lundi 31 mars 2014

Berchta

Etrange fée, cette Berchta dont on dit qu'elle est aussi vieille que le monde. Drapée dans un manteau noir à longue traîne, une peau de vache sur les épaules, elle cache son beau visage sombre sous un masque cornu.
On peut la voir entourée d'une nuée de corbeaux, parcourir le ciel en compagnie de la chasse fantastique d'Odin et de ses Walkyries.
Il lui arrive parfois de se soustraire de cette chasse infernale. Humains dont elle visitera les foyers, réjouissez-vous, Berchta vous apporte sa protection.

mercredi 26 mars 2014

Thomas le Rimeur

Il était un poète en Ecosse, on le nommait Thomas le Rimeur mais son vrai nom était Thomas d'Erceldoune. C'était au temps du roi Alexandre III d'Ecosse.
Un jour qu'il passait près du monastère de Melrose, Thomas rencontra la reine des elfes. En un baiser leur union fut scellée et Thomas accompagna la reine au Pays de Féerie où il resta à son service durant sept années qui lui semblèrent sept jours.
Il était temps pour lui de regagner le pays des mortels. La reine en cadeau d'adieu lui offrit la langue qui ne peut mentir. 
Thomas de retour en son pays n'était plus seulement poète; il savait prédire l'avenir. Sa réputation grandit avec le temps et quand enfin sa vie fut achevée, il s'en alla rejoindre sa bien-aimée au Pays de Féerie

mardi 25 mars 2014

Un jour....

... je rencontrai une bande de corbeaux.
Ils étaient là dans la neige
à faire leurs bruits de corbeaux.
Je pouvais les voir très nettement sur la neige blanche.
Ca me donna une idée.
Je fis le voeu que les corbeaux soient blancs,
sauf pour leur bec.
Je laissai les becs de couleur noire.
Puis je leur criai
"Corbeaux vous êtes blancs!"
Ils se regardèrent l'un l'autre etvirent que c'était vrai.
Il se trouve
qu'un coyote était à l'affût
de quelque chose à manger.
Le coyote vint vers eux.
Les corbeaux le virent et
s'écrièrent "envolons-nous!"
Mais
c'était trop facile.
Je fis le voeu que leurs ailes se gèlent.
Ils ne pouvaient plus voler.
Alors, ils plantèrent leur bec noir
dans la neige.
Ainsi seuls leurs corps blancs dépassaient.
Toute la bande
fit de même!
Et le coyote passa juste à côté d'eux!
Bien sûr il s'arrêta
et renifla l'air.
Il savait que des corbeaux étaient tout près, quelque part
mais il ne pouvait les voir
sur la neige.
Je parie que les corbeaux se croyaient vraiment hors d'affaire.
Mais non,
c'était trop facile.
Je fis le voeu que toute la neige autour d'eux
fonde
et voilà ces corbeaux
cloués au sol
par leur bec!
Ils étaient toujours blancs si bien qu'on les voyait distinctement à présent!
Le coyote fit demi-tour.
Il se précipita vers eux.
Mais c'était trop facile
puisque les corbeaux
étaient cloués au sol.
Alors je fis le voeu d'une colline escarpée devant
le coyote.
La colline la plus escarpée alentour.
Puis je l'appelai:
"Tu es vieux, coyote,
et ceci pourrait bien être
la colline sur laquelle tu vas mourir
en essayant d'attraper ces corbeaux!"
Il fallait qu'il se décide.
Ce n'était pas facile.
J'observai.
Les corbeaux attendaient, cloués par leur bec.
Le coeur de chacun battait très fort.
A la fin le coyote dit:
"Je n'ai pas assez faim pour
mourir sur cette colline",
et il s'en alla en trottinant.
Alors je fis le voeu pour que les corbeaux soient libres.
Après tout ça.

Howard A. NORMAN - L'os à voeux


lundi 24 mars 2014

Ouverture


 
En somme, cette ouverture au monde dont se prévalent les philosophes, n'est-elle pas une réouverture au monde prestigieux des premières contemplations....

Gaston BACHELARD

dimanche 23 mars 2014

Le Coup de l'Elfe

Quand approche la nuit de Halloween, les elfes partent en chasse, les pointes en silex de leurs flèches sont redoutables comme est redoutable leur adresse et les paysans voyaient dans cette période leurs troupeaux décimés.
C'est pourquoi ils ne labouraient jamais leurs champs en traçant des sillons droits. Les lignes courbes étaient censées désorienter les elfes et leur faire rater leurs tirs.

vendredi 21 mars 2014

Alleluia

Etrange automne


C'est en automne, quand les arbres se couvrent de feuilles d'or, que les jours raccourcissent et que le soleil se voile de pluie que les nains fêtent les vendanges.
Dans les bois, les champignons forment des cercles et les fées dansent. Elles dansent des heures durant et quand elles sont fatiguées elles se reposent sur les champignons. Promeneur insouciant, ne poe jamais ton pied dans ce cercle: les fées t'entraîneraient dans leur ronde et tu y succomberais d'épuisement.

