dimanche 6 janvier 2013

L’EPIPHANIE





Soleil qui luit le jour des Rois
 Fait deux hivers pour une fois.

Noël est passé, il est temps d’ôter boules et guirlandes ; d’ailleurs, les malheureux sapins sacrifiés rendent l’âme en laissant tomber leurs épines. Les Anglais redoutent de garder les décors de Noël une fois passée la fête des Rois. Pour la crèche, on peut comme en Provence, attendre la Chandeleur avant de remettre le Petit Jésus dans sa boîte.
Epiphanie signifie apparition, avènement. En Egypte et en Arabie, on fêtait à cette époque la renaissance du Soleil. Plus tard, les Grecs bénissaient les cours d’eau en hommage à Dionysos. C’est entre 120 et 140 que l’Eglise chrétienne s’est emparée de ces cérémonies pour les dédier à la célébration des évènements de la vie du Christ. On  commémorait tout à la fois la Nativité, l’Adoration des Mages, le Baptême dans le Jourdain et les Noces de Cana.
Le IV° siècle mit un peu d’ordre en fêtant la naissance de Jésus le 25 Décembre ; le 6 janvier restant dévolu aux Rois Mages.
 Mathieu est le seul évangéliste à avoir parlé de ces personnages, probablement des astronomes –astrologues,  venus en Judée guidés par une étoile ; cependant il ne leur donne aucun titre et ne précise pas leur nombre. C’est la tradition qui, plus tard, en a fait des rois au nombre de trois : Gaspard, Melchior et Balthazar.
Pourquoi trois ? Sans doute parce que ce nombre symbolique représente les trois âges de la vie, mais aussi les trois continents connus en ce temps-là : l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Leurs offrandes sont aussi au nombre de trois : l’or, l’encens et la myrrhe.
Melchior le plus âgé, porte une barbe blanche ; c’est lui qui offre l’or, cadeau royal. Gaspard, jeune et imberbe, offre l’encens parfum divin et Balthazar, homme basané à la barbe noire offre la myrrhe avec laquelle on embaume les corps, signe que celui qui la reçoit est mortel.
Ils représentent aussi, selon Béde le Vénérable les trois races destinées à peupler la terre, celles de Sem, Cham et Japhet.
Depuis le 12° siècle, la cathédrale de Cologne prétend détenir leurs reliques. On les invoque pour combattre l’épilepsie. Patrons des voyageurs et des pèlerins, ils sont aussi les protecteurs des maisons.
Vous qui craignez les accidents et plus encore la malveillance des sorciers, portez toujours sur vous une image représentant l’Adoration des Mages. Vous pouvez aussi en cas d’urgence réciter ces quatre vers de José Maria de Hérédia en guise d’incantation :

De l’Orient lointain, ils portent leurs hommages
Aux pieds du Fils de Dieu né pour guérir les maux
Que souffrent ici-bas l’homme et les animaux ;
Un page noir soutient leurs robes à ramages.

Si cette médecine ne guérit pas, elle ne peut en tout cas faire aucun mal !
Vous pourrez alors en toute quiétude « tirer les Rois » en dégustant une galette bien chaude.

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