jeudi 31 octobre 2013

On n'y coupe pas à cette date


Ceux qui l'ont déjà lu... révisez en pensant à ceux qui viennent ici pour la pour la  première fois...
 Jack à la lanterne


Il y avait en Irlande autrefois, un sale type nommé Jack. Il était méchant, brutal, sale, avare, voleur, menteur, ivrogne, fourbe et s’il vous vient à l’idée d’autres défauts, vous pouvez les ajouter à la liste : il ne lui en manquait aucun !
Un soir d’automne, comme il en avait l’habitude, Jack traînait au pub au lieu de rentrer chez lui. Il avait déjà bu pas mal et n’avait pas l’intention d’en rester là, seulement il n’avait plus d’argent ou du moins, il n’avait plus l’intention d’en dépenser. Au fond de la salle, assis dans un coin sombre, un étranger observait. L’aubergiste n’avait pas plus envie de continuer à servir Jack que ce dernier d’arrêter de boire. Jack furieux devenait violent et menaçait de tout casser quand l’inconnu se leva et jeta de la monnaie sur le comptoir :
-« Allons, allons, mes amis, ne gâchons pas la soirée pour quelques pièces ! »-
Le ton était aimable mais la voix grinçante et le personnage qui venait de parler assez inquiétant ; noir de poil, le teint basané, les yeux étrangement luisants sous des sourcils épais, son costume de riche étoffe noire et rouge tranchait sur la pauvreté du lieu. L’aubergiste, qui aurait bien voulu fermer servit bien à contre cœur, deux verres ; Jack fut le seul à vider le sien. Quand il eut fini, il en voulut un autre et un autre, et encore un autre ; toujours l’inconnu payait.
Derrière les vitres, le jour avait disparu ; il faisait noir dehors.
-« Ne croyez-vous pas, mon cher Jack, dit l’étranger, qu’il serait temps de rentrer chez vous ? »-
La voix pâteuse, Jack réclama encore un verre qui lui fut refusé :
-« Quand on n’a pas d’argent, mon ami, il faut savoir se modérer. »-
-« Que le Diable m’emporte, gémit l’ivrogne, pourquoi suis-je si pauvre ? »-
L’étranger ricana :
-« Il ne tient qu’à vous… Vous pourriez avoir tout l’argent que vous voulez… Pendant un an ! »-
-« Un an ? Tout l’argent que je veux ? Que faut-il faire ? »-
-« Pas grand’ chose… Simplement signer ce papier… »-
Jack ne savait pas lire mais il était rusé et pas encore assez saoul pour avoir perdu la mémoire : un étranger qui propose de l’argent contre une signature… On lui avait déjà raconté cette histoire ! N’importe, quel que soit cet étranger, il n’allait pas berner le vieux Jack…
-« Et avec quoi faut-il signer ? »-
-« Cette pointe de couteau fera l’affaire. »-
-« Avec laquelle je prendrai un peu de sang à mon poignet ? »-
-« Tout juste ! »-
-« Vous avez dit un an ? »-
-« Allons Jack, tu m’as reconnu ! Pendant cette année tu auras tout l’argent dont tu auras besoin ; mais dans un an, jour pour jour… »-
-« Je devrai vous suivre ? »-
-« C’est cela même ! »-
Jack s’accorda une minute de réflexion :
-« D’accord, dit-il, je signe si vous m’offrez encore un verre. »-
-« C’est que… je n’ai plus rien sur moi… »-
-« Vous voulez rire ! Riche comme vous êtes ? Je ne peux pas le croire ! »-
-« Si pourtant… » et le Diable retourna ses poches ; il n’imaginait pas avoir affaire à pareil ivrogne et n’avait pas emporté assez de monnaie.
-« Tant pis, ricana Jack, si je ne bois pas je ne signe pas ! »-
-« C’est bon, signe ! »-
