mercredi 27 avril 2011

L'âme des poètes

Quand vous voyez que l'étincelle
Du chaste amour sous mon aisselle
Vient tous les jours à s'allumer,
Ne me devez-vous bien aimer?

Quand vous me voyez toujours celle
Qui pour vous souffre et son mal cèle,
Me laissant par lui consumer,
Ne me devez-vous bien aimer?

Quand vous voyez que pour moins belle
Je ne prends contre vous querelle,
Mais pour mien vous veux réclamer,
Ne me devez-vous bien aimer?

Quand pour quelque autre amour nouvelle
Jamais ne vous serai cruelle,
Sans aucune plainte former,
Ne me devez-vous bien aimer?

Quand vous verrez que sans cautelle
Toujours vous serai été telle
Que le temps pourra l'affirmer,
Ne me devez-vous bien aimer?

Pernette du GUILLET

2 commentaires:

manouche a dit…

c'est bizarre le mot "aisselle" dans un poème?

almanachronique a dit…

C'est un poème du XVI° siècle et il se peut qu'aisselle n'ait pas la même signification qu'aujourd'hui.
Malherbe n'était pas encore venu.
Je ne connais pas d'autre version que celle-ci...

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