vendredi 5 juillet 2013

ZEUS





Jupiter règne sur juillet, comme il régnait sur l’Olympe du temps que les Grecs le nommaient Zeus. Un pouvoir acquis non sans peines.
Les dieux qui sont immortels, répugnent à envisager la fin de leur règne. L’idée qu’un de leurs enfants puisse les supplanter peut les conduire à des extrémités regrettables. Une des plus courantes étant de dévorer cette irritante progéniture. Cronos, qui ne pouvait avoir oublié de quelle violence, de quelle sauvagerie il avait du user pour contraindre son père Ouranos à lui céder le pouvoir, fut averti par un oracle, que son tour allait venir d’être évincé par le plus jeune de ses fils. Pour mettre toutes les chances de son côté, il résolut d’avaler chaque descendant qui lui viendrait.
Rhéa la mère, qui avait vu cinq fois ses enfants engloutis par son vorace époux, s’en fût cacher ses sixièmes couches dans une grotte du Mont Ida. Puis, laissant le nouveau-né à la garde de la nymphe Amalthée, emmaillota une pierre dans des langes et la plaça dans le berceau que surveillait Cronos. Brutal, vorace, il avala et digéra le tout sans ressentir la moindre lourdeur d’estomac.
Nourri de miel et du lait d’Amalthée, Zeus grandit en force et en santé. Sa turbulente joie de vivre produisait de curieux effets sur sa nourrice qui lassée, prenait parfois l’apparence d’une chèvre. C’est pourquoi on dit depuis d’une enfant particulièrement dynamique qu’il « rend chèvre » ses parents.
Parvenu à l’âge adulte, Zeus pour donner raison à l’oracle entreprit de détrôner son père. Mais que pouvait-il, seul contre le puissant Cronos et ses formidables alliés, les Titans ses frères ? Zeus avait également des frères et des sœurs que Cronos gardait prisonniers au fond de ses entrailles. Il fallait les en faire sortir.
Métis fille d’Océan, savait une drogue propre à faire rendre au père indigne les enfants qu’il avait avalés. Il entreprit de la séduire. D’abord réticente, Métis usa de subterfuges pour lui échapper ; elle se cacha sous diverses apparences, mais ne put longtemps résister au futur maître de l’Olympe à qui toutes finiraient un jour par céder. Lui pour sa part, retint l’idée des métamorphoses qui lui seront bien utiles par la suite.
Ses frères et sœurs enfin rendus au jour, Zeus fit alliance avec eux et toute la fratrie entreprit de se venger de leur infâme géniteur.
La guerre dura dix ans ; Cronos et ses Titans semblaient invincibles. Cependant, du temps où lui-même luttait pour prendre le pouvoir, il avait envoyé au fond du Tartare les alliés d’Ouranos, les trois Hécatonchires, des géants dotés chacun de cent bras et cinquante têtes ; il y avait aussi relégué trois habiles et puissants cyclopes, ces monstres gigantesques à l’œil unique. L’oracle consulté avertit Zeus que sa victoire était au prix de la délivrance des six monstres. Poseidon et Hadès ses frères, appelés en renfort, les trois dieux parviennent à les libérer. Les Cyclopes reconnaissants offrent à Hadès une casque qui rend invisible celui qui le porte ; à Poseidon le trident avec lequel il ébranlera la terre et les mers et gardent pour Zeus le tonnerre et la foudre. Trois dieux, six monstres et des armes magiques font que se réalise la prédiction de l’oracle : Cronos est vaincu. Il restait aux trois frères à se partager le pouvoir. Afin que nulle discorde ne vienne troubler leur amitié, ils laissèrent le sort décider pour eux. Poséidon gagna la mer et les eaux, Hadès le monde souterrain. Zeus avec le ciel, reçut la souveraineté sur tout l’univers.
La paix n’était pas établie pour autant. Les Titans, à leur tour relégués dans le Tartare, s’allient à des êtres gigantesques, barbus, chevelus, hirsutes ; des corps de serpents leur servent de jambes ; ils sont invincibles mais pas immortels : ce sont les Géants. La lutte effroyable reprend jusqu’à ce que les Olympiens tant par force que par ruse, arrachent la victoire.
C’est alors que surgit, plus grand que les montagnes, entouré de vipères des pieds à la ceinture, ses yeux lançant des flammes, cent têtes de dragons à la place des doigts, le monstre ailé Typhon.
Bravement Zeus fait face au monstre, mais il est seul et Typhon parvient à lui sectionner les tendons des bras et des jambes et le jette plus faible qu’un chevreuil blessé sur ses vastes épaules. Il l’emporte dans une grotte où il l’enferme. Mais Hermès le rusé découvre sa prison et aidé de Pan, parvient à le délivrer, à soigner ses blessures et lui rendre sa force.
Définitivement victorieux, Zeus peut désormais régner en paix et épouser Métis.
Mais à peine est-elle enceinte que l’oracle annonce la malédiction traditionnelle : l’enfant que porte Métis est une fille dont le destin est de détrôner son père. Zeus alors à recours aux méthodes qui sont de tradition dans sa famille. Et il avale aussi la mère. Mais le bébé pousse et donne en grandissant une insupportable migraine à son géniteur.
Prométhée, le fils d’un Titan, s’arme d’une hache et sans hésiter, puisque Zeus est immortel, lui fend le crâne. Il en sort, armée et casquée, la vierge et sage Athéna.
Laissant Métis où elle est, il épouse alors Thémis qui enfante les Saisons, puis les Moires qui filent nos destinées.
Une épouse ne peut suffire au Roi des Dieux ; il s’unit à une autre Titanide : Dioné. Puis à Eurynomé, fille d’Océan qui lui donne les Grâces. Car l’Olympe et le monde sont à peupler et Zeus soucieux de la santé de ses femmes, se doit de répartir la tâche sur plusieurs. Mnémosyne enfante les Muses, Léto donne le jour à Artémis et Apollon, puis c’est l’Union Sacrée, celle qui lie pour toujours Zeus à sa sœur Héra. Ils auront trois enfants : Hébé, Ilithye et Arès. Puis, non sans avoir fait au passage une fille, Perséphone, à son autre sœur Déméter, Zeus continuera à séduire nymphes déesses et mortelles .En dépit de la jalousie et des colères d’Héra, il aura à cœur de doter toutes les régions helléniques de héros qui feront leur gloire.
En souvenir des métamorphoses de sa première épouse et pour échapper à la surveillance de la dernière, Zeus séduira toutes celles qu’il désire sous les plus diverses apparences :
Une pluie d’or pour Danaé, un cygne pour Léda, un taureau pour Europe, et jusqu’aux traits de son époux pour la fidèle Alcmène.
Les amours de Zeus sont sans nombre et chacune d’elle peut faire l’objet d’un conte tant le Dieu des Dieux s’est fait un devoir  de peupler la part d’Univers que le sort lui avait confiée.

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