dimanche 2 octobre 2011

De la Saint Léger à la Toussaint,
La boue va bon train.


Feuilles d’automne



Au temps où la terre était adolescente, toutes choses n’étant point encore achevées, les arbres étaient toujours verts. On n’avait jamais vu roussir ni tomber les feuilles ; on ne savait pas la splendeur des couleurs de l’automne.
Un jeune homme aventureux quitta son village pour connaître le monde et ses merveilles. Il marcha longtemps, le dos chauffé par le soleil. Sa route fut longue, traversant rivières et landes, parcourant monts et forêts.
Il arriva enfin dans un pays étrange. Le soleil n’y était pas bien vaillant et il se couchait tôt, cependant ses rayons faisaient luire la contrée d’une infinité de nuances ; une palette que le garçon n’aurait jamais osé imaginer.
Les fleurs y poussaient en quantité et plus colorés encore étaient les arbres : l’or, le cuivre, la pourpre les enluminaient, et par delà cet incendie se distinguaient dans la brume des montagnes bleues coiffées de glaciers.
Le jeune homme se rassasia de ces merveilles. Le cœur en fête et les yeux éblouis, il retourna dans son village pour partager avec les siens le cadeau offert par la nature.
Las !personne ne voulut le croire.
-Comment, disaient les gens, des arbres pourraient-ils être rouges, jaunes ou même bruns ! Voyons ! les arbres sont verts.
-Mais je les ai vus, plaidait le voyageur ! Venez avec moi, je vous les montrerai !
-Vas-y donc tout seul et rapporte-nous, si tu le peux des branches et des feuilles de ces arbres miraculeux .
Le jeune homme s’en retourna, affirmant :
-Oui, oui, je vous en apporterai !
Du temps passa et comme l’aventurier ne revenait pas, on finit par l’oublier.
Et puis un jour, sur la place du village où tous étaient réunis à l’ombre d’un grand arbre vert, on vit se poser un oiseau magnifique, un oiseau aux plumes éclatantes. Il tenait dans son bec des rameaux aux feuilles d’or de cuivre et de rubis. Il les lâcha sur l’arbre, se posa sur une branche et chanta un air étrange ; un air qui ressemblait à un rire moqueur.
Puis l’oiseau s’envola.
Bientôt, sur la place du village, on vit roussir les feuilles du grand arbre. Portées par le vent, elles effleurèrent les feuilles des arbres du voisinage, qui à leur tour se mirent à changer de couleur.
Et c’est depuis ce temps que les feuilles vertes des arbres brunissent et s’envolent avec le vent d’automne.

2 commentaires:

manouche a dit…

Une amie nord africaine venue à Paris en novembre pour ses études et la premiere fois écrivait à ses parents : La ville est magnifique mais quelle peine tous les arbres sont morts!

almanachronique a dit…

Ma cousine de Huahiné (Polynésie Française) a eu exactement la même réaction et arrivant à Paris en décembre...

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...