Et le Diable lui fit servir encore un verre. Terrorisé, l’aubergiste ne se demanda même pas comment il allait être payé ; pendant qu’il verse, Jack se pique le poignet et fait une croix sur le parchemin. Dans le même temps, le Diable saute sur le comptoir et se transforme en pièces de monnaie ; plus rapide encore, Jack les rafle et les fourre dans son sac dont la fermeture est en forme de croix.
Voilà le Diable prisonnier qui s’agite et se débat comme lui-même ; le sac saute et fait des bonds ; Jack rigole et siffle son verre pendant que Satan étouffe et implore pour qu’on le sorte de là. Le rusé se frotte les mains :
-Je vous ouvre si vous me donnez un an de plus. »-
Bien obligé, le Diable consent et, à peine hors du sac, disparaît au grand soulagement de l’aubergiste qui met Jack à la porte. Après une soirée comme celle là, le pauvre homme a besoin de repos !
La nuit est tout à fait tombée, le vent souffle et pour trouver le chemin de sa maison dans le noir, Jack allume une bougie qu’il place dans une rave creuse qui lui sert de lanterne.
Bien entendu, pendant deux années, Jack mène sa vie de mauvais sujet.  Un soir d’automne, il se rend au pub comme il en a l’habitude, mais devant la porte,  le Diable qui ne se soucie pas de lui payer encore un verre, lui barre le passage :
-« Allons Jack, c’est l’heure ! »-
-« Déjà, fait-il l’air résigné, c’est bon ! Allons. »-
Et voilà Jack et le Diable sur la route qui mène en enfer. Ils passent devant un pommier ; quelques pommes sont restées, tout en haut de l’arbre. Jack soupire :
-« J’aimais tellement les pommes ; ça m’aurait fait plaisir d’en manger une dernière. »-
-« Si tu veux », dit le Diable, bon prince.
Et Jack se met à sauter pour attraper les pommes qui sont trop hautes. Le Diable ne se plaît pas trop sur terre ; il est pressé de regagner l’enfer, il s’impatiente :
-« C’est bientôt fini, cette comédie ? »-
-« Elles sont trop hautes ; vous voyez bien que je n’y arrive pas ! Vous feriez mieux de m’aider. »-
Alors le Diable lévite jusqu’aux plus hautes branches, tend la main vers une pomme… Pendant ce temps, Jack a sorti son couteau et sur le tronc, il trace une grande croix.
Le Diable hurle ; le voilà prisonnier dans les branches du pommier ! Alors commence une nouvelle négociation et le Diable achète sa liberté au prix de dix ans de vie supplémentaire pour Jack.
Qui, incorrigible, recommence à rôder, à mentir, à voler, à boire, à boire surtout : à boire comme un trou. Il n’était plus tout jeune, Jack, quand il a rencontré le Diable. La vie déréglée, les excès de boisson l’avaient usé ; avant que les dix ans soient écoulés, un soir d’hiver qu’il avait encore trop bu, il tomba dans un fossé. Sa lanterne roula et s’éteignit de sorte que personne ne le remarqua. Il gela fort cette nuit là et Jack en mourut.
Sa vilaine âme monta jusqu’à Saint Pierre qui le renvoya en enfer. Mais une fois là, le Diable voyant le bonhomme arriver bien avant l’échéance du contrat crut à une nouvelle ruse et refusa tout net de le laisser entrer. Jack remonta au paradis plaider sa cause mais Saint Pierre sévère, le renvoya :
-« Mon pauvre ami, puisque même Satan ne veut pas de toi, tu n’as plus qu’à retourner sur terre pour  y attendre  le jugement dernier ; ce jour là, on reverra ton cas. »-
Tout penaud, Jack retourne sur terre ; passant devant la porte de l’Enfer, il demande qu’au moins on lui donne une braise pour rallumer sa lanterne. Le Diable lui aurait donné n’importe quoi pour le voir s’en aller ; une braise, ce n’était pas grand’ chose !

