dimanche 28 août 2011

Rimes sans raison

HORREUR

Un cadavre au placard
Asticots dans le couloir
Oh! Mon dieu , quelle horreur!!!
Que c'est bon d'avoir peur...



jeudi 25 août 2011

Hugues Aufray - Le Petit Ane Gris

Paroles d'Ânes (fin)


C’est à travers les champs et les bois que s’enfuit Cadichon quand, pour avoir été méchant, ou plutôt avoir fait montre de trop d’intelligence, il est mis à l’écart par ses maîtres (L’âne Lucius en fait autant !)
« Prenez donc garde, monsieur Jacques, ne restez pas près de Cadichon : il vous mordra, il mordra le bourri ; il est méchant, vous savez bien.
-Il n’a jamais été méchant envers moi, et il ne le sera jamais », répondit Jacques…
Nous voici prévenus : soyez aimables si vous ne voulez pas qu’on soit méchant envers vous.
Mais Sophie de Ségur n’était méchante qu’avec sa plume. Et je suis pour ma part à peu près certaine qu’en Paradis, c’est Sophie Rostopchine, Comtesse de Ségur, qui a été envoyée pour ouvrir toutes grandes les portes au doux poète Francis Jammes, qui priait pour monter en Paradis avec les ânes :

« Lorsqu’il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis. Où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
J’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
Car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon-Dieu.
Je leur dirai : « Venez, doux amis du ciel bleu,
Pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille,
Chassez les mouches plates, les coups et les abeilles… »
Que je vous apparaisse au milieu de ces bêtes
Que j’aime tant parce qu’elles baissent la tête
Doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
D’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
Suivi de ceux qui portèrent au flanc des corbeilles,
De ceux traînant des voitures de saltimbanques
Ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
De ceux qui ont au dos des bidons bossués,
Des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
De ceux à qui l’on met des petits pantalons
A cause des plaies bleues et suintantes que font
Les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
Vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
Lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
Et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
Sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
Qui mireront leur humble et douce pauvreté
A la limpidité de l’amour éternel.




mercredi 24 août 2011

L'âme des poètes



J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il a peur des abeilles
et bouge ses oreilles.
Il va près des fossés
d'un petit pas cassé.
Il réfléchit toujours
ses yeux sont de velours.
Il reste à l'étable
fatigué, misérable.
Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.
L'âne n'a pas eu d'orge
car le maître est trop pauvre.
Il a sucé la corde
puis a dormi dans l'ombre.
Il est l'âne si doux
marchant le long des houx....





Francis Jammes






mardi 23 août 2011

Paroles d'Ânes (5)

