dimanche 6 octobre 2013

Saint Denis


A la Saint Denis,
Le vent se marie à minuit


Image : Maître de Messkirch, 1530, Stuttgart.


Si, vous promenant dans Paris, il vous venait l’envie –pourquoi pas ?- de mettre vos pas dans ceux de Denis son ancien évêque, il vous faudrait démarrer de la pointe de l’île de la Cité, emprunter la rue St Denis, justement, obliquer à gauche sur le boulevard Bonne Nouvelle pour rejoindre la rue des Martyrs qui est la dernière section d’un très vieux chemin qui, par les rues Montmartre et rue du faubourg Montmartre, conduisait de Lutèce au Sanctum Martyrium sur la butte Montmartre, où Denis , Eléuthère et Rustique furent décapités.
L’histoire ne sait à peu près rien de Denis ; ni d’où il venait, ni où et quand il mourut, ni si Eléuthère et Rustique étaient ses compagnons. Certains avancent  que son martyre eut lieu probablement en l’an 256.
Jacques de Voragine au XIII° siècle,  en revanche, est bien plus disert dans sa « Légende Dorée ». Il nous informe que Denis l’Arèopage, ainsi nommé parce qu’il vivait à Athènes dans la quartier consacré à Arès le dieu des combats était un philosophe.
Converti par St Paul et chargé par lui du diocèse de Paris, il fut condamné à mort par les Romains pour avoir refusé de renier le Christ.  Torturé et mis sur le gril,  à la pointe de l’île de la Cité, il devait finalement être décapité devant le temple de Mercure situé sur une butte qui est devenue Montmartre, le Mont des Martyres. Ses compagnons, Eléuthère et Rustique l’accompagnèrent au supplice  par le chemin qui est maintenant la rue des Martyres . Les soldats chargés de l’exécution fatigués de grimper, probablement, s’arrêtèrent à l’emplacement de l’actuelle rue Antoinette pour procéder à l’exécution.
Sa tête à peine tombée, Denis la ramassa, monta jusqu’en haut de la butte et la lava soigneusement dans une source : l’actuelle fontaine St Denis, rue Girardon, puis il redescendit la butte sur l’autre versant et continua son chemin, la tête sous le bras pendant environ six kilomètres. Il tomba et expira chez Catulla, une veuve pieuse qui l’ensevelit  en un lieu où plus tard Ste Geneviève éleva un oratoire qui grandit et devint l’actuelle basilique St Denis.

2 commentaires:

manouche a dit…

Quel intéressant rappel historique.
Sainte Quitterie faisait aussi partie de ces martyres décapités qui marchaient en portant leur tête sur leurs mains.

almanachronique a dit…

Il y en a d'autres encore.
L'intérêt serait de savoir la signification de ce type de martyre.
Pourquoi le décapité, se promène avec sa tête sous le bras? Il y a certainement une raison profonde. Si quelqu'un sait... à lui (ou elle ) la parole...