mercredi 7 mars 2012

Opéra-Fantôme (et Anne, pas la peine de rigoler, cette fois je vais finir; je suis poussée au cul et en plus tu verras par la suite que j'ai changé des trucs... l'époque en tout cas.)

AUTOMNE- 1

C’était le soir du gros orage ; le dernier de l’été. Un grand vent l’avait précédé et l’on a su plus tard qu’un arbre était tombé sur les fils électriques. Marlon,  sans lumière ni chauffage s’était replié chez sa voisine et la soirée avait passé aux lueurs de la cheminée, des bougies et de la lampe à pétrole

Du profond vieux fauteuil au cuir scarifié par des générations de chats, dépassaient des boucles brunes et deux longues jambes terminées par des chaussures de marche aux semelles épaisses. .
La conversation, on ne sait pourquoi, on ne sait comment avait abordé les superstitions, les légendes paysannes, le surnaturel, les revenants et passant du général au particulier, Marlon avait suggéré que le Manoir avait tout à fait l’aspect que l’on prête aux demeures hantées.
« Et pourquoi, avait dit la voisine, ne le serait-il pas ? »
La voisine vivait seule ; au village, on lui disait « Madame », mais plus souvent on lui donnait le prénom étrange que tous semblaient trouver normal. Un mari lui était attribué, qu’on ne voyait jamais. Marlon aurait été incapable de lui donner un âge ; sa silhouette, son discours étaient d’une femme mûre, mais sa voix et parfois son comportement, évoquaient presque l’enfance…. Il frissonna…
« Vous avez froid ?… Venez plus près du feu… Aimeriez-vous du vin chaud ?... une tisane ?… »
Des bouquets d’herbes sèches aux senteurs étranges pendaient au plafond ; sur des étagères, des bocaux remplis de graines multicolores voisinaient avec des pots de grès et de boîtes en fer soigneusement étiquetés. Marlon n’était pas certain d’avoir confiance en les préparations de sa voisine… Il opta pour le vin chaud ;
Quand elle se leva, jaillirent de la vaste chauffeuse une petite chienne et plusieurs chats qui la suivirent dans la cuisine.
Cette petite chienne les avait mis en présence le jour où Marlon avait emménagé ; elle s’était faufilée derrière le portail et la voisine s’égosillait en vain dans l’espoir de la faire revenir. La bestiole voulait se faire caresser par le nouveau venu qui l’avait prise sous son bras et rapportée à sa propriétaire. Ils avaient bavardé… quelques mots de bienvenue.
Elle habitait depuis plusieurs années en bas du raidillon qui menait au Manoir, une petite maison isolée du village. Un soir de panne d’allumettes ou de tout autre matériel indispensable, il avait frappé à sa porte et depuis, ils voisinaient agréablement, attentifs l’un comme l’autre  à ne pas perturber leurs solitudes respectives.
Bientôt elle revint poser entre eux sur un coffre, deux bols fumants qui embaumaient le cannelle et différentes épices à la définition problématique. Finalement, le  vin chaud était-il plus rassurant que la tisane ?
Il était en tout cas brûlant et flattait autant le nez que le palais ; Marlon sentit la chaleur l’envahir des pieds jusqu’au cerveau. Et quand au fond du bol, ne resta plus qu’un peu de poussière humide et parfumée, d’une voix fatiguée, hésitante de la crainte probablement d’éventuelle ironie, il posa cette question qui semblait le préoccuper fort. La question de savoir si le Manoir abritait des spectres…
La voisine avait repris sa place dans le fauteuil recouvert de tapisserie celui-là, mais tout aussi fatigué et vénérable que celui dévolu à son hôte. Sans rompre le silence installé soudain dans la pièce, elle prit dans un panier son tricot : un pull à torsades compliquées, en laine épaisse d’un bleu grisé. La manœuvre suscita l’intérêt d’une jeune chatte qui jusque là semblait dormir sur le tapis, le nez enfoui dans les longs poils de son panache blanc. La voisine la menaça du doigt, fit aller les aiguilles…
-« Moi ? Je crois à tout ! On ne sait jamais… »-

3 commentaires:

anne des ocreries a dit…

HAHAHAHAHA ! Mais, je n'ai (encore....) rien dit, moi !
J'attends de voir ! et c'est parti pour la troisième édition ! :)

Hé, les lecteurs ! on parie ? finira, finira pas ? :))))))

almanachronique a dit…

Faites vos jeux...
En attendant, je modifie des trucs..
L'autre jeu c'est de trouver quoi...

Odile a dit…

Les paris sont ouverts... Je pense que tu finiras ;-) Nous, lecteurs, nous l'espérons en tout cas ! Bises.

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...