vendredi 29 mars 2013

POISSON D’AVRIL


Premier avril, faut que pinson
Puisse boire sur le buisson




N’omettez pas, le 1° avril, de répandre du gros sel aux quatre coins de votre domaine, si peu étendu soit-il, afin d’en éloigner les maléfices. Puis, montrez votre affection à vos proches en leur faisant des « Poissons d’Avril » : une coutume qui remonte à l’année1564.
Jusque là, on célébrait le Nouvel An du 25 mars au I° avril par des fêtes et des échanges de cadeaux.  Charles IX adopte alors  le calendrier grégorien qui fixe le nouvel an au premier janvier. Beaucoup de gens ne s’adaptent pas, aussi  pour se moquer d’eux, leur fait-on des farces et des cadeaux saugrenus. Des poissons par exemple pour les aider à tenir le jeûne de la Semaine  Sainte et parce que c’est le temps de l’ouverture de la pêche.

Si le temps est doux, dans les 4 premiers jours du mois, vous risquez la pluie, voire même le tonnerre. Mais peu importe car ils promettent paix universelle et abondance de biens. Ils sont également de bon augure pour les vendanges et les moissons.
Sachez aussi qu’au premier coup de tonnerre, se rouler par terre en disant deux fois « J’en ai mangé », protège de la foudre pour toute l’année.
Les Francs-Comtois pour leur part, se roulent sur le ventre pour éviter les coliques.

Si vous voulez vivre longtemps, mariez-vous en avril.

Les Anglais, pessimistes,  considèrent le premier lundi d’avril comme un jour maléfique ; c’est l’anniversaire de la naissance de Caïn et de l’assassinat de son frère Abel.

Quant aux  marins, ils  éviteront de prendre la mer pour  les 5 et 6 du mois.

Avril, est consacré à Vénus ; poètes et amoureux fêtent le printemps et le retour sur terre du tendre Adonis.


samedi 23 mars 2013

Arthur, le Roi Ours

Athur, le mythique souverain des Chevaliers de la Table Ronde, avant qu'on lui attribue la personnalité d'un guerrier, était aux temps anciens, avant tout un chasseur.
Artus s'ignifie l'ours et l'ours était avant le lion, le roi des animaux; la légende d'Arthur, rassembleur des peuples de Bretagne a été forgée à une époque où l'ours était détrôné , c'est pourquoi le lion et non l'ours, figure sur les armes de Grande Bretagne.
Le lion et l'ours, rois des animaux et Arthur, roi parmi les hommes. L'ours, fort et courageux qui règne sur la forêt et la nature sauvage; sauvage comme une des apparences de Merlin, le conseiller d'Arthur: l'Homme Sauvage. Merlin qui, régulièrement, quitte le monde des hommes et va se réfugier au coeur de la forêt de Kerydon ou Brocéliande selon que le récit nous vient de petite ou de grande Bretagne.
Une légende attribue à Arthur une de ces chasses maudites qu'on voit certaines nuit passer dans le ciel: le roi assistait à la messe de Pâques, tandis que ses chasseurs poursuivaient un sanglier. En entendant les aboiements de la meute, Arthur n'y put tenir; il quitta l'église pour rejoindre la chasse. Mais à peine était-il dehors que le vent s'éleva en tourbillon , emportant le roi, sa meute, ses chevaux et ses valets toujours sonnant de la trompe. Depuis lors, tout l'équipage est condamné à chasser dans le ciel jusqu'au jour du jugement dernier, en ne prenant qu'une mouche tous les sept ans.
Le conte gallois de Kulwch et Olwen rapporte que  pendant 9 jours et 9 nuits, Arthur a pourchassé le Twrch Trwyth, un sanglier blanc géant qui symbolise le pouvoir sacerdotal, tandis qu'Arthur, l'ours représente le pouvoir temporel.

Les belles images d'Amartia et Cie sur l'Almanach et bulbes en pots au jardin.

mercredi 20 mars 2013

C'est bon signe



Sème tes pois à la Saint-Patrice
Tu en auras tout ton caprice.