Depuis, sa lanterne à la main, Jack arpente les routes la nuit, entre octobre et novembre, ne sachant pas où s’arrêter.
Pendant les grandes famines, quand les Irlandais partirent en masse vers l’Amérique, Jack avec eux monta sur un  bateau. En débarquant, il perdit sa lanterne qui tomba à la mer. Il erra pendant longtemps dans les rues sans lumière, puis un jour, il vit sur un marché, de gros fruits oranges, bien plus beaux que les raves de son pays natal. Il vola une citrouille, la creusa ; dans une église, il piqua un cierge et c’est avec cette nouvelle lanterne qu’il est revenu chez nous.
Dans la dernière nuit d’octobre si quelqu’un frappe à votre porte, s’il porte une lanterne faite dans une citrouille, n’hésitez pas : donnez lui des bonbons ! Sinon, il pourrait bien vous jeter un sort…

mercredi 30 octobre 2013

L'Univers en Folie



" S'il existe une infinité d'univers, dit Keith d'un ton songeur, alors toutes les combinaisons possibles doivent exister. Alors quelque part tout doit être vrai. Je veux dire qu'il serait impossible d'écrire un conte, par exemple, parce que, si invraisemblable qu'il soit, les événements qui y sont racontés doivent pourtant se passer quelque part. C'est cela?
- Bien sûr. Il existe un univers dans lequel le Petit Poucet est un personnage réel, qui fait exactement ce que Perrault a décrit. Il y a en fait un nombre infini d'univers dans lequel un Petit Poucet se livre à toutes les variations possibles sur ce que Perrault aurait pu imaginer qu'il ferait."...

Aussi faites gaffes à vos pensées... Imaginez un seul instant qu'une fusée interstellaire mal dirigée explose dans votre jardin, près du fauteuil où vous somnolez, et qu'ensuite vous vous trouviez projeté dans l'univers de votre imagination...Rêve ou cauchemar?
C'est pourtant ce qui est arrivé à Keith Winton, auteur de nouvelles de science-fiction...
Pour en savoir plus, lisez( ou relisez) de Fredric BROWN : L'Univers en Folie... Un voyage qui ne vous décevra pas

mardi 29 octobre 2013

A quoi servent les contes

"Au temps où les bêtes parlaient... Quand les poules ont perdu leurs dents... Du temps où les oies tricotaient des chaussettes... Il était une fois... Once upon a time..."
Imaginez-vous le soir, au coin du feu... dans un lit, sous la couette... Un adulte, un "grand" raconte une histoire, une histoire du temps passé, une histoire qui fait peur, qui fait rire ou qui fait rêver; une histoire dont on veut connaître la fin même si l'on n'a pas compris tous les mots...
"Tire la chevillette et la bobinette cherra"


C'est une formule magique comme "Abracadabra"ou "Sésame ouvre-toi!"; celle-ci permet aux portes de s'ouvrir et il faudra bien des années avant d'apprendre que chevillette et bobinette sont les éléments d'un ancien système de fermeture et que cherra est l'indicatif futur du verbe choir. Peut-être alors, irons-nous consulter un dictionnaire où nous trouverons (ou pas) la signification exacte de chevillette et bobinette. Nous aurons alors tout en rêvant et en douceur enrichi notre vocabulaire.

lundi 28 octobre 2013

La tortue


Une fois il y eut un orage.
C'est quand j'ai fait voeu d'être
une tortue.
Je veux dire une tortue sur la terre!
Celle qui porte une tente dure
sur son dos.
Je ne voulais pas flotter!
je voulais tout rentrer à l'intérieur
et me faire sécher.
Mais les vagues sont venues
qui me secouaient,
et voilà que je commence à être malade en dedans.
Je voulais être une tortue
qui mange les pousses des fleurs et des baies.
Il faut que je fasse mes voeux soigneusement.
Ce sera ainsi
désormais.


dimanche 27 octobre 2013

Féeries

Durant la nuit de Notre-Dame-de-Roubigneaux, des "Enchanteresses à Rebours" vendent à la sauvette, au creux des sentiers tortes, des galettes nigaudes: sortes de pâtisseries sourcières faites d'os de grenouilles pilées. Les mères qui les achètent sont assurées de trouver à leurs fils ou fille une femme ou un homme très riche à épouser.
Ces négoces doivent cependant se conduire en silence car, à la moindre parole échangée, les noires mégères leur emporteraient l'esprit.