Catherine Rostopchine, morte l’année précédant la parution des « Mémoires », mère douteuse sur le plan affectif, avait cependant donné à sa fille ce que cette dernière réclamera sans trêve pour nombre de ses petites héroïnes et partant pour leurs lectrices : une instruction poussée, comparable à celle donnée aux garçons. Il va sans dire que la Comtesse de Ségur connaissait les auteurs Grecs et Latins.
L’un d’eux, Apulée, a raconté au 2° siècle de notre ère dans « L’Âne d’Or », les mésaventures de Lucius, un jeune homme changé en âne par une sorcière. Certes, l’histoire est impossible à raconter à de chastes petites filles modèles ; n’empêche qu’il est amusant de comparer ces deux baudets   au raisonnement humain, qui prennent aux dents leur destin quand il en est besoin, qui savent se venger et jouer des tours pendables à qui se croit leur maître.
Lucius retrouvera sa forme première quand il pourra manger une rose ; mais Cadichon, brouterait-il tous les parterres des Nouettes et les roses dont Sophie aimait à orner ses chapeaux, âne il est né, âne il restera. On hésite à soupçonner Madame la Comtesse de Ségur, éducatrice chrétienne et digne grand-mère, de s’être amusée aux priapiques aventures de l’âne Lucius ; de s’être amusée encore plus à les transformer en histoire pour enfants sages. En revanche, Sophie Rostopchine la malicieuse,  Sophaletta que son père avant surnommé « le Petit Bouffon », en était parfaitement capable. Certaines similitudes entre les deux romans si elles sont fortuites sont cependant troublantes. L’âne Lucius se donne en spectacle tout comme Cadichon dans le chapitre de l’âne savant .La voix de stentor des deux baudets contribue à faire prendre des voleurs ; Le repaire des voleurs de Cadichon se dissimule dans une cave ; Ceux d’Apulée dans une grotte où une vieille femme raconte à une jeune prisonnière une histoire : le conte d’Amour et Psyché.
Quoiqu’il en soit, Cadichon qui rapporta tant de droits à son auteur est bel et bien un Âne d’Or.
Tout comme l’Âne d’Or, les Mémoires d’un Âne est une fable éducative, puisque Cadichon comme Lucius ne se contente pas de parler, mais aussi raisonne et JL Bory ne s’y est pas trompé qui cite Cadichon dans la préface de l’édition Folio
Enfin,  après diverses aventures plus ou moins heureuses, (menacé d’aller faire tourner la roue du moulin, entre autres) Cadichon est acheté par une grand-mère, bien semblable à l’auteur ; il arrive ainsi au château de la Herpinière, qui lui aussi rappelle fort les Nouettes, d’autant plus qu’il est peuplé d’enfants d’âges variés qui, comme par hasard, portent les noms ce ceux de Sophie. Charmés de sa brillante intelligence, les petits le comblent de caresses et de friandises. Cadichon enfin est heureux… Hélas, un mauvais jour, Auguste, un ami  des enfants, entêté, désobéissant, tue son ami Médor d’un malencontreux coup de fusil. Cadichon en proie de nouveau à ses démons, ne songe plus qu’à se venger  et y parvient :
« En revenant par la ferme, nous longions un trou ou plutôt un fossé dans lequel venait aboutir le conduit qui recevait les eaux grasses et sales de la cuisine ; on y jetait toutes sortes d’immondices, qui, pourrissant dans l’eau de vaisselle, formaient une boue noire et puante. J’avais laissé Pierre et Henry passer devant ; arrivé près e ce fossé, je fis un bond vers le bord, et une ruade qui lança Auguste au milieu de la bourbe. Je restai tranquillement à le voir patauger dans cette boue noire et infecte qui l’aveuglait.
Il voulut crier, mais l’eau sale lui entrait dans la bouche ; il en avait jusqu’aux oreilles, et il ne pouvait parvenir à retrouver le bord. Je riais intérieurement. « Médor, me dis-je, Médor, tu es vengé ! »
C’est par cette vengeance que Sophie aurait voulu terminer le  livre. Mais Templier, soutenu par Gaston, l’obligera à rallonger l’histoire pour la finir « comme il faut », par le repentir de Cadichon.  Sophie s’insurgera, clamant qu’elle n’a pas « voulu faire un âne chrétien », mais finira par les écouter.



lundi 22 août 2011

Flash

ETE 

Ciel d'orage, chaume en brosse;
Plus d'herbage pour les rosses.

Paroles d'Ânes(4)

Cadichon sans doute ressemble à un âne acheté pour les enfants et qu’elle a aimé. Sophie, dont le père possédait un haras important , connaît bien les équidés ; elle sait comment les nourrir, les soigner.  Mais Cadichon son double est gourmand ; elle ne peut lui épargner  indigestion qui n’est pas sans rappeler un des malheurs de Sophie.  
Cadichon a bien des défauts, mais comme son auteur, il est vrai et sincère. C’est sans doute cette sincérité qui a fait l’énorme succès du roman. Eugène de Ségur, mari volage mais conscient et admiratif du talent de son épouse, d’idées assez modernes pour son temps, n’hésita pas à l’émanciper pour qu’elle puisse disposer à sa guise de l’argent que lui rapportait sa plume. Argent dont elle avait grand besoin, car fille d’un père richissime et fastueux, elle n’avait pas appris à compter. Sa générosité était grande ; elle n’hésitait pas à offrir de riches robes de baptême au bébé de la bonne d’enfant, sans compter les trousseaux entiers qu’elle offre à  des enfants dans le besoin. Et puis  elle aimait à embellir son domaine toujours rempli d’enfants, d’amis, asile ouvert grand aux artistes, aux réfugies de diverses aventures. Jean de la Varende son voisin, en témoigne :
« La réputation de Madame de Ségur s’établissait ; elle avait déjà publié plusieurs volumes de ses récits enfantins, qu’on lui payait assez généreusement. Quand Gaston, qui était au courant la complimenta ; elle lui dit : »Vous êtes assis dans les Mémoires d’un Âne »… Chaque somme gagnée par les livres s’investissait en améliorations immédiates aux Nouettes, meuble de salon comme embellissement du parc. »
Les Nouettes qu’elle gérait à sa manière peu orthodoxe (puisqu’elle était convertie) mais qui en dépit de ses efforts, n’atteindra jamais la splendeur de Voronovo, le domaine de son enfance, auquel Fédor n’hésita pas à mettre le feu  pendant la campagne de Russie.
Et c’est bien le souvenir de ce palais incendié que décrit Cadichon  après avoir sauvé la jeune Pauline:
« … Tout était brûlé et tout était éteint ; on pouvait facilement enjamber les décombres, et arriver en dehors de la cour du château. Je fis un léger hi han ! pour éveiller ma maîtresse. En effet, elle ouvrit les yeux, et, me voyant près de la porte, elle y courut et regarda autour d’elle.
-« Tout brûlé ! dit-elle tristement. Tout perdu ! Je ne verrai plus le château, je serai morte avant qu’il soit rebâti, je le sens… »

