mardi 29 septembre 2015

Etain et Midir

Midir, des Tuatha dé Danann, dès qu'il la vit fut amoureux de la blonde Etain; il en fit sa maîtresse. Midir hélas, avait une épouse, Fuanach une redoutable magicienne qui, pour éliminer sa rivale la changea en papillon.
Un papillon qui s'est allé poser à Tara en Leinster, à l'est de l'Irlande. Là, miraculeusement redevenue femme, elle rencontra le roi d'Irlande Eoched qui séduit l'épousa. Elle, avait tout oublié de son passé.
Midir lui, souffrait tant de la disparition de celle qu'il aimait tant qu'il parcourut le monde à sa recherche.
C'est ainsi qu'il se présenta à la cour d'Eoched. Il manqua défaillir quand il vit que la reine n'était autre que sa belle Etain, qui le regardait sans émotion aucune, avec la seule amabilité qu'on doit à un visiteur qu'on voit pour la première fois.
Plus amoureux que jamais Midir n'entendait pas repartir sans elle. Comme Eoched aimait jouer aux échecs et que lui-même y était adroit. Il proposa une partie. Il laissa le roi gagner la première manche; lui même remporta la seconde. L'enjeu de la troisième qui devait les départager était un baiser de la reine. Il ne laissa cette fois aucune chance à son rival et remporta la partie.
A peine ses lèvres eurent-elles effleuré celles d'Etain, qu'elle retrouva la mémoire et reconnut son amour.
Qu'allait-il advenir? Les Dieux propices aux amoureux les ont changés en cygnes et, gracieux sous leurs plumes blanches , aux yeux éberlués du la cour et du roi, Etain et Midir se sont envolés au pays des amants heureux.

Résultat de recherche d'images pour "cygnes"

lundi 28 septembre 2015

Les neuf vies du Chat

« Un vieux matou, mathématicien émérite mais fort distrait et incroyablement paresseux, somnolait à l’entrée d’un temple. De temps à autres, il entrouvrait un oeil pour compter les mouches du voisinage et replongeait presque aussitôt dans sa douce léthargie.

Shiva vint à passer par là. Émerveillé par la grâce naturelle, toute féline, que l’animal avait conservée, malgré un embonpoint considérable dû à son oisiveté, le Seigneur des Monde lui demanda: « Qui es-tu et que sais-tu faire? »

L’autre, sans même entre bailler les paupières, marmonna:
-Je suis un vieux chat très savant, et je sais parfaitement compter.

-Magnifique! Et jusqu’où peux-tu compter?
-Mais voyons, je peux compter jusqu’à l’infini!
-Dans ce cas, fais-moi plaisir. Compte pour moi, l’ami, compte…

Le chat s’étira, bailla profondément, puis, avec une petite moue de dédain amusée, se mit à réciter:

-Un…deux…trois…quatre…

Chaque chiffre était prononcé d’une voix plus murmurante et vague. A sept, le chat était à moitié endormi. A neuf, il ronflait carrément, abîmé dans un sommeil béat.
« Puisque tu sais seulement compter jusqu’à neuf », décréta le grand Shiva, Souverain des Sphères, « je t’accorde neuf vies ».
C’est ainsi que les chats disposèrent de neuf existences.
Mais Shiva, qui était aussi un subtil philosophe, médita longuement. Le matou lui avait assuré qu’il pouvait compter jusqu’à l’infini. Certes, il s’était arrêté au chiffre neuf, puis s’était endormi. Or, le sommeil, sans nom, sans forme, sans pensée, n’est-il pas une fidèle préfiguration de l’infini?
Alors Shiva compléta son décret: Au bout de ses neuf vies, le chat accéderait directement à la félicité Suprême. »


dimanche 27 septembre 2015

La Mari Morgan

La Mari Morgan est, comme les Sirènes une créature des eaux, mais elle possède deux jambes et toutes les séductions d'une vraie femme.
Promeneur des rivages , prends garde de t'approcher des creux de rochers, ou des cavernes proches  des rivières; elles sont souvent l'entrée de la demeure d'une Mari Morgane. Elle te séduira et t'entraînera dans son palais sous-marin fait de cristal et de nacre. Tu n'y manqueras de rien , tous les plaisirs te seront accordés, mais tu y seras à jamais prisonnier.

