samedi 27 novembre 2010

La Chatte Blanche (6)



Le plus jeune prince monta dans sa calèche et sans avoir besoin ni de voix ni de guides, les douze chevaux blancs le transportèrent chez la chatte qui s’était bien ennuyée pendant son absence. Pendant un an,  ils rattrapèrent le temps perdu tant et si bien que le prince n’avait d’autre envie que de laisser son héritage à ses frères.
« Vous ne le pouvez pas dit la Chatte, ce serait faire votre malheur et le mien. Prenez cette épée. »
Elle lui tendit une lame affûtée comme un rasoir.
« Vous devez maintenant me couper la tête et la queue avant de vous en retourner. Ne tremblez pas, ajouta-t-elle en le voyant pâlir. Cette épreuve est la dernière »
Le prince pleura, argumenta, supplia ; il ne pouvait pas, ne voulait pas tuer de façon si cruelle celle qu’il aimait tant, celle avec qui il rêvait de passer le reste de sa vie.
« Il le faut, lui dit-elle. Faites-moi confiance ! Quand vous ai-je mal conseillé, quand vous ai-je trahi ? Allez, il ne vous faut qu’un peu de courage ! »
Le Prince en larmes, les mains tremblantes, de deux coups d’épée trancha la tête et la queue de son amie. De la fourrure blanche sortit la plus merveilleuse jeune fille dont un prince puisse rêver.
Le prince, bouleversé, cherchait des yeux la chatte ou du moins sa dépouille, mais la princesse- car c’en était une – lui dit doucement :
 « Vous ne me verrez plus sous cette forme. Votre courage m’a délivrée de l’enchantement qui me retenait sous cette forme ; désormais, ma vie vous appartient. »
Puis elle l’entraîna vers un sofa, le fit asseoir près d’elle et lui raconta comment sa mère enceinte d’elle s’était prise d’une envie violente de pêches qui mûrissaient dans un verger voisin du palais. Ce verger appartenait à  fées ; elles interdisaient à quiconque d’y pénétrer et d’y cueillir le moindre fruit. La reine passait ses journées à regarder le verger en pleurant ; elle refusait toute autre nourriture, devenait pâle et maigre, si bien que le roi de crainte de voir mourir son épouse et le bébé qu’elle portait, par une nuit sans lune, pénétra dans le domaine des fées, espérant ne pas être vu.

2 commentaires:

manouche a dit…

..et si le prince n'avait pas obéi?? Il était assuré d'avoir au moins une chatte à aimer.

almanachronique a dit…

Non, Manouche, ça c'est dans la vie...dans les contes, il faut obéir.
Tu me fais penser à un amoureux que j'ai eu et qui au début, trouvait m chienne de l'époque admirable et qui au fil du temps la regardait d'un oeil moins affectueux.
Lors d'un dîner quelqu'un a posé la question du choix entre un homme et l'animal favori et ce monsieur ma lançait des regards appuyés. Alors j'ai répondu que qui me proposerait ce choix ne devait pas douter de la réponse, car ce serait trop mal me connaître...
Encore une belle histoire d'amour qui a tourné court peu de temps après... La vie n'est pas un conte de fées
Kisses
P.

Le Blaireau -

 Dictionnaire du Zoodiac  : Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.  Les natifs du blaireau sont généralement taquins...