dimanche 17 octobre 2010

Les Quatre Souhaits de Saint Martin (fin)

Des cons devant,
Des cons derrière,
Cons comme un gant,
Cons de travers,
Des cons tordus,
Cons vieux, cons droits,
Et cons velus,
Et cons étroits,
Et cons profonds
Et cons rasés
Cons d’en amont
Jusques aux pieds.
Alors, le vilain fut tout léger.
- Sire, dit-elle, qu’as-tu fait ?
Pourquoi me donner tel souhait ?
Le brave homme dit :
- Je te dirai
Qu’aurais-je fait, moi, d’un seul con,
Quand de tant de vits j’ai eu don ?
Belle sœur, ne vous inquiétez pas,
Jamais ne vous arrivera
De passer dans une ville ou rue
Où vous ne serez pas connue.
- Sire, dit-elle, ne jouons plus.
Nous avons deux souhaits perdus.
Que me disparaissent les cons
Et vous les vits, et puis laissons.
Il nous reste encore un vœu,
Ainsi serons-nous riches, par Dieu.
Puis le vilain ce souhait fit :
Qu’elle n’ait con et lui n’ait vit.
Ainsi fut-elle très perplexe
Quand elle ne trouva point son sexe.
Aussi le brave homme quand il vit
Qu’il ne trouva non plus son vit.
Elle fut de nouveau en colère.
- Maintenant, dit-elle, il faut faire
Le seul souhait qui restait bon :
Que vous ayez vit et moi con.
Puis nous serons comme nous étions
Sans rien perdre, mais rien n’aurons.
Donc, le prudhomme resouhaita, qui ne perdit rien ni rien gagna. Car son vit lui est revenu mais ses quatre souhaits il a perdu.
Par ce fabliau vous pouvez voir
Que celui n’a guère savoir
Qui mieux croit sa femme que lui.
Il lui en vient honte et ennui.

4 commentaires:

DIDIER CLAVIEN a dit…

Vous êtes une merveille , Madame.
Mon admiration.
Didier

DIDIER CLAVIEN a dit…

J'ai l'immense plaisir de vous compter dans la liste de mes auteures dans mon volet lecture.
Vraiment vous êtes inspirée à souhait et votre connaissance de l'écriture fait le reste. Le charme en est profondément subtil.

almanachronique a dit…

C'est avec une hésitation mêlée de confusion que je publie ces deux commentaires.
D'un autre côté ce serait mal vous remercier que de les occulter...
Il est plaisant de lire au réveil des mots aussi élogieux.
Aussi, je ne boude pas mon plaisir par fausse modestie et vous remercie infiniment.
P.

DIDIER CLAVIEN a dit…

Ne boudez pas, ne boudez pas...

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...