LE BELIER



Le front orné de cornes vigoureuses, environné de flammes, vêtu de rouge et bardé d’acier, le Bélier, la tête en avant, force la porte du printemps.
L’agneau qui a pu échapper au loup, celui qui a survécu aux festivités Pascales, devenu adulte, perd son innocence et emprunte au dieu Mars qu’il accompagne souvent, son caractère belliqueux

Mars devient Germinal et inspire Zola, natif du Bélier comme Charlemagne, Thérèse d’Avila, Marlon Brando et tant d’autres têtes chaudes
Le dieu Mars qui gouverne le mois est associé à la planète rouge qui a son domicile diurne dans la constellation du Bélier.  La nuit, elle habite de préférence le Scorpion ; c’est pourquoi, âpre chaude et sèche, on a coutume de l’associer aux tyrans, aux guerres et aux catastrophes.

Les personnes nées dans cette période ne craindront pas le travail,  mais ne feront pas tous  fortune. Ils n’ont pas cependant à redouter la pauvreté.
  Grands amoureux les natifs se marieront tard ; s’ils se marient. La chasteté leur est pénible ; Thérèse d’Avila a du beaucoup écrire et se mortifier pour parvenir à la supporter.
S’ils donnent dans leur jeunesse le meilleur d’eux-mêmes et s’ils n’en meurent pas, les natifs du Bélier sont assurés de parvenir à un âge avancé.
Il leur faudra toutefois se méfier de la pleine lune si elle tombe un 15 mars et se souviendront que les Ides de Mars ont mal réussi à Jules César.
Si leur toison est d’or, la postérité gardera leur mémoire.

Printemps sur l'Almanach et printemps au jardin


mardi 19 mars 2013


Jamais pluie de printemps
N’a passé pour mauvais temps.



La  TOISON d’OR.

Autrefois Dionysos aima Théophané. De leurs amours naquit un bien étrange enfant : il était fait d’or pur et il avait des ailes. Jupiter qui le vit, désira l’adopter, l’emporta sur l’Olympe où il le fit dormir dans une bergerie ; car c’était un bélier. Un Bélier raisonnable et qui savait parler.

Athamas, roi de Thèbes, prit pour seconde épouse Ino, fille de Cadmos. Néphélé, répudiée, qui avait deux enfants, une fille, Hellé et un garçon, Phryxos, craignait fort pour leur vie et elle avait raison.  Ino avait un fils, qu’elle voulait voir régner ;  Phryxos devait mourir.  Dans les greniers royaux, on gardait les semences des prochaines récoltes. Ino y pénétra, stérilisa les graines. Il n’y eut l’an suivant, ni moisson, ni récolte. L’oracle consulté, soudoyé par Ino, dit au roi que jamais plus rien ne pousserait sur la terre de Thèbes, s’il n’acceptait d’offrir son fils en holocauste. Athamas refusa, mais le peuple affamé ayant appris la chose, fit céder le monarque.
 La pauvre Néphélé suppliait tous les dieux d’épargner son enfant. Hermès qui l’entendit,  avertit Jupiter. Le maître de l’Olympe envoya son Bélier, qui le prit sur son dos pour le mettre à l’abri très loin vers l’Orient, au royaume de Colchide. La jeune Hellé, craintive, voulut suivre son frère. Elle n’avait jamais vu ni entendu la mer. Le bruit des flots lui fit une frayeur horrible, la tête lui tourna et, lâchant la toison, elle tomba dans les flots à l’endroit qui depuis se nomme l’Hellespont.
Phryxos, fuyant Ino, lui avait  pris les dents provenant d’un dragon qu’avait jadis occis le roi Cadmos, son père ; ces dents étaient magiques. Il parvint en Colchide où le roi Aletes  lui fit un bon accueil, et même il lui donna sa fille en mariage. Il fallait une dot, mais Phryxos n’avait rien sauf les dents du dragon, qu’il offrit volontiers.
Un jour vint cependant où regrettant Iolcos, il voulut retourner au pays de son père, emmenant avec lui ses enfants, son épouse et aussi le Bélier. Aletes refusa car l’animal divin était pour sa nation un garant de bonheur et de prospérité.
Comment garder captif un homme qui commande à un Bélier volant ?
Le roi, pour faire hommage au belliqueux Arès,  organise des jeux. Toute la cour est là. Le Bélier confiant, couché près de son maître, soudain s’agite et bêle. Des guerriers armés, sur l’ordre d’Alétes le saisissent et l’entraînent. Phryxos alors comprend qu’il sera sacrifié et veut s’interposer. Malencontreux hasard ou ordre criminel ? Il est frappé à mort. Mais avant d’expirer, il maudit Alétes et jure qu’un fantôme viendra le  tourmenter tant que la Toison d’Or du Bélier divin ne sera pas rendue au royaume d’ Iolcos.
Sur un chêne du bois consacré à Arès, Aletes fit clouer l’éclatante dépouille et mit pour la garder un dragon insomniaque.
Zeus parmi les étoiles a placé son Bélier , mais sa lueur est faible puisque le Toison d’Or est restée en Colchide
L’écho de ce forfait fit murmurer  la Grèce.