mercredi 23 septembre 2015

Us et coutumes de Septembre

Septembre humide
Pas de tonneau vide


Septembre, comme son nom l’indique, était le septième mois de l’année jusqu’au jour où César (Jules) décida, sans lui demander son avis, de le faire reculer à la neuvième place.
En 1569, Charles roi de France, neuvième du nom, pour faire honneur à son numéro, entérina cette décision.
Septembre, bon garçon est depuis resté où on l’a mis, et nous donne souvent les dernières belles journées de l’été. Même si Charlemagne le nommait « mois des vents », on dit de lui qu’il est le mai de l’automne.

Le 1° septembre, on fête saint Gilles, athénien du VIII° siècle, qui fonda près de Nîmes une abbaye qui porte encore son nom.
Mis à par le sire de Rai de sinistre mémoire, les Gilles sont, dit la renommée, aimables et bons garçons, mais peu fidèles en amour comme en amitié.
Et à propos de Gilles, connaissez-vous ceux de Binches, dans les Flandres ?
Dans les villes du nord et de l’est de la France, il est peu de défilés, que ce soit pour Carnaval ou quelque autre fête locale, où l’on ne voit danser les Gilles surmontés de leurs énormes coiffures en plumes d’autruches qui leur placent le visage au milieu du corps ; en dépit du poids qu’elles représentent, ils sautent vigoureusement et en cadence en faisant sonner les innombrables clochettes dont sont garnis leurs mollets.
Ces Gilles seraient le souvenir de danseurs Incas ramenés dans leurs cales par les conquistadores espagnols.
Le 22 août 1549, Marie de Hongrie, dame de Binches donna en l’honneur de son frère Charles Quint et de son fils Philippe II d’Espagne, une semaine de fêtes somptueuses. Entre autres bals, parades militaires et feux d’artifices, on fit défiler les Incas en grand costume de cérémonie.
En souvenir de ces journées mémorables, les Binchois ont gardé l’habitude, chaque année au moment du Carnaval, de se travestir en « Sauvages du Nouveau-Monde ». On donna aux danseurs le nom de Gil, qui se voulait de consonance espagnole.
Si vous avez un amoureux écossais, n’attendez pas de lettre au courrier de midi ; vous écrire aujourd’hui, croit-il, vous porterait malheur à tous deux.
Le départ prématuré des hirondelles annonce un hiver précoce. Pensez à faire rentrer du bois.
Les vents qui sont parfois violents en début de mois font tomber les branches mortes. Faites-en des fagots : ils seront utiles pour allumer les premières flambées odorantes de la fin de l’été.
N’allumez pas trop tôt vos lampes, contemplez la danse des flammes ; écoutez crépiter les tisons et songez aux brasiers qu’entretenait sous les volcans le Maître du Feu, le puissant Héphaïstos.




mardi 22 septembre 2015

Arbre-Vieille-Femme

Elle était assise près d'un arbre et ridait
son visage, SERRE,
et c'était son visage-écorce-d'arbre.
Il faisait penser à de l'écorce aussi, quand on passait les doigts dessus.

Arbre-vieille-femme
même quand elle était jeune.

Alors son visage redevenait lisse
comme celui d'une jeune fille. Une fois, après avoir fait
sa face d'écorce d'arbre, elle dit
"J'étais un arbre et j'ai vu in pivert
qui en voulait à ma tête! C'est pour ça
que j'ai lissé mon visage aussi vite!"

On regarda dans les arbres pour voir le pivert, 
mais il n'y était pas. Alors nos yeux
revinrent vers elle. Elle aussi avait disparu!
On la retrouva dans un lac. Elle se retenait à
quelques roseaux du rivage
ses jambes flottaient par derrière, hors de l'eau.
Elle nous regarda AVEC LA FACE RIDEE
D'UNE GRENOUILLE! On en était sûrs!
Puis elle lissa son visage,
en disant:" La plus grande tortue du monde
nageait vers moi, croyant que j'étais une grenouille.
Voilà pourquoi j'ai lissé mon visage
aussi vite!"