Ne ramasse jamais promeneur, de champignons à chapeau rouge: ces chapeaux coiffent souvent des lutins qui, effrayés à l'idée de frire dans une poêle assaisonnés d'ail et de persil, pourraient bien te jeter un sort vengeur.
On ne chasse pas qu'en plein jour à l'automne. Si tu t'aventures promeneur téméraire, la nuit dans les sentiers forestiers, tu y verras roder les chasseurs noirs qu'on dit incarnations du diable. Ils sont généralement vêtus d'un habit parois écarlate comme les flammes de l'enfer, parfois d'un vert sombre qui les rends semblables aux arbres. Ils sont boiteux et portent des plumes à leurs chapeaux.
Ne les fixe jamais promeneur, leur regard maléfique pourrait te fasciner au point de te faire oublier ta raison.
Le ciel aussi est hanté à l'automne, on y voit passer des chasseurs à cheval suivis d'une meute aux yeux de feu. Jamais tu n'entendras le son du cor, le galop des chevaux ou les abois des chiens, mais un silence plus effrayant encore que le pire des vacarmes.

jeudi 20 mars 2014

L'Alcyon



Regarde bien promeneur du bord de mer, les oiseaux qui te survolent. Tous ne sont pas mouettes ou pétrels. Regarde bien car l'un d'eux peut-être est l'Alcyon.
L'oiseau de la néréide Thétis est l'incarnation d'Alcyone, la fille du roi des vents Eole. C'est pourquoi l'alcyon, porté par le vent ne peut jamais se poser à terre. Les nids qu'il construit sur les rives sont sans cesse détruits par les vagues. 
Zeus un jour prit en pitié le malheureux oiseau; il ordonna à la mer et aux vents de se calmer sept jours par an pour permettre à l'Alcyon de couver ses oeufs. Sept que les marins grecs nomment encore de notre temps les "jours alcyoniens".

lundi 17 mars 2014

Universalité du Conte




Les contes viennent de partout ; on peut prendre en exemple le conte de Cendrillon dont on a recensé 163 versions sans source commune vraisemblable.
Bernadette Bricout écrit dans la revue de la Maison du Conte 2005 :
On ne peut pas tricher avec ce conte-là. Il nous pose des questions intimes .
Car nul ne sait ce qui se cache dans le secret d’un cœur de femme et dans la danse du balai. De la maison, Cendrillon est tout à la fois la gardienne et la prisonnière. Le foyer, la pierre de l’âtre, est-ce le lieu que Cendrillon s’est choisi, son territoire, son refuge, est-ce le lieu de sa réclusion ? »
Bernadette Bricout rappelle, à la lueur des recherches menées par Nicole Belmont, que ce conte est dominé par les figures antithétiques dans la mythologie grecque d’Hestia, gardienne du foyer, et d’Hermès, le voyageur, garant de l’ouverture au monde (le bal du roi, le monde du dehors). Or le bal est le lieu d’un spectacle social où rien n’est laissé au hasard. La fuite de Cendrillon s’inscrit-elle alors dans une science du désir que vient creuser l’absence ? La marraine enseignerait alors à sa filleule l’art de la fugue. Il nous faut méditer sur cet enseignement. "

Si les anciens conteurs avaient pour but essentiel de divertir leur auditoire, on voit que les intellectuels qui depuis se sont penchés sur les contes leur en ont attribué d’autres : initiatique, philosophique ou éducatifs.
Le conte est donc une œuvre collective dont les origines rendent encore perplexes ethnologues, folkloristes, psychanalystes et historiens.
Les différentes théories proposent sans doute chacune une part de vérité.
a)La théorie indo-européenne ou mythique fait des contes populaires un reflet des mythes solaires indo-européens diffusé lors des grandes migrations de ces populations à travers l’Asie et l’Europe.
b)La théorie indianiste fait venir les contes merveilleux de l’Inde par le biais des conquêtes musulmanes.
c)La théorie ethnographique : les contes merveilleux sont les restes de civilisations primitives ; ils seraient nés au sein de différentes cultures éloignées géographiquement mais parvenues au même développement culturel : le stade de l’animisme et du totémisme ; ceci est surtout valable pour les contes animaliers. Les personnages des contes pourraient être le souvenir de célébrants d’anciens rites populaires. (Les fées, sorcières et magiciens représenteraient pas exemple les druides.)
d)La théorie marxiste : le conte garderait le souvenir de croyances et rituels primitifs, ceux des sociétés de clan du régime de cueillette et de chasse. Il serait né au début de l’ère agricole dans des sociétés aux croyances différentes qui ne comprenant plus les anciens rituels, finissent par les déformer. On peut donner cette interprétation du « Fidèle Jean » de Grimm, mais elle éloigne de la signification essentielle du conte qui est avant tout une initiation à la quête intérieure.
Il reste que, la religion chrétienne a peu à peu substitué les histoires tirées de la bible et des évangiles, les vies des saints, à celles venues du monde celte ou gréco-romain.

dimanche 16 mars 2014