lundi 24 août 2015

L'écureuil amoureux


Une fois j'ai fait le voeu d'être amoureux
J'étais le petit écureuil
à raies noires.
Je grimpait le long des branches tremblantes, chercher des fruit pour elle.
J'ai même nagé avec la lune sur l'eau
pour la retrouver.
C'était une époque où je ne me souciais de rien.
Je travaillais toute la journée pour ramasser de quoi manger
et toute la nuit je la regardais dormir
Ce n'est plus pareil aujourd'hui
pourtant mon coeur chante encore
quand je l'entends
par-delà les feuillages.



Howard A. NORMAN - L'os à voeux-

dimanche 23 août 2015

Toutes mes vies...

Hier j'étais un poil de chat...
Et nous étions nombreux
Près de la cheminée, sur le tapis, dans l'escalier, 
Bien au chaud
On nous a balayés, jetés dans l'herbe
Et j'ai eu froid
Les mésanges sont venues et les rouge-gorge
Et tous les autres
Avec leurs becs ils nous ont ramassés 
Et portés dans leurs nids
Maintenant je suis là


Bien au chaud dans un nid 

dimanche 16 août 2015

Saint François d'Assise et le loup de Gubbio...

... ou comment s'y prendre avec les loups.

Les loups de nos montagnes, tout comme les ours font bien enrager les éleveurs de bétail. Disons éleveur et non berger car un vrai berger, accompagné de ses chiens ne craint ni les loups ni les ours. Il existe pourtant un moyen simple et efficace de neutraliser le fauve et il est raconté dans les Fioretti de Saint François d'Assise...
François, fils d'un riche marchand drapier, n'avait cure de succéder à son père. Il était épris de chevalerie, d'exploits guerriers et amoureux comme beaucoup de garçons de ce XIII° siècle où l'on contait dans toute l'Europe, les exploits du roi Arthur et de ses chevaliers. Pour satisfaire à son idéal, il partit pour la guerre et mena l'existence joyeuse et dissipée d'un jeune homme qui espérait se distinguer tant au combat que dans la vie. Mais voilà qu'une nuit, c'était à Spolète, il entendit en songe une voix lui reprochant sa conduite.  Il rentre aussitôt à Assise, distribue ses bien aux pauvres et part sur les routes décidé à suivre à la lettre les Evangiles et prend pour héros, non plus Arthur mais le Christ, imite en tout sa conduite et choisit pour épouse la Pauvreté.
Commence alors pour François une vie d'errance; il va de ville en ville vêtu de bure et nu-pieds, il mendie sa nourriture, embrasse les lépreux, prêche la paix et la joie du coeur tout en livrant maints combats contre le diable et ses émissaires. Il respecte les pauvres, aime la nature et les animaux.
C'est dans l'année 1220 que de passage à Gubbio, il rencontre le Loup. C'était un animal féroce qui semait la terreur dans toute la contrée. Il décimait les troupeaux et n'épargnait pas les humains. On organisait battues sur battues sans jamais parvenir à le prendre tant l'animal était rusé. Les gens de Gubbio, découragés, virent arriver le Poverello et connaissant sa réputation se jetèrent à ses pieds en l'implorant de les aider.
François, pieds nus et armé de son seul crucifix, s'en fut dans les bois à la rencontre de la terrible bête qui, au détour d'un chemin ne manqua pas de se jeter sur lui, babines retroussées sur des crocs étincelants. François fit un signe de croix qui stoppa net le fauve. Alors le moine se mit à le prêcher en lui reprochant sa conduite. Le loup honteux se coucha aux pieds de François, oreilles et queue basses, museau entre les pattes.
"Relève-toi, lui dit François, je te pardonne! Tu es cruel parce que tu as faim. Si tu me jures de te réformer, de laisser en paix les hommes et leurs troupeaux, je te promets en retour que jamais plus tu ne souffriras de la faim ni de la solitude . "  Le saint tendit la main; en signe de soumission le loup y posa sa patte. Le loup sur les talons, le Poverello retourna vers la ville.
Imaginez l'effroi des gens de Gubbio! La bête qui les terrorisait depuis des années était là, dans leurs rues. Fourches, bâtons et épées furent brandis, mais François leva la main:
"Paix, mes amis! Cet animal se repent et demande votre pardon. Il a mal agi parce qu'il avait faim. Nourrissez-le et il sera votre ami. Au lieu de vous nuire, il vous défendra et sera votre ami."
Les hommes ont oublié leur crainte et leur colère et accepté de prendre soin du loup. Ils tinrent promesse et pendant des années on a pu voir le loup circuler dans les rues de la ville, aimé de tous et caressé des enfants. Il n'effraya plus que les malfaiteurs qui de nuit tentaient de s'introduire dans la ville. Jamais plus il ne connut la faim ni le goût de la viande de mouton, sinon offerte par la population. Il mourut très âgé et pleuré par tous ceux qui avaient fini par l'aimer autant qu'ils l'avaient craint.

jeudi 13 août 2015

Parlez moi d'amour...