On ne chercha même pas 
la tortue.
Cette fois on garda les yeux sur elle
quand elle alla s'asseoir
près d'un vieil homme, le plus vieux
du village.
Elle s'assit près de lui.

Leurs deux visages étaient près l'un de l'autre,
et le sien se mit
à tout se rider de nouveau.

Howard A.NORMAN L'os à voeux

mercredi 16 septembre 2015

Béart - Enfants sur la lune

Résultat de recherche d'images pour "archiloque"

Coeur, mon coeur sans espoir, toi que les maux assiègent,
Résiste et défends-toi, sache éviter les pièges,
Et si tu vaincs, n'exulte pas, sois sans orgueil;
Mais, vaincu, ne va pas gémir, menant ton deuil.
Supporte les malheurs et accepte les joies,
Puisque c'est le destin de toute créature
Et le rythme alterné de l'humaine aventure.

ARCHILOQUE (VII° siècle av.JC) traduction Marguerite Yourcenar

mardi 15 septembre 2015

Le mal d'aimer



(Salvador Dali)

... Me voici jeté bas par le cruel Désir,
Sans âme, sans courage au coeur,
Jusqu'aux moelles brûlé, m'étant laissé saisir
Par ce mal que les Dieux...
... C'est le Désir, cher camarade,
Qui me détruit, lui qui vainc tout...

ARCHILOQUE (VII° siècle avant nous autres) traduction Marguerite Yourcenar

lundi 14 septembre 2015

Portrait de Koré archaïque



... Entre ses doigts un brin de myrte et une rose,
Elle sourit, et ses cheveux comme un long voile 
Couvrent sa nuque et ses épaules... 

ARCHILOQUE (VII° siècle avant nous autres) traduction Marguerite Yourcenar

dimanche 13 septembre 2015

La légende de Saint Eustache

Du temps qu'il n'était pas encore saint, Eustache se nommait Placide. Nom étrange pour un général de l'armée romaine qu'on disait un des plus fiers guerriers de sont temps. Il était néanmoins un homme juste et bon, toujours équitable envers les vaincus.
Eustache, -que nous nommerons Eustache puisque c'est sous ce nom qu'il est parvenu jusqu'à nous-, Eustache n'allait pas qu'à la guerre; il chassait aussi. Un jour qu'il courrait un cerf, l'animal se retourna, lui fit face et (oui, je sais l'histoire n'est pas originale, elle est arrivée aussi à St Hubert, mais plus tard et c'est la même aventure qui rendit fou un de nos rois), donc le cerf lui fit face . Il portait entre ses bois une croix lumineuse et lui dit - car ce cerf parlait- lui dit ces quelques mots: "Placide, sans le savoir, tu sers le Christ que je représente." Convaincu, Placide- Eustache s'agenouilla et fit le signe de la Croix.
Ce n'est pas tout. Figurez-vous que tandis que le général était à la chasse, Théopista son épouse reçut la visite d'un ange (c'est étonnant cette habitude des anges de rendre visite à des femmes seules... s'ils avaient un sexe, on se poserait des questions, encore que Gabriel... mais ceci est une autre histoire). On ne sait ce fit l'ange en visite, mais toujours est-il qu'après sa visite, Théopista se fit elle aussi chrétienne.
Les deux époux réunis, occupèrent la nuit suivante - non, bande de dévergondés, pas à ce que vous imaginez- pensez! ils étaient chrétiens, aussi passèrent-ils cette nuit à convertir Agapet et Théopistus, leurs deux fils. 
Le lendemain, la famille au complet alla se faire baptiser. Elle en fut bien mal récompensée; deux jours plus tard, le cerf bien informé apparut à Eustache pour l'avertir que tous les démons de l'enfer allaient se déchaîner contre lui. Et dès le lendemain, la peste emporta ses esclaves; une épidémie décima ses troupeaux; des brigands pillèrent sa maison et s'en furent en y mettant le feu. Ruiné, dégoûté, Eustache rassembla sa famille pour émigrer en Egypte. Las, à peine le navire avait-il pris la mer qu'il fut arraisonné par des pirates. Eustache et sa famille furent vendus à un trafiquant d'esclaves. Revendu, Eustache se retrouva garçon de ferme, Théopista servante d'auberge, et les deux garçons commis d'un boutiquier. Le commerce ne les garda pas longtemps: fils de militaire, ils s'engagèrent dans l'armée.
Dix ans ont passé. Les Parthes menaçaient Rome et l'empereur Trajan fit rechercher ce grand général Placide dont on ne comptait plus les victoires. Racheté au fermier qui l'employait, il retrouva sa place à la tête des armées et repoussa l'envahisseur jusqu'aux frontières.
Deux simples soldats s'étaient fait remarquer pour leur bravoure; amenés devant le général... ça fait un peu feuilleton mais, c'est comme ça- Théopistus et Agapet, car c'était eux- pendant qu'on y est restons feuilleton aussi pour le style-  donc nos deux soldats et le général se sont reconnus et sont allés fêter leurs retrouvailles dans une auberge où... mais non! mais si! leur épouse et mère était servante.
Pendant ce temps Trajan se préparait à fêter la victoire et à mettre son général à l'honneur... Et non ça ne va pas bien finir! Il fallait avant le triomphe, sacrifier aux dieux romains et bien entendu,Eustache en bon chrétien refusa . Trajan le fit arrêter et sa famille avec lui. 
On fit pour eux chauffer à blanc un taureau d'airain dans lequel on enferma les récalcitrants. Des témoins ont raconté que bien loin d'entendre des plaintes et des cris de douleur, il ne sortit du monstre que des chants religieux. Les voix se turent quand les martyres entrèrent en paradis où Dieu donna mission à Eustache de désormais protéger les chasseurs et les gardes-forestiers.