samedi 20 août 2011

vendredi 19 août 2011

Paroles d'Ânes (3)


C’était là le quatrième de ses romans  et dans celui-ci comme déjà dans la trilogie et ensuite dans tous ses romans, elle reprend le réquisitoire anti châtiments corporels commencé avec les « Malheurs de Sophie ». C’est la description d’une des corrections infligées à l’héroïne  et que Sophie enfant a dû subir qui est en cause dans l’extrait de lettre qui précède. 
Puis surtout,  elle va prendre sur le vif  et raconter au fil de la plume, des scènes de la vie courante auxquelles elle assiste.  Au chapitre IV,  elle nous décrit par le menu une course d’ânes comme elle en offrait chaque été aux enfants des Nouettes et qui lui ont vraisemblablement donné l’idée de ces récits. Car certes, c’est la vie de Cadichon qui nous est racontée, mais bien d’autres histoires s’insèrent dans l’histoire principale, comme dans les romans picaresques des XVII° et XVII° siècles. Elle en profite  pour nous faire savoir ses opinions et ne ménage pas la critique sociale. On y voit au chapitre V , un enfant d’environ cinq ans, sans nom,  livré aux seuls bons soins d’une chèvre ; encore ne s’agit-il pas là de misère puisque nous finirons par apprendre que le petit a « du bien ».  La misère, Sophie nous la montre au chapitre XIV avec la petite mendiante affamée et si sale que personne ne veut la toucher. C’est au même chapitre qu’elle se laisse aller à un certain racisme envers la marchande peu scrupuleuse qu’elle baptise madame Juivet. Mais ce qu’elle nous montre là est surtout le préjugé méprisant de l’aristocratie envers les commerçants. Dans la foulée, on apprend qu’un livre de messe a plus de valeur affective et marchande qu’une garde-robe modeste de petite fille.
Admirons au chapitre XVIII un reportage en direct depuis le baptême du bébé de la bonne d’enfants. L’émoi des jeunes parrains et marraines et la brutalité des gamins qui se battent pour quelques pièces de monnaie. 
On sait aussi que Sophie, comme Cadichon, écoutait aux portes ce qui nous vaut de savoureux dialogues directement importés de la ferme, de l’ auberge,  de la place du village ou de l’office.
Et pour faire honneur a sa gourmandise bien connue, nous avons droit à de nombreux menus ;  celui du pique-nique des chasseurs entre autres, un exemple à suivre :
« On s’assit par terre sous un vieux chêne ; on étala le contenu des paniers. Il y avait, comme à toutes les chasses, un pâté de volaille, un jambon, des œufs durs, du fromage, des marmelades, des 
confitures, un gros baba, une énorme brioche, et quelques bouteilles de vieux vin. »



mercredi 17 août 2011

Paroles d'Ânes (2)

Joyeuse, exubérante, excentrique parfois, elle a toute sa vie été muselée.  Dès l’enfance par l’éducation féroce dispensée par sa mère.
Catherine Rostopchine, née Protassov, est un genre de mère aussi difficile à assumer que Mme Lepic pour Poil de Carotte ou que Folcoche pour Hervé Bazin.   Souvenons-nous que Folcoche avait fait scandale en 1948 ; or un siècle plus tôt, dans la trilogie de Fleurville, la Comtesse de Ségur fait de sa mère une belle-mère : Madame Fichini, une folle furieuse qui fouette, punit, se laisse aller à une violence et une injustice terrifiantes.  Pour brouiller les pistes et peut-être prendre une spirituelle revanche, elle la rend ridicule :

