dimanche 12 août 2012

Saint Honoré







Hermès ce grand voyageur,  se doutait-il que notre mécréante époque, lui élèverait un temple dédié au bagage de luxe rue de faubourg Saint-Honoré à Paris ?
Saint Honoré, patron des boulangers-pâtissiers que l’on fête justement le 16 du ce mois de mai que gouverne Mercure, autrement dit,Hermès.

Saint Honoré fut, au VI° siècle, évêque d’Amiens. En 1060, Lors d’une sécheresse persistante, on sortit la châsse du saint pour faire une procession, avant même le retour du saint dans l’église, la pluie tomba en abondance, ce qui le rendit populaire dans toute la Picardie
En 1204, Renaud et Sybille Chérée, deux picards « montés » à Paris, lui élevèrent une église et les parisiens garderont la mémoire du saint puisque restent encore une rue et un faubourg à son nom, plus une église située dans un autre quartier, où l’on anoblit le saint du nom d’Eylau pour commémorer la bataille de 1807 gagnée conjointement par Napoléon et le tsar AlexandreI°.
La rue Saint Honoré, longue de 1804m, si on la prolonge des 2070m de son faubourg, rivalise presque avec la rue de Vaugirard qui avec ses 4360m est réputée être la plus longue de Paris.
Au 155, se trouvait l’Hospice des quinze-Vingts fondé par saint Louis pour accueillir 15 fois 20 aveugles.
C’est au 161, que se trouve l’emplacement de la porte Saint-Honoré de l’enceinte de CharlesV  dont tenta de s’emparer Jeanne d’Arc le 8 septembre 1429.
Ravaillac, quand il vint à Paris pour assassiner Henri IV logea à l’hôtel des trois pigeons, à l’angle de la rue Saint-Roch.
C’est dans cette rue que s’établit en 1772, à l’enseigne du « Grand Mogol », Rose Bertin, la modiste de Marie Antoinette.
Elle fut aussi le théâtre de nombre d’évènements : c’est, par exemple, au carrefour de la Croix du Trahoir, à la hauteur de l’actuel 111, que débuta Fronde.
Molière y naquit en 1622 au n° 96, à l’angle de la rue des Vieilles Etuves. Il aurait pu dans son enfance y rencontrer Cyrano de Bergerac dont la maison natale se trouve dans une rue adjacente .Ce Cyrano qu’Edmond Rostand fait évoluer dans le cabaret pâtisserie de Ragueneau qui se trouvait au 149. Le vrai Ragueneau aussi généreux que le peint Edmond Rostand finit sa vie, ruiné, comme moucheur de chandelles chez Molière.

Et c’est par là que l’on revient au gâteau, crée par Chiboust, lui aussi pâtissier à hauteur du Palais-Royal et qui lui donna le nom de la rue où il avait son commerce.
C’est une spécialité parisienne un peu compliquée à réaliser à la maison.
Si vous n’en trouvez pas chez votre pâtissier voici en gros la manière de s’y prendre :

Vous garnissez un fond de moule à tarte d’une abaisse de « pâte fine » (vraisemblablement sablée ou sucrée). Vous humectez le pourtour et le garnissez à l’aide d’une poche à douille d’une couronne de pâte à choux que vous dorez à l’œuf battu. Vous enfournez 15mn environ à four moyen.
Avec le reste de pâte à choux, vous fabriquez une douzaine de petits choux également dorés à l’œuf et enfournés 15mn.
Pendant ce temps, vous faites cuire 250gr de sucre mouillé de 2dl d’eau « au cassé ».
Quand le mélange bouillonne, on trempe l’index (humecté d’eau fraîche, ça vaut mieux) dans le mélange ; le sucre retiré doit « casser » sous la dent et ne plus coller.
Vous y trempez les petits choux que vous disposez autour de la couronne de pâte.
Ensuite vous garnissez l’intérieur avec ¾ de L ; de crème pâtissière à laquelle vous aurez ajouté 6 feuilles de gélatine diluée dans l’eau froide et 6 blancs d’œufs montés en neige ferme et légèrement sucrés.
Et voilà ! Ce n’était pas si compliqué que ça !
Il ne vous reste plus qu’à remettre de l’ordre dans la cuisine….



1 commentaire:

manouche a dit…

St Honoré,ce fêtard, celui qui ne loupe aucune communion solennelle, aucun repas de noce et qui éclate les dents au caramel !!

Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...