L'Almanach est complètement OUF et la carotte rend aimable au jardin

dimanche 17 mars 2013

Pâques


Si tu veux avoir des dindons,
Mange des crêpes aux brandons.



Pâques approche et vous souhaitez des œufs en grand nombre pour les colorier, les cacher au jardin et amuser les petits enfants : nourrissez vos  poules à l’intérieur d’un cercle de tonneau, d’un cerceau ou tout autre cercle ;  faites aussi plusieurs fois le tour du poulailler en semant les os du repas de la veille, ce qui éloigne les renards. N’omettez pas de dire  à voix haute et distinctement: « Tiens, Renard, voilà ta part ! ». Pour plus d’efficacité, il faut n’être vu (et entendu) de personne.
En Lorraine, c’est l’os du jambon que l’on offre, pas au renard mais au loup. On fait monter sur le toit le plus jeune garçon de la famille. Il jette l’os dans la rue en criant : « Oh ! Loup !  tiens,  loup ! val  te pah. »

Les nuits du 20 au 24 sont des « Nuits Noires », néfastes pour les naissances.  Les femmes sur le point d’accoucher devront se retenir jusqu’au 25. Ce jour là, quand elles auront fini, elles pourront aller greffer quelques arbres, mais s’abstenir de faire la lessive. Transgresser l’interdit les  exposerait à revenir au lavoir après leur mort tous les ans à la même époque, et ceci pour l’éternité ! De plus, le linge lavé ce jour là, se transformerait en paille ; qui est utile aussi et qu’on n’a pas besoin de repasser.
Le 24, chez les Romains, jour sacré de Cybèle, « mère des dieux » et avide de sang humain ; c’est la « fête du sang ».
S’il gèle le 25, jour de l’Annonciation, on ne récoltera ni grain ni vin.
Si cette fête coïncide avec le vendredi saint ou le dimanche de Pâques, de grands malheurs sont à prévoir : 1910 mort d’Edouard VII, 1951, mort de GeorgesVI ; et ça pourrait être plus grave !
En revanche, les Russes pensent que l’Annonciation qui  tombe un lundi ou un dimanche, est signe de bon augure.
Les Lorrains redoutent pour leur bétail un carême qui débute en mars ; et il débute presque toujours en mars, ce qui est fâcheux pour les agneaux et les moutons aux alentours de Pâques.
Ne rien semer les trois derniers jours de mars ; ne pas se faire saigner non plus : risque de mort !
Les anglais, de crainte d’attirer le mauvais sort, n’empruntent jamais d’argent ces trois derniers jours. Les fréquenter de préférence à ce moment-là.
Les enfants nés en mars sont bons, sympathiques et inquiets ; les Poitevins plus particulièrement, ont la tête grosse.
On se méfiera des mois de mars qui comportent 5 mardis et qui  ne laissent aux belges ni choux ni trognons.
Le tonnerre de mars laisse présager une  pénurie de fruits, de blé, d’huile et de vin ; il annonce  aussi guerre et mortalité.