Pierre DUBOIS - Elficologue




samedi 26 octobre 2013

Jouez avec les chiffres et votre destin


Illustration : GOYA

Voici un jeu très ancien basé sur le rapport entre les mois, les chiffres et les noms.
Les noms et prénoms sont censés avoir une influence sur ceux qui les portent et donc le total chiffré de leurs lettres représente une valeur symbolique qui,  combinée avec le chiffre symbolique du mois de naissance peut  vous indiquer ce qui vous attends dans le mois en cours et comment faire face aux évènements.

Mode d’emploi : traduisez en chiffres selon le tableau ci-dessous vos noms et prénoms. Pour les femmes, prendre le nom de naissance.
A=1     B=2     C=2    D=4     E=5     F=8     G=3     H=8     I=1     J=1     K=2     L=3     M=4     N=5     O=7     P=8     Q=1     R=2     S=3     7=4     U=6     V=6     W=6     X=1     Y=7     Z=7
TH=9    TS=9     PH=8     DE=9

Chiffre symbolique de chaque mois
Janvier=2     Février=2     Mars=1     Avril =2     Mai=3     Juin=4     Juillet=5     Août=6     Septembre=7
Octobre=8     Novembre=9     Décembre=1

On additionne les chiffres ; prenons pour exemple  PAUL DURAND : 8+1+6+3+4+6+2+1+5+4=40
Admettons que Théodule Morlemoy soit né en Août et il veut savoir ce qui l’attend en octobre : il ajoute à ses 40 le 6 du mois d’août et le 8 du mois d’octobre ; on obtient :
40+6+8=54. On réduit ce nombre par addition pour obtenir un chiffre entre 1 et 9
Ce qui nous donne : 5+4=9 Théodule Morlemoy devra alors consulter le paragraphe 9 du tableau du mois d’octobre. Ce chiffre 9 sera également son chiffre porte-bonheur du mois.
A vous de jouer. Voici les prévisions pour les trois mois qui viennent :

Octobre
1/Dans la seconde semaine du mois, ne négligez pas une solide amitié, tant pour le côté affectif que pour une aide matérielle possible.
2/Conciliation et bienveillance seront actives tout le mois. Entre le 10 et le 19, offrez votre cœur ou vos services  l’un autant que les autres seront bien accueillis.
3/Amélioration dans tous les domaines ; possibilités de travail fructueux. Jusqu’au 23 la providence veille sur vous
4/ Probables soucis familiaux vers le milieu du mois, assortis de déplacements coûteux. En revanche, une proposition de travail bien rémunéré se présentera : nouvel essor vers de belles réalisations.
5/ Surveillez vos paroles ; attention à ce que les autres en font ! Principalement entre le 6 et le 18, ne coupez pas les verges pour vous faire battre. Attention également aux dépenses dans les derniers jours du mois.
6/ Mois parfait pour reprendre des forces ; la providence vous décharge des poids les plus lourds. Ouvrez votre cœur à l’espoir.
7/Tout le monde sera prodigue de conseils qui ne vous conviennent pas forcément. Restez vigilants ne vous engagez à rien sans réfléchir surtout si on vous demande une signature.
8/Vous êtes trop confiants ; attention aux gestes et aux propos qui peuvent être mal interprétés. Du 16 au 22 possibilités de rentrées d’argent.
9/ Surveillez vos intérêts dans la première quinzaine du mois. Cependant la tendance dominante est aux relations de cœur. Transactions à l’amiable possibles,  belles réalisations de projets.