« Madame Fichini descendit triomphante, grasse, rouge, bourgeonnée. Ses yeux étincelaient d’orgueil satisfait ; elle croyait devoir être l’objet de l’admiration générale avec sa robe de mère Gigogne, ses gros bras nus, son petit chapeau à plumes de mille couleurs couvrant ses cheveux roux, et son cordon de diamants sur son front bourgeonné…

Ce n’est évidemment pas là le portrait de Catherine Rostopchine qui ressemblait plus à Mme de Réan , la mère naturelle de Sophie, qu’à la grosse Fichini. Madame de Réan nous montre le bon côté de Catherine Rostopchine : une éducatrice rigoureuse, une femme belle, cultivée, austère, une mère toutefois peu affectueuse. La comtesse de Ségur la fera périr dans un naufrage. La mauvaise mère hantera longtemps son imagination ; plus tard elle en fera le titre et l’argument d’un de ses romans.  Mais sur la pression de son entourage scandalisé, « La Mauvaise Mère » deviendra « François le Bossu ». Il est vrai que la futile Madame des Ormes, si elle en a certains défauts, n’a aucune des qualités de Catherine .

Sophie, une fois mariée passera de la coupe de sa mère sous celle de la tribu des Ségur,  avec en tête une belle-mère. La comtesse Octave de Ségur est blessante, méprisante envers tous ces Russes, Sophie incluse, qu’elle considère comme des sauvages. Cependant, l’éducation de la Comtesse Octave était aussi parfaite que sa morale était souple ; son inconduite avait poussé son époux au suicide. Mais elle savait se tenir dans le monde et entendait que Sophie en fasse autant. Le caractère de Sophie était tout à l’opposé de celui de sa belle-mère ; elle aimait Eugène et n’imaginait même pas qu’on puisse rendre ses infidélités à un époux qui aimait à se disperser. En revanche, elle ne maîtrisait guère sa langue ; quant aux  convenances, la fille de Fédor Rostopchine avait les siennes qui n’étaient pas forcément celles du faubourg Saint Germain.
Plus tard, dans les meilleures intentions du monde, son fils aîné Gaston, devenu évêque et qui avait appris la piété auprès de sa fanatique grand-mère, voulut raviver une foi qu’il trouvait un peu tiède et les romans de sa mère s’en ressentirent. C’est à lui probablement qu’on doit l’agaçant et sulpicien « Pauvre Blaise »; puis pour finir, Emile Templier, son éditeur soucieux de donner à ses jeunes lecteurs des ouvrages à la moralité édifiante, imposa nombre de corrections pas toujours acceptées de bon coeur.

« Lettre du 16 mars 1858-
L’amour-propre d’auteur a sans doute sévi sur moi, Monsieur ; je m’étais révoltée d’abord de ce que deux épisodes entièrement historiques aient été jugés impossibles, ensuite, de la manière inusitée et cavalière dont avait usé votre correcteur. L’auteur étant  homme peut faillir ; le droit de remontrance est sans donte acquis à l’Editeur qui règne en despote sur ses Auteurs ; mais le droit de retranchement sans consentement d’Auteur, me semble être tout nouveau et pas encore passé en usage. C’est l’avis de la demi-douzaine d’Auteurs que je connais particulièrement. Au reste, le bon Dieu ne m’ayant pas entachée d’entêtement, je baisse pavillon devant vous, je retrancherai tout ce que vous voudrez, quoique, je le répète, les deux épisodes qui ont choqué votre correcteur sont historiques, avec la variante que ce n’était pas une belle-mère mais une mère qui élevait ainsi sa fille et que j’en aurais pu citer d’autres plus cruels encore. Je renvoie donc à l’impression l’épreuve, revue, endommagée et diminuée et j’attends les suivantes dans l’humble attitude d’un ballon crevé…..

