lundi 22 novembre 2010

La Chatte Blanche

Un roi qui se sentait vieillir réalisa soudain que ses fils, trois jeunes gens dotés des meilleures qualités, étaient à présent mieux que lui capables de diriger ses états. Comme il n’avait nulle envie de céder ou de partager son pouvoir, il résolut de les éloigner. Il les fit venir en privé et leur dit : « Mes fils, je me fais vieux et je donnerai volontiers mon trône à celui de vous trois qui me fera le plus beau présent. Dans ma retraite future, j’aimerais avoir un chien pour compagnon ; un beau chien,  un bon chien. Allez mes fils, et régnera celui de vous  qui, dans un an, aura su trouver le chien qu’il me faut. »
Le roi donna à chacun des garçons sa bénédiction et une bourse pleine d’or et de bijoux.
Les princes se mirent en chemin,  se jurant amitié et fidélité. Au carrefour de trois routes, quand vint le moment de se séparer, ils se donnèrent rendez-vous à la fin de l’année, au pied du grand chêne qui ombrageait l’endroit.
L’aîné partit vers l’est, le second à l’ouest et le plus jeune s’en fut droit devant lui. Il marcha longtemps, s’arrêtant dans les fermes et les villages à la recherche d’un bon chien. Il en vit de toutes tailles, de toutes races, des chasseurs, des bergers, d’autres qui savaient faire des tours, d’autres encore qui guidaient les aveugles. Mais il n’arrivait à fixer son choix sur aucun. Il continuait son chemin, pensant toujours trouver mieux plus loin.
C’est ainsi que par une nuit sans lune, alors qu’il traversait une forêt profonde, le tonnerre se mit à gronder, des éclairs zébraient les troncs d’arbre, la foudre détonnait tandis qu’une pluie torrentielle transperçait ses vêtement, détrempait le chemin qui devenait un bourbier dans lequel il ne pouvait se retrouver. Grelottant, perdu, il ne savait où se diriger quand il vit au loin une faible lueur. Il se dirigea vers elle pensant arriver à la cabane d’un bûcheron ou de quelque charbonnier. Mais plus il avançait, plus la lumière s’éloignait et plus elle brillait dans la nuit. C’est tout à fait épuisé et transi qu’il se trouva enfin devant un château brillamment éclairé et dont les portes d’or scintillaient à la lueur des torches. Un marteau d’escarboucles commandait la porte ; il frappa.

2 commentaires:

croukougnouche a dit…

c'est bien ta belle chatoune qui illustre ce captivant début....?

almanachronique a dit…

oui, oui!
C'est la Grande-Duchesse Jasmine en personne, qui prend un bain de soleil.
Inutile de te dire que la photo n'est pas d'hier...
P.

Le Blaireau -

 Dictionnaire du Zoodiac  : Signe de Poil, gouverné par l’ennuyeuse planète Rasoir.  Les natifs du blaireau sont généralement taquins...