Novembre
1/ Vos talents  seront reconnus ; droiture et sincérité récompensées. Succès sur tous les plans. Attention toutefois à votre santé.
2/ Amour et argent favorisés dans les premiers jours du mois. Attention à votre goût du jeu qui pourrait vous entraîner trop loin.
3/ Peu d’influences ce mois-ci. Ne comptez que sur vous-même tout en ménageant vos forces.
4/ Bonnes influences, succès professionnel. Belle amitié au hasard d’une rencontre. Vos mérites seront reconnus.
5/ Prenez grand soin de votre travail ; concurrence déloyale en vue. Défendez vos droits.
6/ Beau succès intellectuel ; avenir prometteur. Mais attention, pas de négligence : le présent est encore là. Pas de découragement, redoublez d’efforts.
7/ Perte de moral, chagrin dans le courant du mois. Gardez confiance et puisque dans quelque temps vous rirez du problème, commencez donc maintenant.
8/ Attention aux sautes d’humeur vers le 13. Ne compromettez pas la bonne ambiance familiale.
9/ Réussite d’un projet qui vous tient à cœur. Attention à votre santé vers le 12 ; mais après le 21 plus d’obstacles sur votre chemin.

Décembre.
1/ Bonne influence sur la famille et le foyer. Consacrez-vous à votre intérieur. Belles propositions vers le 24.
2/ Le domaine sentimental est mal influencé. Nouvelles relations dans la deuxième semaine.
3/ Dans les premiers jours du mois, prenez le temps de réfléchir jusqu’au 7/10 qui sont jours favorables. Attention à votre santé en fin de mois.
4/ Vos forces physiques sont en baisse ; ne vous surmenez pas . Détente côté cœur.
5/ Peines de cœur, contrariétés. Secouez-vous et ne regardez pas en arrière.
6/ Tout va bien, tout est à votre portée. Tendez la main !
7/C’est en famille que vous trouverez le bonheur ; les affaires sont en baisse mais la santé est bonne.
8/ Du 17 au 20, votre cœur bat. Prenez soin de votre corps.
9/ Profitez des premiers jours du mois pour vos déplacements. Vos affaires sentimentales vous intéressent plus que votre travail. Grandes joies le 11 et aussi le 18.





















vendredi 25 octobre 2013

L'Âme des Poètes

Sous une petite pluie extrêmement rafraichissante, 
dans la jonque je dors profondément jusqu'au soir

dans la jonue la pluie a balayé les mouches qui voletaient
mon bonnet à moitié tombé, allongé sur une natte émeraude,
d'un rêve serein je me réveille, à la fenêtre le soleil s'attarde
au doux bruit des coups de rame on descend vers Pa-ling

Lu Yu (1125-1210)


mercredi 23 octobre 2013

Boby Lapointe Ta Katie t'a quitté (sur scène)

Spécial MANOUCHE


/e chaudron de Matholwch (fin)