IVoilà comment depuis son enfance, jamais Sophie n’a pu dire tout haut ce qu’elle pensait tout bas. Et c’est pourquoi, aphone, la gorge douloureuse et en proie à des migraines insoutenables, elle a emprunté la voix puissante de Cadichon pour enfin envoyer au diable belles manières et paroles feutrées, puis proclamer sa façon de penser, faire savoir à tous que fille de Fédor Rostopchine, l’incendiaire de Moscou et descendante de Gengis Khan elle était capable tout comme son âne de se rebiffer et de rendre coup pour coup… entre les pages d’un livre tout au moins.

mardi 16 août 2011

SI Saint-Barthélemy fait ciel d’ange ;
Beaux fruits, belle vendange

LES NOMBRES : le 8

Dans les traditions européennes, le huit ne figure pas parmi les grands chiffres magiques. On dit seulement que les personnes faibles, indécises et craintives sont plus que d’autres portée à rêver du huit.
Ce huit qui lui-même quand il est couché représente l’infini.
Cependant en Chine, être huit à table porte bonheur et c’est chez les Dogons le chiffre de la Création.
En Inde, Vishnou a la chance d’avoir huit bras, ce qui à certains moments conviendrait parfaitement à nous autres mortels.
A Yokohama, un temple de forme octogonale, renferme les statues des huit sages du monde : quatre japonais, les princes Shôtoku, Kôbo Daishi, Shinran et Nichiren et pour le reste du monde : Câkyamuni, Confucius, Socrate et Jésus.

lundi 15 août 2011

Paroles d'Ânes (1)


Si on demandait lequel de ses personnages ressemble le plus à la Comtesse de Ségur, les petites filles répondraient : Sophie ! Elles auraient raison puisque l’héroïne porte le nom de son auteur.
Les mamans, elles, répondraient : Madame de Fleurville ! Elles auraient raison également puisque Madame de Fleurville vit dans un château qui ressemble étrangement aux Nouettes et que ses petites filles modèles se nomment Camille et Madeleine tout comme les petites filles  aînées de Madame de Ségur.
Mais si l’on avait posé la question à Sophie elle-même,  bien qu’on lui prête aussi les révoltes du « Bon Petit Diable », les naïvetés de Gribouille ou encore, la générosité truculente du Général Dourakine,  il est à peu près certain qu’elle aurait répondu Cadichon !
Le Cadichon des « Mémoires d’un âne » que Sophie dédia à Henri de Ségur son 6° petit-enfant. Elle a alors a  59 ans, un âge qu’elle n’a pu cacher à Cadichon : c’est celui de la grand-mère chez qui il vit au moment où il rédige ses mémoires ; elles commenceront à paraître en feuilleton,  le 17 décembre 1859, dans le magazine « La Semaine des Enfants ».
.
Tout d’abord, comme l’auteur, Cadichon ,  vit dans l’Orne et comme elle, il se rend tous les mardis au marché de l’Aigle . Marché qu’on peut voir aujourd’hui,  tel qu’en 1860  nous le décrit le spirituel  âne gris.
« Les hommes n’étant pas tenus de savoir tout ce que savent les ânes, vous ignorez sans doute, vous qui lisez ce livre, ce qui est connu de tous les ânes mes amis : c’est que tous les mardis il y a dans la ville de l’Aigle un marché où l’on vend des légumes, du beurre, des œufs, du fromage, des fruits et autres choses excellentes »

Cadichon, l’âne intelligent mais rancunier,  qui sait être bon, docile et reconnaissant quand il est bien traité, quand on lui donne de l’amour ; Cadichon qui rédige ses mémoires puisqu’il ne peut parler… Or, la Comtesse de Ségur a pendant longtemps été victime d’une affection du larynx qui la laissait muette pendant de longs jours ; une maladie dont on a toujours ignoré la cause. La psychanalyse n’ayant pas encore été inventée, personne dans l’entourage de Sophie n’a imaginé que ce pouvait être là la manifestation extérieure d’un mal ancien et profond.
Car son enfance tout comme celle de Cadichon  n’a pas toujours été heureuse :   Sophie Rostopchine, enfant saine et turbulente, peut-être hyperactive dirait-on aujourd’hui, était souvent punie.
 « … je fus probablement malheureux comme tous les ânons, joli, gracieux comme nous le sommes tous ; très certainement je fus plein d’esprit, puisque, tout vieux que je suis, j’en ai encore plus que mes camarades… »
De l’esprit ! Pas plus que son âne, Sophie n’en manquait … pourtant, elles s’est longtemps imaginée sotte.  C’est aux abords de la quarantaine qu’enfin elle a bien voulu croire un de ses amis 
nommé Leclercq, qui l’assurait de son intelligence et de son humour.


