèce dominante était celle des chiens. Et les vampires avaient pourtant été aussitôt reconnus pour ce qu’ils étaient. Ils avaient pu faire un repas, un seul, du sang d’une tendre vierge levrette, mais une meute s’était lancée à leurs trousses et il leur avait fallu fuir vers leur machine, et repartir, toujours plus loin vers l’avenir.
« Tu es gentil de t’arrêter, Vron… soupira Dreena.
- Ne me remercie pas, dit Vron d’une voix tragique. Nous sommes au bout du rouleau. Nous n’avons plus de combustible, et il ne sera plus question d’en trouver au point de l’avenir où nous en sommes, tous les corps radioactifs seront devenus du plomb. Ou nous trouverons des conditions de survie ici, ou c’est la fin. »
Ils se posèrent, et partirent explorer. Dreena fut la première à apercevoir un être vivant se dirigeant vers eux :
« Regarde ! dit-elle. Un être inconnu ! Il n’y a plus de chiens et c’est une autre espèce qui leur a succédé. Nous avons sûrement été oubliés. »
L’être vivant qui approchait avait le don de télépathie :
« J’ai entendu vos pensées, dit sa voix résonnant dans la cervelle de Vron et Dreena. Vous vous demandez si nous savons ce qu’est un « vampire ». Je dois vous dire que nous n’en savons rien. »
Dreena serra le bras de Vron, sans cacher sa joie :
« Nous sommes libres ! Nous allons pouvoir manger !
- Vous vous demandez aussi, résonna la voix, l’origine de mon espèce. Je peux vous dire que la seule vie existant actuellement est végétale. Moi, qui appartient à l’espèce dominant sur la création, je descend de ce que l’on appelait jadis les navets. »

jeudi 2 janvier 2014

Les Mille et Une Nuits récap 25


Les mille et une nuits02/012014

Le sultan Shahriar, intransigeant sur le chapitre de la fidélité – celle de ses épouses ; la sienne, c’est une autre histoire - avait imaginé pour leur éviter tout risque de tentation de les faire mettre à mort au lendemain de la première nuit de noces.
De cette manière, il vint un jour à bout de toute femme épousable dans son royaume. Il ne restait que les deux filles d’un de ses ministres : Shéhérazade et sa sœur, Dinarzade. Leur père épouvanté, imagina de leur faire prendre la fuite, mais Shéhérazade refusa. Il était temps di-elle de faire cesser un massacre qui finirait par priver d’enfants le royaume. Elle se sentait capable de se faire aimer du sultan et de le captiver assez pour lui faire oublier sa haine des femmes.
Au soir de ses noces, après avoir imaginons-le, fait en sorte de procurer à son époux une bienheureuse lassitude, alors qu’il était dans un demi-sommeil, elle commença une histoire ; un conte, si merveilleux, si captivant et si long aussi, que l’aube venue, Shahriar qui voulait en connaître la fin, fit reporter au lendemain le supplice prévu.
La nuit suivante, le conte était achevé bien avant l’aube et Shéhérazade en commença un autre et ainsi de suite pendant mille et une nuits, à l’issue desquelles le sultan amoureux renonça à faire exécuter la belle et habile conteuse.
Et nous devrions tous, conteurs et conteuses, conter à la manière de Shéhérazade, conter comme si notre vie en dépendait et pas seulement la nôtre. Car la sultane, certes devait sauver sa tête, mais celle aussi de Dinarzade sa sœur , celle de toutes les femmes et sauver aussi le royaume menacé de ruine par la dangereuse lubie de son souverain. Oui, c’est ainsi qu’il faut conter ; dans cette urgence, au bord de ce péril dont seul le conte peut nous tirer et nous hériterons alors du talent de Shéhérazade la plus grande conteuse de tous les temps.
Oh, mais… me direz-vous, Shéhérazade n’a pas existé, Shéhérazade est elle-même un personnage de conte.
Qu’en savez-vous ? Qu’en savons-nous.
Quand au début du XVIII° siècle , Antoine Galland rapporte d’Orient les Contes de Mille et une Nuits, il ne le dit pas, mais ces contes merveilleux, ne les tient-il pas de la sultane elle-même, une sultane  cachée par le moucharabieh et dont il n’a entendu que la voix mélodieuse.
Il ne le dit pas… aussi , nous pouvons l’imaginer….

mardi 31 décembre 2013

Le Fée des Neiges

Faites attention si vous avez envie d'éternuer ces jours-ci. Vous pourriez faire apparaître Sniegourotshka (à vos souhaits!), la fille du Père Noël, s'imaginant que vous l'avez appelée pour recevoir un cadeau. Ce qui lui serait funeste car elle est faite entièrement de neige. Pour cette raison, elle vit principalement en Russie pendant l'hiver.
Couronnée de glace, elle accompagne son père dans un traîneau tiré par trois fougueux coursiers.
Ils remplacent pour cette tournée les rennes restés en Laponie pour prendre un peu de repos.

lundi 30 décembre 2013

La Dame Blanche



Promeneur nocturne qui , pendant les douze nuits qui séparent Noël de l’Epiphanie, parcourez les chemins déserts, peut-être rencontrerez-vous une femme étrange, vêtue de blanc, à la chevelure aussi pâle que ses cheveux. Immobile et silencieuse, telle une statue de givre, elle hante les lieux  où elle a péri, assassinée. Ne lui parlez pas et l’embrassez encore moins, vous deviendriez  fantôme comme elle.

