mercredi 14 janvier 2015

Vortigern-


Les Romains un jour ont quitté la Bretagne (la grande) en laissant derrière eux un pays divisé en nombreux petits royaumes dont les chefs avaient bien du mal à s’accorder. Les Pictes et les Gaëls aux frontières du Nord, les Saxons par la mer, attaquaient sans cesse une population qui vivait dans la terreur des raids et du pillage.  Enfin, le roi Constantin le Béni refoula les Pictes derrière le mur d’Hadrien et parvint à maintenir la paix durant tout son règne. Hélas, les meilleurs rois sont mortels. Il avait trois fils dont l’ainé, fort pieux ne songeait qu’à se faire moine. Les chefs  étaient réunis pour décider qui des deux autres fils Emrys ou Uther, allait régner.  Selon leur bonne habitude ne parvenaient pas à s’entendre.
Constantin avait un neveu,  Vortigern ; un guerrier courageux et fin politique . Usant de tout son pouvoir de conviction il finit par décider Constant à accepter la couronne tout en le nommant, lui, Sénéchal. Constant, tout à ses dévotions, le laissa gouverner. Fin politique certes, mais surtout félon, Vortigern promit des terres aux Pictes pour qu’ils l’aident à s’emparer du Royaume.  C’est le moment que choisissent les Saxons pour une nouvelle incursion. Brave et habile orateur, Vortigern rassemble des partisans pour lutter contre l’envahisseur non sans manquer de souligner le manque d’énergie du Roi. Il l’entoure d’une garde rapprochée composée d’espions qui lui rapportent ses moindres faits et gestes. Tous sont Pictes !
Et le voilà qui renonce à son titre de sénéchal. Constant le supplie de rester, mais Vortigern est inflexible ; que Constant se débrouille sans lui. Le Roi rassemble une armée, fait face aux Saxons et bien entendu peu au fait des choses de la guerre, il est battu.
Tous les royaumes de Bretagne sont en désarroi. Les chefs supplient Vortigern de prendre le pouvoir. Le bon apôtre refuse : Constant est son roi. Tant qu’il sera vivant, que le trône ne sera pas vacant, le fidèle Vortigern n’acceptera jamais de le renverser. Ah ! bien entendu, s’il mourait subitement, tout serait différent !
Souhait qui ne tombe pas dans l’oreille de sourds ; bientôt son vœu est exaucé : le roi Constant est assassiné. Vortigern indigné, le pleure, se lamente, fait rechercher les assassins qui, pensant lui avoir complu ne se cachent même pas. C’est sans difficultés qu’il les fait arrêter et condamner. Voilà, le trône est vacant et Vortigern se résigne à l’occuper.
D’anciens fidèles de Constantin le Béni craignant pour la vie des deux jeunes frères du roi assassiné,  prirent la fuite en emmenant les enfants par- delà la mer, en petite Bretagne.
Les meurtriers du roi étaient des Pictes. Devant la fourberie de Vortigern , ils dénouent leur alliance et le menacent de mort. Il se tourne vers les Saxons et épouse la fille d’un de leurs chefs.
La ruse et la diplomatie ont leurs limites et Vortigern finit par les atteindre.
Guerres, complots, massacres, assassinats, la Bretagne est ravagée.  Ses chefs s’insurgent, Vortigern est menacé ; il a trahi tout le monde et ne sait plus à qui se fier. Le peuple, écrasé d’impôts se soulève. Il n’est plus nulle part en sécurité. Réfugié sur le mont Eryry, il décide de construire une tour au sommet ; une tour imprenable. Seulement, quand la tour est sur le point d’être achevée, elle s’écroule. On la reconstruit ; elle s’écroule encore. Argent, châtiment, rien n’y fait, la tour ne tient pas et comme plus aucun architecte ne veut courir le risque d’être empalé ou décapité, il ne se trouve plus personne pour ériger cette tour.
Vortigern consulte alors ses mages. Après s’être concertés, tous lui annoncent que, pour que la tour tienne, il faut mêler au mortier le sang d’un enfant «  né sans père ». Vortigern envoie des messagers dans tout le royaume pour chercher et tuer cet enfant.


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