A suivre...

Dorothée - Le Jardin Des Chansons - 69 - Mon Ane

dimanche 14 août 2011

Délires contrastés

Hier, l'année prochaine, retournant du futur,
Des Martiens d'Océan envahiront la terre.

Adorables démons, tyrans démocratiques,
Dans une joie saignante, ils coloniseront
Une foule bestiale, soumise et révoltée.

Demain, il y a longtemps,
Leurs filles adolescentes aimeront nos garçons.
Stériles, ils enfanteront l'humanité nouvelle 
Et semblable à l'ancienne.

Terre déserte et fertile, onde glauque et limpide,
Sables mouvants et durs, monts aux pentes creusées,
Plaines grimpant aux cieux, mort naissant à la vie,
Danse immobile et lente et chant silencieux,
Célèbrent calmement l'Ancienne Nouveauté,
La triste joie perdue et le temps retrouvé....



samedi 13 août 2011

Première lettre d’amour de la Religieuse portugaise


Jamais d’août la sécheresse
N’amène la richesse.


Considère, mon amour, jusqu’à quel excès tu as manqué de prévoyance. Ah, malheureux ! Tu as été trahi, et tu m’as trahie par des espérances trompeuses.
Une passion sur laquelle tu avais fait tant de projets de plaisirs ne te cause présentement qu’un mortel désespoir qui ne peut être comparé qu’à la cruauté de l’absence qui le cause. Quoi ! cette absence, à laquelle ma douleur, toute ingénieuse qu’elle est, ne peut donner un nom assez funeste, me privera donc pour toujours de regarder ces yeux dans lesquels je voyais tant d’amour et qui me faisaient connaître des mouvements qui me comblaient de joie, qui me tenaient lieu de toutes choses et qui enfin me suffisaient ? Hélas ! les miens sont privés de la seule lumière qui les animait, il ne leur reste que des larmes, et je ne les ai employés à aucun usage qu’à pleurer sans cesse depuis que j’ai appris que vous étiez enfin résolu à un éloignement qui m’est si insupportable qu’il me fera mourir en peu de temps. Cependant il me semble que j’ai quelque attachement pour des malheurs dont vous êtes la seule cause : je vous ai destiné ma vie aussitôt que je vous ai vu, et je sens quelque plaisir en vous la sacrifiant. J’envoie mille fois le jour mes soupirs vers vous, ils vous cherchent en tous lieux, et ils ne me rapportent pour toute récompense de tant d’inquiétudes qu’un avertissement trop sincère que me donne ma mauvaise fortune qui a la cruauté de ne pas souffrir que je me flatte et qui me dit à tous moments : « Cesse, cesse, Marianne infortunée, de te consumer vainement et de chercher un amant que tu ne verras jamais, qui a passé les mers pour te fuir, qui est en France au milieu des plaisirs, qui ne pense pas un seul moment à tes douleurs et qui te dispense de tous ces transports dont il ne te sais aucun gré ! »

GUILLERAGUES ?

mercredi 10 août 2011

Wichikapache

Une fois j'ai fait le voeu de me changer moi-même
en cerf-élan.
Je dormais allongé sur le sol
avec mon ombre à moi
et puis tu es venue
tu disais que tu avais le soleil dans ta bouche,
que tu avais soif!
En un voeu je t'ai transportée là où tu avais bu des larmes.
C'était un lac
dans lequel tous les gens pleuraient,
il était plein de leurs larmes.
A la nuit
quelques larmes sont parties
à la recherche d'yeux tristes
desquels tomber.
Alors tout le lac se mit à pleurer.
Certains disaient que c'étaient des plongeons.

mardi 9 août 2011

Bonheur de chat.

Miaôu!!! miaulait Jasmine...
"Ce que mrrrrouin, c'est le mrrrouin;
Souris craquante, oiseau, mésange, 
Merluchon tendre et petit-suisse!
Réclamer crème anglaise, riz au lait, blanc poulet,
Glace vanille, chcolat mousse et des gâteaux!
Mrrrouin... coussin, soleil, grimper dans l'arbre
Et vous narguer!!
Rouler dans l'herbe, papatte en l'air , ventre dodu;
Gratter le cuir, griffer les meubles;
Clair de lune et nuit tiède,
Parfum de chasse, affût, lapin.
CHKRRRRR!!! cracher sur pluie, cracher sur vent,
Chiens remuants, puants, bruit de poubelles...
Bruits de moteur, vilaine odeur, aspirateur!!!
Miaou dan les moustaches, miaou dans l'oeil turquoise...
Miaou carder les  pulls, tirer les mailles, de SON tricot...
Et s'endormir, nez dans la queue
Poils blancs mousseux
Au coin du feu...

lundi 8 août 2011

C'est la mi-août...

