vendredi 19 mars 2010

Les six frères cygnes


 (d’après Grimm)

 Un roi chassait dans une forêt profonde. Il y mettait tant d’ardeur, tant de passion qu’il oublia de s’assurer que le reste de la chasse le suivait. Le soir venu, il était seul et complètement perdu ; il allait de côté et d’autre sans parvenir à sortir du bois. Au détour d’un sentier, il rencontra une femme très vieille ; elle était aussi très laide. Il lui demanda fort civilement si elle pouvait l’aider à retrouver son chemin.
-« Je le pourrais, Sire, dit la vieille qui était sorcière. Je le pourrais, mais à une condition… - Laquelle ? demanda le roi-  J’ai une fille, qui est aussi belle que je suis laide ; il n’en existe aucune aussi belle dans tout le royaume. Si vous jurez de l’épouser et d’en faire votre reine, je vous ferai sortir du bois. »
Avant de jurer, le roi demanda à voir cette merveille. La vieille le conduisit à une maisonnette :un jeune fille y était assise au coin du feu. Elle lui sourit et se leva pour l’accueillir ; on aurait dit qu’elle l’attendait depuis toujours. Elle était aussi belle que l’avait dit la vieille ; pourtant, elle ne l’attirait pas ; plus même, elle lui faisait peur. Mais comme il lui fallait sortir de cette forêt, il accepta de l’épouser. Il la prit en croupe et repartit avec elle par un chemin que la sorcière lui indiqua. Il retrouva son château sans autre incident et puisqu’il l’avait promis, fit célébrer ses noces sans tarder.blog
D’un premier mariage, le roi avait eu sept enfants : six garçons et une fille. Il les aimait plus que tout au monde. Comme il se méfiait de cette femme qu’il venait d’épouser, afin d’être certain qu’elle ne ferait aucun mal aux petits, il décida de les cacher dans un autre château qu’il avait.
C’était un domaine perdu au fond d’une forêt et le chemin qui y menait était si difficile à trouver qu’il n’y serait jamais parvenu si la fée qui lui avait offert le château ne lui avait donné aussi une pelote  magique : quand on la lançait devant soi, elle se déroulait toute seule dans la bonne direction ; il n’y avait alors, plus qu’à suivre le fil pour arriver au château.
Le roi allait souvent voir ses enfants ; si souvent que la reine finit par remarquer ses absences. Que pouvait-il bien faire tout seul dans la forêt ? Elle interrogea des serviteurs qui ne répondirent pas ; mais des pièces d’or judicieusement distribuées finirent par lui apprendre l’existence des enfants, du domaine caché et de la pelote magique. Cette pelote, elle n’eut de cesse de la trouver et puisque comme sa mère, elle était sorcière, elle finit par y parvenir.
La reine prit de la soie blanche et coupa dedans six petites chemises qu’elle ensorcela. Puis elle attendit ; un jour que le roi était à la chasse, elle prit la pelote et les chemises et s’en fut vers le château mystérieux, la pelote lui montrait le chemin.
Les garçons qui jouaient dehors, voyant venir de la visite, crurent que c’était leur père et s’élancèrent joyeusement à sa rencontre. Dès qu’ils furent à sa portée, la reine leur lança les chemises ; leurs corps à peine touchés, ils furent changés en cygnes . Laissant derrière eux quelques plumes, ils prirent leur envol par-dessus les grands arbres et disparurent. La reine s’en retourna très satisfaite.
Elle avait oublié la fillette ! La petite depuis une fenêtre avait tout vu.




4 commentaires:

Anaël Assier a dit…

Après "frère des ours", "sœur des cygnes" ?

Mot clé : matclutt.

A la saint matcultt, si tu fais mal, tu sauras de suite ce qu'il t'en coûte.

almanachronique a dit…

A la Saint-Matclutt,
Gare au coup de pied occulte!

A vos dictons-mots clés...
P.)))

Anaël Assier a dit…

A la saint forketal, il te faudra une bonne forkette pour mettre fin à ta dalle

almanachronique a dit…

Ah, ça vient!
Allez les autres... haut les coeurs!
C'est con je peux pas jouer, j'ai pas de mot clé ici.
P.))))))))

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...