Aujourd'hui l'Almanach est féministe et le cerisier fleurit au jardin

vendredi 15 mars 2013

Promethée



Prométhée  passait pour avoir créé les hommes ; il était en tout cas leur ami. Fils du Titan Japet, il était cousin de Zeus. Athéna lui avait enseigné, l’architecture, l’astronomie, les mathématiques, la navigation, la médecine, le travail des métaux et bien d’autres sciences utiles que Prométhée voulait transmettre aux hommes. Zeus qui  les voyait sans cesse progresser en talents et en pouvoirs se mit à craindre pour le sien et résolut d’en exterminer la race. Le Titan intercéda en leur faveur et apaisa momentanément la colère du roi des Dieux.
Mais voilà qu’un jour à Sycione, un taureau fut offert en sacrifice et une querelle éclata entre les prêtres : ils n’étaient pas d’accord sur la part qui devait revenir aux dieux et celle qui resterait aux humains.  On fit appel à Prométhée le sage pour arbitrer le débat. Il prit la peau du taureau et en fit deux sacs. Dans l’un il mit la chair qu’il recouvrit des abats, d’aspect repoussant et dans l’autre la carcasse sans viande, qu’il recouvrit de graisse blanche fort appétissante. Il laissa les sacs ouverts et demanda à Zeus de choisir sa part. Le dieu choisit celui des deux sacs qui avait le meilleur aspect. Il entendit alors Prométhée qui s’esclaffait dans son dos. Furieux, il retira le feu aux hommes tout en grondant : « Mangez-là crue votre viande, à présent ! »
Mais Prométhée était bien décidé à rendre le feu à ses protégés. Certains disent qu’il en déroba à Héphaïstos, d’autres qu’il prit des braises au char du Soleil et qu’il les rapporta sur terre dans la tige creuse d’un fenouil géant.
.Zeus, de plus en plus furieux fait enchaîner Prométhée  nu, à un rocher  des monts du Caucase. Il y était maintenu par des liens d’acier tandis qu’un griffon-vautour lui dévorait le foie. Chaque nuit, tandis que le Titan souffrait du froid, son foie se reconstituait, si bien que son supplice  semblait devoir être sans fin.
Toujours irrité contre les hommes, Zeusdonna ordre à Athéna et Héphaïstos de fabriquer une femme : Pandore. Tous les dieux de l’Olympe devraient lui offrir un don ; ainsi elle aurait la beauté, la grâce, elle saurait chanter, danser, elle serait parfaite. Mais Hermès, toujours frondeur  lui mis dans le cœur désobéissance et curiosité.
Prométhée avait un jeune frère à qui il avait recommandé de n’accepter aucun présent de Zeus. Mais quand le dieu, son oncle, lui offrit cette ravissante créature, il oublia l’avertissement et accepta d’épouser Pandore. Pandore à qui Zeus donne en cadeau de noces une jarre, hermétiquement close et lui recommande de surtout, surtout ne jamais l’ouvrir : de grands malheurs pourraient en advenir.
Bien évidemment, Pandore en est malade de curiosité et comme elle a eté créée désobeissante, elle ne tarde pas à en soulever le couvercle.
Et bien entendu, c’est une véritable catastrophe, car la jarre contenait tous les maux de la terre : souffrances, guerres, maladies, tous les vices, toutes les folies s’abattent sur les hommes ; la désolation règne sur la terre. Heureusement l’espérance, nichée tout au fond de la jarre y était restée, qui a permis à l’humanité de survivre.
C’est Héraclès qui, passant par le Caucase, d’une flèche transpercera le griffon-vautour et délivrera le Titan. En mémoire de son supplice, Prométhée portera éternellement des bracelets et des bagues forgés dans les anneaux d’acier de ses chaînes.