A la mi-août
L’hiver se noue.


LE CHAT


Tous les enfants chantent avec innocence la ronde de la Mère Michel dont le vilain Lustukru a bouffé le chat. Et leurs chats de s’en amuser car les chats aiment à rire,  tel l’évanescent minet de la jeune Alice. Car le chat est d’un naturel évanescent ; le chat s’évanouit, seul reste son sourire ; un sourire apparaît, voici venir le chat qui se montre et se cache inopinément.
Car le chat est farouchement inopiné….
Le chat qui semble n’en faire qu’à sa tête, sans en avoir l’air veille… il veille sur vous qui veillez sur son foyer et n’hésitera jamais à sacrifier… provisoirement… son confort pour se chausser de bottes et faire votre bonheur, car Perrault le dit bien, les bottes, « ne valent rien pour marcher sur les tuiles ».
D’ailleurs, même s’il glisse du toit, le chat se blesse rarement, faculté à lui offerte par le Prophète : Un jour que son chat était endormi sur un pan de son manteau, vint l’heure de la prière. Pour ne pas déranger son favori, Mahomet coupa le manteau. A son retour, pour le remercier, le chat ronronna en faisant le gros dos. Le prophète le caressa par trois fois, lui accordant cette faculté de toujours retomber sur ses pattes. Il aimait tant ses chats que pour n’être pas pour l’éternité privé de leur présence, il leur accorda une place en paradis.
Ce qui devrait rassurer certains esprits chagrins qui redoutent les chats surtout quand ils sont noirs, car les chats, insoucieux du bûcher que ce genre de mystification leur valut souvent, n’hésitent pas à faire croire qu’ils sont diaboliques ; cela les amuse. Les écrivains ne sont pas dupes. Ainsi Colette qui les aimait tant a traduit dans  La paix chez les bêtes les propos de l’un de ses noirs compagnons :
-« Je suis le diable. Le diable. Personne n’en doit douter. Il n’y a qu’à me voir, d’ailleurs. Regardez-moi, si vous l’osez ! Noir, d’un noir roussi par les feux de la géhenne. Les yeux vert poison, veinés de brun comme la fleur de la jusquiame. J’ai des cornes de poils blancs, raides, qui fusent hors de mes oreilles et des griffes, des griffes, des griffes. Combien de griffes. Je ne sais pas. Cent mille peut-être. J’ai une queue plantée de travers, maigre, mobile, impérieuse, expressive. Pour tout dire diabolique.»
Certains qui ne croient pas au diable éprouvent néanmoins du ressentiment pour le chat, les bouddhistes, par exemple, s’étonnent que ni lui ni le serpent ne semblèrent émus de la mort du Bouddha. Le chat n’est pas indifférent ; le chat est pudique et c’est aussi un sage qui garde son calme face à l’adversité. Ce qui indique son intelligence exceptionnelle dont témoignent les quatre heures journalières de rêve qu’ont observé les scientifiques..

dimanche 7 août 2011

14 août (en avance... mais faut le temps d'y aller)

La veille de l'Assomption, les jeunes filles vont dans la baie des Bonnes-Femmes, au Croisic, "jeter l'épingle" à la mer. Si elle surnage, le mariage ou la rencontre avec le futur époux se fera dans l'année. 
Celles qui veulent emprisonner un coeur doivent, ce même jour, se rendre à la Fontaine de Barenton, en Brocéliande, - là où Merlin et Viviane se rencontrèrent la première fois - et y jeter l'épingle afin de faire rire la source.

Pierre DUBOIS - Elficologue




vendredi 5 août 2011

Nuit des étoiles

Pour ceux qui seront sous les nuages:

"Et que tout cela fasse un astre dans les cieux"
Victor HUGO (et Van Gogh)

Le Blaireau -

 Dictionnaire du Zoodiac  : Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.  Les natifs du blaireau sont généralement taquins...