mardi 22 octobre 2013

Le chaudron de Matholwch (4)

C’est avec enthousiasme que les Irlandais saluèrent le retour de leur roi et de sa nouvelle épouse. Branwen, la généreuse distribuait à toutes les femmes de la cour bijoux et parures de grande valeur. Une année passa ; tout le monde aimait la nouvelle reine, tout le monde l’admirait. Bientôt elle mit au monde un fils, Gwern qui selon la coutume fut confié à une des meilleures familles d’Irlande, chargée de son éducation.
Tout alla  pour le mieux pendant deux ans. Mais Matholwch avait des  frères de lait qui se mirent à comploter avec d’autres barons ; ils étaient mécontents et trouvaient que le roi avant accepté bien facilement le massacre de ses chevaux et que Brân s’était finalement montré peu généreux en regard de l’outrage subi.  Ils firent tant et tant que Matholwch finit par comprendre que jamais il n’aurait la paix s’il n’imaginait pas une autre revanche .  Branwen allait en faire les frais.
Chassée de ses appartements royaux et reléguée aux cuisines elle dut préparer les repas pour toute la cour ; de plus, chaque jour, après avoir découpé la viande, le boucher lui administrait un soufflet. Nul dans l’île de Bretagne et surtout pas Brân ne devait apprendre la façon dont était traitée la pauvre Branwen : il fut interdit à tous les navires  d’aborder ses côtes. Et ce pendant trois ans.

Branwen pour oublier un peu son infortune, avait apprivoisé un étourneau et lui avait appris un langage. Chaque jour, elle lui parlait des années heureuse, quand elle vivait avec son frère, Brân le Béni. Elle eut un jour l’idée de rédiger une lettre à son adresse dans laquelle elle lui racontait ses malheurs. La lettre attachée sous l’aile de l’oiseau,  elle l’envoya dans l’île de Bretagne. L’oiseau traversa la mer, et vint trouver Brân qui tenait sa cour de justice dans la forteresse de Kaer Seint, près de Carnarvon. L’intelligent volatile se posa sur l’épaule du roi, sauta, hérissa ses plumes jusqu’à ce qu’enfin il découvre la lettre. Indigné du traitement infligé à sa sœur, Brân décida de lui porter secours et rassembla ses meilleurs guerriers. Tous embarquèrent sur de solides navires bien armés et firent voile vers l’Irlande pour porter secours à sa sœur

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