Tandis que l'Almanach est enfumé, profitez des bienfaits de l'armoise au Jardin.

jeudi 14 mars 2013

..Où va le conte ? Pourquoi faut-il conter ?


« Au temps où les animaux parlaient…. Quand les poules ont perdu leurs dents… Du temps où les oies tricotaient des bonnets… Il était une fois… Once upon a time… “
Imaginez-vous le soir au coin du feu… dans un lit, sous la couette; un adulte, un “grand”, raconte une histoire; une histoire qui fait peur, qui fait rire ou qui fait rêver ; une histoire dont on veut connaître la fin même si l’on n’a pas compris tous les mots…
« Tire la chevillette et la bobinette cherra. »
C’est une formule magique ; tout comme « Sésame ouvre-toi ! », elle permet aux portes de s’ouvrir et il faudra bien du temps avant de comprendre que la chevillette et la bobinette sont les éléments d’un ancien système de serrures et que « cherra » est l’indicatif futur du verbe choir.
Peut-être alors, irons-nous consulter un dictionnaire où nous trouverons (ou pas) la signification exacte de chevillette et de bobinette. Nous aurons alors, en douceur et dans le plaisir enrichi notre vocabulaire, et bien des portes se seront ouvertes sur des domaines insoupçonnés.
Car telle est la magie des contes, des mythes et des légendes : ils nous amusent, nous font rêver et nous enrichissent.
Il ne faut pas craindre le conte. Dans « Initiation et sagesse des contes de fées », Dennis Boyles affirme :
Certains sont défavorables aux contes sous prétexte qu’ils suscitent la peur chez l’enfant, méfiance qui disparaît quand on comprend la fonction de cette émotion dans le contexte des histoires. Les enfants savent qu’aucun loup ne va les manger, mais ils « aiment » avoir peur et « adorent » les frissons. Pourquoi, sinon, parleraient-ils tant entre eux de fantômes et de magie ?….

Semis au jardin; moutarde et pain d'épices surl'almanach

mercredi 13 mars 2013

Pamphile la sorcière.


On connaît surtout de l'Âne d'Or d'Apulée, le très beau conte d'Amour et Psyché. Mais sait-on pourquoi Lucius le narrateur, fut changé en âne?
Ce sort terrible lui advint pour avoir voulu connaître les secrets de Pamphile, la maîtresse de Photis, la jeune esclave dont il était amoureux. C'était au II° siècle de notre ère.
Une nuit , la jeune fille en tremblant confessa à Lucius qu'elle appartenait à une sorcière. L'intrépide , loin d'avoir peur voulut en savoir plus et obtint de Photis qu'elle l'introduise dans la maison de Pamphile une nuit où elle pratiquait ses sortilèges.
Bien dissimulé derrière des tentures, il la vit préparer au moyen d'ingrédients abominables, un onguent dont, entièrement nue,  elle s'enduisit le corps des pieds jusqu'aux cheveux. Penchée au-dessus d'une lampe à huile qui exhalait d'étranges parfums, Pamphile marmonnait des incantations. 
Lucius fasciné, pouvait observer les membres et tout le corps de la sorcière agités de soubresauts, tandis que  sur sa peau poussait comme un duvet. Puis elle se mit à sautiller tandis que ses bras étendus disparaissaient sous de larges plumes; son nez devenait dur et crochu; ses mains aux ongles allongés et courbés se transformaient en serres et ses yeux arrondis étaient habités de prunelles couleur de souffre. Toujours en sautillant et battant de ses ailes déployées, Pamphile devenue hibou, sauta sur l'appui de la fenêtre ouverte et s'envola dans la nuit.
Voler... le rêve insensé des hommes n'épargna pas Lucius. Il n'eut plus qu'une idée, renouveller l'expérience à son profit. Photis harcelée, finit par accepter de l'aider. Hélas, les jeunes apprentis sorciers, firent une erreur dans la composition de l'onguent, et c'est ainsi que Lucius se retrouva dans la peau d'un âne.
Un âne qui, pour retrouver  une apparence humaine, aurait à brouter un bouquet de roses, ce qui finalement, ne sera pas si simple...

