dimanche 25 septembre 2011

Fantastique Amérique(3)

Il changea de position pour atténuer le froid causé par l'humidité du sol et repassa en mémoire les évènements de la journée. Ouais, il avait raison, bon dieu, d'pas vouloir aller nager. Et s'il avait suivi son idée, y aurait jamais été et s'serait pas fichu dans c'pétrin. D'abord il avait dit non. Mais quoi, en fin de compte, il avait fait comme les aut'. Ouais, il aurait dû aller à l'école c'matin-là, comme m'man lui avait dit. Pis merde, on n'a pas idée d'passer  son temps à tracasser les gens pour les envoyer à l'école! C'était ça qui vous gâchait l'existence, êt'là tout l'temps à vouloir vous expédier un type à l'école. Y n'aurait pas tous ces embêtements si n'y avait eu cette foutue école! Rageusement il arracha le brin d'herbe de sa bouche et le jeta, démolissant la petite école rouge...;
Ouais, si y s'étaient tous t'nus tranquilles quand c'te vieil' femme blanche s'était amenée, p'têt' qu'é serait fichu le camp. Mais on sait jamais avec ces blancs. P'têt' qu'é serait pas partie du tout. P'têt' que le blanc les aurait tués tous! Tous les quatre! Tous les quatre! Ouais, on sait jamais avec ces blancs. D'un aut' côté p'têt' que c'te femme blanche el' aurait rigolé et serait partie. Ouais, p'têt' que ce blanc aurait dit: Foutez-moi le camp d'ici, bande de sales bâtards de nègres! Vous savez pourtant que vous n'avez pas le droit d'mett' les pieds ici, nom de Dieu! Alors y z'auraient attrapé leurs affaires et filé tous comme des zèbres... Il chassa l'homme blanc de son esprit. Qu'est-ce qu'y fabriquait donc Bobo? Pourquoi y s'grouillait pas d's'amener...
... Il entendit des pas. puis des voix, mais très affaiblies et très lointaines, cette fois.
(A suivre ) 3

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Amis conteuses et conteurs, vous allez sans doute me dire que j'enfonce une porte ouverte, mais bon, pour moi c'était nouveau. J...