mercredi 23 décembre 2015

Mettons-nous au Propp.


Vladimir Propp dans « Morphologie de Conte », nous informe que dans les contes, on rencontre toujours sept personnages dont les fonctions sont définies et immuables.
A tout seigneur tout honneur, faisons entrer en scène l’Agresseur sans qui l’histoire serait moins palpitante. Sa fonction principale est de commettre un méfait. Il participe aussi à diverses luttes et combats contre le héros, qu’il n’hésite pas non plus à poursuivre. On le voit sous les traits d’un sorcier, d’une sorcière, d’un monstre, d’une bête fauve ; on en a vu récemment dans Paris, rôder cagoulés…
Le donateur pour sa part, est utile à la transmission d’un objet magique, d’un don, d’un pouvoir. Mais le héros doit mériter ces bienfaits. Le Donateur est le plus souvent une fée ou un magicien. On n’en rencontre plus guère.
Ensuite viennent les protéiformes auxiliaires ; ils aident le héros à se déplacer dans le temps et l’espace ; ils réparent les méfaits de l’agresseur ; ils viennent au secours du héros poursuivi ; ils l’aident à accomplir les tâches impossibles souvent imposées par le donateur ; ils peuvent aussi en cas de nécessité changer l’apparence du héros. On les voit sortir de lampes sous forme de génies ; ce sont souvent des animaux, la plupart du temps doués de parole. Ils ne sont jamais rétribués contrairement à leurs avatars contemporains qui demandent des chèques emploi-service.
Pas de conte de fées sans princesse bien entendu. Elle est très souvent prisonnière et le héros doit la délivrer mais, pour cela il lui faut d’abord découvrir le lieu où on la cache ; c’est pourquoi il arrive que la Princesse soit une coupe ou un vase sacré et magique. Souvent la Princesse est capricieuse : le héros doit accomplir des exploits extraordinaires pour qu’elle accepte de lui donner son cœur. Parfois elle est sotte et ne voit pas qu’un simple jardinier, un page, un simplet est en fait un héros véritable ; elle en est punie. Elle peut offrir au héros une bague, un mouchoir, un collier ou tout autre objet parfois coupé en deux ; ce qui lui permet de confondre l’usurpateur, le traître et de faire reconnaître le vrai héros qui peut produire la marque de la princesse, ou de faire punir le méchant. Le plus souvent, elle épouse le héros… sauf évidemment quand elle est un vase ou une coupe.
Pour que le héros accomplisse sa quête, il faut bien que quelqu’un lui en confie le mandat. C’est généralement la Roi d’un pays qui peut être le père de la Princesse. A part donner des ordres ou menacer de punitions terribles ce roi ne fait pas grand-chose. Il peut présider une table ronde et envoyer des héros chercher un vase....ou une coupe...

Indispensable pour accomplir la quête : le Héros. Ne nous méprenons pas : le héros a rarement l’air d’un héros. Il est souvent petit, jeune, faible, un enfant peut tenir ce rôle. Il est simplet, poète, musicien, plein de doutes sur ses capacités, mais c’est  lui qui se comporte de façon à mériter les bienfaits du donateur et l’aide des auxiliaires. Tous les vaillants qui commencent la quête flamberge au vent ne sont que des faux héros au sort final peu enviable… sauf… s’ils s’amendent au fil des épreuves… Dans ce cas ils peuvent eux aussi épouser la Princesse. Mais il est hélas, de vrais héros au cœur pur, aux actes justes qui échouent dans leur quête en raison d’une faute qu’ils ignorent avoir commise. Ils peuvent avoir un fils dont ils ignorent l’existence ayant perdu jusqu’au souvenir de l’avoir fait à leur mère… C’est ce fils qui ira au bout de la quête.
Et puis, le faux-héros : c’est un connétable, un mauvais serviteur du Roi qui suit le héros dans sa quête, le regarde lutter, vaincre et qui, perfidement, le jette dans un puits, lui coupe la tête et, le croyant anéanti va à la cour recevoir la récompense des exploits qu’il n’a pas accompli. Heureusement la princesse ne l’aime pas et fait traîner les fiançailles ce qui donne aux  auxiliaires  le temps d’aller au secours du héros et de le  sortit des puits, ou de le ramener à la vie… même s’il arrive qu’ils lui recollent la tête à l’envers. Comme il ne possède pas le signe de reconnaissance donné par la princesse, il est vite démasqué et puni.





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