Pourtant, ne craignez pas la Dame Blanche : quand elle se montre aux humains, c’est pour les avertir qu’un danger les guette. Aussi passez votre chemin et remerciez-là puisque grâce à elle c’est avec circonspection que vous aborderez l’année nouvelle.

dimanche 29 décembre 2013

Magie + almanach 2024


Qu'on puisse ou non expliquer la magie en se servant de chiffres romains, quelle importance cela peut-il avoir, du moment que la magie fonctionne?
Charles BEAUMONT - La Jungle

samedi 28 décembre 2013

Certains hivers sont tellement difficiles

l y a abondance d'animaux quand trop d'insultes à la nature n'ont pas été proférées sur terre,mais le mal aussi peut arriver. La situation devient difficile dans le camp. Quand ça devient vraiment dur, on commence à s'inquiéter. Où trouver à manger? Si plusieurs jours passent sans qu'on prenne rien, les chasseurs doivent se réunir et décider que faire. Parfois quelqu'un apporte son tambour dans une hutte et s'en sert pour implorer de l'aide. Avec son tambour il demande aux animaux leur aide. Ou alors il nous faut partir plus loin, et plus loin encore. Au-delà des limites mêmes de notre territoire de chasse. Il nous arrive de partir pour plusieurs jours et on ne sait plus ce qui se passe à la maison. Que mangent-ils là-bas? Ont-ils é
té chanceux avec leurs pièges? Cette inquiétude vous accompagne quand vous quittez le camp pour aller chasser; 
mais parfois elle rend les choses bien pires.


Voilà: je vais vous raconter, je me souviens d'une fois vraiment très dure. On était cinq, partis chasser loin du camp, et pendant plusieurs jours  on n'avait rien attrapé. Bien sûr, ça nous était déjà arrivé quand je chassais avec mon père. Mais cet hiver là était pire que tous les autres. Nous étions vraiment très loin du camp et l'un des hommes a dit:" voici venue notre mort." Mais un autre chasseur se mit alors à raconter quelque chose. Il commença à nous raconter une histoire.....

vendredi 27 décembre 2013

L'aventure de la soeur du mouton qui a peur de son ombre

Une histoire réalisée à l'aide de "story cubes" et d'une classe de CE1


Les figures à utiliser sont : 
ombre
Mouton,
Immeuble (maison, appartement)
Lune
Point d’interrogation
Arbre
Fontaine
Poisson
Pyramide
Tortue
Abeille
Clef
Cadenas
Pont
Tour
Ronflements
Deux jeunes moutons, Agno et Agnèle, vivent tranquilles dans un pré, le long d’une rivière ? Chaque soir ils rentrent dans leur étable (appartement) pour dormir.
Une nuit de pleine lune, Agno s’éveille et voit une ombre qui lui fait peur.
C’est le loup ! Il se sauve en courant.
Au matin, Agnèle ne voit pas son petit frère. Elle sort, elle l’appelle, elle cherche partout. Où est-il passé ?(point d’interrogation).
Une abeille vole sous le nez d’Agnèle. D’abord elle la chasse, mais comme l’abeille insiste, elle la suit.
L’abeille la guide jusqu’au pont. Agnelle traverse, sur l’autre rive il y a la forêt (arbre). Agnèle n’y est jamais allée ; elle a un peu peur, mais elle veut retrouver son petit frère. Elle marche longtemps et enfin arrive dans une clairière où se trouve une fontaine et juste à côté, une grosse pierre noire en forme de pyramide.
Agnelle a très soif ; elle boit l’eau de la fontaine. Elle sent quelque chose qui frétille dans sa bouche ; elle recrache. C’est un petit poisson tout en or.
« Merci de ne pas m’avoir avalé, dit le poisson. Puis-je faire quelque chose pour toi ? (point d’interrogation).
« Je cherche mon petit frère dit Agnèle. L’aurais-tu vu passer ? »
« Je ne l’ai pas vu, dit le poisson d’or. Mais on va demander à la Tortue. Du fond de sa carapace, elle voit tout et sait tout. »
Stupéfaite, Agnèle voit la pyramide noire bouger ; il en sort une tête et quatre pattes.
« Je sais où est Agno, dit la Tortue et je peux te mener jusqu’à lui, si tu acceptes de monter sur mon dos et d’y rester tranquille, sans bouger, sans poser de questions (point d’interrogation), jusqu’à ce que je te dise que nous sommes arrivées. »
Agnèle accepta ; mais la tortue allait lentement, si lentement qu’Agnèle, impatiente d’arriver, avait bien du mal à se tenir tranquille et silencieuse.
Enfin elles arrivent au pied d’une tour.
« Ton frère est là , dit la Tortue, ma mission est terminée »
Agnèle la remercia et se mit à chercher Agno. Soudain par une fenêtre, elle entend des ronflements.
C’est Agno, qui ronfle comme ça ; elle a l’habitude. Il est dans la tour, mais la porte est fermée à clef.
« Agno ! Agno ! Ouvre… qu’est-ce que tu fais là ? »
« Le loup m’a poursuivi, alors, je me suis enfermé dans la tour ! »
« Que tu es sot ! Il n’y a pas de loup : c’est ton ombre que tu as vu ! ouvre cette porte et rentrons chez nous ! »
Agno a mis la clef dans le gros cadenas ; il a ouvert la porte et embrassé sa sœur.
Agno et Agnèle, ont pris un raccourci et sans traverser à nouveau la forêt, ils ont passé le pont et sont rentrés chez eux.

Agno aura appris à ne pas s’effrayer pour rien et Agnèle sait maintenant qu’en observant et respectant même les plus petits animaux, en étant patiente et en se tenant tranquille, on finit par trouver ce qu’on cherche.

Les Chouchous