mardi 9 octobre 2012

Priez pour nous...


 

"Célébration du fils, le christianisme n’avait jamais été, à l’image du judaïsme, qu’une religion du père, c'est-à-dire de la dureté et de la rigueur, et l’une des raisons de son échec venait de n’avoir pas su exposer sur ses autels, au même rang, l’adoration de la mère, c’est-à-dire la tolérance et la bonté. Mais puisque le martyre du fils n’avait pas suffi à racheter la barbarie du meurtre voulu par le père, il fallait non seulement destituer ce dernier, mais en outre déclarer l’incapacité de la mère qui n’avait su protéger ni le fils de Dieu ni le fils de l’homme, femme-esclave elle aussi, épouse-servante à jamais effacée sous ses voiles de deuil. Si nous nous trouvons à la charnière des temps, c’est que le fils, dans l’invisible est devenu majeur. Il a détruit en lui l’illusion d’une mère secourable, d’une mère-refuge, et il vient d’accéder à lui. A la place de cette mère menteuse, la vraie femme, l’éternelle fiancée, ou plutôt l’Amante souveraine, dont la beauté ne passera pas, celle dont le christianisme a hypocritement gommé l’image sous le culte obscur de la vierge-mère, il ne célèbre de la femme que les deux états qui la nient."

Raymond Abélio

2 commentaires:

manouche a dit…

La vierge, la mère, deux états qui nient la femme, remarquable constatation.

le cobaye a dit…

pas mal, comme analyse.

Rimes à rien...

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