La passion a tous les droits,parce qu'elle va au-devant de tous les châtiments. Elle n'est pas immorale, quelque mal qu'elle fasse, car elle porte en elle-même sa punition terrible.

Anatole FRANCE

MAGRITTE - Les amants

samedi 8 août 2015

Des bottes et des costumes



Celles du Chat sont un signe distinctif, elles indiquent le guide, alors que celles de Poucet qui sont magiques, lui permettent d'aller plus loin et plus vite; elles lui donnent un pouvoir.
Elles donnent à ce Poucet-voyageur le moyen d'être moins "petit".
Ulysse, si semblable à Poucet chez l'ogre quand il fait face à Polyphème, n'est pas pour autant "petit".  Ce sont ses compagnons,  qui, contrevenant à ses ordres, tuent les boeufs d'Hélios et attirent sur lui la colère du dieu. Le voyage va encore se prolonger et le retour à Ithaque s'éloigner plus encore. Ulysse n'y est pour rien, mais c'est lui qui trinque, d'où la nécessité de bien choisir ses compagnons .
En se faisant passer pour un autre, on devient cet autre qui ne serait en fait que la forme sublimée de soi-même. " Deviens ce que tu es" (?
Prendre l'attitude de son souhait afin de le réaliser permet de devenir son propre héros.
Comme le fils du meunier devient marquis de Carabas dès lors qu'il est vêtu en marquis, Cendrillon devient princesse quand elle porte des habits de princesse.
A l'inverse de Peau d'Âne qui sait exister par elle-même et qui ne devient pas souillon dès lors qu'elle est vêtue en souillon. Peau d'Âne régulièrement porte ses habits de princesse pour ne jamais oublier qui elle est.

mercredi 5 août 2015

Ce que cache Barbe-Bleue


Laissons venir le conte,  cherchons (et trouvons) ses racines archaïques,  dépouillons le des versions récentes.
Une jeune fille accepte de s’unir à un homme qui fait peur à tout le monde. Elle est heureuse, du moins en apparence. Mais cet homme a un secret, un secret dissimulé dans un certain  cabinet, dont il lui confie la clé à la condition qu’elle ne s’en servira pas !
 Démangée de curiosité ,  elle profite d’une absence de son époux  et au risque de sa vie, elle le sait , elle ouvre la porte défendue.
Dans l’obscurité du cabinet interdit, elle ne voit que des horreurs. Affolée par ce qu’elle découvre, sachant qu’elle sera confondue, elle ne s’enfuit pourtant pas, mais cherche à dissimuler sa désobéissance. Peine perdue ! Elle devra mourir à moins qu’elle ne parvienne à devenir autre.
Alors, tandis qu’elle prie, pleure et supplie, sa sœur (son double) monte en haut de la tour pour voir au loin arriver du secours. Deux cavaliers, deux frères, arrivent au galop et tuent le monstre.
Perrault a donné là une fin conforme aux idées de son monde et de son temps.
Il faudrait savoir de quelle histoire très très ancienne est issu ce conte aux nombreux symboles ; ce que dissimule Barbe-Bleue et ce que veut connaître cette dernière épouse ; as-t-il toujours été un criminel ? Quelle source a été transformée en histoire de princesse prisonnière délivrée du dragon par deux archanges ?
La vraie histoire n’est-elle pas plutôt la quête périlleuse d’un savoir et la nécessité de « monter » à la tour pour « voir » arriver l’aide.
On trouve aussi dans ce conte la référence historique à Gilles de Rai qui n’était pas un enfant de Marie loin s’en faut, mais aussi un savant, un chercheur,  un seigneur Breton riche et puissant.  La Bretagne en ce temps-là était encore indépendante. Gilles de Rai eût-il été moins riche, aurait-il fini sur le bûcher ? Les biens d’un homme brûlé comme sorcier revenaient intégralement à la couronne. Une couronne qui en avait alors bien besoin, dédorée qu’elle était par la guerre de 100 ans à peine terminée.
C’est dans les versions archaïques non revues et corrigées par des croyances plus récentes que se trouve la vraie signification des contes .


Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...