Insensé celui qui somme le rêve de s'expliquer - Jean RAY - Malpertuis

dimanche 24 novembre 2013

Sainte Catherine


A la Sainte Catherine,
Tout bois prend racine.




Au temps de l’empereur Maximin, (ou Maximilien on ne sait plus trop), vivait à Alexandrie , Catherine.  Elle était fille de roi, extraordinairement belle, intelligente, instruite et savante. Toutes ces belles qualités en faisaient une personne intouchable qu’aucun homme ne désirait prendre pour épouse ; Catherine était vierge, elle se fit chrétienne.
On parlait d’elle dans tout l’empire, aussi Maximin, passant par Alexandrie la fit venir devant lui et la questionna sur les raisons de son appartenance à cette secte réunissant surtout des esclaves et des pauvres gens. Catherine entreprit alors de lui prêcher les beautés de la parole du Christ. Ebranlé mais désireux avant tout de faire rentrer une si belle et si docte personne dans le droit chemin de la religion romaine, l’empereur fit appeler trente savants et philosophes chargés de démontrer ses erreurs à la belle. Pendant des heures et des heures, la jeune chrétienne leur tint tête et c’est eux qu’elle finit par gagner à sa foi. Furieux, César les fit brûler vifs.
Pour lui, séduit par la beauté de Catherine, il lui offrit la seconde place à sa cour, mais la jeune fille refusa. L’empereur outragé, la condamna au pire des supplices et comme aucun de ceux en vigueur ne lui semblait assez cruel, il en fit inventer. Son choix se porta sur une machine infernale faite de roues aux dents acérées qui tournaient en sens inverse ; un hachoir en somme, dans lequel on introduirait le tendre corps de la vierge afin de le réduire en une bouillie sanglante.
Mais les anges protégeaient Catherine,  les roues refusèrent de tourner et finirent par se briser. Maximin la fit décapiter. On était au cœur de l’automne dans les jours sombres et brumeux  qui sont maintenant novembre.  L’Eglise plus tard, en fit une sainte .La première à porter un chapeau extravagant fait de trois auréoles : la blanche des vierges, la verte des savants et la rouge des martyrs.
Au XVI° siècle , c’est au mois de novembre qu’en souvenir du martyr de Catherine, dans les églises, on confiait  à des célibataires âgées de 25 à 35 ans le soin de renouveler  la coiffe de la sainte .
Catherine la décapitée est devenue la sainte patronne des modistes qui la fêtent chaque année, le 25 novembre. Ce jour là, la tradition veut que salons et ateliers soient ouverts mais on n’y travaille pas. On rit, on chante, on s’amuse, on boit le champagne. Les clientes ne sont pas servies mais invitées à trinquer avec le personnel. Et si par chance , dans la maison on trouve une célibataire de 25 ans, on la coiffe du plus extravagant chapeau jaune et vert qu’on puisse inventer et on la couvre de cadeaux.
J’en connais (une au moins) qui pour ne pas manquer la fête, n’aurait pour rien au monde accepté de se marier avant ses 25 ans révolus.

3 commentaires:

manouche a dit…

Dommage qu'on ne voit plus les chapeaux des jolies catherinettes, elles sont pourtant de plus en plus nombreuses...

P a dit…

Une vraie Catherinette était vierge...

LOU a dit…

Oui, c'est le petite détail qui manque... :)

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