Les guetteurs de Matholwch, voyant s’avancer la flotte avertirent le roi qui fit venir ses conseillers afin de décider ce qu’il convenait de faire.  L’armée de Brân était puissante et au fond Matholwch aimait sa femme. Il commença par lui rendre sa place auprès de lui et le fit savoir à Brân. C’était insuffisant ; il fallait réparer trois années de sévices et d’humiliation. Matholwch  qui ne souhaitait pas de conflit, proposa d’abdiquer en faveur de son fils, Gwern. Et Brân accepta, car lui aussi ne voulait que la paix entre leurs deux peuples.
Une date fut fixée et, au jour dit, en grande cérémonie, le roi remit la couronne à son fils. Gwern, était un bel enfant, souriant et gracieux ; tout le monde l’aimait. Il remercia son père, l’embrassa et embrassa aussi son oncle Nissyen qui lui ouvrait les bras. Ce qui provoqua la jalousie de son autre oncle, Evnyssen : pourquoi son neveu va-t-il embrasser son frère et pas lui ? L’enfant sans méfiance, s’approche alors  pour lui montrer son affection . C’est alors que le furieux le saisit par les pieds et le jette dans le feu, la tête la première. Branwen au désespoir veut suivre son fils dans le brasier. On la retient, on tente de maîtriser Evnyssen dont les partisans se jettent sur les défenseurs de Branwen que Brân protège de son bouclier. Le désordre est à son comble et nul ne sait comment va se terminer ce massacre.
Les hommes d’Irlande voyant les leurs décimés, mettent sur le feu le chaudron magique et y jettent les cadavres. Le lendemain, tous les guerriers ont retrouvé la vie, mais perdu la parole. Quant à l’armée de Brân qui ne dispose d’aucune magie, elle n’a plus qu’à compter ses morts.
 Evnyssen en proie à un tardif  remords, se lamente et veut réparer sa faute. Il va s’étendre au milieu des morts Irlandais ; on le ramasse avec les autres et comme les autres il est jeté dans le chaudron. Mais sa nuisance est telle  qu’il gonfle, gonfle, ses membres se distendent et le chaudron éclate ! Et son cœur en même temps… Ainsi périt celui par qui le mal est arrivé. Mais la stupeur provoquée par le phénomène fut telle que les combats cessèrent à l’instant. De l’armée de Brân, il ne restait que sept hommes en vie.
 Brân, blessé au pied par une lance empoisonnée,  les fit venir  près de lui ; leur confia Branwen et ordonna qu’on le décapite.
« Emportez ma tête avec vous, prophétisa-t-il, jusqu’à la Colline Blanche à Londres ; là, vous l’enterrerez, le visage tourné vers le pays des Francs. La route sera longue. A Harllech, vous resterez sept ans à table, tandis que les oiseaux de Rhiannon chanteront pour vous et ma tête vous tiendra joyeusement compagnie. Ensuite, vous passerez 80 ans à Gwales en Penvro. Vous conserverez ma tête intacte jusqu’à ce que vous ouvriez la porte du Sud. Mais dès que vous aurez ouvert cette porte, vous devrez aller droit devant vous. » Les sept survivants ont coupé la tête de Brân et passé la mer en sa compagnie et celle de Branwen. En débarquant, elle considéra les rives de l’une et l’autre île et maudit le jour de sa naissance. Comme elle se pensait responsable du désastre, elle poussa un soupir si profond que son cœur se brisa ; on l’enterra sur place dans une tombe carrée.
Les sept survivants allèrent s’installer à Harllech ; bien ravitaillés en nourriture et boisson, ils n’avaient rien de mieux à faire que manger et boire. Trois oiseaux venaient chanter pour eux, un chant si beau qu’ils en oubliaient toute autre musique. Les oiseaux volaient loin sur la mer, mais ils les distinguaient parfaitement. Ils passèrent là sept années avant de partir pour Gwales en Penvro.
A cet endroit était un palais royal qui dominait les flots ; deux portes étaient ouvertes, mais la troisième, qui donnait sur le sud, était close. Leur vie était douce, ils avaient de tout en abondance ; ils avaient oublié souffrances et chagrins ; ils n’étaient jamais ni fatigués ni malades et ils ne se voyaient pas vieillir. 80 années passèrent ainsi en la joyeuse compagnie de la tête de Brân. On a depuis nommé ce temps, le « Temps de l’Hospitalité de la Tête Sacrée ». Et puis un jour, l’un d’entre eux ouvrit la porte du Sud : la mémoire leur revint avec les chagrins et la souffrance. Pressés de quitter les lieux, ils allèrent enterrer la tête à Londres, sur la Colline Blanche, le visage tourné vers le pays des Francs. Tant que la tête fut conservée à cet endroit, aucun fléau ne s’abattit jamais sur l’île de Bretagne.
Les sept se dispersèrent aux quatre coins du pays et nul ne les a jamais revus.


mardi 22 octobre 2013

Le chaudron de Matholwch (4)