Hugo Chavez sur l'Almanach et des pavots au jardin

mardi 12 mars 2013

Les deux clés d'or

Ils étaient deux dans un jardin qui attendaient le printemps et le réveil des fées. L'hiver n'en finissait plus et les "Demoiselles des Fleurs", peu soucieuses de gâcher leurs fragiles toilettes dans la boue, dormaient encore à l'abri des buissons d'aubépines. Elles avaient çà et là, semé quelques crocus, laissé quelques clochettes blanches percer la neige, mais bien vite, elles étaient rentrées se cacher dans les buissons épineux enguirlandés de lierre. Les fées des roses et des violettes , gardant jalousement leurs sachets de parfum semblaient disparues à jamais et les deux jardiniers se désolaient.
Puis un jour, entre deux averses, un rayon de soleil éveilla Primevère; elle défroissa sa robe aux tons pastels et d'un doigt toucha des bouquets de feuilles vertes. Les jardiniers la guettaient: ils connaissaient la légende. 
Au cours de l'hiver, un colporteur aux veillées, avait raconté qu'à celui qui cueillerait la première fleur du printemps, la fée donnerait une clé d'or. ce jour-là, deux fleurs s'ouvrirent en même temps; le jardinier en prit une et la jardinière cueillit l'autre. Primevère se mit à rire: "Voilà donc qu'il me faut vous donner une clé d'or à chacun? Bien! Voyons si vous en ferez bon usage."
La jardinière coquette, suspendit sa clé d'or à une chaîne et se la passa autour du cou. Elle alla se mirer dans l'eau de la fontaine et se trouva belle; elle se mit à chanter et, heureuse et souriante, elle reprit son ouvrage.
Le jardinier plus aventureux, voulut essayer le pouvoir de sa clé. Elle ouvrait , avait dit le colporteur, la porte d'un souterrain qui descendait sous la colline. Là se trouvait une salle où dormaient tous les trésors de la terre et il pourrait en prélever autant qu'il aurait la force d'en porter.
Il se rendit au pied de la colline, trouva la porte cachée sous les ronciers et la clé d'or l'ouvrit sans peine. Sa clé dans une main et dans l'autre un grand sac, notre homme emprunta le souterrain et parvint à la salle au trésor: tout ébloui, il ne pouvait compter les coffres entr'ouverts ou renversés qui laissaient échapper de pièces d'or, des bijoux, des perles et des diamants. Le jardinier remplit son sac et courbé sous le poids de sa fortune, il prit le chemin du retour.... mais il avait oublié sa clé! Une porte claqua derrière lui. Il se retrouva dans la nuit du souterrain et ne parvint jamais , sans clé, à ouvrir la porte qui le ramènerait au jour. Il se souvint alors que le colporteur avait aussi parlé des chasseurs de trésors qu'on n'avait jamais revu. Désespéré, il se laissa choir à côté du sac au trésor.
La jardinière l'attendit longtemps, puis ne le voyant pas revenir, elle prit sa clé pour entrer dans le souterrain et voir ce qui était arrivé à son époux. Mais rien à faire, cette clé-là n'ouvrait pas la porte de la colline.
Elle rentra chez elle en pleurant. 
Le temps des primevères passa, puis l"été, puis l'automne et encore un hiver. Quand revint le printemps, Primevère avec le soleil sortit des aubépines et trouva la jardinière en pleurs. Elle ne songeait guère à cueillir la première fleur de l'année, pas plus qu'elle ne désirait de clé d'or. La fée la voyant si triste lui posa des questions et la jeune femme lui raconta comment son époux avait disparu et comment sa clé à elle n'ouvrait pas la porte de la colline.
"C'est que, lui dit la fée, ta clé à toi ne donne pas la richesse. C'est la clé des coeurs purs et puisque tu as su la garder, peut-être la Reine des Fées acceptera de t'aider. Pour cela tu dois te rendre au Pays Fantastique.  Ecoute-moi ...Regarde..."
Primevère fit éclore ensemble treize fleurs dont la jardinière fit un bouquet. De l'autre côté de la colline se dressait une pierre. Touchée par le bouquet, la roche tourna et montra l'éblouissant Royaume des Fées. tout n'y était que soleil, fleurs et parfums. Sur son grand fauteuil en osier, la Reine des fées souriait. Dans une révérence, la jardinière implora qu'on lui rendit son époux. De sa  baguette la Reine toucha la clé d'or au cou de la jeune femme: " Va délivrer ton jardinier, dit elle doucement." Le monde des fées s'évanouit dans une brume dorée et la jardinière se retrouva au pied de la colline; devant elle la porte était close, elle prit sa clé et l'ouvrit. Derrière, l'imprudent était assis sur le sol, la tête entre les genoux; il était faible, il avait faim, sa barbe et ses cheveux étaient plus emmêlés qu'un roncier. Elle le prit dans se bras, l'aida à se relever. Titubant, il passa la porte et cette fois, ce n'est pas la clé qu'il oublia, mais le sac au trésor tout entier.

