vendredi 8 novembre 2013

L'épée du Rocher

Tous trois retournèrent vers la ville, il n’était plus question de tournois pour eux. Antor emmena Arthur à l’écart et quand ils furent seuls, le père mit un genou en terre devant son fils.
« Mais mon père, dit le jeune homme, c’est moi qui te dois respect et obéissance, c’est à moi de m’agenouiller devant toi et non l’inverse !-
-Tu fais erreur, Arthur , je plie le genou devant toi parce que tu es mon roi !
-Mais père, j’ai retiré l’épée, mais je n’en suis pas moins ton fils ?
- Oui, Arthur, tu es mon fils par le cœur et ce que je vais te révéler ne change rien à l’amour que j’ai pour toi : tu n’es pas mon fils par le sang !
Antor vit de la détresse dans les yeux de l’adolescent ; il lui prit les deux mains :
« Ecoute-moi, Arthur : une nuit, il y a de cela bien longtemps, un homme dont j’ignore tout m’a demandé si je voulais prendre soin d’un nouveau-né abandonné. Il m’a fait jurer de prendre soin de lui, de l’élever et de l’aimer comme mon propre fils ; il l’a fait jurer à ta mère qui t’as nourri de son lait. Tu n’avais pas encore ouvert les yeux, tes langes étaient de fine dentelle. Nous avons accepté et depuis, tu es vraiment notre fils… »
Arthur pleurait : «  Si tu ne veux plus être mon père, que vais-je devenir ? – Tu as un père et une mère, mais l’homme qui t’a confié à moi m’a fait jurer de ne jamais chercher à savoir qui ils sont. Peu importe, Arthur, tu es notre fils et nous t’aimons ! – Quoiqu’il advienne, répondit Arthur en l’embrassant, tu seras toujours mon père ; mais pourquoi me dis-tu cela aujourd’hui et pourquoi suis-je le seul à pouvoir retirer cette épée de l’enclume ? – Parce que c’est toi l’élu, celui qui es notre roi ! Et tu seras toujours mon fils bien-aimé, cependant promets-moi une chose : quels que soient les défauts de Keu, n’oublie jamais qu’il est ton frère et garde le toujours près de toi. »
Arthur jura que quoi qu’il advienne, il ne se séparerait jamais de Keu.

Alors Antor s’en fut trouver l’archevêque et lui demanda de laisser le jeune Arthur qui n’était pas encore chevalier tenter l’épreuve avant les hommes du peuple. Le prélat qui savait Antor un homme droit, vaillant et sage promit qu’après les vêpres, Arthur serait le premier admis à monter sur le perron. Antor heureux qu’un chef soit donné au royaume, fier que ce roi soit son fils mais le cœur lourd de perdre l’enfant qu’il a élevé s’en retourna près de ses fils.

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