C’est avec enthousiasme que les Irlandais saluèrent le retour de leur roi et de sa nouvelle épouse. Branwen, la généreuse distribuait à toutes les femmes de la cour bijoux et parures de grande valeur. Une année passa ; tout le monde aimait la nouvelle reine, tout le monde l’admirait. Bientôt elle mit au monde un fils, Gwern qui selon la coutume fut confié à une des meilleures familles d’Irlande, chargée de son éducation.
Tout alla  pour le mieux pendant deux ans. Mais Matholwch avait des  frères de lait qui se mirent à comploter avec d’autres barons ; ils étaient mécontents et trouvaient que le roi avant accepté bien facilement le massacre de ses chevaux et que Brân s’était finalement montré peu généreux en regard de l’outrage subi.  Ils firent tant et tant que Matholwch finit par comprendre que jamais il n’aurait la paix s’il n’imaginait pas une autre revanche .  Branwen allait en faire les frais.
Chassée de ses appartements royaux et reléguée aux cuisines elle dut préparer les repas pour toute la cour ; de plus, chaque jour, après avoir découpé la viande, le boucher lui administrait un soufflet. Nul dans l’île de Bretagne et surtout pas Brân ne devait apprendre la façon dont était traitée la pauvre Branwen : il fut interdit à tous les navires  d’aborder ses côtes. Et ce pendant trois ans.

Branwen pour oublier un peu son infortune, avait apprivoisé un étourneau et lui avait appris un langage. Chaque jour, elle lui parlait des années heureuse, quand elle vivait avec son frère, Brân le Béni. Elle eut un jour l’idée de rédiger une lettre à son adresse dans laquelle elle lui racontait ses malheurs. La lettre attachée sous l’aile de l’oiseau,  elle l’envoya dans l’île de Bretagne. L’oiseau traversa la mer, et vint trouver Brân qui tenait sa cour de justice dans la forteresse de Kaer Seint, près de Carnarvon. L’intelligent volatile se posa sur l’épaule du roi, sauta, hérissa ses plumes jusqu’à ce qu’enfin il découvre la lettre. Indigné du traitement infligé à sa sœur, Brân décida de lui porter secours et rassembla ses meilleurs guerriers. Tous embarquèrent sur de solides navires bien armés et firent voile vers l’Irlande pour porter secours à sa sœur

lundi 21 octobre 2013

C'est bon signe

Octobre glacé,
Fait vermine trépasser.



LE SCORPION



Vendanges sont faites,  voici qu’Octobre devient Brumaire. Dans les brumes matinales,  s’avance bardé de fer et vêtu de grenat, le mystérieux Scorpion à l’œil d’acier. Il porte au doigt une hématite.
Les signes de feu déconcertés, observent le Scorpion et restent dans l’expectative. Les braises du Sagittaire redoutent une eau glaciale ; le Lion, serein,, sait bien que nulle vague jamais  n’éteindra son brasier. Le Bélier impatient, devra pourtant attendre que sa flamme naissante ait pris de l’ampleur ; alors là, oui, il pourra réchauffer le Scorpion, sinon il se perdra dans ses marais brumeux.
Car le Scorpion est marécages, le Scorpion mussé au fond d’un puits attire à lui la lune ; il peut aussi jaillir en source claire du fin fond de la terre.
Ce grand voyageur observe les us et coutumes des pays qu’il traverse et porte sur eux un regard lucide.
Petits enfants scorpions aux penchants troubles, vous à qui les parents refusent catégoriquement un chien que vous oublierez de sortir trois fois par jour, un chat qui écorchera le canapé de cuir, un poney, sous le fallacieux prétexte qu’on trouve peu de pâturages dans le XIV° arrondissement (ou un autre) de Paris, petits enfants voici la solution :
Procurez vous quelques feuilles de basilic que vous poserez à même le sol sous un pot renversé. Prenez patience et dans quelques temps vous en verrez sortir un affectueux scorpion que vous pourrez adopter en toute discrétion. Donnez-lui de la tendresse. Il faut être tendre avec le Scorpion. S’il ne manque pas d’humour, il pourrait cependant, être plus réceptif au sien qu’au vôtre : prenez garde de le blesser : à ce jeu là, il sera toujours plus fort que vous, car lui ne craint pas la souffrance. Il lui arrive même de s’y complaire.
Persévérant, ambitieux, fascinant, passionné, il cherche un bonheur que son caractère déroutant lui interdit bien souvent de trouver.
Séducteur né, il offre des orchidées à sa belle, qui tombera dans les bras de ce joyeux mélancolique
Amantes du scorpion, vous vous sentirez protégées, en sécurité, il se donnera à vous corps et âme, mais prenez garde de le contrarier. Il se réfugiera dans ses marécages non sans vous avoir aspergée de l’eau glacée de ses  paroles venimeuses. Il vous faudra alors déployer des trésors d’originalité pour le reconquérir.
On n’oublie jamais un Scorpion ; il pourra vous décevoir dans bien des domaines sauf un : il est l’amant le plus torride du zodiaque.