L'almanach est au salon de l'auto et des chenilles menacent le jardin

dimanche 10 mars 2013

Bloddewed l'infidèle


Il est de ces mères possessives qui veulent garder pour elles seules leur fils chéri ; ainsi était Arianhod. Usant de ses pouvoirs, elle avait fait en sorte que son fils Llew ne puisse s’unir à une humaine. L’oncle du jeune homme, Gwydion le Magicien fit un bouquet de genêts, de Reine des Prés et de branches de chêne, lui insuffla la vie  et ainsi créa une femme plus belle que toute autre fille des hommes. Elevée parmi les prêtresses d’Avalon, Bloddewed devint aussi savante que belle. Le roi Math, grand-père de Llew lui offrit un royaume, et Gwydion lui donna la belle pour épouse. Ils furent heureux … jusqu’au jour où le roi Math, appela Llew à sa cour. Il confia le domaine à  sa femme et, après un dernier baiser, il s’en fut le cœur léger.

Or, il advint qu’un seigneur voisin, Gronw Pebyr, étant à la chasse, suivit un cerf pendant si longtemps qu’il dépassa les limites de son domaine. Il tourna et retourna sur les chemins forestiers tant qu’il fut bientôt perdu et, c’est épuisé, affamé, qu’il se trouva aux portes d’un château. Il y demanda asile et fut conduit devant la plus belle femme qu’il lui ait été donné de rencontrer. Bloddewedd n’avait jamais connu d’autre homme que son époux ; ce beau chasseur épuisé qui la regardait  émerveillé, lui fit battre le cœur ; elle lui accorda l’hospitalité et même un peu plus. Les deux amants connurent de longues nuits de bonheur, mais un jour on annonça le retour de Llew. Incapables d’envisager la vie l’un sans l’autre, Grown Pebyr et Bloddewed, résolurent d’occir l’époux indésirable.
Mais ce n’était pas si simple : Llew était d’essence divine. On ne pouvait le tuer ni dedans, ni dehors, ni en marche, ni à cheval. Il n’était en fait vulnérable que dans son bain, un pied posé sur une chèvre et l’autre sur un chaudron et encore fallait-il utiliser une lance forgée pendant un an et spécialement dans ce but.
Aux amants passionnés, rien n’est impossible ; ils prirent leur temps , finirent par réunir toutes les conditions et Grown Pebyr frappa d’un coup de lance Llew qui grièvement meurtri, se changea en aigle et s’envola, tirant de l’aile. L’assassin prit sa place dans son domaine et dans le lit de sa femme.
Gwydion informé du malheur survenu à son neveu partit à sa recherche, retrouva l’aigle blessé, et au moyen d’incantations lui rendit sa forme humaine. Ensuite il le ramena dans ses terres de Coer Dalhyl où il le fit soigner . Guéri, Llew rassembla une armée pour combattre son assassin, reprendre possession de son royaume et s’emparer de celui de son rival. Grown Pebyr périt dans la bataille. Quant à l’épouse infidèle, Gwydion en fit une chouette ; le jour lui fut interdit et les autres oiseaux, terrifiés, la laissèrent à sa nocturne solitude.

