vendredi 19 octobre 2012

Dyonisos


Sémélé était  mortelle ; une mortelle imprudente. Aimée de Zeus,  il lui vint désir de contempler son amant dans toute sa gloire. Or nul ne pouvait regarder le Roi des Dieux sans y laisser sa vie. Lui, dans l’émerveillement et l’innocence d’un amour tout neuf, avait juré par le Styx – le terrible serment qui ne peut se rompre – d’accorder à Sémélé tout ce qu’elle lui demanderait. Cruel dilemme ! Contraint par son serment et en dépit de sa douleur, Zeus apparut à son amante, environné d’éclairs et dans le fracas du tonnerre. Sémélé en mourut de frayeur, tout en mettant au monde un enfant.  Zeus  confia l’orphelin dont il était le père  à son fidèle Hermès.  Le Messager l’emporta jusqu’en Mauritanie où il chargea les filles du roi Atlas,  d’élever l’enfant.


Le jeune  Dyonisos grandit, heureux, choyé par ses nourrices qu’il  voulu plus  tard, devenu dieu, rendre immortelles. Il en fit des étoiles,  les Hyades qu’on peut toujours admirer au firmament.
Le temps venu pour lui de s’instruire, Hermès et Zeus lui envoyèrent les Muses. Son précepteur ensuite, fut  le vieux Silène. Il était gros, il était gras, buveur impénitent Voyez-le, toujours assis sur un tonneau et coiffé de pampres de vigne ; Sans cesse, la coupe qu’il tient en main se remplit, et sans cesse, Silène la vide. Quand il veut se déplacer, il quitte son tonneau et écrase de son poids le malheureux âne sur lequel il a bien du mal à rester en équilibre.

C’est ainsi que Dionysos, doté par les Muses de tous leurs talents, hérita également de ceux de Silène : la joie, la gourmandise, le goût de la fête et  des excès. De Zeus son père, il eût la force et le courage et quand le roi des Dieux entra en lutte contre les Titans, alors que tout l’Olympe était réfugié en Egypte, les dieux soigneusement camouflés sous l’apparence d’animaux, seul Dionysos resta aux côtés de son père et tous deux mirent les monstres en déroute.
Entraînant à sa suite une cohorte de gens de tous âges, de tous sexes, de toutes conditions, Dyonisos parcourut en vainqueur tout l’univers alors connu. En Inde, en Asie, partout, il laissa la trace d’une brillante civilisation. Il était pacifique ; jamais il n’armait les hommes, il leur donnait au contraire des thyrses et des bambous ; il leur enseignait à labourer la terre et surtout, surtout à cultiver la vigne.
Pas de luttes, pas de guerres, enseignait-il, buvez, chantez, dansez ,aimez…

C’est en revenant à Naxos, où il était né, qu’il rencontra  Ariane, désespérée par l’abandon de l’ingrat Thésée. Voyez donc comme il est sot de pleurer pour un homme : Ariane délaissée par un mortel , fut aimée d’un Dieu. Dyonisos lui donna une couronne d’or et la prit pour épouse. A sa mort, il lui offrit  comme aux Hydes , une place au firmament, sous le nom de « Couronne d’Or ».

Plus tard, les romains firent de Dyonisos , Bacchus et le fêtèrent de façon moins innocente. Au cours de ces Bacchanales, les prêtresses, lMénades ou Bacchantes, vêtues de peaux de tigre, les cheveux épars couraient dans les montagnes et les vallées portant des thyrses et des flambeaux.
Malheur à qui refusait de les suivre, malheur à qui repoussait leurs avances. Penthée, roi de Thèbes eut la mauvaise idée d’interdire à ses sujets de participer à ces fêtes.  Dyonisos le livra aux Ménades qui le mirent en lambeaux.

Des princesses de Thèbes, filles de Minée, refusèrent elles aussi de participer aux fêtes. Au lieu de boire, de danser, elles s’occupaient à broder, à tapisser ; pire ! elles voulurent en faire plus qu’à l’accoutumée, bousculant et pressant leurs esclaves. En dépit des exhortations de leurs parents affolés, elles refusèrent de quitter leur ouvrage, et de plus firent des gorges chaudes de l’accoutrement des Ménades débraillées. Bacchus porte des cornes, symbole de sa puissance. Il est jeune, beau, imberbe ; ses cheveux tombent sur ses épaules : il sourit, mais on peut voir dans ses yeux passer la démesure, la cruauté, la folie.
Couronné de pampres qui enivrent et de lierre qui dissipe les brumes du vin, il tient d’une main une coupe, de l’autre un thyrse. Quand il n’est pas comme Silène assis sur un tonneau, les épaules couvertes de la dépouille d’un léopard, il voyage dans un char tiré par des tigres ou des panthères.
Vignerons, pour qu’il vous accorde ses faveurs, pour que vos vendanges soient belles, sacrifiez-lui  les pies bavardes, car le vin peut rendre indiscret , ou bien encore de ces boucs, qui viennent brouter les bourgeons de vos vignes.





2 commentaires:

croukougnouche a dit…

j'aime lire tout ce billet sur notre inspirateur du spectacle "les filles rouges "
je vais d'ailleurs le transférer à mon ami, initiatrice de celui-ci!!
merci!! tu es une véritable mine de culture , chère Pomme!

almanachronique a dit…

tu me fais rougir! J'essaye de faire de mon mieux... j'adore toutes ces histoires et j'espère bien voir un jour ton spectacle

Le Blaireau -

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