dimanche 20 octobre 2013

Le chaudron de Matholwch (3)

« Dans mon pays il est un étang que les gens nomment  le « Lac du Chaudron ». Un jour que je chassais près de ses rives, j’ai vu  sortir de l’eau un géant roux et de fort mauvaise mine ; il portait sur le dos un chaudron.  Une femme l’accompagnait, deux fois plus grande que lui. Les géants m’ont salué et nous avons parlé. Je lui ai dit que j’étais roi de ce pays et mon regret de n’avoir pas d’héritier.
« Ton héritier va naître, m’a répondu le géant, d’ici un mois ta femme te l’annoncera et quinze jours plus tard, elle accouchera d’un guerrier tout armé. »
 Curieux de voir comment allait se réaliser cette étrange prédiction, je leur ai donné une terre et une maison. Mais ces géants étaient des imposteurs, puisque non seulement aucun héritier en armes ou non n’a vu le jour , mais ils ne respectaient ni les gens ni leurs biens. Ils en firent tant que mes vassaux révoltés me sommèrent de chasser ce couple bizarre.  Les chasser ? Oui mais comment ? Je craignais pour mon royaume leur malédiction. Mes sujets, trouvant que ma décision ne venait pas assez vite, prirent la leur.
Ils édifièrent une maison de fer qu’ils offrirent aux deux monstres ; le géant et sa femme s’y établirent. Alors mes vassaux firent venir tous les forgerons d’Irlande avec leurs soufflets, leurs tenailles et leurs marteaux, ils entassèrent du charbon jusqu’en haut du toit. Puis ils entrèrent dans la maison et sous prétexte de bienvenue offrirent au couple un grand banquet au cours duquel ils mangèrent et burent jusqu’à tomber par terre. Quand, au son des ronflements les gens surent qu’ils étaient profondément endormis, ils sortirent et mirent le feu au charbon. Et les forgerons de faire aller leurs soufflets jusqu’à ce que les murs de fer soient chauffés à blanc. A l’intérieur, la chaleur qui devenait intenable réveilla le géant roux ; d’un coup d’épaule, il ouvrit une brèche dans le mur par laquelle il s’enfuit, suivi de sa femme et sans oublier de prendre  le chaudron sur son dos. Depuis, on ne les a plus revus en Irlande. »
« Ce sont donc eux, conclut Brân, qui ont traversé la mer et  qui m’ont offert ce chaudron. En échange, je leur ai donné un domaine. Depuis, ils ont eu des enfants et se sont multipliés. Ils sont les meilleurs guerriers et les mieux armés qu’on puisse trouver dans mon royaume.
Il est donc juste, ami, que ce chaudron te revienne ! »

La fête terminée Matholwch, ses treize navires ,son chaudron et la belle Branwen retournent en Irlande. 

Le Blaireau -

 Dictionnaire du Zoodiac  : Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.  Les natifs du blaireau sont généralement taquins...