jeudi 7 mars 2013

L'anneau de Gygès


C'était il y a longtemps; au VIII° siècle av.JC, dit Hérodote. Donc l'histoire serait vraie?
Il y avait en Lydie, un berger du nom de Gygès. Un jour d'orage, le sol se mit à trembler et un gouffre s'ouvrit devant lui engloutissant son troupeau. Dans l'espoir de sauver quelques bêtes, Gygès descend dans le gouffre. Le voilà qui s'enfonce dans un tunnel qui le mène dans les profondeurs de la terre. Il arrive dans une salle où luit un énorme cheval de bronze; deux portes s'ouvrent dans ses flancs. Curieux, Gygès pénètre à l'intérieur du cheval et découvre... un squelette géant qui porte un anneau d'or. Le berger le prend et le passe à son doigt, puis il remonte à la surface où d'autres bergers inquiets, l'attendaient sur le bord du gouffre. Il se plaint d'avoir perdu son troupeau, mais ne raconte rien de son aventure, ni du cheval de Bronze, ni du géant mort et encore moins de l'anneau. Et la vie reprend...
Bientôt, Gygès observe une chose curieuse: chaque fois qu'il tourne le chaton  de la bague vers l'intérieur de sa main, plus personne ne le voit, alors que lui, continue à voir et à entendre tout ce qui se passe autour de lui.
Enchanté de ce pouvoir, il se dit que ce n'est pas dans les paturages qu'il le fera fructifier et sans plus tarder, il se rend à la cour du roi Candaule. En utilisant au mieux son anneau magique, il fait son chemin jusqu'à devenir le confident du monarque. Un monarque bien imprudent qui, très fier de la beauté de sa femme ne cesse de la vanter à qui veut l'entendre. De cette beauté il parle sans jamais la montrer. Gygès rusé, lui dit un jour: "Roi, si ta femme est si belle, pourquoi la tiens-tu cachée? Sans doute elle a quelque défaut que personne ne doit connaître."
Or le roi qui connaissait le pouvoir de Gygès mais sans savoir d'où il le tenait, lui répond: "Il te sera facile de savoir que je dis vrai : disparais et va dans ses appartements, quand elle prendra son bain, tu verras à quel point je dis vrai."
Gygès commença par refuser, mais le roi insistait, insistait  tant et si bien qu'il finit par accepter prétendant que c'était malgré lui. Il tourna son anneau et , invisible, se rendit dans les appartements de la reine. Quand elle fut nue, allez savoir si c'était émotion,  maladresse, ou bien le fit-il exprès, toujours est-il qu'il ne tourna pas son anneau et que la reine l'aperçut. Elle poussa un cri, se drapa dans des étoffes qui étaient à sa portée; elle allait appeler des gardes pour  chasser l'indiscret, quand Gygès lui avoua qu'il était là sur ordre de son époux.
Furieuse, outragée mais aussi troublée par ce jeune homme qui ne manquait pas de charme, la reine formula ainsi sa revanche: ou Gygès tue Caudale et l'épouse ou bien elle l'accuse d'outrage à sa personne et demande sa mise à mort.
Le choix était simple; la reine était belle et il lui était facile, en se rendant invisible, de tuer Candaule.
Ainsi l'ancien berger épousa la reine et devint un grand roi. Sous son règne, le royaume de Lydie atteint son apogée, se fit respecter de tous ses voisins et étendit sa domination jusqu'en Asie Mineure.
On dit que c'est en ce temps, sous le règne de Gygès que l'usage du troc se perdit remplacé par celui de la monnaie. Une monnaie faite de pièces d'electrum tiré de la rivière Pactole.
Mais il faut bien que les héros meurent; Gygès avait-il oublié son anneau le jour où il périt dans une bataille contre les Cimmériens?

L'Almanach fait le portrait d'une femme et Vénus marche en sabots au Jardin

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...