jeudi 2 mai 2013

ARBRES DE MAI

A la Saint Hildevert
Est mort tout arbre qui n'est pas vert.


Hildevert, au 7° siècle, était évêque de Meaux. Il n'avait guère le sens de l'orientation et se fiant pour trouver son chemin à la place de la mousse sur les arbres, il se perdait souvent. Quand on eut inventé la boussole, les artisans qui la fabriquaient, pour consoler sa mémoire , le prirent pour saint patron. Au jour de la fête du bon évêque, n'espérez plus voir pousser de feuilles sur le bois mort. Arrachez, coupez, brûlez; comme vous aurez pris soin, tout au long de l'hiver de conserver les coquilles d'amandes et de noix, votre flambée sera rapide, pétaradante et lumineuse. Pour mieux en profiter, vous ne l'allumerez qu'à la nuit tombée, et, comme les jours allongent (d'une heure dix-huit, environ), vous aurez tout le temps de sacrifier à la coutume ancienne des Arbres de Mai. On les plantait jadis sur les places des villages où garçons et filles chantaient et dansaient en l'honneur de Maïa; des unions se préparaient. On reliait de chemins fleuris les demeures des fiancés et les amoureux des jeunes filles sages ornaient leurs fenêtres de brassées de lilas. Gare, cependant à celles qui repoussaient leurs soupirants! Leurs différents péchés et travers s'étalaient au grand jour à grand renfort d'arbres moralisateurs: les paresseuses avaient droit au sureau, les souillons au bouleau, et pire, pour ruiner à jamais la réputation d'une inconstante, les mauvais galants n'hésitaient pas à déposer une charogne devant sa porte. Les sages ménagères suivaient ces démonstrations d'un oeil amusé et ramassaient des rameaux tombés des bouquets, les accrochaient à leurs portes et à leurs fenêtres pour que leurs vaches donnent du lait et aussi pour se protéger des sorcières qui, comme on sait, déambulent partout durant les douces nuits de printemps. Plus encore que les sorcières , les serpents sont à redouter; une branche plantée dans le fumier avait le pouvoir de les éloigner. Bien entendu, l'Eglise tenta d'abolir ces coutumes païennes et comme de juste, n'y parvint pas. On consulta Charlemagne. Non content d'avoir inventé l'école, il fut le premier à faire cultiver en France les roses dont il devait fleurir sa barbe quand il déciderait de la laisser pousser. Il suggéra à son clergé d'instituer une nouvelle fête, celle de la Reine de Mai. On choisirait dans les villages, la plus vertueuse des jeunes filles qui serait vêtue de blanc et couronnée de roses: La Rosière. Il est navrant de constater qu'au fil du temps, pour en trouver de vertueuses, on dut choisir les filles de plus en plus jeunes! Le mois de Maïa, récupéré par le clergé est devenu le mois de Marie? Consacré à la Sainte Vierge, il est réputé peu propice aux mariages. Comme le dit un proverbe: "Ne se marient en mai que les fous et les égarés." Pourtant les Anciens partageaient cette croyance puisqu'on trouve dans Horace: Les flammes de l'hymen qui s'allumeront pendant le mois de mai, se changeront bientôt en torches funèbres."

2 commentaires:

manouche a dit…

Cette année on élira un rosier, sur que cela aurait plu à Charlemagne !
(plu...il tombe encore des cordes et m...)

almanachronique a dit…

Madame Husson, habite par chez vous???

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...