mercredi 5 août 2015

Ce que cache Barbe-Bleue


Laissons venir le conte,  cherchons (et trouvons) ses racines archaïques,  dépouillons le des versions récentes.
Une jeune fille accepte de s’unir à un homme qui fait peur à tout le monde. Elle est heureuse, du moins en apparence. Mais cet homme a un secret, un secret dissimulé dans un certain  cabinet, dont il lui confie la clé à la condition qu’elle ne s’en servira pas !
 Démangée de curiosité ,  elle profite d’une absence de son époux  et au risque de sa vie, elle le sait , elle ouvre la porte défendue.
Dans l’obscurité du cabinet interdit, elle ne voit que des horreurs. Affolée par ce qu’elle découvre, sachant qu’elle sera confondue, elle ne s’enfuit pourtant pas, mais cherche à dissimuler sa désobéissance. Peine perdue ! Elle devra mourir à moins qu’elle ne parvienne à devenir autre.
Résultat de recherche d'images pour "barbe bleue"Alors, tandis qu’elle prie, pleure et supplie, sa sœur (son double) monte en haut de la tour pour voir au loin arriver du secours. Deux cavaliers, deux frères, arrivent au galop et tuent le monstre.
Perrault a donné là une fin conforme aux idées de son monde et de son temps.
Il faudrait savoir de quelle histoire très très ancienne est issu ce conte aux nombreux symboles ; ce que dissimule Barbe-Bleue et ce que veut connaître cette dernière épouse ; as-t-il toujours été un criminel ? Quelle source a été transformée en histoire de princesse prisonnière délivrée du dragon par deux archanges ?
La vraie histoire n’est-elle pas plutôt la quête périlleuse d’un savoir et la nécessité de « monter » à la tour pour « voir » arriver l’aide.
On trouve aussi dans ce conte la référence historique à Gilles de Rai qui n’était pas un enfant de Marie loin s’en faut, mais aussi un savant, un chercheur,  un seigneur Breton riche et puissant.  La Bretagne en ce temps-là était encore indépendante. Gilles de Rai eût-il été moins riche, aurait-il fini sur le bûcher ? Les biens d’un homme brûlé comme sorcier revenaient intégralement à la couronne. Une couronne qui en avait alors bien besoin, dédorée qu’elle était par la guerre de 100 ans à peine terminée.
C’est dans les versions archaïques non revues et corrigées par des croyances plus récentes que se trouve la vraie signification des contes .


1 commentaire:

manouche a dit…

Un conte est souvent un codage poétique de nos réalités.