mardi 11 janvier 2011

GANYMEDE

En Asie Mineure , il y a bien longtemps, le roi Tros et la reine Callirohé, eurent trois fils ; Ganymède le plus jeune était d’une rare beauté. Imaginez des yeux d’améthyste sous des boucles noires, une  peau couleur d’ambre ; il était grand, admirablement bâti, en somme parfait !
Ce qui n’empêcha pas son père de l’envoyer comme les autres garçons de son âge, garder les troupeaux. Et c’était bien normal ; en ce temps-là, les fils de rois étaient souvent bergers. Sans doute est-ce la raison pour laquelle ils ont longtemps gardé l’habitude d’épouser des bergères !
Zeus un jour, passant dans ces parages sous l’apparence d’un mortel… (On remarquera que Zeus se promène toujours sous une autre apparence que la sienne !)… Zeus donc, un jour passant par là, vit Ganymède avec son bonnet phrygien et son petit manteau rejeté sur l’épaule. Cupidon qui n’est jamais bien loin,  voit en même temps son parrain qui regarde le jeune homme et le bon tour à lui jouer. Il baisse sur ses yeux son bandeau ce qui ne l’empêche pas de viser juste et, pan dans la fesse de Zeus !... une flèche d’or ! Machinalement, le dieu la retire ; mais elle a déjà produit son effet.  Le voilà si bouleversé par la beauté du jeune homme, qu’il voit avec stupeur des plumes lui pousser, ses bras se changer en ailes, son nez en bec et ses doigts en serres. D’émotion il s’envole et du plus haut de l’azur, fond sur le jeune homme qu’il enlève dans les airs.
Pendant que Cupidon se sauve, Zeus, fou d’amour,  atterrit sur l’Olympe au beau milieu des Dieux occupés comme souvent à banqueter de nectar et d’ambroisie. A la vue de l’enragé trousseur de chitons, ramenant sous son aile un jeune garçon, ils partent en chœur d’un de leurs célèbres fous- rire.
Héra pour sa part riait jaune ! Elle devait déjà se méfier de toutes les femelles mortelles ou non que croisait son époux ; si désormais elle devait aussi se méfier des jeunes mâles, sa vie ne serait plus une existence. Dur pour une immortelle !
Zeus, devant la réaction qu’inspirait son nouveau tableau de chasse, pensa perdre son autorité ; il lui fallait d’urgence trouver une parade. Avisant la jeune Hébé servant à boire à la ronde, il tonna :
-« Puisque notre chère Hébé nous quitte pour épouser Héraclès, j’ai songé à la remplacer. Ce jeune homme se nomme Ganymède, il sera désormais notre échanson et pour éviter qu’il ne nous quitte un jour, je lui fais don de l’immortalité. »
Pendant ce temps sur terre, le roi Tros ne décolérait pas. Il faisait retentir les bois et les collines de ses imprécations. Zeus le misérable, lui avait ravi son fils, le meilleur, le plus beau et dans quel but ! Le Dieu des Dieu avait jeté le déshonneur sur sa famille ; rien, non rien ne pourrait jamais réparer une telle injure.
Zeus en pleine idylle avec son nouvel échanson se moquait pas mal de Tros et de ses revendications. Les autres dieux troublés dans leur quiétude par ces plaintes sans fin le prièrent de faire quelque chose.
Zeus avait dans ses écuries deux magnifiques chevaux blancs. Des coursiers « rapides comme la tempête » et « plus légers que l’air », immortels de surcroît. Il en fit cadeau à Tros en échange de son silence… qu’il obtint !
Ce qui fit dire plus tard à des malveillants que le roi Tros avait vendu son fils en échange de deux chevaux….

2 commentaires:

beatrice De a dit…

C'est hors de propos du poste mais j'adore votre bandeau. Je visionnais le programme Planète avec les souricats. A passé récemment un programme sur l'Australie qui emploie ces animaux pour détecter les serpents dangereux dans les maisons. Aux chats, les souris, aux autres les serpents.
Béatrice de Lausanne.

almanachronique a dit…

Pas si hors de propos, les suricats chassent souris et serpents , comme les aigles
P.

Rimes à rien...

Que deviendra Arsinoë la Belle quand le sort l'enverra loin de son élément? Son avenir sera celui de la lentille qui se veut papillon...