jeudi 12 février 2015

En route vers Vortigern-


Résultat de recherche d'images pour "vortigern et merlin" Après ses adieux à sa mère et au père Blaise, Merlin prit la route en compagnie des messagers.
Il arriva qu’en traversant une ville où se tenait un marché, les voyageurs croisèrent un paysan qui portait autour du cou ses souliers et sous le bras, des pièces de cuir roulées. En le voyant, Merlin se mit à rire.
Ses compagnons le trouvant bien insolent lui demandèrent ce que ce pauvre avait de si risible.
«  Demandez donc à cet homme ce qu’il compte faire de tout ce cuir ! moi je pense qu’il veut partir en pèlerinage et faire réparer ses souliers avant de partir.
Précaution bien inutile ; ce pauvre sera mort ce soir avant même d’être rentré chez lui !
- Mais… il a l’air en parfaite santé !
- Sans doute… mais posez –lui la question en ensuite, suivez-le ; vous verrez bien ! »
Les messagers surpris, abordent le bonhomme et lui demandent :
« Que comptez- vous faire de tout ce cuir ? Et pourquoi portez-vous vos souliers autour du cou ?
- C’est que… mes souliers sont usés et comme je dois partir en pèlerinage, je les porte au cordonnier pour qu’il me les répare ! »
Voilà mes compagnons tout pantois. Ils suivent le paysan qui rentre chez lui sa course faite ;  quelle n’est pas leur stupeur de le voir tomber raide mort sur le route peu avant sa maison. Ils se penchent sur lui et vérifient qu’il est bien mort, puis vont retrouver Merlin et se demandant entre eux pourquoi Vortigern et ses mages veulent la mort d’un enfant qui possède de tels dons.
Ce qui les conforte dans leur décision de risquer les foudres du roi plutôt que de lui faire le moindre mal.
Merlin vient à leur rencontre et les remercie chaleureusement de leur attitude. Les hommes surpris lui demandent pourquoi il les remercie.
« Mais de ce que vous venez de dire ! et du risque que vous prenez en m’accordant votre protection. »
Surpris encore un fois de voir que Merlin avait connaissance de propos qu’il n’avait pas pu entendre, ils reprennent la route avec lui. Mais ils savent maintenant qu’aucune de leurs parole, aucun de leurs faits et gestes, ne peut échapper à cet étrange enfant.
Ils vont, et abordent une ville où l’on enterrait un enfant . Les prêtres chantaient, des hommes, des femmes suivaient le cercueil, désolés, pleurant, se lamentant. En les voyant, Merlin se mit à rire.
Ses compagnons indignés, voulurent le faire cesser en lui demandant ce qu’il pouvait trouver de si drôle à un aussi triste spectacle.
« C’est que, dit Merlin, voyez cet homme désespéré, qui pleure son enfant et voyez ce prêtre qui chante en tête du cortège.
- Oui ! et alors ?
-Eh bien, celui qui pleure n’est pas le père et c’est celui qui chante qui devrait pleurer !
- Mais… qu’en sais-tu ?
- Allez donc poser la question à la mère ; demandez-lui pourquoi son mari est si triste.
- C’est bien simple : parce qu’il est le père de l’enfant mort. C’est ce qu’elle va nous répondre !
- Oui ! alors vous lui direz tous bas que vous savez tout et que le père de l’enfant n’est pas son mari, mais le prêtre et que le prêtre le sait bien puisque elle le lui a avoué en confession.
Deux des hommes s’en furent discrètement interroger la femme qui, affolée, les pria de ne rien révéler à son mari, ce qui était bien un aveu. Puis il regagnèrent le groupe et les quatre messagers tombèrent d’accord : jamais ils n’avaient entendu parler d’un tel devin.
Chemin faisant ils approchaient de la demeure de Vertigier. Quand il ne leur resta plus qu’une journée de marche, ils firent halte pour convenir avec Merlin de la manière d’aborder le roi de façon qu’à aucun moment sa vie ne soit mise en danger. Merlin, certain que ses compagnons ne voulaient que son bien, leur donna ses instructions.
« Allez trouver le roi et dites-lui que je suis avec vous. Rapportez-lui tout ce que vous avez vu pendant notre voyage et dites-lui surtout que je peux lui dire pourquoi sa tour s’écroule, mais à la condition qu’il fasse subir à ses mages le sort qu’ils me réservaient. Ensuite, faites ce qu’il vous dira.


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