lundi 14 janvier 2013

Courrier du coeur




Lettre de Napoléon à Joséphine

Camp de Boulogne, le 25 thermidor, an XIII


J’ai voulu savoir comment on se portait à la Martinique. Je n’ai pas souvent de vos nouvelles. Vous oubliez vos amis ; ce n’est pas bien. Je ne savais pas que les eaux de la Plombières eussent la vertu du fleuve Léthé.
Il me semble que c’est en buvant ces eaux de Plombières que vous disiez : «Ah ! Bonaparte, si je meurs, qui est-ce qui t’aimera ?» Il y a bien loin de là, n’est-ce pas ? Tout finit, la beauté, l’esprit, le sentiment, le soleil lui-même ; mais ce qui n’aura jamais de terme, c’est le bien que je veux, le bonheur dont jouit… et la bonté de ma Joséphine. Je ne serai pas plus tendre si vous en faites des risées.
Adieu, mon amie, j’ai fait hier attaquer la croisière anglaise ; tout a bien été.



1 commentaire:

jp a dit…

ça, c'est une belle définition de l'amour.

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...