vendredi 11 septembre 2015

Le bouclier perdu



Un Thrace a désormais mon bouclier superbe;

Il s'en pare; il s'en fait honneur.
Soit! Je l'avais, contre mon gré, jeté dans l'herbe;
Tant pis! Je vis, j'ai le bonheur
De respirer. Quant à l'objet, laissez-moi rire;
Grand bien fasse à qui l'a conquis!
J'en trouverai un autre, et pas forcément pire...

ARCHILOQUE (VII° siècle avant nous autres) traduction Marguerite Yourcenar

jeudi 10 septembre 2015

La Theogonie

Les Muses parlent:

... Nous disons beaucoup de mensonges
Tous pareils à la vérité...

Mais s'il nous plaît, la vérité,
La vérité entière et pure,
Nous l'énonçons d'une voix sûre...

HESIODE (Traduction Marguerite Yourcenar)

Résultat de recherche d'images pour "muses"

mercredi 9 septembre 2015

Saint Onésiphore (1° siècle)

A La Saint-Onésiphore,
La sève s'endort.

Prenez le temps de la réflexion avant de donner à votre enfant nouveau-né le nom de ce saint. Il devra le porter toute sa vie. Onésiphorine pour une fille est également risqué.

Résultat de recherche d'images pour "saint onésiphore"Mais voyons un peu si les mérites et hauts faits de ce personnage valent qu'on engage en son nom l'avenir d'un enfant innocent.
Onésiphore était chrétien et vivait à Ephèse en Turquie. Dès qu'il apprit la venue de Paul dans sa ville, il n'eût de cesse de le rencontrer.
Il prit avec lui Lectra son épouse, Finnia et Zénon ses enfants et alla au-devant de l'apôtre. Il n'existait en ce siècle aucun moyen de savoir à quoi ressemblait un homme même aussi célèbre que le grand apôtre.
La rumeur le lui signala, mais était-ce bien le grand homme , ce petit chauve aux jambes arquées, aux sourcils touffus et au nez en bec d'aigle?
C'était bien lui pourtant. Accompagné de Barnabé (au cas où le temps changerait), il avançait dans la foule. 
Onésiphore lui offrit l'hospitalité, partagea avec lui le pain et les prières et à dater de ce jour le suivit et le servit jusque dans sa prison en lui apportant nourriture et réconfort, ce qui est tout naturel à quelqu'un dont le nom signifie "porteur de bienfaits".
Mais pas plus que de nos jours il ne fait bon être chrétien dans ces contrées; arrêté en compagnie de Porphyre, il fut roué de coups puis traîné par des chevaux jusqu'en un Paradis qu'il avait bien gagné.